Le surf, plus qu'un simple sport, est devenu un véritable phénomène culturel mondial. Des plages d'Hawaï aux côtes françaises, en passant par l'Australie et l'Afrique du Sud, le surf a conquis des millions d'adeptes à travers le monde. Cet article explore les statistiques actuelles concernant le nombre de surfeurs dans le monde, leur répartition géographique, et l'évolution de cette pratique au fil des décennies.
Genèse et institutionnalisation du surf en France
L'histoire du surf en France est intimement liée à la ville de Biarritz. En 1957, le tournage du film « Le soleil se lève aussi » a attiré l'attention sur les vagues de la Côte Basque. Peter Viertel, le réalisateur, a fait venir une planche de surf, initiant ainsi un groupe d'amis basques à ce nouveau sport. Ces pionniers, surnommés les « Tontons Surfeurs », ont contribué à l'essor du surf en France. Sept ans plus tard, la Fédération Française de Surfriding (FFS) est créée en 1964 sous l'impulsion de Guy Petit, maire de Biarritz. L'objectif était de fédérer les différents clubs de surf de la région. Le Waikiki surf club, fondé en 1959, était l'un des plus anciens, suivi par le Surf Club de la Chambre d'Amour en 1963, et l'USB et le Kostakoak de Bidart la même année.
La Fédération Française de Surfriding a joué un rôle crucial dans le développement et la structuration du surf en France. Le parcours institutionnel fut marqué par plusieurs étapes clés : en 1965, la déclaration officielle de la Fédération et l'organisation des premiers Championnats de France à Anglet, remportés par Joël de Rosnay et Marie-Christine Delanne. En 1966, l'obtention de l'agrément ministériel et la création du Comité régional d'Aquitaine consolidèrent cette assise. En 1977, avec l'essor du skateboard, la F.F.S. devient la Fédération Française de Surf et Skate (FFSS). En 1980, la FFSS organise les Championnats du Monde amateurs à Hossegor et Biarritz, avant de déménager son siège à Hossegor en 1984.
La professionnalisation s'accéléra en 1987 avec la création du Brevet d'État de Surf. En 1989, la Fédération obtient la reconnaissance officielle du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF). En 1990, Jacques Hèle, originaire de Lacanau, est élu président de l'International Surfing Association (ISA), tandis que la Commission Nationale du Sport de Haut Niveau reconnaît le surf comme discipline de Haut Niveau. Dès 1995, la validation de la filière Haut niveau surf et la création du label « École Française de Surf » structurèrent l'enseignement. Suivirent la labélisation du Pôle France de Biarritz en 1996, la création de l’association « Surf Insertion » en 1997, et l'agrément de l’association nationale Handi Surf en 2013.
En 2014, la Fédération fête ses 50 ans et organise les championnats de France à Hossegor. Elle compte 15.061 licenciés, dont un tiers de femmes, répartis dans 164 clubs, tandis que 55.000 licences loisirs ont été délivrées cette même année. Ce chiffre monte à 77.000 licenciés en 2015. En 2016, le surf devient un sport olympique pour les JO de Tokyo-2020. En 2017, la Fédération Française de Surf organise les 30es championnats du monde des nations à Biarritz et l'équipe de France remporte le titre mondial des nations. En 2018, Jean-Luc Arassus est élu au board de la Fédération internationale. Jacques Lajuncomme est élu président de la Fédération Française de Surf en 2020 pour quatre ans, puis réélu en 2024. En 2025, Cédric Leroy est nommé Directeur Technique National.
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L'essor démographique et la géographie mondiale de la pratique
Les années 1970 ont vu le développement de la Fédération Française de Surfriding, tandis que les spots français, notamment celui de la Barre, attiraient de plus en plus de surfeurs étrangers. Les Tahitiens ont également apporté un nouvel élan au surf français, dominant les compétitions nationales avec des figures comme Henri Lucas, Patrick Juventin et Arsène Harehoe. Ce dernier a remporté 5 titres nationaux entre 1976 et 1989. En 2020, la Fédération Française de Surf comptait 90 000 licenciés, un chiffre qui a augmenté de 50% au début de 2021. On estime à près d'un million le nombre de pratiquants en France.
Selon une estimation de 2018 du site Surftoday, il y aurait environ 23 millions de surfeurs dans le monde. Les États-Unis, l'Australie, la France, le Royaume-Uni et l'Espagne sont les pays qui comptent le plus de surfeurs par habitant. La répartition géographique est marquée par des foyers historiques et émergents :
- Amérique du Nord : Les États-Unis, en particulier la Californie et Hawaï, sont des foyers historiques du surf.
- Australie : Le pays possède de nombreuses plages propices au surf et une culture de la glisse très développée. On estime par exemple qu’un Australien sur 10 pratique le surf au moins de manière occasionnelle (soit environ 2 millions de personnes).
- Europe : La France, l'Espagne et le Portugal sont les destinations les plus prisées. Au Royaume-Uni, en dépit des conditions météorologiques peu favorables, on compte plus de 400 000 fans de surf.
- Amérique du Sud : Le Brésil, le Pérou et le Chili offrent également d'excellents spots de surf.
- Asie et Océanie : Des îles comme Bali, en Indonésie, sont réputées pour leurs vagues de classe mondiale.
Plusieurs facteurs influencent cette croissance : l'exposition médiatique, l'amélioration des matériaux rendant le surf plus accessible, et le surf comme mode de vie sain. De plus, les confinements liés à la pandémie de Covid-19 ont paradoxalement entraîné un regain d'intérêt pour le surf, considéré comme une activité de plein air synonyme de liberté.
Le rôle social et sécuritaire des surfeurs
Le surf est passé d'un sport confidentiel à une pratique de masse. En 2021, les chercheurs du projet SWYM ont participé au Global Surfer Survey, visant à mieux comprendre un phénomène encore peu étudié : les sauvetages réalisés par les surfeurs. Pour la France métropolitaine, 585 réponses ont été exploitées. 56% des surfeurs ayant répondu à l’enquête auraient déjà porté secours à une personne durant une session de surf. 64% des sauvetages ont eu lieu par beau temps, 74% en dehors des zones ou des horaires de surveillance, et 40% des personnes secourues faisaient du surf ou du bodyboard. Dans 85% des cas, les surfeurs sont intervenus de leur propre initiative. Ces données sont corroborées par des études similaires menées en Australie (Attard et al., 2015), en Nouvelle-Zélande (Mead et al., 2023), et dans le reste de l'Europe.
Économie du surf et évolution du matériel
L'industrie mondiale du surf génère environ 22 milliards de dollars de revenus. Le marché des planches de surf a connu une croissance soutenue depuis les années 1990 ; en 2009, la production s’élevait à 3 millions d’unités, pour un chiffre d'affaires total de 1,2 milliards de dollars. Ce sont des artisans « shapers », au nombre de 2 000 dans le monde, qui produisent la plupart de ces planches.
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Un tournant majeur a été la fermeture de Clark Foam le 5 décembre 2005, suite aux pressions de la California Environmental Protection Agency concernant les solvants et le TDI. Cet événement a ouvert la porte aux fabricants asiatiques, notamment chinois, proposant des produits à bas coûts. Actuellement, 80 % des ventes des magasins de surf proviennent des vêtements et accessoires ; les planches ne représentent qu'une petite partie du chiffre d'affaires et servent parfois de décoration, car leur vente nécessite un personnel qualifié pour conseiller les pratiquants.
Une tendance majeure sur le marché mondial est l'intégration de technologies de pointe pour la performance et la durabilité. Des marques comme Firewire et Slater Designs utilisent de la mousse EPS recyclée et des bio-résines. Les logiciels de conception assistée par ordinateur (CAO) permettent une modélisation hydrodynamique avancée. Parallèlement, des marques comme Patagonia utilisent le Yulex pour remplacer le néoprène. Le segment des planches de surf a dominé le marché avec une part de chiffre d'affaires de 43,2 % en 2024. Le marché Asie-Pacifique devrait connaître une croissance annuelle composée (TCAC) record de 24 % entre 2025 et 2032.
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