Parmi les activités d’entretien du bateau les plus importantes pour la sécurité figure le remplacement des haubans. Il s’agit d’une opération qui devrait être effectuée périodiquement, mais qui est malheureusement souvent sous-estimée par les propriétaires de bateaux. Le gréement représente une partie vitale de votre voilier ; son réglage permet d’obtenir le meilleur compromis entre performances, fiabilité et sécurité.
Pourquoi remplacer les haubans et quand agir ?
Tout d’abord, il est nécessaire d’expliquer pourquoi les haubans doivent être remplacés. Pour savoir quand les haubans doivent être remplacés, on considère généralement qu’il faut le faire tous les sept à dix ans de la vie du bateau ou tous les 40 à 50 000 milles, selon la première éventualité. En effet, la corrosion se produit après un certain temps, indépendamment de l’utilisation réelle du bateau, tandis que la fatigue mécanique se produit avec l’utilisation réelle du bateau pour la navigation.
Il faut savoir que votre gréement n’est plus assuré s’il est âgé de plus de 10 ans. L’assureur se limite à ce qui est contractuel. Nous nous retrouvons souvent à effectuer ce travail sur des bateaux très âgés, voire trentenaires, où le gréement a le même âge que le bateau car le propriétaire n’a jamais pris la peine de le remplacer. Dans ce cas, il n’est pas rare de rencontrer des ruptures cachées, dans le sens où à l’intérieur de l’étai situé dans l’enrouleur, on peut trouver des brins étirés qui peuvent rendre l’opération de remplacement du gréement plus difficile, ainsi que poser un risque de sécurité en navigation. Si le câble se trouvait dans un tel état, il représenterait un risque sérieux pendant la navigation, car l’enrouleur pourrait se casser dans un vent fort, laissant le foc à moitié enroulé sans que le propriétaire puisse l’abaisser ou faire quoi que ce soit d’autre. Bref, se retrouver avec un câble dans cet état est un jeu de dupes et il est donc toujours conseillé d’effectuer des inspections régulières.
Comprendre la structure du gréement dormant
Le gréement dormant est constitué du pataras, de l’étai, des haubans, bas haubans et galhaubans. Il fait partie de l’ensemble du gréement d’un bateau, avec le gréement courant. Le but principal du gréement dormant reste de maintenir le profil qui portera les voiles à la verticale, c’est grâce à la compression du mât que celui-ci reste en place. Le choix du câble pour votre gréement est primordial. Les haubans peuvent être faits de corde, c’est-à-dire de câble spiralé, ou de tige, et, malgré la croyance populaire contraire, les haubans de câble spiralé ont une durée de vie plus courte que les haubans de tige. Le câble spiralé a tendance à souffrir davantage de fatigue mécanique, à la fois parce que les fibres sont constamment en mouvement et frottent les unes contre les autres, et parce que des contaminants tels que l’humidité, le smog et la salinité pénètrent entre les fibres, créant des phénomènes de corrosion. Les haubans à tige sont esthétiquement plus beaux, ainsi que plus légers et plus solides, mais ils nécessitent plus d’entretien que les haubans spiroïdaux.
Les éléments de tension et de maintien
La cadène est une pièce maitresse dans le gréement. Pour la rigidité du gréement les cadènes sont situées aux extrémités des varangues, qui sont elles-mêmes l’ossature du bateau. L’épaisseur d’une cadène doit être au minimum égale au diamètre du hauban. Le trou de chape de cadène doit être au minimum égal à 1,5 fois le diamètre du câble. Hauban, ridoir et cadène doivent être alignés de telle façon que la traction s’effectue selon leur axe de symétrie. Lors du réglage des haubans, l’engagement minimum des tiges filetées doit être égal à deux fois le diamètre du filetage. Surveillez l’usure des goupilles en terminaison des filetages de vos haubans, qui servent de soupape de sécurité si le ridoir se dévisse.
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Les différents câbles assurent des fonctions spécifiques :
- Pataras : il retient la tête du mât en l’empêchant d’aller vers l’avant. La tension est réglable grâce à un mécanisme qui le maintient tendu vers l’arrière.
- Etai : Câble sur lequel vient se gréer le génois. Celui-ci empêche le mât de basculer vers l’arrière.
- Bastaques : Gréées sur des voiliers équipés d’un gréement fractionné, leur point d’ancrage se situe au niveau de l’étai afin de raidir celui-ci. La bastaque au vent est complétement tendue au moyen d’un palan et d’un winch afin de pouvoir prendre la tension au maximum et la bastaque sous le vent est complétement choquée.
Techniques de réglage et maintenance du mât
Un profil optimisé n’est pas juste un profil droit, il doit être réglé. Le réglage latéral consiste à centrer le mât par rapport à chaque bord du voilier. Ce réglage se fait sur les haubans et galhaubans du voilier. Il sera effectué lors du matage du bateau ou lors d’un simple contrôle de gréement en cours de saison. En plus de la vérification visuelle, en se mettant en pied de mât, une bonne méthode consiste à envoyer un mètre à mesurer en tête de mât à l’aide de la drisse de grand-voile. Les distances entre la tête du mât et chacune des cadènes doivent être les mêmes d’un bord et de l’autre.
Le réglage de la quête du mât est important pour l’équilibre du bateau et l’équilibre de barre. En faisant basculer le mât vers l’avant, le centre de voilure avance, le rendant plus mou, quand une inclinaison vers l’arrière rendra le bateau plus ardent. Le réglage du cintrage du mât permet de régler aussi les voiles, d’aplatir la grand-voile dans la brise et d’affiner les réglages. Le réglage du cintrage du mât se fera avec le bas-étai et le réglage du pataras. Sur les bateaux avec des barres de flèches poussantes, vous n’aurez pas de pataras. Aligner le mât dans l’axe de la quille implique que vous deviez régler les ridoirs à l’identique sur chaque bord. C’est en mer, gréement sous charge, que l’on apprécie le mieux les réglages du mât, quel que soit le gréement du bateau. Choisissez un jour de mer plate et un vent de force 3 maximum pour ces ajustements.
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