L'Épopée des Vagues et des Bassins : Parcours Croisés des Championnes Françaises

L'émergence des talents : Marie Dejean, entre médecine et surf

La pratique du surf en France est portée par des athlètes au parcours singulier, où la rigueur académique se mêle à l'exigence de la haute performance sportive. C’était il y a tout juste une semaine, dimanche 4 novembre, la Vendéenne Marie Dejean remportait le titre de championne de France disputé sur la plage des Sables d’Or à Anglet. À 21 ans, elle est en 4ème année de médecine à Nantes et consacre donc beaucoup moins de temps à l’entrainement que lors de ses années au Pôle France. À 21 ans, l'étudiante en 4e année de médecine est déjà docteure ès surf. « Je surfe depuis l'âge de 7 ans ». À 10 ans, la licenciée d'Olonna Surf-club enchaîne les compétitions. Julien Hamel la repère, lui présente un sponsor et l'accompagne sur les spots du sud, « il n'y avait pas beaucoup de filles dans le secteur ».

Malgré ses dispositions prometteuses et un palmarès qui s'étoffe, elle prend l'option médecine. « En terminale, j'en ai eu un peu marre des compétitions, je ne me voyais pas faire du surf pour gagner ma vie ». Le constat est clair : concilier deux domaines aussi exigeants demande une organisation rigoureuse. « Je suis très heureuse d’avoir gagné les championnats de France, c’est un titre que je n’avais encore jamais eu ». En finale, je me suis placée plus au large que les autres et j’ai attendu les vagues de séries, je n’ai eu que deux vagues mais deux très belles vagues qui ont suffi. Les conditions étaient difficiles, c’était très physique mais c’est vrai que je connais bien les vagues d’Anglet du fait de mes années au Pôle France.

Vendredi 2 novembre, les conditions sont musclées sur le spot de Sable d'Or, à Anglet, « hyper physique, un bon 2 mètres. ». Marie ne prendra que deux vagues pour remporter la finale devant les Réunionnaises Johanne Defay et Canelle Bullard. Je suis venue à Anglet pour la compétition bien sûr, mais surtout pour l’ambiance et pour revoir toutes les filles dont Pauline Ado, Justine Dupont, Cannelle Bulard, Johanne Defay… Ce n’était pas si simple pour moi car je m’entraîne beaucoup moins qu’avant. Aujourd’hui je consacre beaucoup de temps à mes études. Même si j’en avais très envie, je pensais que mes chances de gagner le titre étaient derrière moi, la concurrence est rude avec toutes ces jeunes surfeuses. Peut-être que ce qui a fait la différence c’est qu’ayant beaucoup moins de temps pour surfer, j’avais la gnac, en finale j’avais vraiment envie, plus qu’elles. Je suis en 4ème année de médecine à Nantes, je suis passionnée par mes études et en particulier par la chirurgie. Mais le surf reste ma plus grande passion alors même si mes études me demandent beaucoup de temps et d’investissement je compte bien continuer à les concilier avec le surf. Je surfe dès que je rentre aux Sables d’Olonne et que les conditions le permettent. Marie prépare l'internat de médecine, elle souhaite se spécialiser en chirurgie mais n'a rien contre « devenir médecin de l'équipe de France de surf ». Elle envisage le surf sereinement. « Garder le niveau et continuer à m'amuser, des compétitions de temps en temps, défendre mon titre, avoir le stress. » Surfer les vagues autour de la planète aussi.

Justine Dupont : La polyvalence au service des extrêmes

L’univers du surf français compte une figure majeure dont la renommée dépasse les frontières, portée par une capacité rare à briller dans des disciplines variées. Aussi à l’aise en shortboard qu’en longboard ou en stand up paddle, Justine Dupont s’est imposée comme l’une des figures majeures du surf mondial, notamment dans la discipline des grosses vagues. Originaire de La Canau, elle se révèle au grand public en 2013 en surfant Belharra, la vague géante basque, avant de repousser ses limites à Mavericks en 2015 puis de nouveau à Belharra en janvier 2016. En février 2017, à Nazaré, elle surfe une vague estimée à près de 30 mètres, alors la plus grosse jamais surfée par une femme.

Issue d’un parcours sportif complet - natation, athlétisme, voile - elle se distingue aussi en compétition. Membre des équipes de France de surf, de longboard et de SUP, elle intègre le Championship Tour en 2012 et devient la première Européenne à remporter un QS 6-Star la même année. Troisième mondiale en longboard en 2013, pensionnaire du Pôle France et bachelière scientifique avec mention, elle démonte une rare polyvalence. En 2015, elle signe un doublé historique en devenant championne de France de surf et de longboard. En 2016 et 2017, elle enchaîne performances internationales et sélections en équipe de France. Aux World Surfing Games, elle participe aux podiums collectifs, remporte le titre mondial du relais et contribue aux sacres de la France au classement des nations.

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En parallèle, elle devient vice-championne du monde de SUP Surf en 2017, puis championne du monde individuelle en 2019 au Salvador, ajoutant un nouveau titre mondial à son palmarès. L’hiver 2017-2018 la voit charger Nazaré et Jaws, où elle se blesse gravement fin 2018. Après une longue rééducation, elle revient au plus haut niveau en 2019 avec des médailles mondiales en longboard et en SUP. À Nazaré, elle surfe à plusieurs reprises des vagues de plus de 20 mètres, frôlant le record du monde en février 2020. Lauréate du prix Waterman de l’année en 2023, elle confirme son statut d’athlète d’exception par sa polyvalence et son engagement dans les conditions extrêmes. Enceinte, elle réussit encore l’exploit de se qualifier pour les Mondiaux SUP 2023 et termine quatrième.

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