L’excellence française en kayak : du sacre mondial d’Angèle Hug à l’éclosion des talents de demain

Le monde du canoë-kayak a vibré au rythme des performances exceptionnelles des athlètes français lors des récentes compétitions internationales. Des bassins australiens de Penrith aux eaux vives de Slovénie, l’élite tricolore a démontré une maîtrise technique et une résilience mentale hors du commun. Cette domination ne se limite pas à un seul événement, mais témoigne d’une profondeur de banc impressionnante, où l’expérience des cadres se mêle à l’audace des jeunes espoirs, redéfinissant les standards de la discipline à l’échelle mondiale.

Le sacre d’Angèle Hug sur le bassin de Penrith

La Française Angèle Hug, vice-championne olympique de kayak cross lors des JO de Paris, a décroché, samedi 4 octobre, le titre mondial de la discipline à Sydney, le cinquième obtenu par les Bleus sur le bassin de Penrith en Australie. Elle était très attendue. Elle a répondu présente. 27e de l’épreuve de canoë slalom il y a quelques jours, la Paloise était très attendue en kayak cross. Vainqueur de sa course en qualification, en quart de finale puis de sa demi-finale, Angèle Hug est apparue très concentrée au départ de sa finale.

« J’étais très stressée parce que les garçons ont tout déchiré hier, a-t-elle confié au micro de la Fédération internationale après l’arrivée. Toute l’équipe de France a été bonne et j’étais là : ‘Je dois faire quelque chose !’». Auteure du meilleur départ, la Paloise a réussi à ne pas se faire enfermer par l’Espagnole Maialen Chourraut au premier stop puis a passé toute la course en tête. Une victoire en patronne. « J’avais vraiment envie de la chercher celle-là. J’ai vu Nico (Gestin champion en canoë slalom), Titouan (Castryck, champion en kayak slalom), les médailles par équipe (kayak homme et canoë hommes), donc je me suis dit « là, t’es obligée. » Je me suis mise dos au mur. Franchement, hier (vendredi) soir, je ne dirais pas que j’étais sereine mais j’avais vraiment envie d’y aller. Comme quoi, avec l’envie et tout ce que j’ai travaillé, mis bout à bout, ça donne une médaille d’or. »

Une dynamique collective au sommet

Les Bleus n'en finissent pas de briller sur le bassin de Penrith en Australie. Avec ces trois nouvelles médailles, les Bleus signent leur plus belle performance dans des Mondiaux de canoë-kayak, avec trois titres en individuel et deux en équipes. Très attendu, Nicolas Gestin a décroché son titre jeudi en canoë slalom, un an après l’or olympique. Les deux équipes de France masculines en canoë et en kayak ont elles aussi pris l’or dans ces Mondiaux. Après les titres mondiaux de Nicolas Gestin (C1, jeudi) et de Titouan Castryck (K1, vendredi), c'est au tour d'Angèle Hug (25 ans) de décrocher l'or en kayak cross ce samedi. La vice-championne olympique à Vaires-sur-Marne s'est imposée devant sa compatriote Camille Prigent, 6e de la finale du kayak vendredi, et la Polonaise Klaudia Zwolinska.

Petit bonus, ce titre obtenu lors de l'épreuve clôturant ces Mondiaux de canoë-kayak est accompagné d'une médaille d'argent pour les Bleus obtenue par Camille Prigent, vice-championne du monde il y a deux ans à Londres. « C'est trop cool, j'avais vraiment envie d'aller la chercher celle-là, réagit l'Ardéchoise. Quand j'ai vu Nico (Gestin), Titouan (Castryck) et les médailles par équipes, je me suis dit "tu es obligée". Je sentais que j'étais dos au mur, avec beaucoup d'envie. Et aujourd'hui (ce samedi), tout ce que j'ai travaillé cette année s'est bien mis bout à bout. Deux Françaises sur le podium, c'est rare, il faut en profiter. C'est ma plus belle saison. »

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« C'était un peu compliqué au début car j'étais encore un peu triste de la finale d'hier (vendredi) en slalom, mais ça a matché au bon moment ». La déception du slalom pas tout à fait digérée, Camille Prigent (27 ans), déjà vice-championne du monde de kayak cross en 2023 et championne d'Europe en mai dernier, savourait l'instant. « Je suis super contente de conserver mon titre de vice-championne, lance-t-elle. En plus, d'aller chercher ça avec Angèle qui gagne, c'est un truc de fou. C'était un peu compliqué au début car j'étais encore un peu triste de la finale d'hier (vendredi) en slalom, mais ça a matché au bon moment. »

La résilience et l’analyse des athlètes

Le parcours de ces champions illustre une gestion fine de la pression post-olympique. Angèle Hug livre son analyse sur cette transition : « Franchement, belle saison ! Je dirais pas simple, même vraiment pas. On m’avait un peu mise en garde sur l’après-jeux mais je me suis dit qu’il n’y avait pas trop de soucis et que les compétitions continuaient. J’ai trouvé un peu mes marques sur les premières coupes du monde avec un podium en slalom et une 5e place. J’avais vraiment envie d’aller chercher des choses en slalom et en kayak cross. Chose que j’ai eu plus de mal à faire sur la fin de saison, avec l’échéance qui se rapprochait. Je crois que j’ai encore des progrès à faire en slalom, je vais être humble. Et même en kayak cross, c’est une discipline jeune. C’est une de mes plus belles saisons, donc c’est super cool ! »

Dans la finale hommes, le Français Mathurin Madoré a échoué de peu mais décroche l'argent, devancé par le Britannique Joseph Clarke. Si le Palois Benjamin Rénia s’est arrêté en quart de finale, quelques minutes plus tard, Mathurin Madore est allé décrocher une nouvelle médaille - en argent, derrière le Britannique Joe Clarke, champion olympique de kayak slalom en 2016 à Rio, pour garnir un peu plus le butin français. « Ça a été une journée incroyable pour moi, lâche Madoré. C'était mon premier Championnat du monde depuis six ans, pour l'instant, je ne réalise pas trop. Avoir terminé sur les deux podiums du classement général de la Coupe du monde en kayak cross, en individuel (2e) et en confrontation directe (3e), m'a permis d'arriver avec beaucoup de confiance en Australie. »

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