La para-natation représente bien plus qu'une discipline sportive ; elle est un vecteur d'inclusion, de dépassement de soi et d'émotions partagées, portée par des athlètes dont l'exigence et la performance définissent le quotidien. Le paysage mondial de cette discipline est marqué par des rendez-vous incontournables, à l'image des Championnats du Monde et des Para Swimming World Series, où la France s'impose progressivement comme une nation majeure. La structuration du haut niveau, de la préparation physique aux ajustements tactiques, témoigne d'une volonté farouche de porter haut les couleurs nationales. L'analyse des récentes compétitions, des Championnats du Monde à Singapour aux étapes françaises, permet de saisir les dynamiques à l'œuvre dans une discipline en constante mutation.
La stratégie de préparation de la délégation française
La délégation française engagée cette année est composée de huit nageurs, dont deux femmes et six hommes. Tous les membres de cette équipe faisaient déjà partie de la sélection paralympique à Paris 2024. Ce groupe resserré reflète une stratégie assumée : exigence, performance et créer les conditions idéales pour permettre à chacun de s’exprimer pleinement sur la scène mondiale. Le calendrier 2025, marqué par une compétition internationale tardive, a nécessité une adaptation de la préparation. Comme l’explique Guillaume Domingo, les nageurs ont dû composer avec une saison exigeante, tant sur le plan physique que mental.
Depuis leur arrivée à Singapour, les nageurs poursuivent leur préparation tout en s’adaptant progressivement aux conditions locales. « Chacun prend ses repères, le travail se poursuit avec sérieux et dans une ambiance positive. Les conditions sont bonnes et l’objectif reste inchangé : être prêt, se trouver dans les meilleures dispositions, le jour J. Les Championnats du Monde à Singapour s’annoncent relevés. Comme souvent après une année paralympique, les collectifs évoluent, de nouveaux visages apparaissent, et les hiérarchies peuvent se redessiner. « L’année post-Jeux est toujours particulière, avec des changements naturels dans les collectifs internationaux. Notre objectif sera double : défendre les médailles glanées la saison dernière, et tenter d’aller encore plus loin. À Singapour, l’équipe de France arborera fièrement les couleurs de son nouvel équipementier officiel, Arena.
Les Championnats du Monde : un rendez-vous planétaire
Du 21 au 27 septembre, les championnats du monde de para-natation 2025 se tiennent à Singapour. Huit Français participeront à l’évènement, avec l’envie de faire au moins aussi bien qu’aux Jeux paralympiques de Paris. Pendant une semaine, Singapour va redevenir la capitale mondiale de la natation ! Presque deux mois après avoir vu performer Léon Marchand et Maxime Grousset aux championnats du monde, la cité-État va accueillir les Mondiaux de para-natation. Il s’agit de la 12e édition des Mondiaux de para-natation. En raison du décalage horaire, les séries auront lieu très tôt le matin en France, entre 3 h et 6 h.
Le programme des compétitions est dense. Le dimanche 21 septembre, les épreuves incluent le 100 m dos S6 (Laurent Chardard), 100 m brasse S9 (Hector Denayer), 400 m nage libre S9 (Ugo Didier), 50 m brasse S3 (Dimitri Granjux), 100 m papillon S13 (Alex Portal) et 50 m nage libre S10 (Émeline Pierre). Le lundi 22 septembre, on retrouve le 100 m nage libre S6 (Laurent Chardard), le 200 m 4 nages S9 (Hector Denayer, Ugo Didier) et le 100 m papillon S12 (Kylian Portal). Le mardi 23 septembre est marqué par le 100 m papillon S9 (Hector Denayer, Agathe Pauli), le 150 m 3 nages S4 (Dimitri Granjux), le 100 m nage libre S13 (Alex Portal) et le 50 m nage libre S12 (Kylian Portal). La compétition se poursuit le mercredi 24 septembre avec le 100 m nage libre S9 (Hector Denayer, Ugo Didier), le 50 m dos S4 (Dimitri Granjux) et le 100 m dos S13 (Alex Portal). Enfin, le jeudi 25 septembre propose le 50 m nage libre S6 (Laurent Chardard), le 50 m nage libre S4 (Dimitri Granjux), le 400 m nage libre S9 (Agathe Pauli) et le 100 m nage libre S12 (Kylian Portal).
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L'ancrage durable de la Para Swimming World Series en France
Après deux éditions réussies à Limoges puis une première incursion en Île-de-France en 2025, la Para Swimming World Series confirme son ancrage en France. Pour la quatrième année consécutive, une étape du circuit international se tiendra sur le territoire, preuve de la place désormais incontournable qu’occupe l’Hexagone dans le paysage mondial de la para natation. Durant trois jours, 195 nageurs issus de 39 nations se mesureront dans un programme dense couvrant l’ensemble des catégories de handicap (S1 à S14). L’équipe de France pourra compter sur une délégation de 24 nageurs déterminés à performer devant leur public.
Étape incontournable du circuit international et désormais solidement installée en France, la Para Swimming World Series de Taverny promet un spectacle de haut niveau, mêlant performance, dépassement de soi et émotions. « Accueillir, pour la quatrième année consécutive, une étape des Para Swimming World Series en France témoigne de la confiance accordée à la Fédération Française Handisport et du rôle que notre pays joue désormais dans le développement de la para natation à l’international. La présence de 39 nations illustre pleinement l’attractivité et la dimension mondiale de cet événement, qui s’inscrit également dans la dynamique d’héritage des Jeux de Paris 2024. Je souhaite saluer l’engagement de la communauté d’agglomération Val Parisis, ainsi que celui des villes de Taverny et de Saint-Leu-la-Forêt, et remercier l’ensemble de nos partenaires, dont le soutien est essentiel à la réussite de cet événement. Au-delà de la qualité de l’organisation, ce rendez-vous représente un enjeu sportif important pour nos nageurs, qui auront l’opportunité de se confronter à l’élite mondiale dans une période clé de leur préparation. Je sais pouvoir compter sur leur engagement et leur détermination pour porter haut les couleurs de la France. »
Rétrospective et dynamique de progression
L'histoire récente de l'équipe de France est jalonnée de performances marquantes, comme lors des championnats du monde de Londres. Sami El Gueddari et son staff avaient souligné l'importance de viser neuf médailles, un objectif atteint avec panache : 2 en argent et 6 en bronze. Laurent Chardard (S6) s'était illustré sur 50 m papillon en battant le record d’Europe en 31″41 pour décrocher l’argent. « C’est une belle médaille. Pour la première fois de la semaine, il a amélioré son temps en finale. Il a montré ce dont il est capable. Au regard de son vécu en natation, assez récent, ces championnats du monde ouvrent des perspectives prometteuses pour l’avenir. Il lui faudra continuer à redoubler d’efforts parce que la concurrence au plus haut niveau, elle, n’attend pas. »
Alex Portal (SM 13) avait également brillé en terminant 6e du 100 m papillon après avoir décroché une médaille d’argent et une autre de bronze plus tôt dans la compétition. Claire Supiot (S8), à 51 ans et demi, signait des championnats stratosphériques, améliorant ses temps personnels à chaque session. « Claire, déjà deux médailles de bronze en poche, a fait cette course pour clôturer ces championnats du monde, sans avoir de réelles chances de podium. Néanmoins, elle améliore encore son temps personnel et une nouvelle fois abaisse son temps entre le matin et l’après-midi. En matière de progression, Claire signe des championnats stratosphériques à 51 ans et demi. » Ugo Didier (S9), de son côté, a montré sa résilience habituelle : « Il a connu une matinée difficile, payant son 400 m nage libre d’hier. Il ne savait pas trop à quoi s’attendre pour la finale mais Ugo est un combattant, un nageur qui aime les challenges et la compétition. »
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