Les Championnats du monde de natation à Rome ont marqué une étape charnière dans l'histoire de la discipline, tant sur le plan des performances athlétiques que sur celui de l'évolution technologique des équipements. Quinze ans après la précédente édition romaine, l'événement s'est déroulé sur les courts de tennis du Foro Italico, grâce à des bassins temporaires fournies par Myrtha Pools. Avec autant de victoires italiennes, l'événement a été un grand succès pour toute l'Italie. En tant que sponsor et partenaire officiel de la FINA, Myrtha Pools est ravi d'avoir vu autant de records du monde battus dans ses bassins. Tout au long de l'événement, le personnel de Myrtha Pools a accueilli des professionnels de l'eau du monde entier pour des visites privées des différents sites utilisés pour les compétitions de water-polo (34x21x2) et de natation synchronisée (34x21x3), ainsi que des bassins d'Aquaniene. Une autre caractéristique qui a remporté un franc succès pendant les Championnats s'est déroulée au Village Roma09, au cœur du Foro Italico.
Le contexte technologique : Le record des records
L'édition de Rome est entrée dans les annales comme le théâtre d'une révolution technique éphémère. Quarante-trois records du monde ont été battus, "un record de records" nourri par les combinaisons en polyuréthane, bannies dès le 1er janvier prochain. Ce phénomène a bouleversé la hiérarchie mondiale et rendu les comparaisons chronométriques complexes. Ce dimanche aux Championnats du monde de natation à Rome, les nageurs se démènent. Plusieurs records du monde sont déjà tombés. L'Américaine Ariana Kukors a largement battu le record du monde du 200 m 4 nages en 2 min 07 sec 03/100 en demi-finales des Championnats du monde de natation. Avec ce chrono, établi dans la seconde demi-finale, Kukors, 20 ans et absente aux jeux Olympiques de Pékin, efface des tablettes l'Australienne Stephanie Rice, qui avait nagé en 2:08.45 le 13 août 2008 dans la capitale chinoise. Rice a réussi le deuxième temps des demi-finales (2:08.68).
Sur 400 m nage libre, l'Allemand Paul Bierdermann a remporté la finale en battant le record du monde en 3 min 40 sec 07/100, devant le Tunisien Oussama Mellouli (3:41.11) et le Chinois Zhang Li (3:41.35). Il a effacé des tablettes pour un centième l'ancien record détenu par l'Australien Ian Thorpe depuis le 30 juillet 2002. L'Allemand, âgé de 22 ans, a décroché le premier titre de sa carrière après avoir battu le record d'Europe en séries dans la matinée (3:43.01). Il a commencé à faire parler de lui seulement cette saison en enlevant le record du monde en petit bassin sur 200 m nage libre, que détenait aussi Thorpe et qui tenait depuis huit ans. Chez les dames, la Suédoise Sarah Sjostrom, 15 ans, a battu le record du monde du 100 m papillon en 56 sec 44/100e en demi-finales des Championnats du monde de natation. C'est le premier record du monde battu ce dimanche à Rome. Dans la seconde demi-finale, Sjostrom a effacé des tablettes la Néerlandaise Inge De Bruijn qui avait établi sa marque de référence lors des jeux Olympiques de Sydney en 2000. Il s'agit de l'un des deux records du monde féminins à être plus ancien que la saison 2006.
Le bilan de l'équipe de France : Entre médailles et désillusions
La France est arrivée à Rome avec de grandes ambitions. La France est venue avec sa plus forte délégation (34 nageurs). Cependant, le bilan global a été marqué par une certaine amertume, malgré des performances individuelles notables. "On ne remporte peut-être pas la médaille d'or mais ce sont des moments historiques", a relativisé le directeur technique national, Christian Donzé, en référence aux deux podiums sur 50 m et sur 100 m libre, sur lesquels deux Français sont montés à chaque fois. Unique ! Sur 100 m libre, Alain Bernard a terminé deuxième devant Frédérick Bousquet. Sur 50 m libre, Bousquet est monté sur la deuxième marche devant Amaury Leveaux. Et Duboscq a atteint son plus haut niveau avec l'argent sur 100 m brasse. Le relais 4x100 m libre (3e) a complété le palmarès.
Cependant, le manque de titre a pesé lourd. Selon Christian Donzé, il y avait un "potentiel de trois titres", ceux qui ont brillé aux JO-2008, Alain Bernard, Amaury Leveaux et Hugues Duboscq. Raté ! "Quand on fait deux fois deuxièmes dans une compétition comme celle-là, il ne faut pas non plus voir les choses du mauvais côté", s'est défendu Lionel Horter, directeur de l'équipe de France. Les statistiques soulignent une fragilité collective : les Français ont atteint 14 finales individuelles, mais 23 performances françaises sont en baisse par rapport aux Championnats de France sélectifs contre 12 à la hausse. "On peut se poser la question d'une délégation excessive par rapport à la représentativité de la natation française", a reconnu le président de la fédération Francis Luyce.
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La déception du relais 4x100 m nage libre
L'épreuve phare du relais 4x100 m libre a cristallisé les regrets de la délégation française. Grands favoris du relais 4x100 m libre, les Bleus, médaillés d'argent aux JO-2008, ont terminé troisièmes derrière les Etats-Unis et la Russie. "On pouvait gagner. Les quatre garçons n'ont pas performé au niveau où ils devaient", a regretté Horter. Pour Donzé, les Bleus "sont passés à côté". "Il ne faut pas se voiler la face. C'est la déception de ces Mondiaux".
La France, favorite de la course alors que cinq des dix meilleures performances mondiales de l'année ont été réalisées par des Français, a remporté sa première médaille des Mondiaux. Les Français nourrissaient pourtant d'autres ambitions alors qu'ils n'ont jamais remporté aucun relais dans leur histoire sur un grand rendez-vous. À Pékin, les Français avaient livré une course d'anthologie face aux Américains et avaient laissé filer leur titre qui leur tenait tant à cœur sur le dernier relais nagé par le champion olympique Alain Bernard pour terminer deuxièmes. À Rome, Bernard a pris le deuxième relais derrière Fabien Gilot, placé en cinquième position. Bernard a pris la tête de la course et passé le relais à Grégory Mallet. Frédérick Bousquet a été à la conclusion d'une troisième place décevante pour les Tricolores. La surprise est venue de la Russie, placée dans le couloir extérieur N.8 et qui s'est placée dans le peloton de tête en fin de course.
Frédérick Bousquet a exprimé sa frustration : "Je suis déçu de la 3e place, mais pas par rapport à notre préparation. On n'avait rien laissé au hasard. Le niveau était très relevé. Je n'ai pas eu de sensations extraordinaires. J'ai senti que cela a vraiment bloqué tôt dans le deuxième 50 m. J'ai voulu passer en accélération après le virage, mais ça a lâché trop tôt." Pour l'entraîneur Lionel Horter, la différence réside dans la culture de la discipline : "Le relais ne s'est pas passé à la perfection. On a des regrets car les Américains nagent une seconde moins vite que l'an passé avec les combinaisons. Bien entendu, les nageurs sont déçus. Mais par rapport aux règles qu'on avait établi, aux choix des relayeurs, à leur ordre, on n'a pas de regrets. Fabien et Alain font une super course. Les Américains, eux, ont une vraie culture de relais, plus développée qu'en France. Ils ont ça dans le sang. Même avec des petits soucis, à l'image de Phelps qui n'a pas nagé à son meilleur niveau, ils s'en sortent mieux que nous."
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