Sécurité aérienne et plongée sous-marine : anticiper les risques pour une pratique sereine

De nombreux plongeurs et plongeuses organisent des séjours plongée pour partir à la découverte d’une faune et d’une flore plus exotique. Et qui dit exotisme, dit généralement un voyage en avion. Vous avez décidé de vous offrir une escapade plongée dans les eaux chaudes ? Attention cependant, l’avion et la plongée ne font pas bon ménage. Tout plongeur ou plongeuse doit absolument savoir que l’avion et la plongée sous-marine ne font pas bon ménage et qu’il faut être extrêmement vigilant avant et après une plongée lorsque l’on doit prendre l’avion. L’objectif de cet article est de vous donner des consignes de sécurité à respecter pour vous assurer un vol en toute tranquillité, tout en explorant les spécificités des environnements subaquatiques, incluant des sites singuliers comme l’épave de l’avion Cessna 188 immergée en Guadeloupe.

La physiologie de la plongée et l’accident de décompression

En plongée bouteille, l’air respiré, sous pression, forme de petites bulles de gaz dans l’organisme qui disparaîtront avec le temps. Plus vous plongerez profond, plus la présence de gaz dans votre organisme sera importante. Mais n’ayez crainte ! Une fois votre plongée terminée, ces petites bulles disparaissent naturellement, sans dommage pour vous. En revanche, il faut savoir que cette accumulation de gaz dans votre organisme et la diminution de la pression environnante peuvent entraîner des problèmes majeurs et notamment un accident de décompression.

Lorsque vous plongez en bouteille, vous respirez de l’air sous pression (pas de l’oxygène pur). En inspirant davantage d’azote, votre corps va emmagasiner temporairement de l’azote, qui sera ensuite éliminé naturellement et progressivement dans les heures qui suivent la plongée, simplement en expirant, par le filtre pulmonaire. C’est pour éliminer l’essentiel de cet azote résiduel que les palanquées effectuent systématiquement un palier de sécurité de 3 minutes à 5 mètres en fin de plongée. La durée du palier dépend de l’accumulation d’azote, qui elle-même dépend de la profondeur de la plongée et du temps passé sous l’eau. Plus l’on descend profond, plus la pression est forte, et donc plus la pression partielle d’azote est importante. Par exemple, à 10 mètres, il y a deux fois plus de pression qu’à la surface, donc deux fois plus d’azote et d’oxygène. Si vous plongez à 40 mètres de profondeur, la pression sera de 5 bars donc 5 fois plus d’azote et d’oxygène.

Les risques liés au vol après une immersion

C’est à ce moment-là que l’avion après une plongée comporte des risques. En effet, les cabines des avions sont pressurisées une fois en altitude, cela peut entraîner une augmentation du volume d’azote encore présent dans votre organisme. C’est cette différence de pression qui peut entraîner un accident de décompression. Pour éviter tout désagrément de ce genre, des délais sont à respecter entre la dernière plongée et votre prochain vol.

Avant de prendre l’avion, il faudra attendre ! Le délai, entre votre dernière immersion et votre prochain vol, varie et va surtout dépendre de la profondeur à laquelle vous avez plongé et du temps cumulé sous l’eau. En fonction de ces 2 paramètres, la quantité de gaz accumulée dans votre organisme va être plus ou moins importante. Un délai sera donc à prévoir mais surtout à respecter avant tout embarquement. En synthèse, vous devrez attendre 12 heures avant de prendre l’avion si vous avez fait une plongée de moins de 2 heures, sans paliers de décompression. Dans le cas d’une plongée profonde, donc supérieure à 15 mètres, prévoyez un délai de 24 heures car votre organisme a plus d’azote à éliminer. De même si vous avez plongé plusieurs fois par jour, respectez un délai de 24 heures, minimum.

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La plongée juste après le voyage : une fausse bonne idée

C’est vrai que l’on pourrait penser qu’il n’y a aucun risque à plonger peu de temps après avoir pris l’avion, mais ce n’est qu’une fausse idée. Un long voyage fatigue notre organisme et qui dit fatigue, dit augmentation des risques d’accident de décompression. De plus, notre corps a besoin d’une bonne désaturation après avoir été confronté aux pressions atmosphériques sinon vous pourriez souffrir d’un trouble cardio-vasculaire. En d’autres termes, ménagez-vous. L’excitation et l’envie d’aller plonger est tellement forte certes, mais allez-y en douceur après votre vol pour ne pas avoir de problèmes et ainsi gâcher votre séjour plongée.

Sur le plan médical, il n’y a aucune contre-indication à pratiquer la plongée dès que vous avez atterri. Certains clients viennent d’ailleurs dès leur premier jour de vacances : avec le décalage horaire, ils sont réveillés de bonne heure, et arrivent en pleine forme. Leur calcul est d’accumuler de la « bonne fatigue » pour gérer plus facilement le décalage horaire. Toutefois, chaque plongeur est différent et chacun sature de façons différentes. Il est déconseillé de pratiquer du sport intensif après une plongée, ni de monter en altitude juste après une plongée : on ne peut pas faire une plongée à 40 mètres le matin et monter en haut d’une montagne l’après-midi. L’exercice physique intense augmente le taux de circulation sanguine et stimule la libération d’azote dissous dans notre corps.

L’exploration des épaves : le cas du Cessna 188

Parmi les nombreux sites de plongées, certains offrent des expériences uniques comme l’exploration d’épaves. La plongée épave de l’avion, la seule dans l’aire marine du Parc National de Guadeloupe, est une plongée très souvent demandée par les plongeurs. Le Cessna 188 est un avion fabriqué par Cessna Aircraft Company dans les années 70, utilisé initialement pour l’épandage aérien. C’est un avion métallique à ailes basses d’une longueur de 8 mètres et d’une envergure de 12 mètres, équipé d’un moteur à piston.

Un matin de 1999, le Cessna Agwagon 188 s’apprête à décoller de l’aérodrome de Grand Café de Capesterre-Belle-Eau en Guadeloupe. L’avion rate son décollage et finit en bout de piste. L’épave du Cessna 188, dépolluée, a été immergée en 2000 à Port Louis en Guadeloupe pour créer un récif artificiel sur un fond de 23 mètres. Depuis, l’épave a été colonisée par la faune fixée : éponges, gorgones, coraux, ascidies, hydraires. Ensuite sont arrivés les poissons : grand diodon, poissons Ange et, plus récemment, les Poissons Lions. Sous les ailes, on y trouve également des langoustes. Cette plongée est accessible aux plongeurs niveau 1 ou Open Water titulaires de la spécialité Plongée Profonde.

Cadre réglementaire et sécurité de la pratique

Le code du sport encadre la pratique de la plongée et précise les aptitudes requises, l’encadrement nécessaire et les zones de plongée autorisées. La plongée sous-marine ne se pratique en aucun cas seul. Il est indispensable de commencer avec un organisme agréé et un moniteur diplômé. Pour découvrir la plongée, vous pouvez effectuer un baptême : une première immersion d’environ 20 minutes, en piscine ou en mer, qui vous permettra d’appréhender et de découvrir une première fois le milieu sous-marin. Même pour un baptême, il est recommandé de respecter un intervalle de surface avant de prendre l’avion.

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La sécurité repose également sur le matériel. Le trio PMT (palmes, masque et tuba) est nécessaire pour voir, nager et respirer à la surface. Le détendeur est impératif pour respirer sous l’eau. La combinaison doit être choisie en fonction de la température de l’eau : étanche pour les eaux froides, semi-étanche pour les eaux tempérées, ou humide pour les eaux chaudes. L’ordinateur de plongée est un outil crucial ; certains disposent directement d’une fonctionnalité qui vous indique le temps de désaturation de l’azote dans votre organisme. Respectez bien les paliers de décompression pour limiter les risques.

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