La recherche d'équipements militaires authentiques de la Seconde Guerre Mondiale constitue un défi constant pour les collectionneurs et les historiens, particulièrement lorsqu'il s'agit d'articles sans marquages clairs. Parmi les pièces les plus convoitées, la cartouchière du fusil Mosin-Nagant russe occupe une place de choix. Son identification correcte nécessite une connaissance approfondie des spécificités de fabrication et des périodes d'utilisation, souvent confrontée à des confusions avec des équipements d'autres nations ou époques. Cet article vise à explorer les caractéristiques des cartouchières Mosin-Nagant utilisées pendant la Seconde Guerre Mondiale, en les plaçant dans le contexte de l'histoire riche et complexe du fusil lui-même.
Les Enjeux de l'Identification des Cartouchières Mosin-Nagant
L'identification d'une cartouchière comme étant spécifiquement russe et destinée au Mosin-Nagant de la Seconde Guerre Mondiale peut s'avérer ardue, surtout en l'absence de marquages distinctifs. De nombreux objets de cette période n'ont pas de marquages clairs, ce qui mène à des incertitudes quant à leur origine et leur période d'utilisation. La question se pose fréquemment de savoir si une pièce est « Russe ou Allemande? », et si elle appartient à la « ww1 ou ww2? ». Ces interrogations sont loin d'être rares.
Certaines caractéristiques physiques peuvent cependant orienter l'identification. Les « petits picots sur le dessous, la forme de la "sangle" et l'aspect de surface » d'une cartouchière peuvent, par exemple, suggérer une provenance russe pour le Mosin-Nagant. Ces détails, bien que subtils, sont souvent les seuls indices disponibles pour distinguer un équipement authentique. La difficulté est d'autant plus grande que les équipements ont pu être produits en grande série, avec des variations.
Il est crucial de dissiper certaines confusions courantes. Par exemple, une proposition concernant une cartouchière « Plus Autrichienne WWI » est rapidement mise en question. En effet, les troupes austro-hongroises de la Première Guerre Mondiale utilisaient la munition 8x50R (Manlicher) sur clip. Les cartouchières associées à cette munition « ne ressemblent pas du tout » à celles du Mosin-Nagant, car elles présentaient une « inclinaison particulière, due aux clips ». Cette distinction est fondamentale pour éviter d'attribuer une cartouchière Mosin-Nagant à une origine autrichienne de la Première Guerre Mondiale. De même, la prétention selon laquelle une cartouchière pourrait être « Allemande ww1 » est résolument réfutée, signalant une erreur d'attribution manifeste.
Évolution et Spécificités des Cartouchières Russes pour Mosin-Nagant
Les cartouchières russes pour le fusil Mosin-Nagant ont connu des évolutions de fabrication, notamment pendant la période intense de la Seconde Guerre Mondiale. Il est noté que les cartouchières russes « étaient cousues jusque 1942 ». Cette méthode de fabrication, plus exigeante en temps et en main-d'œuvre, reflète sans doute des standards de production antérieurs à l'escalade maximale des hostilités. Cependant, la nécessité d'une production rapide face aux exigences du conflit a entraîné des changements. Après 1942, la production fut simplifiée et accélérée, et « après fallait faire vite et elles étaient rivetées ». Ce passage du cousu au riveté est un indicateur temporel significatif pour les collectionneurs et peut aider à dater une cartouchière, même sans marquage spécifique.
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Concernant les modèles, le « modèle "30"(?) est très semblable » en termes de forme, mais se distingue par le fait qu'il est cousu. Par contraste, le « modèle "44"(?) diffère légèrement » et est caractérisé par le fait qu'il est riveté, avec une « plus de présence de la boucle métallique ». Ces différences, même subtiles, sont importantes pour l'identification. La provenance de ces cartouchières est généralement identifiée comme « Russe, Soviétique, pour infanterie », les modèles de « cavalerie » étant différents et ressemblant davantage aux « cartouchières de l'époque impériale ». La question a également été soulevée quant à la possibilité qu'une cartouchière présentée puisse être « post ww2 » ou « Polonais », soulignant la complexité des identifications et la nécessité de prendre en compte les productions d'après-guerre ou des pays du Pacte de Varsovie qui ont également utilisé le Mosin-Nagant.
Le Mosin-Nagant : Genèse d'un Fusil emblématique
Pour comprendre pleinement l'importance de sa cartouchière, il est essentiel de retracer l'histoire du fusil Mosin-Nagant, une arme qui a marqué l'histoire militaire russe et soviétique pendant plus d'un demi-siècle.
L'origine du Mosin-Nagant remonte à la fin du XIXe siècle, une période de profondes transformations dans l'armement des nations. Durant le conflit russo-turc de 1877 à 1878, les troupes russes étaient principalement « armées en majorité de fusils Berdan à un coup alors que les Turcs disposent de fusils à répétition Winchester ». Ce déséquilibre technologique a mis en lumière la nécessité pressante pour l'Empire russe de moderniser son arsenal. En conséquence, en 1882, « le ministère de l’armement russe décide de concevoir une arme alimentée par un chargeur de plusieurs cartouches ».
Après l’échec d’une tentative de modification du fusil Berdan existant, une « « commission spéciale pour l’expérimentation des fusils à chargeur » est créée pour tester plusieurs conceptions ». Cette démarche s'inscrivait dans un mouvement général en Europe, où « à la suite de la révolution de la poudre sans fumée seront conçus les Lebel, Fusil Mannlicher M1895, Lee-Metford, etc. ».
En 1889, un jeune officier, « Sergueï Mossine, soumet son projet de fusil de calibre 3 lignes (soit 7,62 mm, la ligne valant en Russie à l'époque 0,1 pouce et 2,54 mm) » à une compétition. Son concurrent principal était le « fusil à 3,5 lignes de Léon Nagant (d'origine belge) ». Malgré la préférence initiale des testeurs pour le fusil de Nagant à la fin de la période d'essais en 1891, le vote de la Commission pour l'approbation du fusil a été plus partagé, le fusil Mossin recueillant « 14 voix contre 10 ». Face à cette situation, des « officiers plus influents poussent les constructeurs à un compromis : les fusils Mosin seront utilisés avec le système d’approvisionnement de Nagant ». C'est de ce compromis que naît le nom composé "Mosin-Nagant". La production de cette nouvelle arme commence dès 1892 dans les célèbres « usines des arsenaux de Toula, de Sestroretsk et d’Ijevsk ».
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Évolution et Variantes du Mosin-Nagant jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale
Entre son adoption en 1891 et 1910, le fusil Mosin-Nagant a subi plusieurs modifications et variantes pour améliorer ses performances et son adaptation aux besoins militaires. Ces changements ont inclus « le changement des organes de visée, l’implantation d’une culasse renforcée (à cause de l’adoption d’une balle de 147 grains), la suppression des doigts d’acier derrière le pontet, un nouveau canon et l’installation d’un montage à galets ». Ces améliorations ont assuré la pertinence du fusil face aux avancées technologiques de l'époque.
Avec l’entrée en guerre de la Russie en 1914, la production du Mosin-Nagant fut rationalisée pour répondre aux impératifs de la Première Guerre Mondiale. Elle fut « restreinte au M1891 cavalerie et au M1891 infanterie pour une question de simplicité ». Ces modèles devinrent la colonne vertébrale de l'infanterie et de la cavalerie russe. L'efficacité du fusil, même face à des forces mieux équipées, se reflète dans le fait qu'« un grand nombre de Mosin-Nagant capturés par les forces allemandes et austro-hongroises ont été vus en service dans les lignes arrières du front et dans la marine allemande ».
La tourmente de la guerre civile russe a également vu le Mosin-Nagant en première ligne. Durant cette période, « les versions cavalerie et infanterie sont en production, quoiqu’en nombre extrêmement réduit ». Cependant, c'est après la victoire de l’Armée rouge que le fusil connaîtra sa modernisation la plus significative. Un « département est créé en 1924 pour moderniser le fusil, qui est alors utilisé trente années supplémentaires ». Cette initiative a conduit au développement du « modèle 1891/30, basé sur la conception du modèle cavalerie original ».
Le M1891/30 intègre plusieurs améliorations cruciales : la « réintroduction d’organes de visée arrières plats », le « rééchelonnement de la hausse en mètres à la place de l’antique archine sur les armes du tsar », et le « raccourcissement du canon de 9 cm ». De plus, une « nouvelle baïonnette à ressort est conçue pour ce nouveau modèle ». Une spécificité notable de la doctrine militaire russe était que « la mise à zéro est faite avec la baïonnette déployée, ce qui permet des tirs de précision quand celle-ci est fixée sur le canon du fusil ». Ce fusil, le M1891/30, devint l'arme standard de l'Armée rouge et fut « produit et distribué à l’armée soviétique entière de 1930 à 1945 », devenant la version la plus courante du Mosin-Nagant durant la Seconde Guerre Mondiale, nécessitant donc l'emploi généralisé des cartouchières adaptées à sa munition de 7,62 mm.
Le Mosin-Nagant durant la Seconde Guerre Mondiale : Un Symbole de Résistance
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le Mosin-Nagant s'est avéré être un pilier de l'infanterie soviétique, réputé pour sa robustesse et sa fiabilité dans les conditions extrêmes du front de l'Est. Le « modèle 1891/30 » est le fusil qu'« utilisa en général l'armée Rouge au cours de la Seconde Guerre mondiale ». Sa conception simple, bien que son « mécanisme de culasse était relativement complexe et son système d'alimentation mettait en jeu un dispositif qui, sous la pression d'un ressort, permettait la présentation d'une seule cartouche à la fois », en faisait une arme efficace et facile à maintenir. Il était « assez long, ce qui lui donnait dans le combat au corps à corps une allonge encore accrue par sa baïonnette dont il était toujours équipé en opération ». Cette « baïonnette avait une pointe cruciforme qui servait au démontage de l'arme ». Sur le modèle 1891 d'origine, les appareils de pointage étaient gradués en « arschins », une vieille unité de mesure russe, mais après 1918, le système métrique fut adopté.
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L'une des contributions les plus célèbres du Mosin-Nagant à la Seconde Guerre Mondiale fut son adaptation en version de précision. Dans les années 1930, « Le Mosin-Nagant connaît une version de précision (en 1932), et est utilisé par les tireurs d’élite soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale ». Ces fusils, souvent équipés d'une « lunette de visée pour tireurs d'élite », sont devenus emblématiques de la guerre de sniping. Ils ont notamment « servi pendant la bataille de Stalingrad qui a fait des snipers russes des héros comme Vassili Zaïtsev, Lioudmila Pavlitchenko ou Roza Chanina ». Ces « fusils étaient réputés pour leur résistance, leur fiabilité, leur précision et leur facilité d’entretien », des qualités essentielles pour les tireurs d'élite. Trois variantes au moins de ce « fusil dit de sniper, sniperskaïa » ont existé, avec « 3 lunettes différentes et des montages différents ».
En plus du M1891/30 et de ses variantes de précision, d'autres modèles ont été essentiels. La « version carabine du Mosin-Nagant, destinée en particulier à la cavalerie », a évolué. Après la première « modèle 1910 », elle fut suivie « beaucoup plus tard par le modèle 1938 (correspondant au modèle 1891/30) ». La « Carabine modèle 1938 » est un fusil basé sur les plans du M1891/30. Elle fut en service de 1938 à 1945, bien que les exemplaires produits en 1945 soient assez rares. Une autre variante notable est la « Carabine modèle 1944 ». Cette carabine fut mise en service « en fin 1943 et resta en production jusqu’en 1948 ». Ses spécificités sont très semblables au M1938, à l’exception de la « baïonnette fixée en permanence sur le modèle 44 » ; celle-ci est « à lame quadrangulaire de 430 mm ». Il y avait également des « Carabine modèle 1891/59x », des M1891/30 existants qui furent raccourcis à la longueur d’une carabine, dont on ne sait pas grand-chose. Tous ces modèles nécessitaient des cartouchières adaptées, marquant ainsi leur présence sur tous les fronts et dans toutes les branches de l'Armée Rouge.
La Portée Internationale du Mosin-Nagant et ses Accessoires
La robustesse et la disponibilité du Mosin-Nagant ont largement dépassé les frontières de l'Union Soviétique. Après la Seconde Guerre Mondiale, bien que « l’Union soviétique arrête la production de tous les Mosin-Nagant pour les remplacer progressivement par la série des SKS et des AK », le fusil a continué d'être utilisé. Le « Mosin-Nagant sera encore utilisé dans le bloc de l'Est et dans le reste du monde plusieurs dizaines d’années, notamment pendant la guerre froide au Vietnam, en Corée, en Afghanistan et tout le long du rideau de fer ». Récemment, une « grande quantité de Mosin-Nagant a été retrouvée sur les marchés américains d’antiquités et de collectionneurs, car c'est aussi une arme fiable pour la chasse, assez précise et bon marché ».
L'histoire du Mosin-Nagant est également marquée par son utilisation et ses modifications par de nombreuses nations. L’« Empire austro-hongrois a capturé une grande quantité de Mosin-Nagant pendant la Première Guerre mondiale ». Certains de ces fusils « ont été modifiés pour tirer la cartouche autrichienne en service, la 8x50r mm ». Des pays comme la « Bulgarie, Tchécoslovaquie, Estonie, Hongrie, Pologne, Roumanie et Serbie ont tous utilisé le Mosin-Nagant à un moment ou à un autre durant le XXe siècle ». Les Mosin dans ces pays « subirent souvent des modifications, et furent souvent utilisés dans les années 2000-2006 comme fusils d’entraînement ». La Hongrie a même produit « à des fins commerciales des copies de haute qualité des carabines M44, des modèles 91-30 et 91-30 avec lunettes PU ».
La Chine a également joué un rôle significatif dans l'histoire du Mosin-Nagant. Durant les années 1920 et 1930, « les forces communistes de Chine ont reçu des Mosin-Nagant de l’URSS pour contrer les forces nationalistes pendant la guerre civile chinoise ». Plus tard, « la Chine commença à fabriquer des M1944 sous l'appellation de Carabine Type 53 ». Les machines nécessaires à cette production furent « fournies par l’Union soviétique dans le début des années 1950 ». La « Carabine Type 53 » diffère légèrement des modèles soviétiques et est « équipée d'un manchon lance grenade amovible que reprendra la Carabine Type 63 (Corée du Nord) ». Ces fusils furent remplacés dans l’armée principale chinoise vers 1957, mais « continuèrent à rester en service dans les milices provinciales jusqu’après 1970 ».
La Finlande, voisine de l'URSS, a une histoire particulièrement riche avec le Mosin-Nagant. Après avoir conquis son indépendance, la Finlande « acheta de nombreux Mosin à l’étranger, essentiellement des fusils autrichiens et allemands capturés aux Russes pendant la Première Guerre mondiale ». Ces fusils, souvent plus anciens, étaient « ordinairement rénovés » ; cela pouvait aller de « simples poinçons de l’armée finlandaise (SA) et une nouvelle bretelle, ou très important comme une refonte totale avec de nouveaux montages, organes de visée, détentes et un canon plus précis en diamètre 308 et non 311 ». L’armée finlandaise et la Garde Civile « conçurent et produisirent plusieurs nouveaux modèles de Mosin-Nagant, utilisant les chargeurs français, russes et américains ». La Finlande « n’a jamais produit de chargeurs et prenait ceux des stocks de fusils achetés ou capturés ». Pendant la Guerre d’Hiver et jusqu’en 1944, la Finlande « aura pris à l’ennemi des quantités gigantesques de Mosin ». Les « Mosin-Nagant finlandais sont réputés pour leur précision et pour la fiabilité qu’on peut leur accorder », le « modèle M39 est le Mosin le plus abouti tant par son ergonomie (crosse pistolet) que par sa qualité de finition et sa précision ». Les organes de visée du M39 sont « équivalents aux meilleurs fusils de l'époque (MQ 31 suisse), finement réglables en tous sens et la détente d'une franchise parfaite ».
L’Empire allemand, tout comme l'Autriche-Hongrie, « a capturé une grande quantité de Mosin-Nagant durant la Première Guerre mondiale ». Ces fusils « ont reçu des modifications variées, notamment un recalibrage en 8x57S Mauser ». Beaucoup étaient « équipés d’un montage adapté pour recevoir une baïonnette-lame allemande ». Ces fusils étaient « distribués en seconde ligne et à la Kriegsmarine ». Les « versions de tireur d'élite ont été utilisées avec succès par les Allemands car ils étaient très fiables et plus précis, car plus faciles à régler au-delà de 400 mètres ».
La Pologne a également adopté et modifié le Mosin-Nagant. Dans les années 1920, la Pologne « recalibra environ 77 000 Mosin-Nagant en 8 mm Mauser (8x57S) ». De nombreuses modifications furent effectuées : « les canons furent rechambrés en 8 mm et raccourcis à 23 pouces de longueur ». D’autres modifications ont été faites « aux culasses et aux chargeurs pour permettre l’utilisation des lames-chargeurs et assurer un approvisionnement correct ». La hausse fut modifiée « pour s’adapter à la trajectoire de la balle de 8x57S ». La crosse fut raccourcie et on lui « ajouta un support pour baïonnette type Mauser pour accueillir les lames produites par Perkun ». Ces fusils étaient appelés « Karabinek wz. 91/98/23 ou wz. 91/98/25 » et équipaient des « unités de cavalerie et d’artillerie à cheval dans l’armée régulière jusqu’à ce que des Mauser de fabrication polonaise soient disponibles ». Les fusils sont « marqués d’un petit aigle polonais et du calibre de l’arme sur l’arrière du fusil ». L’aigle et le numéro de série sont aussi frappés « sur le côté gauche du magasin et sur toutes les parties de la culasse ». Après la Seconde Guerre Mondiale, la Pologne a produit « une grande quantité de carabines M-44 (Kb. wz M48) à l’arsenal de Radom ». Beaucoup d’entre elles n’ont pas été directement en service, mais « ont plutôt été stockées dans des entrepôts en attendant qu’on en ait besoin ». Ces Mosin-Nagant peuvent être identifiés par « un 11 inscrit dans un cercle frappé sur le magasin du fusil ». Cette marque est leur « «code de pays» qui identifie quel pays de l’Europe de l’Est l’a fabriqué ».
L'histoire du Mosin-Nagant touche également l'Empire ottoman, qui « captura beaucoup de Mosin-Nagant pendant la Première Guerre mondiale », et en acquit un grand nombre « grâce à des aides allemandes, ou quand l’armée blanche cherchait un refuge après la guerre civile russe ». Aux États-Unis, bien que le « gouvernement US annula le contrat originellement signé par la New England Westinghouse (en) et par la Remington Arms » lorsque le tsar fut détrôné en 1917, les fusils en transit furent achetés par l’armée américaine. Ceux restés en Grande-Bretagne équipèrent les « forces expéditionnaires américaines et britanniques envoyées en Russie du Nord en 1918-1920 ». Les fusils encore en Amérique finirent par être « principalement utilisés pour l’entraînement au tir de l’US Army et dans certains endroits pour équiper les unités de la garde nationale des États-Unis ou du SATC et du ROTC », et étaient désignés comme « Rifle, 7,62 mm, Model of 1916 ». Après la Première Guerre mondiale, les fusils restants furent déclarés surplus et furent vendus aux membres de la « National Rifle Association of America pour seulement 3,34 $ chacun ».
Le Mosin-Nagant a également été un acteur majeur dans de nombreux conflits asymétriques. L’Union soviétique et la république populaire de Chine « ont fourni un nombre important de Mosin-Nagant à la Corée du Nord pendant la guerre de Corée ». Cependant, la « politique d’autarcie encore en effet aujourd’hui a fait que la Corée du Nord a produit ses fusils elle-même ». Les forces militaires alliées ont rencontré « des fusils et des carabines Mosin-Nagant en action dans les mains de la guérilla Viet Cong et des soldats de l’armée nord-vietnamienne » durant la guerre du Vietnam. Un certain nombre de « M-1944 russes et de Type 53 chinois furent utilisés comme fusils lance-grenades avec des copies locales du lance-grenade US M7 », et des « fusils de sniper PU-scoped M91/30 furent aussi aperçus ». De nombreux pays ayant reçu une aide militaire de l'Union soviétique ont utilisé le Mosin-Nagant. Les Républicains espagnols « achetèrent des dizaines de milliers de Mosin de tous types pendant la guerre civile espagnole ». Plus récemment, le Mosin-Nagant a été « vu en action dans les mains des moudjahidins en Afghanistan durant l’occupation de l’URSS dans les années 1970-80 », et a également servi « aux forces de l’Alliance du Nord dans les années 1990 et au début du XXIe siècle ».
Caractéristiques Techniques des Principaux Modèles Mosin-Nagant
Pour apprécier pleinement la cartouchière, il est également utile de connaître les spécifications des fusils qu'elle était destinée à alimenter. Voici les caractéristiques des modèles les plus emblématiques de la période :
Fusils Mosin-Nagant (Union Soviétique)## Modèle 1891/30* Calibre : 7,62 mm.
- Longueur : 1,23 m.
- Longueur du canon : 729 mm.
- Poids : 4 kg.
- Vitesse initiale : 811 m/s.
- Capacité du chargeur : 5 cartouches.
Ce fusil tirait une « cartouche de 7,62 mm ». Il s'agissait d'une « arme de bonne qualité mais ses caractéristiques n'avaient rien de remarquable ». Son « mécanisme de culasse était relativement complexe et son système d'alimentation mettait en jeu un dispositif qui, sous la pression d'un ressort, permettait la présentation d'une seule cartouche à la fois ». Néanmoins, il s'agissait d'un « fusil satisfaisant dans l'ensemble ». Les « accessoires comprenaient une lunette de visée pour tireurs d'élite, un manchon lance-grenades et un silencieux ».