La navigation maritime a traversé des siècles de changements technologiques, transformant radicalement la manière dont les marins appréhendent leur environnement. Si autrefois, la lecture d'une carte papier à l'aide d'un compas et d'une règle était l'unique moyen de se situer, l'ère numérique a introduit des outils sophistiqués tels que les traceurs de cartes GPS et les applications pour smartphones ou tablettes. Pourtant, au cœur de cette mutation, la question de la sécurité demeure primordiale : comment assurer une navigation fiable tout en intégrant les avancées technologiques ? Ce texte explore les nuances entre les différents supports cartographiques, les impératifs réglementaires et les réflexes techniques nécessaires à tout navigateur.
Le système géodésique : une vérification indispensable
Le report d'une position, soit de la carte vers le GPS ou inversement du GPS vers la carte, ne peut se faire sans certaines vérifications, notamment, le système géodésique utilisé. Le système GPS calcule la position à partir d’un système géodésique mondial appelé WGS84. Les cartes marines ont été relevées dans des systèmes différents, par exemple, pour l’Europe : EURO-50. Il existe de par le monde des centaines de systèmes. La différence entre la position en WGS84 et un autre système peut être non négligeable et atteindre 1 mile voire plus.
Dans leur majorité, les GPS permettent d’afficher la position dans un autre système que le WGS84. C’est le premier point à vérifier lorsque l’on doit reporter la position sur une carte papier, il faut que les deux (carte et GPS) soient dans le même système. Heureusement, toutes les nouvelles publications ou éditions de cartes marines du SHOM couvrant les eaux françaises sont établies en WGS 84 depuis le 1er janvier 2001. Mais il peut cependant rester à bord d'anciennes cartes établies dans d’autres systèmes géodésiques. Les navigateurs devront être particulièrement prudents lors du report de positions d’une carte sur l’autre. La correction à apporter entre EURO-50 et WGS 84 est notée sur les cartes. Si les deux cartes sont établies dans des systèmes géodésiques différents, les coordonnées géographiques lues sur une carte devront être corrigées avant d’être reportées sur l’autre. Les cartes marines du SHOM portent des mentions d’avertissement rappelant cette nécessité.
La carte papier : entre tradition et nécessité réglementaire
Durant des décennies, les cartes de navigation papier ont fait partie des objets les plus importants du bord pour vous permettre de naviguer en toute sécurité. Les temps changent et les technologies évoluent. Cependant, malgré les applications pour smartphone ou pour tablette, ces outils électroniques peuvent avoir des failles, et nous vous recommandons de toujours conserver une carte papier à bord. Pour le navigateur hauturier en France, l'usage du compas, de la pointe sèche et du crayon reste un savoir-faire fondamental pour pouvoir déplier la carte et y travailler.
Il faut toujours avoir des cartes papier à jour ! Nos spécialistes SVB recommandent le renouvellement des cartes papier au printemps, période de sortie des nouvelles éditions. Surveillez les dates d’éditions des cartes et leurs mises à jour, indiquées sur le cartouche. Vous pouvez aussi reporter vous-mêmes les avis aux navigateurs pour tenir vos cartes à jour manuellement. Des éditeurs reconnus comme Delius Klasing et NV-Charts proposent des cartes complétées avec des données pertinentes pour la navigation de plaisance, incluant des notes sur la qualité des plages, sur les zones de pêche et des suggestions de routes. Le Chart Finder, outil en ligne, permet d'afficher les cartes papier et électroniques par éditeurs, facilitant ainsi vos choix sur un fond de carte.
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Les cartes en papier sont en voie de disparition. Les cartes et les applications électroniques sont jugées acceptables dans plusieurs pays, mais la réglementation canadienne maintient toujours l’obligation d’avoir des cartes en papier à bord. Il y a des exceptions, mais pour les plaisanciers qui explorent de nouveaux endroits, c’est une obligation. Ce n’est pas interdit d’espérer que ça change, ni d’utiliser son application électronique de navigation favorite, mais pour se conformer à la réglementation, on doit avoir des cartes en papier à bord.
Comprendre les cartes électroniques : matricielles vs vectorielles
Il est essentiel de comprendre comment ces cartes sont conçues, car ces connaissances aident à comprendre comment les utiliser et à en cerner les limites. Une carte matricielle (raster chart) est une image affichée sur un écran, haute définition, initialement issue de scans de cartes papier. Si vous zoomez avec votre application électronique, la carte deviendra floue (pixellisation) et aucun nouvel objet n'apparaîtra. L'affichage est fixe, ce qui constitue un choix fait dès la conception.
À l'inverse, les cartes vectorielles ne sont pas des images, mais des bases de données informatiques. Ces données représentent tantôt les aspects géographiques de la carte, ou encore des symboles de navigation codifiés sous forme de formule mathématique. Chaque fois qu’une application de navigation doit afficher un symbole, l’ordinateur calcule le dessin à afficher à la taille appropriée. Ainsi, les cartes vectorielles sont des objets dynamiques permettant de modifier les cartes. Cependant, cette flexibilité comporte un danger : la « fausse précision ». Un zoom excessif peut donner l'illusion d'une précision accrue, alors que la carte ne fait que redessiner les données existantes. Il faut donc faire attention au zoom excessif : bien que la carte soit toujours nettement dessinée, elle ne reflète pas nécessairement de l’information aussi précise. Une isobathe est peut-être légèrement décalée.
Les cartes vectorielles utilisent principalement le format S57, et progressivement le format S100. Les formats S57 et S100 organisent les données par groupes logiques, souvent appelées des couches (géographique, bathymétrique, courants, symboles). Les deux principaux ajouts des cartes S100 sont de pouvoir traiter des données encryptées et de traiter des données dynamiques, comme l'affichage des courants en temps réel.
Les outils de bord : une sélection adaptée à vos besoins
La carte marine regroupe les éléments et informations nécessaires à la navigation maritime, elle permet de se situer et de se diriger en mer. Une carte maritime tient compte des conditions climatiques, notamment des marées, des courants, de l'état de la mer et des dangers sur la route. La carte de navigation est l’un des éléments essentiels à emporter lors d’une sortie en bateau. Selon le SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine), l’obligation d’emport d’une documentation nautique s’applique à tous les navires, tout comme l'immatriculation.
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Chez Nautisports, vous trouverez une large gamme de produits. Par exemple, les produits Navicarte permettent une navigation légère le long des côtes françaises. Le procédé de navicarte consiste à charger le papier avec du latex pour qu'il résiste à l’eau et au pliage. Les cartes établies selon le SHOM permettent de déterminer les dangers lors de vos sorties sur les eaux. Pour une navigation le long de la côte d’Azur, ces cartes indiquent toutes les informations concernant la circulation. L'achat de cette carte vous donne accès à un lot de 20 à 30 cartes à différentes échelles, incluant le détail des marinas et des zones de mouillage. Un autre produit essentiel est le code de mer, qui permet de prendre acte sur le nouveau règlement international pour prévenir les abordages en mer.
Répertoire des sources et fabricants de cartes papier
Le marché des cartes marines papier, également appelées cartes marines Standard Nautical Charts (SNC), est vaste et mondial. Une carte nautique est une représentation graphique d'une zone maritime et des régions côtières adjacentes. Selon l'échelle du graphique, elle peut afficher profondeurs d'eau, hauteurs de terre, caractéristiques du fond marin, détails du littoral, dangers de navigation, aides à la navigation, marées, courants et structures artificielles.
Parmi les fournisseurs et fabricants notables :
- NAVTOR Nautic : Agent international de cartes marines de l'Amirauté, proposant une vaste gamme de produits maritimes et publications OMI/UIT.
- Lyssos Enterprises : Plus de 30 ans d'expérience, proposant les titres obligatoires de l'Amirauté.
- Vanos : A divisé la carte du monde en 30 folios pour un guidage facile.
- Kartverket (Norvège) : Série de cartes générales couvrant les zones polaires, l'Atlantique Nord et la mer de Barents.
- Australian Hydrographic Office (AHO) : Publie des cartes officielles « Aus », « PNG » et « SLB ».
- Riviera Charts : Distribue des cartes officielles SHOM et AMIRAUTY, incluant un service d'impression à la demande (POD).
- Admiralty (UKHO) : Le centre d'hydrographie de renommée mondiale avec plus de 3 500 cartes papier, la norme de facto pour la navigation commerciale.
- SHOM (France) : Collecte, archive, produit et diffuse les informations officielles nécessaires à la sécurité de la navigation dans les espaces maritimes français.
- Imray : Cartes papier pour plaisanciers, personnalisées à partir de données officielles, imprimées sur papier résistant à l'eau.
- NOAA (États-Unis) : Bien que la production des cartes papier traditionnelles ait cessé en janvier 2025 au profit des cartes nautiques électroniques (NOAA ENC®), des outils de personnalisation (NCC) permettent désormais aux navigateurs de créer leurs propres cartes PDF géoréférencées.
La révolution numérique et le devoir de diligence
De nombreux bateaux de plaisance ont aujourd'hui comme principal moyen de navigation un traceur de cartes GPS avec carte marine numérique, ce qui n'est malheureusement considéré que comme une aide supplémentaire selon la situation juridique actuelle. Cette forme de navigation électronique présente pourtant un avantage considérable : l'appareil enregistre automatiquement le tracé, libérant du temps pour le guet. Cependant, en cas de panne, la législation impose la présence de cartes marines papier à bord.
Pour les plaisanciers naviguant en mer Baltique ou en mer du Nord, la question de la mise à jour des cartes marines est souvent un sujet de débat. Si la loi impose des cartes à jour, il existe une distinction entre les exigences pour la navigation professionnelle et celle de plaisance. Le législateur allemand, par exemple, souligne que si la règle 27 de la convention SOLAS exige des cartes mises à jour, elle comporte des exceptions pour les navires de moins de 150 tonnes. Toutefois, au-delà de l'obligation juridique, il est vivement conseillé, par « devoir de diligence du marin », que les plaisanciers naviguant dans des zones inconnues, de nuit ou dans des secteurs complexes comme la zone des Wadden, utilisent les cartes les plus récentes.
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Techniques de mise à jour manuelle des cartes papier
La carte papier est mise à jour à l'aide de fiches de rectification appropriées fournies par les éditeurs. Le processus se décompose en quatre étapes clés :
- Comparer : Télécharger le PDF de mise à jour gratuit de l'éditeur de cartes concerné.
- Lire : Étudier attentivement les instructions et attribuer les indications aux feuilles correspondantes. Gratter délicatement les anciennes informations à l'aide d'un scalpel ou d'une lame de rasoir.
- Découper : Imprimer le PDF en couleur (si possible sur une imprimante laser pour la résistance à l'humidité). Découper précisément les pages de garde.
- Coller : Appliquer la colle proprement et attendre le séchage complet avant de plier. Indiquer dans la marge l'état de la mise à jour et son auteur.
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