Les Pays-Bas, souvent surnommés le "pays de l'eau", offrent une toile de fond exceptionnelle pour toutes les formes de sports nautiques, et le kayak y trouve une place de choix. Avec pas moins de 141 rivières, on peut dire que les Pays-Bas sont intrinsèquement liés à l'élément liquide. Le Rhin, la Meuse et le Waal s’y rejoignent et se jettent dans la mer, créant un réseau fluvial dense et diversifié. Outre ces fleuves et rivières, le pays dispose d’un littoral de 523 km, bien plus que les 65 km de la côte belge. La majeure partie de ce territoire est bordée par la mer du Nord. Au sud se trouve l’Escaut occidental, tandis qu’au nord, la mer des Wadden s’étend de Den Helder au Danemark. Dans, sur ou au bord de l’eau, les Pays-Bas sont la destination de voyage par excellence pour les amateurs de sports nautiques. Que l'on cherche une escapade paisible dans la nature, une aventure urbaine au fil des canaux, ou un défi fluvial de longue haleine, le territoire néerlandais présente une multitude d'itinéraires et de possibilités, facilités par des outils de planification modernes et des infrastructures adaptées. Les sports nautiques aux Pays-Bas peuvent être pratiqués toute l'année, mais la meilleure période est généralement d’avril à septembre, offrant des conditions météorologiques plus clémentes pour une exploration approfondie.
Outils Essentiels pour la Navigation et la Planification d'Itinéraires
Pour profiter pleinement des vastes étendues d'eau néerlandaises et au-delà, des outils de navigation fiables sont indispensables. L'application la plus complète pour bien découvrir des voies navigables en toute sécurité, intégrant navigation et planificateur d'itinéraire, est disponible pour les passionnés. Conçue pour iPad, elle propose une utilisation hors ligne, ce qui résout le problème du manque de réseau sur l’eau. Cette application est gratuite pendant la période d'essai de 7 jours et inclut des achats intégrés pour des fonctionnalités avancées. Elle est uniquement destinée à faciliter la navigation sur l'eau. Il est crucial de rester vigilant à son environnement pendant la navigation, car cette application est avant tout une aide.
Elle offre une multitude de fonctionnalités pour une planification et une exécution de voyage optimales :
- Des cartes des voies navigables de 12 pays, permettant une exploration transfrontalière.
- Une connexion AIS pour une meilleure visibilité du trafic maritime.
- Des informations détaillées sur les ponts, écluses et ports, éléments cruciaux pour la navigation intérieure.
- Des informations de navigation actualisées et des alertes concernant les obstructions.Elle aide à planifier les plus beaux itinéraires de navigation. Récemment, des améliorations ont été apportées au mode sombre, notamment la correction de la visibilité des arcs des secteurs lumineux, désormais bien visibles. La version 12.2.5, datée du 21 mai, inclut ces mises à jour.
Concernant la compatibilité technique, l'application nécessite iOS 14.0 ou version ultérieure pour iPhone et iPod touch, iPadOS 14.0 ou version ultérieure pour iPad. Pour les utilisateurs de Mac, elle requiert macOS 11.0 ou une version ultérieure et un Mac doté d’une puce Apple M1 ou une version ultérieure. Elle est également compatible avec Apple Vision, nécessitant visionOS 1.0 ou version ultérieure. Il est important de noter que cette application n’est pas validée pour macOS sur toutes les configurations. Fournie par biggerworks bv, l'application recueille certaines données. Les données suivantes peuvent être collectées et liées à votre identité : Coordonnées et Identifiants. En revanche, les données suivantes peuvent être collectées sans être liées à votre identité : Localisation, Données d’utilisation et Diagnostic Informations. Il est également à savoir que cette application risque d’utiliser votre position même lorsqu’elle n’est pas ouverte, ce qui peut potentiellement diminuer l’autonomie de votre batterie.
Parcs Nationaux et Aventures Locales en Kayak aux Pays-Bas
Le plaisir sur l’eau est une réalité accessible à tous aux Pays-Bas, avec une diversité de sites adaptés à tous les niveaux et toutes les envies.
Lire aussi: Spots de Surf Pays Basque
Le Parc National du Biesbosch : Un Labyrinthe Aquatique à Explorer
Il n’y a pas de meilleur endroit pour commencer votre visite des Pays-Bas que le parc du Biesbosch ! Ce parc national, situé à la frontière du Brabant septentrional et de la Hollande méridionale, est un magnifique enchevêtrement de criques, de rivières, de ruisseaux et d’étangs. Pour l'explorer, il est possible de suivre les circuits balisés ou d'utiliser une carte disponible dans l’un des points de location de canoës. Pour ceux qui possèdent leur propre canoë, aux entrées principales du parc, vous trouverez la carte officielle du Biesbosch avec tous les embarcadères. L'aventure y est constante : attendez-vous à l’inattendu, comme un saule pleureur barrant un passage, un passage à sec inattendu ou, au contraire, un niveau d’eau élevé qui vous oblige à vous baisser pour passer sous un pont. Pour prolonger l'expérience, il existe trois emplacements de camping sauvage spécialement aménagés dans le parc national, où il est possible de s'installer librement après réservation, offrant une immersion totale dans la nature.
Amsterdam et ses Canaux : Pagayer au Cœur de la Ville
Pour visiter les canaux d’Amsterdam de manière originale, monter sur une planche de paddle est une excellente option. Le SUP SUP CLUB offre de loin la solution la plus simple pour cela : il suffit de choisir et payer son équipement en ligne, et de recevoir un code pour ouvrir le casier où la planche vous attend. Pour échapper à l’agitation urbaine, il est conseillé de démarrer sur l’Amstel et de pagayer directement hors de la ville, découvrant des paysages plus calmes. Si l'envie est au contraire de plonger dans le centre d’Amsterdam, l'exploration peut commencer au restaurant Hannekes Boom, offrant un point de départ idéal pour naviguer au cœur de l'effervescence urbaine.
Le Brouwersdam et le Lac de Grevelingen : Paradis des Sports de Glisse
Envie d’évasion ? Le Brouwersdam, l’un des ouvrages du plan Delta, offre une protection contre l’eau et constitue un paradis pour les amateurs de sports nautiques, particulièrement pour les activités de glisse. Le lac de Grevelingen est idéal pour la pratique de la planche à voile. C’est ici que dans les années 1980, l’Allemand Uwe et sa compagne Pieternel y ont créé l’école de surf Brouwersdam, qui a débuté dans une caravane, puis dans un bus. Aujourd'hui, l’école de surf dispose de quatre chambres et de 14 cabines de plage où passer la nuit, complétées par le camping de Brouwersdam qui se trouve également à proximité. Les débutants suivront une initiation sur le petit lac, tandis que les amateurs pourront directement s’aventurer sur le grand lac de Grevelingen. Lorsque le vent se lève, on peut apercevoir de loin des dizaines d’ailes de kite colorées flottant au-dessus du barrage. Du côté de la mer, l’école de kitesurf Natural High se trouve juste derrière l’Ooster, un brise-lames situé à 5 km de la côte. Grâce à sa protection, la surface de l’eau est lisse comme un miroir, et les eaux peu profondes en font l’endroit idéal pour s’initier au kitesurf.
La Frise : Le Royaume de la Voile et de la Détente Nautique
Du Fluessen au Snekermeer, en passant par le Hegermeer : la Frise offre des conditions de navigation fantastiques pour les voiliers et autres embarcations. Si l'on peut attendre le mois d’août, participer à la Sneekweek est une expérience à ne pas manquer, une semaine originale ponctuée de courses de voiliers et de moments festifs. Chaque soir, la fête éclate dans un village différent, où tout le monde se rend en bateau, créant une ambiance unique et conviviale. La location de bateau dans la Frise est simple et possible en de nombreux endroits. Pour une journée de détente, un Polyvalk est idéal. Ce classique indestructible et facile à manier peut être loué chez Ottenhome à Heeg. Une tente de pont, qui permet à quatre personnes de passer la nuit sur le bateau, est proposée en option. L’espace est restreint, mais l’aventure en vaut certainement la peine.
Exploration Diversifiée en Kayak et à Vélo
D'autres régions des Pays-Bas offrent également des opportunités d'exploration nautique. Par exemple, parti de Vinkeveen, une zone que l'on pourrait décrire comme une "Venise en grand", avec partout des canaux autour des maisons, entre lesquels il est possible de faire du kayak, on se retrouve entre les lacs de Vinkeveen. Le prochain village, après avoir traversé le canal Amsterdam-Rhin, est Nigtevecht, situé sur la rivière Vecht. C'est un village très agréable, agrémenté de panneaux d'information sur l'histoire locale. En continuant ensuite à vélo le long du canal Amsterdam-Rhin jusqu'à l'IJmeer, qui ressemble plus à une mer qu'à un lac, on passe également par Muiden, une très belle ville fortifiée et son superbe château ! En se dirigeant à nouveau plus à l'intérieur des terres, mais sans jamais être épargné par l'eau, on passe encore par le Naardermeer et les lacs d'Ankeveen, où l'on peut apercevoir au loin les tours de médias de Hilversum, offrant un mélange unique de nature et de culture.
Lire aussi: Entraînement efficace : brasse, musculation, carte
Expédition Fluviale Majeure : La Descente du Rhin en Kayak de Mer
Au-delà des explorations locales, les voies navigables néerlandaises s'intègrent dans des itinéraires plus vastes, comme la descente du Rhin en kayak de mer, une aventure épique traversant plusieurs pays.
Un Périple International : De la Suisse aux Portes de la Mer du Nord
Une expédition d'un peu moins de 1200 km a été réalisée en kayak de mer, depuis la gare de Valendas-Sagogn, en Suisse, jusqu'au Haringvliet, aux Pays-Bas, aux portes de la mer du Nord. Ce périple, effectué du 05 au 25 mai 2019, a conduit son explorateur à la frontière de 6 pays : la Suisse, le Liechtenstein, l'Autriche, l'Allemagne, la France et les Pays-Bas. La navigation a débuté dans les gorges du Rhin antérieur, jusqu'à la confluence avec le Rhin postérieur, entre Bonaduz et Tamins. Le Rhin alpin ainsi formé dévale ensuite jusqu'au lac de Constance, traversé par la rive sud, pour rejoindre les fameuses chutes du Rhin, en aval de Schaffhouse. Le voyage s'est poursuivi au rythme des barrages, des portages et des bivouacs jusqu'après Strasbourg. Le dernier barrage franchi, la navigation s'est prolongée jusqu'à Pannerden au nord (Pays-Bas) et Milligen aan de Rijn au sud (Pays-Bas), là où le fleuve se scinde en deux. Vers l'ouest, c'est le Waal qui a été suivi, et au nord-ouest, le canal de Pannerden. Le Waal est ensuite devenu la Boven-Merwede (Merwede supérieure) à Woudrichem, puis la Nieuwe Merwede (Nouvelle Merwede) et enfin le Hollands Diep, à peu près au niveau de la confluence avec l'Amer, avant les ponts de Moerdijk, pour finalement devenir le Haringvliet. À partir de Bâle, et ce jusqu'à la séparation entre la Beneden Merwede et la Nieuwe Merwede, un trafic intense et incessant, jour et nuit, a été rencontré, exigeant une vigilance constante.
Jours d'Exploration et de Défis sur le Rhin
Le voyage sur le Rhin a été marqué par une succession d'expériences variées, de défis météorologiques et de moments de découverte intense, soulignant la diversité de ce fleuve majestueux.
Premiers Pas sous la Neige et Premiers Portages (05-07 Mai)
La première journée de navigation, le 05 mai 2019, a débuté sous la neige qui a perduré jusqu'en tout début d'après-midi, remplacée ensuite par la grisaille et la pluie, entrecoupées de trop rares éclaircies. Un gros portage a été nécessaire pour passer une zone constituée de rapides imposants et surtout infranchissables en kayak de mer, permettant cependant de découvrir un magnifique petit hameau très pittoresque, situé dans une prairie au beau milieu des mélèzes.Le 06 mai 2019, la navigation a été très agréable et bien ensoleillée, malgré quelques épisodes nuageux. Quelques arrêts ont été nécessaires pour repérer les zones où le courant était plus fort ainsi que les rapides. Le lit du fleuve s'est élargi à partir de la confluence entre le Rhin antérieur et le Rhin postérieur, entre Tamins et Bonaduz, où la vitesse est devenue assez soutenue, environ 14 km/h. Le premier gros portage s'est approché avec le premier barrage sur le Rhin, à Domat / Ems. La sortie de l'eau s'est faite en rive gauche, très facilement, à 200 m du barrage. Le portage lui aussi s'est déroulé aisément sur une petite route goudronnée, puis un sentier a bifurqué sur la droite, en direction du fleuve. Un peu étroit par endroit, il a débouché sur une pente et une mise à l'eau facile. Jusqu'au pont de Felsberg, la navigation s'est déroulée sans accroc. À partir de là, la navigation a été interdite, matérialisée par des écriteaux sur le premier pont, ainsi que sur un second pont, 1 km plus loin. La sortie du kayak, pour le 2e portage, s'est faite en rive gauche, après le pont de Felsberg, à proximité d'un gros tuyau. Il a fallu vider le kayak de tout son matériel pour l'alléger et pouvoir ensuite le sortir de l'eau. Une fois tout réinstallé, le portage s'est fait sur un chemin goudronné, d'abord en rive gauche, puis en rive droite après le second pont.Le 07 mai 2019 fut une magnifique journée d'un point de vue météo, le soleil étant présent tout le temps. Dès le départ, la navigation s'est effectuée avec une belle vitesse (14 à 15 km/h). Malheureusement, 4 km environ après le bivouac, un arrêt a été nécessaire pour effectuer une reconnaissance, car un bruit caractéristique annonçant de prochains rapides résonnait sur les rives boisées du fleuve. Après les avoir facilement repérés, l'explorateur s'est lancé dans la tourmente, en ayant bien enregistré le passage à emprunter. Tout s'est fait le long de la rive droite mais le Rhin a de multiples visages et la largeur de son lit varie d'une année sur l'autre. Quoiqu'il en soit, la descente s'est poursuivie à grand train jusqu'à distinguer les silos d'une usine de matériaux de constructions, en rive gauche. Plus loin, juste après le virage, un seuil imposant a balafre le Rhin au niveau du Pont d'Untervaz. Un arrêt rive gauche fut effectué pour une reconnaissance. Là où l'arrêt s'est fait, il était impossible d'amener le kayak sur le sentier qui longe le Rhin, le talus étant beaucoup trop encombré et surélevé. Du coup, un bac fut nécessaire vers la rive droite où le kayak a pu être sorti de l'eau et un portage effectué sur un sentier, dans la forêt. Si le début fut plus ou moins aisé, il a fallu faire passer le kayak par une étroite passerelle, puis monter par un petit talus, pour enfin atteindre le chemin qui borde le fleuve sur plusieurs kilomètres.
Le Lac de Constance et les Chutes du Rhin (08-10 Mai)
Le 08 mai 2019, à peine le nez en dehors de la tente, la journée s'annonçait sous le signe de la grisaille et de la lassitude qui ne manque pas de se manifester quand on navigue par temps maussade. Une pluie incessante, à l'ardeur variable mais bien présente, étala son rideau vaporeux tout le long du parcours. La découverte de traces de dents de Castor d'Europe (Castor fiber) sur plusieurs troncs gisant à côté de leur souche, autour de la tente, a réconforté l'explorateur. L'itinéraire du jour devait mener jusqu'au lac de Constance, une perspective qui réjouissait au plus haut point, associant au lac une certaine idée du romantisme. Dès le départ de cette nouvelle journée, il a fallu sortir le kayak de l'eau pour éviter une succession de rapides infranchissables, et le portage a débuté.Au petit matin du 09 mai 2019, le bivouac baignait dans une lumière chaude qui présageait une belle journée de navigation sur le lac de Constance. L'horizon à l'ouest et au nord-ouest était dégagé et d'un bleu roi presque étincelant. Cependant, il aurait fallu se méfier de ces nuages qui s'accumulaient à l'est du lac. Cela commença à se dégrader au large d'Arbon avec une première averse, au moment même où une petite collation avait été décidée. Le ciel s'était progressivement teinté de gris. Jusqu'à l'arrêt à Uttwil pour déjeuner, de petites ondées intermittentes ont suivi. Au moment de repartir, le soleil a illuminé les flots, révélant la transparence de l'eau. Quelques heures plus tard, un violent orage a traversé le lac d'ouest en est, s'abattant comme une furie. Un vent d'ouest s'est levé aussitôt après le passage du monstre et n'a plus faibli jusqu'à l'entrée dans Constance. Les fortes rafales ont obligé à naviguer en mode rase-cailloux jusqu'à la statue Imperia qui trône à l'entrée du port. Une très brève accalmie a permis d'en admirer la grâce et d'en faire quelques photos. L'entrée dans Constance s'est faite par le goulet qui relie le lac supérieur au lac inférieur.Le 10 mai 2019, dès le départ, la pluie fut la compagne, assaillant de ses étreintes insatiables durant une bonne partie de la matinée. Puis progressivement le soleil s'est installé dans le firmament, chassant la grisaille et les gros nuages. Les reflets lumineux illuminant les rives boisées ont gagné la surface du fleuve. L'explorateur fut baigné dans une douce chaleur et une luminosité pure et bienveillante. Dès lors, l'eau translucide du fleuve a permis de contempler le monde sous-marin. L'écrin de verdure dans lequel la navigation s'est déroulée a rappelé l'ambiance légère qui règne dans le canal de Savières, entre le lac du Bourget et le Rhône. Laisser se porter par les vagues, traversant des villages pittoresques qui ponctuent le fleuve de couleurs chatoyantes. Seul le portage pour contourner les fameuses chutes du Rhin est venu interrompre l'enchantement. Le brouhaha impressionnant et les nuages de gouttelettes ont été laissés derrière pour retrouver la quiétude insondable du fleuve. Ce sentiment de plénitude fut renforcé par les couleurs saisissantes que le déclin de l'astre du jour conférait à tout ce qui entourait. C'est dans cette phase de transition du jour à la nuit que le bivouac a été installé dans un endroit idéalement aménagé de la rive droite.
Lire aussi: Spots de Surf Incontournables
Barrages, Tourbillons et l'Arrivée à Bâle (11-12 Mai)
Le 11 mai 2019, la clarté et le silence qui régnaient ce matin-là conféraient aux lieux une grande sérénité. Les premiers gestes furent tous empreints d'une certaine retenue, s'efforçant d'être le plus fluide et silencieux possible dans la progression. Le premier barrage de la journée s'est présenté, faisant découvrir pour la première fois le système d'ascenseur qui permet de franchir l'obstacle. Ne sachant pas faire fonctionner le système, et ne cherchant même pas à savoir si cela était possible, c'est par un bon vieux portage que le passage s'est fait de l'autre côté. Le rituel s'est renouvelé à chaque fois qu'un barrage barrait la route. Ce fut une navigation aux mille visages, que la météo a animée de ses humeurs changeantes : rien ne fut épargné, vent, pluie, soleil et grêle. Les épisodes se sont déroulés selon une logique propre à la nature, respectant un équilibre divin. À intervalles réguliers, l'ambiance changeait, d'état en état, d'égales durées, forçant à prendre le rythme.La journée du 12 mai 2019 fut dans la continuité de la précédente, avec la même alternance des paysages et la même variation dans la météo, procurant un plaisir similaire à naviguer sur un fleuve aux multiples facettes. Une fois de plus, la diversité du fleuve a frappé, et ce dès le départ de cette nouvelle journée de navigation. La veille, le déluge et la lassitude avaient forcé à s’abriter au plus vite, sans avoir eu le temps de faire, comme souvent, un petit tour du propriétaire. Cela aurait permis de repérer cette magnifique petite plage de sable qui plonge doucement dans le Rhin, parfaitement accessible juste après la rampe de remise à l’eau, en aval du barrage. Parfois, il faut accepter de subir les contraintes, sans amertume, et de passer à côté d’un bon coin de bivouac, d’un magnifique panorama ou d’une belle rencontre. Le parcours jusqu’à Bâle ne présentait aucune difficulté majeure. Les portages se sont faits avec fluidité, même si celui du barrage de Laufenbourg a été un peu compliqué sur la fin, le sentier contraignant à se sacrifier au jeu des contorsions pour franchir un virage en épingle, mais rien d’insurmontable. Au pont de Rheinfelden, deux gros tourbillons violents, juste après les piles du pont, ont surpris. Le kayak a été pris en tenaille, l'explorateur étant "à deux doigts de cabaner". L’arrivée à Bâle s’est faite dans la chaude douceur du soleil. Traverser Bâle est merveilleux. C'est une ville splendide et très animée, et la navigation en zone urbaine éveille toujours la curiosité chez les passants ou les riverains.
Navigation sur le Rhin en France et jusqu'aux Pays-Bas
Après Bâle, le Rhin offre une expérience de navigation contrastée, entre zones sauvages et sections plus aménagées, avant de se ramifier aux Pays-Bas.
À partir du barrage de Kembs, après Huningue, la navigation s'est déroulée dans le vieux Rhin, en pleine nature, au cœur de la réserve naturelle de la Petite Camargue Alsacienne. Il s'agit d'un fleuve assez sauvage, peu marqué par la présence humaine. Les remparts de verdure qui bordent ses rives y contribuent grandement, donnant l'impression d'être entièrement isolé du reste du monde. L'ambiance y est calme et silencieuse, et les quelques rapides rencontrés se passent tranquillement. Cependant, deux grosses difficultés, ou du moins obstacles à considérer avec moins de désinvolture, sont les barres d'Istein et le franchissement d'une route coupée au niveau de Blodelsheim. Pour les premières, il est préférable de faire une reconnaissance, et même ainsi, le portage a été choisi en raison de la hauteur de l'eau. Pour le second, là encore, selon le niveau de l'eau, l'obstacle est franchissable, mais il a été préféré d'assurer en faisant un léger portage, les pieds dans l'eau. À part cela, le parcours est magnifique et revivifiant. Le seul bémol à l'enthousiasme fut le fait de ne pas trouver de rampe pour sortir facilement le kayak.
La navigation s'est poursuivie avec de nombreuses sections plaisantes, malgré la longueur des portions, alternant entre des sections "préservées" et des portions canalisées, à l'instar de la navigation dans le Rhône. La différence ici est que les sections "préservées" sont aussi larges et aussi canalisées que les autres portions. Des barrages de régulation viennent perturber un peu la navigation. Chaque barrage est équipé d'une glissière en rive gauche. Certaines méritent une petite reconnaissance, et seules trois ont été osées à franchir ; pour les autres, un petit portage a été privilégié. Jusqu'au lieu du bivouac, trois barrages ont dû être franchis :
- Barrage près de Burkheim : Le débarquement se fait rive droite. La rampe est très accessible, le portage s'effectue sur un chemin très praticable, mais la remise à l'eau est fastidieuse car le chemin s'arrête dans une petite clairière et vient taper contre une digue de gros rochers, bien coupants. Plus loin en contre-bas, il y a le fleuve, ce qui rend la manœuvre pour y amener le kayak chargé assez délicate.
- Barrage de Weisweil : Le débarquement se fait toujours rive droite. La rampe est très facile, et la remise à l'eau également facile, même si c'est juste un peu pentu pour amener le kayak jusqu'au bord du ponton.
- Barrage de Gerstheim : Le topo est le même que pour le barrage précédent. Le bivouac a été installé après ce barrage.
La navigation s'est montrée encore très agréable, entrecoupée de portages, d'un petit ravitaillement à Strasbourg et de surprises inhérentes à ce genre d'expédition. Dès le départ, il a été choisi de rester rive droite et de ne donc pas utiliser la glissière pour franchir le premier barrage de régulation qui s'est présenté. Une rampe de mise à l'eau très accessible et parfaitement visible en rive droite, a permis de sortir le kayak pour un premier portage court. Le fleuve a continué son cours, serpentant à travers des paysages variés, jusqu'à atteindre les branches du delta néerlandais, marquant la fin de cette longue et enrichissante descente.
Rejoindre les Pays-Bas par Voie Maritime ou Fluviale depuis la France
Pour les plaisanciers et les aventuriers navals, relier la France aux Pays-Bas par voie d'eau est un rêve partagé par beaucoup. Plusieurs possibilités s'offrent, que ce soit par la mer ou via le réseau de canaux intérieurs.
Itinéraires Maritimes : La Manche et la Mer du Nord
Par la mer, le voyage en bateau de France jusqu’aux Pays-Bas traverse la mer Manche, puis la mer du Nord. Cet itinéraire est direct, et les distances entre les différents lieux d'escale sont généralement raisonnables, offrant une bonne option pour une première aventure au-delà des frontières françaises. Cependant, sur la route maritime entre la France et les Pays-Bas, il est impératif de se méfier des courants puissants et du trafic parfois dense, surtout dans la région du Pas-de-Calais. Il vous faudra redoubler d’attention à l’approche des rails de navigation, et rester constamment en veille à la VHF pour assurer la sécurité et la communication. Sur votre chemin de la France aux Pays-Bas, il y a plusieurs lieux charmants dans lesquels vous pourrez faire escale, permettant de se reposer et de découvrir de nouvelles côtes.
Chemins Intérieurs : Les Canaux Belges comme Pont de Liaison
Alternativement, il est possible de rejoindre les Pays-Bas par un chemin plus intérieur. Depuis la France, il est envisageable de longer la côte française par la mer jusqu’à Ostende en Belgique. Les canaux belges peuvent ensuite être empruntés d’Ostende à Gand, puis de Gand à Anvers, créant ainsi une voie navigable intérieure qui mène aux vastes réseaux des Pays-Bas. Cette option offre une navigation potentiellement plus abritée et permet de découvrir l'arrière-pays belge et ses villes historiques.
#