Le trafic international de stupéfiants représente un défi persistant pour les forces de l'ordre mondiales, et certaines enquêtes illustrent la complexité et l'ampleur de ces opérations illicites. La chasse au gros gibier exige de la patience, comme en témoignent les mois d'investigation menés par les policiers français de l'Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS). Ces efforts méticuleux ont permis de démanteler des réseaux sophistiqués s'appuyant sur des méthodes variées, notamment l'utilisation de voiliers pour le transport transatlantique de cocaïne, ainsi que des logistiques terrestres complexes impliquant des figures centrales telles que Louis Carboni et ses associés.
Voiliers et routes maritimes : Vecteurs clés du trafic de cocaïne
Les voiliers se sont avérés être un moyen de transport privilégié pour les trafiquants cherchant à opérer avec discrétion sur les vastes étendues maritimes. Un cas emblématique est celui du « Bebop », un voilier arraisonné au large de la Martinique par les forces de l'ordre françaises avec l'aide de la Marine nationale. Cette opération, survenue un dimanche, a permis de saisir une cargaison impressionnante de 870 kg de cocaïne et d'interpeller les deux skippeurs français à bord. Dans la foulée, quatre hommes - trois Français et un Espagnol - ont été arrêtés à Faro au Portugal, où ils attendaient la livraison. Cinq autres interpellations ont été menées dans l'entourage du réseau en région parisienne et à Ajaccio (Corse-du-Sud), marquant la fin des activités d'une équipe spécialisée dans le transport de cocaïne.
Depuis plus d'un an et demi, les enquêteurs de l'OCRTIS, que ce soit au siège à Nanterre ou à l'antenne de Fort-de-France en Martinique, suivaient ce réseau qu'ils soupçonnaient d'être une courroie de transmission habituelle de la cocaïne sud-américaine vers l'Europe. Une source judiciaire a analysé leur mode opératoire, expliquant qu'ils allaient chercher leur marchandise au large du Venezuela, où des bateaux de pêche venaient leur apporter la drogue. Ensuite, ils la ramenaient vers le Portugal, où, là encore, des bateaux de pêche venaient la récupérer au large. Cette stratégie leur permettait d'être plus discrets, évitant ainsi les ports surveillés.
Les opérations de répression dans les Caraïbes ont continué de cibler ces routes maritimes. Les 6 et 7 janvier derniers, la frégate Ventôse de la Marine Nationale, faisant partie des Forces armées aux Antilles (FAA), a intercepté deux voiliers de trafiquants de drogue. Cette intervention a mené à la saisie d'une quarantaine de ballots de cocaïne, représentant près de 1,2 tonne de stupéfiants. La frégate française avait appareillé le 4 janvier avec du personnel des douanes, suite à une information transmise par la Joint Interagency Task Force, une structure américaine basée à Key West en Floride qui regroupe également des représentants de pays concernés par le trafic de drogue dans les Caraïbes à destination de l’Europe. Cette information faisait état d'un voilier suspect, le Jo Ann Moore, qui croisait à environ 600 nautiques de la Guadeloupe. Le 5 janvier, dans l’après-midi, l’hélicoptère Panther du Ventôse a localisé une première fois le voilier suspect. Les conditions météorologiques étant alors assez défavorables, il fut décidé de ne pas intervenir immédiatement. Le lendemain matin, l’hélicoptère a relocalisé le Jo Ann Moore et a détecté un second voilier dans la zone. Vers 9h00, il a observé les deux voiliers qui se rapprochaient bord à bord. L’hélicoptère étant alors repéré par les équipages, ces derniers ont jeté des objets à la mer et se sont séparés. La frégate Ventôse a accéléré son approche et, environ une heure et demie plus tard, a lancé son équipe de visite qui a intercepté le voilier sans difficulté. À son bord, elle a trouvé 45 ballots de cocaïne. Ces derniers ont été saisis et transférés à bord du Ventôse, ainsi que les 4 membres d’équipage du voilier. Après avoir laissé une équipe sur place pour prendre en charge le Jo Ann Moore, la frégate Ventôse est partie à la recherche du second voilier, le Sangria, qui faisait route vers le Sud Ouest. Dans la nuit du 6 au 7 janvier, le voilier a été repéré. Il a été aussitôt pisté par un avion du Regional Security System, organisation de coopération regroupant des États insulaires des Caraïbes, ainsi que par la frégate française Ventôse. Le 7 janvier à l’aube, le Panther était sur le Sangria. L’équipe de visite du Ventôse a intercepté le voilier avec, à son bord, 3 membres d’équipage qui ont été immédiatement transférés à bord de la frégate pendant qu’une équipe du Ventôse prenait en charge le voilier. Le Ventôse est rentré à Fort de France le 9 janvier en fin de journée avec les 7 membres d’équipages interpellés, les 2 voiliers et 45 ballots de drogue, contenant au total 1,2 tonne de cocaïne.
Une autre saisie significative a eu lieu lorsque, interceptée par la Marine nationale à l'ouest de Sainte-Lucie, une embarcation a été passée au peigne fin par les enquêteurs de l'Office anti-stupéfiants (Ofast), qui ont débusqué dans la structure même du bateau une quantité de drogue équivalente à 7,5 millions d'euros sur le marché de gros. À la première inspection, les militaires de la frégate Le Ventôse, qui ont contrôlé le voilier dans la nuit du 15 au 16 avril au large de Sainte-Lucie, ont trouvé 20 kg de cocaïne cachés dans un faux plancher. Ramenée à quai à Fort-de-France, le navire a cette fois été exploré de fond en comble par les enquêteurs spécialisés de l'Ofast. Dans les parois, les policiers ont mis la main sur 190 kg supplémentaires, portant la cargaison totale à 210 kg. Cette quantité de drogue peut se monnayer jusqu'à 7,5 millions d'euros sur le marché de gros/semi-gros, a expliqué une source proche du dossier. Pour l'exportation de stupéfiants dans cette région, on pense toujours aux containers maritimes et aux mules aériennes, mais il y a aussi le voilier, un des vecteurs traditionnels. Cependant, il nécessite des malfaiteurs ayant des capacités de navigation poussées, ce qui le rend peu fréquemment utilisé. Un autre cas a impliqué plus de 2,3 tonnes de cocaïne transportées en voilier, révélant la capacité de ces réseaux à déplacer des volumes considérables. L'enquête planétaire, qualifiée de « multinationale », a mobilisé de nombreux acteurs internationaux : les policiers français étaient aidés par les services de la DEA américaine (antidrogue), les stups portugais et espagnols, les services anglais, et même la police de la Barbade. Ils ont suivi ces curieux plaisanciers dans les Caraïbes pendant des mois. Il s'agit d'une équipe de logisticiens 100% française. Ils ne se chargent pas d'écouler la marchandise. Ils prennent une commission sur le transport, a noté un enquêteur, se souvenant qu'un voilier français intercepté par les douanes néerlandaises en juin 2008 au large de l'île de Saint-Martin leur avait mis la puce à l'oreille.
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Louis Carboni : Une figure centrale entre trafic continental et démêlés judiciaires
Au cœur de plusieurs de ces affaires complexes se trouve Louis Carboni, une figure bien connue des observateurs de la vie judiciaire insulaire, notamment pour son évasion par hélicoptère de la maison d'arrêt de Borgo en juin 2001. Louis Carboni, qui a passé près de 30 ans en détention, a été arrêté le 4 mars 2017 près de Lyon en possession de 13 000 euros et 3,5 kilos de cocaïne, dissimulés dans une cache derrière le tableau de bord de sa voiture. Ce quinquagénaire, originaire de Cargèse, détenu au Pontet (Vaucluse) après cinq ans passés dans les geôles espagnoles, a été jugé pour association de malfaiteurs et détention et cession de produits stupéfiants. Le président du tribunal a précisé qu'il avait parcouru "100 000 km en 10 mois" entre la France, l'Espagne, les Pays-Bas et la Belgique, soulignant une intense activité de déplacement.
Lors de son procès, Louis Carboni, âgé de 65 ans et au lourd passé judiciaire, comparaissait en récidive légale, risquant 20 ans de réclusion. Actuellement détenu à la maison d’arrêt de Draguignan, il y purge une peine de 4 ans ferme pour détention et transport non-autorisé d’arme. Reconnaissant les faits qui lui étaient reprochés, Louis Carboni a cependant voulu minorer l'importance du trafic et disculper son fils et les amis de ce dernier, qui nient tous leur implication. Devant le président du tribunal, il a affirmé : "Monsieur le président, je reconnais les faits et je ne mettrai personne en cause." S’il admet avoir acheté et transporté de la cocaïne, il indique que c’était aussi pour financer sa consommation personnelle. Le président l'a interrogé sur la période comprise entre 2015 et mars 2017, durant laquelle Louis Carboni se déplaçait beaucoup en voiture entre le continent, la Belgique et les Pays-Bas. Il lui est reproché d’avoir ramené des produits stupéfiants sur le territoire français en s’approvisionnant dans ces pays-là. "Vous roulez beaucoup : 100 000 km en 10 mois, près de 400 km par jour, a calculé le président. C’était pourquoi tous ces kilomètres ?" Louis Carboni a calmement répondu : "Je ne veux pas minimiser, mais, en Belgique, je n’ai pas acheté que des stupéfiants, j’ai aussi acheté des voitures." Le président a cherché à connaître l’ampleur des achats de drogue : "Ce qui vous est reproché n’est pas un petit trafic de stupéfiants. On ne parle pas que de votre consommation personnelle…" À cela, le prévenu a rétorqué : "J’ai acheté 2-3 fois mais si j’avais été un grossiste, je n’aurais pas utilisé ma voiture. Je ne minimise rien, le délit est là et il est grave."
Le dialogue s'est poursuivi sur ses motivations : "Vous alliez en Hollande pour votre consommation ou dans un but lucratif ?", a demandé le président. "Pour les deux, car il fallait que je paie ma consommation," a répondu Louis Carboni. Questionné sur son statut de consommateur : "Je croyais que vous n’étiez plus consommateur ?" "Je l’ai été toute ma vie," a-t-il affirmé. Le procureur, quant à lui, a pointé des "explications pas très convaincantes", demandant si un caractère lucratif se cachait derrière. "Oui, a répondu Louis Carboni. Il y en a toujours un. Mais le problème, c’est qu’il ne faut pas consommer comme moi." Interrogé sur l'argent ayant servi à acheter les 3,5 kilos de cocaïne trouvés en sa possession, il a conclu : "On m’a demandé de transporter la drogue. En échange de 10 000 euros." Le président a également souligné les "liens entre Louis Carboni et des individus d’origine étrangère présentant de gros profils et ayant déjà été interpellés avec de grosses quantités." Le président du tribunal, Bernard Veber, a insisté sur le fait qu'il s'agissait de deux dossiers avec trois volets, pour lesquels l'accusé encourait jusqu'à 20 ans de prison. En fait, tout reposait sur des écoutes téléphoniques et des surveillances datant d'avril et mai 1996. Cependant, une affaire n'a pas abouti, notamment parce que le skipper, arrivé trop tôt, ne pouvait pas attendre plus longtemps et devait rendre un voilier en location à la date prévue. L'enquête s'est poursuivie sans arrestations, et en octobre de la même année, un agent de la CCM a été interpellé à Orly Ouest avec 4,8 kg de résine dans son sac à dos.
Louis Carboni a continué à contester certains faits : "Je conteste les faits qui me sont reprochés dans ce dossier, a-t-il expliqué, condamné à 12 reprises depuis 1976. Je ne suis ni commanditaire ni financier, et dans l'affaire du voilier j'ai simplement aidé un ami à me rembourser une grosse dette de machines à sous. J'ai mis en contact des personnes c'est tout. Dans le deuxième dossier de détention et de cession, la Cour évoque une vente d'un gramme d'héroïne, la réception de 40 grammes de cocaïne et ces 4,8 kg de résine. Je n'ai pas vendu cette héroïne, la cocaïne était pour ma consommation personnelle et pour le cannabis je n'ai fait que mettre deux personnes en relation, a plaidé Louis Carboni. Je ne suis pas Pablo Escobar." Ses avocats, Maître Filippi, Maître Haik et Maître Febbraro, ont soulevé des exceptions en nullité et critiqué le dossier, Maître Filippi introduisant trois exceptions en nullité notamment pour l'absence d'un PV de recherches, affirmant que le dossier "est foireux". Maître Haik a précisé que l'on "frôle le ridicule en faisant un costume sur mesure" à son client, tandis que Maître Febbraro a rappelé que, "pour 20 kg d'héroïne, Francis le Belge s'était vu demander 10 ans de prison."
Un réseau familial et d'associés : Les rôles de Mickaël Carboni, Mickaël Sanna et Ange-Marie Gaffory
L'affaire impliquant Louis Carboni a également mis en lumière l'implication de son entourage, notamment son fils Mickaël Carboni, et des amis de ce dernier, Mickaël Sanna et Ange-Marie Gaffory. Cette affaire, dans laquelle 11 personnes étaient poursuivies, a été jugée en deux fois, les cas de Louis Carboni, de son fils Mickaël et de Mickaël Sanna ayant été disjoints. Cette disjonction avait suscité des remous au tribunal et conduit la bâtonnière, Julia Tiberi, à interdire aux avocats du barreau d'Ajaccio de plaider pendant une semaine, une décision très rare. Deux mois plus tard, Louis Carboni a pu s’expliquer. Les enquêteurs le considéraient comme le chef d’orchestre de ce trafic, s’appuyant sur de nombreuses écoutes et filatures.
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Mickaël Carboni a été relaxé pour l'usage, le transport, l'acquisition et l'offre ou la cession de stupéfiants mais condamné pour association de malfaiteurs en vue de commettre un trafic de stupéfiants à 6 ans et 6 mois d'emprisonnement et 50 000 euros d'amende. Cinq ans de prison et 5 000 euros d'amende ont été prononcés contre Mickaël Sanna. Parmi les huit autres prévenus, Ange-Marie Gaffory a été condamné à 6 ans et 6 mois d'emprisonnement et 50 000 euros d'amende. Cinq ans d'emprisonnement dont 18 mois avec sursis et 5 000 euros d'amende ont été prononcés contre Sébastien Caussin. Des peines allant jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 10 000 euros ont été prononcées contre les six autres.
En mars dernier, cinq accusés dont Mickaël Carboni, Mickaël Sanna, Sébastien Caussin et Ange-Marie Gaffory avaient été acquittés pour leur rôle supposé dans l'assassinat d'un mécanicien près d'Ajaccio en 2016, une décision dont le parquet a fait appel.
Louis Carboni a été interrogé sur ses relations avec son fils Mickaël Carboni : "Avec mon fils, on s’est disputé à chaque fois qu’il allait en prison, a confié le Cargésien. Vous ne connaîtrez pas un voyou qui veut que son fils soit voyou. Moi, c’était ma vie, c’était mon métier. Si j’ai donné des stupéfiants à mon fils, il faut me couper les mains. Pourquoi il est là ? Parce que c’est mon fils. Pourquoi il a été aux assises ? Parce que c’est mon fils. J’ai deux tares : un fils (Jean-Antoine Carboni) qu’on a tué certainement à cause de moi et un fils qui est là, qui n’a rien fait." Il a ajouté sur un ton offensif : "Je n’ai jamais trafiqué de drogue avec la Corse. Je suis parti sur le continent. Vous croyez que je vais m’y mettre à plus de 60 ans ?! Trouvez-moi une seule preuve qui peut me mettre en cause dans ce dossier en Corse avec mon fils." Le président a répondu : "Dans le dossier, je n’ai trouvé aucun élément qui vous mette en cause directement avec votre fils. Néanmoins, pour les enquêteurs, il y a vos rencontres et vos échanges sur le continent avec Ange-Marie Gaffory. C’est lui qui fait le lien avec vous et votre fils dont il est l’ami."
Sur le "volet corse", le président s’est surtout intéressé aux relations entre Louis Carboni et un ami de son fils, Ange-Marie Gaffory. 10 ans de prison et 90 000 euros avaient été requis contre ce dernier lors du premier procès fin octobre. Le procureur, le même qu'actuellement, avait alors comparé "son rôle à celui d’un directeur général". Selon les enquêteurs, il faisait passer l’argent à Louis Carboni pour acheter la drogue à l'étranger. En mai 2015, l’enquête avait d’ailleurs démarré à partir d’Ange-Marie Gaffory, suite à un renseignement anonyme l'accusant d'organiser un trafic, et son téléphone avait été placé sur écoute. Louis Carboni a situé ses rencontres avec Ange-Marie Gaffory : "Ange-Marie Gaffory, je l’ai vu deux fois à Lyon et à Marseille. Avec moi, Ange-Marie Gaffory, il n’a rien fait."
Quant à Mickaël Sanna, Louis Carboni a déclaré qu’il "ne le connaissait pas". Le juge a alors interrogé : "Vous ne l’aviez jamais vu avant votre incarcération en 2017 ? Il y a des surveillances où l’on vous voit à moins d’un mètre en avril 2016. Il y a une photo." Louis Carboni a maintenu : "Il est venu avec quelqu’un d’autre, je ne le connaissais pas. Je n’ai pas d’écoutes avec lui. Je n’ai jamais parlé avec lui, à part en prison."
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Appelé à la barre après Louis Carboni, Mickaël Sanna a comparu libre. Âgé de 36 ans, il risquait 10 ans de prison. Questionné sur ses liens avec Louis Carboni, celui que les enquêteurs présentaient comme un revendeur a répondu : "C’est le père de mon ami." Le président a rappelé à Mickaël Sanna que son ADN avait été retrouvé sur une pile de balance dans l’appartement de Sébastien Caussin, contre lequel le procureur avait requis 6 ans ferme et 15 000 euros d’amende dans ce même dossier fin octobre. "Je n’ai demandé une confrontation à la juge d’instruction avec mes accusateurs et on ne me l’a pas accordée," a-t-il rétorqué, quelque peu agacé. "Je ne m’explique pas cette trace ADN, peut-être un transfert," a estimé Mickaël Sanna, qui n’a pas nié être allé dans l’appartement. Ce qu’il a nié en bloc, en revanche, ce sont les faits qui lui sont reprochés. À l'instar de ses avocats, Maître Vinier-Orsetti et Maître Cesari, il a aussi pointé "des raccourcis". "Je n’ai jamais trafiqué de drogue M. le président. Je joue mon avenir." Le président a alors évoqué des écoutes et deux personnes qui affirment lui avoir acheté des produits stupéfiants. Mickaël Sanna a réitéré sa demande de confrontation.