Ce dimanche, Carcassonne est le théâtre d'un événement marquant dans le monde de la natation française. Laure Manaudou, figure emblématique de la discipline, participe à son premier meeting depuis l’annonce de l’arrêt de sa carrière en septembre 2009. L'épreuve, organisée par le Club nautique carcassonnais, revêt un caractère particulier. Même si elle ne fait pas partie des meetings labellisés par la Fédération Française de Natation (FFN) et se déroule dans un bassin d'environ 24,90 m, et donc non homologué, le symbole de sa présence reste fort. Ce matin, au Païcherou, la triple médaillée olympique s’aligne sur 200 m, défiant un relais composé de jeunes nageurs. L'occasion est également familiale puisque son compagnon, « Fred » Bousquet, et son petit frère, Florent Manaudou, sont à ses côtés. L'entrée est gratuite pour le public, rendant l'affiche encore plus alléchante, avec un début de meeting prévu à 7h30 pour l'échauffement.
La participation de Laure Manaudou suscite un engouement particulier, non seulement pour les fans de natation, mais aussi pour le jeune public. "C'était sympathique, je me suis régalée avec les gamins", a déclaré l'ancienne championne olympique (2004) et triple championne du monde en sortant de l'eau après avoir effectué le premier et le quatrième relais d'un 4x50 mètres contre une équipe de nageuses d'une dizaine d'années. L'impact de sa présence est tangible pour les jeunes athlètes. "C'était trop bien de nager contre Laure", a confié Bérénice, une jeune nageuse de 10 ans, tirée au sort parmi ses camarades pour effectuer le dernier relais dans la ligne d'eau voisine de celle de la championne. Bérénice a même ajouté : "Je la connais, j'ai fait un exposé sur elle à l'école", soulignant la notoriété durable de Manaudou. Interrogée sur un éventuel retour à la compétition qu'elle a quittée depuis fin 2008, Laure Manaudou, alors âgée de 24 ans et mère d'une petite Manon de 14 mois, s'est contentée de lancer avec un sourire : "L'eau est très fraîche…" Après une longue parenthèse dédiée aux dédicaces et aux autographes, Laure Manaudou devait participer à un second relais dans l'après-midi, prolongeant ainsi ce moment de partage avec la nouvelle génération de nageurs.
Frédérick Bousquet : Le Sprinteur Étoile des Bassins
La présence de Frédérick Bousquet à Carcassonne, aux côtés de Laure Manaudou et de son beau-frère Florent, ajoute une dimension supplémentaire à ce meeting. Si Laure Manaudou n'est plus à présenter, même chez les non initiés tant elle a survolé la natation mondiale, il n'en est malheureusement pas de même pour Frédérick Bousquet, bien que son palmarès soit également impressionnant. Surnommé "l'homme le plus rapide du monde" sur 50 mètres après les championnats de France à Montpellier, il est une figure majeure de la natation de vitesse. Originaire de Perpignan, ce sprinteur français détenait un temps le record du monde du 50 mètres nage libre en petit bassin avec 21''10, établi en 2003, avant que celui-ci ne soit battu en août 2006, passant à 20''98. Sa réputation de nageur le plus rapide du monde est également justifiée par le fait qu'il est le seul à être passé sous les 19 secondes aux 50 yards nage libre, réalisant un temps de 18''94 lors des championnats universitaires américains NCAA en 2005.
Les championnats de France de 2009 en grand bassin ont été particulièrement fructueux pour Frédérick Bousquet. Il y a remporté l'or sur le 100 mètres nage libre, devenant le troisième performeur de tous les temps avec un chrono de 47''15. Lors de ces mêmes championnats, il a enchaîné en remportant le titre sur 50 m, devançant des nageurs de renom comme Alain Bernard et Amaury Leveaux. Il a alors marqué l'histoire en plaçant la marque sous les 21 secondes pour la première fois en grand bassin, avec un temps de 20''94, établissant ainsi un nouveau record du monde. Frédérick Bousquet a également brillé sur la scène internationale au sein des équipes de relais. Le 11 août 2008, il a fait partie, avec Fabien Gilot (présent également au meeting de Carcassonne), Amaury Leveaux et Alain Bernard, du relais français du 4x100 m nage libre. Ce quatuor a terminé 2e des Jeux olympiques d'été de 2008, signant un temps de 3'8''32, un record d'Europe à l'époque, juste derrière les Américains qui ont établi un record du monde en 3'8''24. À Carcassonne, Frédérick Bousquet, licencié comme Laure Manaudou au Cercle des nageurs de Marseille, a également nagé. Il a remporté, ce dimanche matin en série, un 50 mètres nage libre devant deux nageurs toulousains du TOEC en 24 sec 13, à environ trois secondes de ses meilleurs temps, démontrant qu'il reste un compétiteur de talent même dans un cadre plus détendu.
Florent Manaudou : L'Héritier Olympique
La présence de Florent Manaudou, le jeune frère de Laure, à Carcassonne, est également un clin d'œil à une nouvelle génération de champions. Si Laure est la pionnière familiale des médailles olympiques, Florent a suivi ses traces avec brio. C'est en 2012, lors des Jeux olympiques de Londres, que Florent Manaudou a accédé au statut de champion olympique sur 50m nage libre. Une image forte de ces Jeux, mentionnée dans le parcours de sa sœur, est celle où Laure Manaudou, alors éliminée des séries dans ses propres épreuves, a sauté au cou de son jeune frère à sa sortie du bassin, en vainqueur du 50m nage libre hommes. Cette scène a symbolisé le passage de témoin et la fierté familiale. Florent Manaudou, comme sa sœur Laure et Frédérick Bousquet, est venu nager dans le cadre de ce meeting local organisé par leur ami Jérôme Bouba, en attendant la première compétition internationale du week-end prochain à Paris, témoignant de son engagement envers le sport et ses proches.
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Laure Manaudou : Une Légende de la Natation Française, des Origines au Sommet
Laure Manaudou, née le 9 octobre 1986 à Villeurbanne dans le Rhône, a construit en quelques années un des plus beaux palmarès de la natation internationale féminine avant même de fêter ses 22 ans. Sa carrière est un véritable parcours jalonné de succès, de défis et de retours. Issue d'un environnement familial sportif, son père, Jean-Luc Manaudou, est un employé de banque, joueur et entraîneur de handball, tandis que sa mère, Olga Schippers, d'origine néerlandaise, pratique le badminton. Leurs chemins se sont croisés sur une plage au Cap Fréhel. Très jeune, l’eau devient l’élément naturel de Laure. Elle progresse de manière fulgurante dans la piscine de son club d'Ambérieu, et à l’âge de 14 ans, un entraîneur décisif décide de la prendre sous son aile. Cet entraîneur, Philippe Lucas, marié à une ancienne nageuse de l'équipe de France olympique, convainc ses parents de la laisser partir pour la région parisienne avec une promesse audacieuse : "je vais faire de votre fille une championne."
L'Éclosion d'une Championne : Des Débuts Prometteurs à la Gloire Olympique
Sous la houlette de Philippe Lucas, les cadences d’entraînement de Laure Manaudou sont considérables. Son adolescence est entièrement consacrée à son sport, et elle se fait très vite remarquer au niveau national, brillant sur toutes les distances en nage libre et en dos. Dès 2001, lors des Championnats d'Europe juniors à Malte, elle gagne deux médailles d'argent sur 50 et 100 mètres dos, annonçant déjà son potentiel. En 2003, lors des Championnats de France à Saint-Étienne, elle obtient cinq médailles d'or (sur 400, 800, 1 500 mètres nage libre, et 50 et 100 mètres dos), battant quatre records nationaux et se qualifiant pour les Championnats du monde de Barcelone. L’année suivante, en 2004, elle est sacrée championne d’Europe du 400m nage libre et du 100m dos à Madrid, préparant ainsi son ascension vers le statut de star mondiale.
C'est aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004 qu'elle connaît la gloire à 17 ans. Le 15 août 2004, Laure Manaudou est sacrée championne olympique sur 400m nage libre, une victoire historique. Elle devient la première Française à remporter la médaille d’or aux Jeux en natation, une performance inédite depuis Jean Boiteux sur la même distance en 1952 à Helsinki. Son triomphe ne s'arrête pas là, puisqu'elle s’adjuge également deux autres médailles en Grèce : l’argent sur 800m nage libre et le bronze sur 100m dos. Tout un pays a alors les yeux rivés sur "Laure Olympique", une célébrité qu’elle vit difficilement, comme elle le reconnaîtra plus tard.
La Confirmation de la Domination et les Records Mondiaux
La période suivant Athènes confirme la domination de Laure Manaudou sur les bassins. En 2005, lors des Championnats de France à Nancy, elle obtient cinq titres nationaux (400, 800, 1 500 mètres nage libre ; 50 et 100 mètres dos). Aux Championnats du monde à Montréal, elle obtient la médaille d'or sur 400 mètres nage libre, consolidant son statut de meilleure nageuse mondiale. Aux Championnats de France en petit bassin à Chalon-sur-Saône, elle remporte six titres nationaux (400, 800, 1 500 mètres nage libre ; 50, 100 mètres dos ; 200 mètres quatre nages) et bat huit records. Le 6 août 2006, elle bat à nouveau le record du monde du 400m nage libre lors de la finale des Championnats d'Europe de natation 2006 à Budapest, l'abaissant à 4 min 2 s 13.
Jusqu’en 2007, Laure Manaudou accumule un palmarès vertigineux : trois médailles olympiques, six médailles mondiales (dont trois titres), treize médailles européennes (dont neuf titres) et cinquante-cinq médailles nationales (dont trente-six titres). Elle bat également plusieurs fois les records du monde du 200m et du 400m nage libre, prouvant sa polyvalence et sa constance au plus haut niveau. Son excellence est reconnue au-delà des bassins : elle est sacrée championne des champions français par le quotidien L'Équipe en 2004, est décorée de la Légion d'honneur, se voit décerner le prix du patriotisme Maurice-Schumann, et le Grand Prix olympique de l'Académie des sports. Un bassin olympique Laure-Manaudou est même inauguré près de son centre d'entraînement de Melun, témoignage de son impact sur la natation française.
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Les Turbulences et les Changements d'Environnement
La suite de la carrière de Laure Manaudou s’écrit en pointillés, marquée par des choix personnels et des changements d'entraîneurs. Le 12 août 2006, Philippe Lucas annonce son départ du club avec Laure Manaudou pour rejoindre celui de Canet-en-Roussillon : Canet 66 natation. En mars 2007, un partenariat inédit est annoncé. François Pinault, fondateur du groupe PPR, décide de s'engager personnellement auprès de Laure Manaudou via Artémis, la holding patrimoniale présidée par son fils François-Henri, et de financer la carrière de la nageuse pendant les cinq années à venir. Didier Poulmaire, avocat et agent de la nageuse, qualifie cet accord de "partenariat historique et unique dans le sport français : c'est une opération de mécénat, pas de sponsoring. Laure n'aura aucune obligation". Il est avancé un chiffre d'un million d'euros annuel pour ce contrat portant sur plusieurs millions d'euros, permettant à la nageuse d'apparaître, "si elle en a l'envie et le temps", dans des soirées caritatives ou lors des défilés des marques de luxe du groupe, comme Gucci ou Stella McCartney.
Cependant, les tensions apparaissent. Le 6 mai 2007, Laure Manaudou décide de se séparer de Philippe Lucas pour partir s'entraîner en Italie, souhaitant se rapprocher de son petit ami d'alors, le nageur Luca Marin. Lors d'une conférence de presse à Canet-en-Roussillon le 9 mai, elle explique son choix de rejoindre le club turinois de LaPresse Nuoto, affirmant qu'elle allait essayer de donner un nouvel élan à sa carrière, "changer d'entraînement", et "modifier des choses". Elle ajoute : "Il y a des choses que je voulais travailler et que Philippe ne voulait pas faire." Réagissant au départ de son ancienne protégée, Philippe Lucas déclare le 10 mai, lors d'une conférence de presse à Canet-en-Roussillon, que Laure Manaudou "part parce qu'elle a envie de moins travailler." Ces déclarations publiques soulignent une divergence de vues sur la méthode de travail et l'intensité de l'entraînement.
Les difficultés en Italie s'accumulent. Le 22 mai, un nouveau coup de théâtre intervient : la nageuse française ne pourrait pas s'entraîner à Vérone avec Luca Marin, dans le centre fédéral italien. Selon Marco Durante, président du club, une telle possibilité serait "une fois sur mille". La veille, Laure Manaudou s'était entraînée à Vérone avant de reprendre la route pour Turin. Par ailleurs, des tensions apparaissent avec les nageuses italiennes Federica Pellegrini et Alessia Filippi, qui s'entraînent à Vérone et ne voient pas d'un très bon œil la présence de la Française auprès d'elles. Federica Pellegrini, grande rivale de Manaudou sur 200 m, affirme : "On s'est entraînées chacune de notre côté. Moi ça ne me dérange pas que Laure s'entraîne à Vérone de temps en temps. Mais pas plus. Je l'ai dit à Alberto Castagnetti. Jusqu'aux JO de Pékin, ça ne pourra pas être autrement." Ces frictions compliquent l'intégration de Manaudou dans le système italien.
Un incident malheureux survient le 29 mai, lorsque Laure Manaudou, jetée à l'eau par Nicola Febbraro et Leonardo Tumiotto, deux de ses compagnons d'entraînement, est victime d'une fracture "au quatrième métatarse du pied gauche" selon un communiqué de son club LaPresse. Après sa blessure, qui l'a tenue éloignée des bassins pendant trois semaines, Laure Manaudou participe aux championnats de France de natation 2007, qui se disputent du 24 au 28 juin à Saint-Raphaël (Var). Le 25 juin, elle s'impose en finale du 50 m dos, une discipline qui n'a jamais été sa priorité lors des compétitions internationales, devançant Alexandra Putra (29 s 35) et Esther Baron (29 s 43). Le 27 juin, elle remporte un quatrième titre en s'imposant en finale du 200 m nage libre en 1 min 57 s 48. Mais le 6 août 2007, après une participation attendue à l'Open de Paris de natation, Laure Manaudou est licenciée de LaPresse Nuoto en raison de tensions avec son entraîneur Paolo Penso.
Suite à ces événements, le mois d'août est marqué par des rumeurs sur son futur lieu d'entraînement. Le 28 août, Laure Manaudou annonce, lors d'une conférence de presse, qu'elle a besoin de temps avant de prendre une décision finale concernant son avenir immédiat. La championne olympique française s'entraîne alors pendant le mois de septembre sous la tutelle de son frère Nicolas, à Ambérieu, se donnant "quinze jours, trois semaines pour savoir exactement" la suite. Le 22 septembre, elle annonce qu'elle reste s'entraîner à Ambérieu-en-Bugey, sous les ordres de son frère Nicolas, pour préparer les Jeux olympiques de 2008. Malgré cette année 2007 tumultueuse, marquée par cinq médailles mondiales dont deux médailles d'or, un record du monde et deux records d'Europe, Laure Manaudou est désignée nageuse de l'année 2007 par le mensuel américain Swimming World Magazine, devenant à cette occasion la première nageuse française distinguée au niveau mondial. Depuis son retour en France, elle entretient une relation avec le dossiste français Benjamin Stasiulis.
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Une autre épreuve personnelle survient courant décembre 2007, lorsque des captures d'écran d'une vidéo licencieuse prise par téléphone portable, montrant Laure Manaudou, sont diffusées sur Internet au lendemain d'une nouvelle altercation avec Luca Marin lors des championnats d'Europe en petit bassin. L'intéressé a cependant démenti être responsable de la diffusion de ces photos, ajoutant à la pression médiatique et personnelle qui entourait la nageuse. Le 21 janvier 2008, elle part à Mulhouse s'entraîner sous la direction de Lionel Horter, entraîneur au pôle France. Le 6 octobre 2008, elle rejoint le "team Marseille 2012 by CNM" du Cercle des nageurs de Marseille où elle est entraînée par Romain Barnier et Emmanuel Poissier.
Les Jeux de Pékin et la Première Retraite
Les Jeux Olympiques de Pékin en 2008 s'annoncent comme un défi majeur. Laure Manaudou opte pour un programme allégé. Sur 200 m dos, une nouvelle épreuve pour elle sur le plan international, elle bat deux fois le record de France et remporte le titre aux championnats nationaux. Sur 100 m dos, après avoir repris son record d'Europe en demi-finale, elle échoue pour la victoire derrière la Russe Anastasia Zueva qui reprend le record. Elle participe enfin à la victoire française sur le relais 4 × 200 m. Avec le même programme et le même horaire qu'à Pékin (sur huit journées), les championnats de France sont qualificatifs pour les Jeux. Le lundi 21 mai, après deux qualifications le matin avec le meilleur temps sur 100 m dos et 400 m nage libre, elle gagne, l'après-midi, sa demi-finale du 100 m dos mais finit 3e du 400 m, battue par la Roumaine Camelia Potec et sa compatriote Coralie Balmy. Le mardi 22, elle réalise le 4e temps des séries sur 200 m nage libre le matin.
Cependant, les Jeux de Pékin sont décevants pour Laure Manaudou, qui n'y remporte aucune médaille. Le 10 août, elle finit deuxième de sa série du 400 mètres nage libre en 4 min 4 s 93, devancée par la Roumaine Camelia Potec (4 min 4 s 55), un temps qui lui permet d'accrocher la huitième et dernière place qualificative pour la finale. Lors de ces séries, sa rivale italienne Federica Pellegrini, détentrice du record du monde de la distance, bat le record olympique de Janet Evans en 4 min 2 s 19. Sur 100 mètres dos, elle est deuxième de sa série en 1 min 0 s 09, derrière la Japonaise Reiko Nakamura, qui bat le record olympique en 59 s 36. Ensuite, elle termine quatrième de sa demi-finale en 1 min 0 s 19, derrière la Zimbabwéenne Kirsty Coventry (record du monde en 58 s 77), la Russe Anastasia Zueva (59 s 77), et l'Américaine Margaret Hoelzer (59 s 84), se retrouvant une nouvelle fois à la huitième et dernière place qualificative pour la finale. Marquée par ce nouvel échec, elle s'aligne cependant sur 200 mètres dos le 14 août. La veille de cette élimination, elle avait confié vouloir faire un "long break" et "prendre le temps de la réflexion", écartant par ailleurs l'hypothèse d'un retour à Canet-en-Roussillon auprès de Philippe Lucas. Le journal L'Alsace-Le Pays évoque, quant à lui, un éventuel rapprochement avec le Team Lagardère, piste qui avait déjà été avancée à plusieurs reprises depuis son départ de Canet-en-Roussillon.
Après Pékin, la fin de l'année 2008 marque une période de transition. À Angers, aux Championnats de France en petit bassin, elle est inscrite sur 50 m, 100 m, 200 m, 400 m nage libre et les trois épreuves en dos. La première journée, elle finit, en 2 min 8 s 69, 3e du 200 mètres dos, derrière Alexianne Castel (2 min 3 s 22, nouveau record de France) et Cloé Crédeville (2 min 8 s 65), et 8e des séries du 50 m nage libre en 25 s 91. Pour la suite, elle fait l'impasse sur la nage libre et s'impose sur les 50 mètres et 100 mètres dos, respectivement en 27 s 30 et 57 s 99, établissant de nouveaux records des championnats. À Rijeka, aux Championnats d'Europe en petit bassin, elle est engagée sur 50 m, 100 m et 200 m dos. Elle gagne sa 41e médaille internationale sur 100 m dos en terminant 3e en 57 s 16. Sur 200 m dos, elle termine 3e des séries derrière deux compatriotes, Alexandra Putra et Alexianne Castel, et ne peut donc participer à la finale pour cause de quota. Fin décembre, elle participe au meeting international (petit bassin) de l'océan Indien à Saint-Paul de la Réunion. Elle y bat le record de France des clubs du 4 × 100 m 4 nages en 3 min 59 s 87 (58 s 62 en dos) avec ses coéquipières du CN Marseille Andréa Baudry, Diane Bui Duyet et Angéla Tavernier. Le 21 janvier 2009, évoquant un "état de saturation qui la prive du plaisir de nager", elle décide de mettre un terme à sa saison. En septembre 2009, Laure Manaudou déclare mettre un terme définitif à sa carrière de nageuse, à l'âge de 22 ans, et envisage de commencer une formation de décoratrice d'intérieur. Elle devient en 2010 la maman de Manon avec son compagnon Frédérick Bousquet.
Le Retour aux Bassins et les Jeux de Londres
Cependant, l'appel de l'eau est plus fort. En juillet 2011, Laure Manaudou décide de reprendre la compétition. Pour la première course de son retour, le 14 juillet 2011 à Athens, elle bat en séries son record personnel sur 50 m nage libre en 25 s 93, un temps qu'elle améliore en finale en 25 s 84. Cette performance lui aurait permis de figurer sur le podium des championnats de France de mars 2011. Elle signe également une performance équivalente sur 200 m dos (2 min 10 s 20). En mars 2012, lors des championnats de France à Dunkerque, Laure Manaudou remporte les titres des 50 m, 100 m et 200 m dos et se qualifie sur ces deux dernières distances pour les Jeux olympiques de Londres, ainsi que sur les 50, 100 et 200 m dos pour les championnats d'Europe.
Aux Jeux de Londres, si elle ne connaît pas la réussite en étant éliminée dès les séries, elle offre une des images fortes de ces Jeux en sautant au cou de son jeune frère Florent à sa sortie du bassin, ce dernier étant sacré champion olympique du 50m nage libre hommes. Cet instant illustre la forte complicité entre la sœur et le frère, et le soutien inconditionnel au sein de la famille Manaudou. En novembre de la même année, elle participe aux championnats d'Europe en petit bassin, à Chartres, que les médias estiment être sa dernière compétition officielle. Laure Manaudou monte sur le podium à trois reprises, obtenant une médaille d'or (50 mètres dos), une médaille d'argent (100 m dos) et une médaille de bronze dans le relais 4 × 50 mètres quatre nages, offrant une belle conclusion à cette période de retour.
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