L'univers des embarcations, qu'elles soient de taille réelle ou miniatures, révèle une richesse de formes, de fonctions et d'histoires. Qu'il s'agisse des canots robustes de la Marine Nationale ou des voiliers élégants qui fendent les eaux de nos bassins publics, chaque type d'embarcation porte en lui une tradition et un savoir-faire spécifique. Cette exploration nous mène des distinctions techniques fondamentales aux subtilités de leur construction, en passant par l'ingéniosité de leurs systèmes de propulsion et l'émotion qu'elles procurent aux petits comme aux grands. La passion pour ces bateaux rassemble des communautés, comme en témoignent les échanges sur des forums où des conseils sont partagés pour utiliser au mieux cet espace, notamment l'insertion de photos, et pour aider à faire évoluer le forum au mieux, souvent animé par un spécialiste, juste un passionné de voiliers de bassin.
Distinctions et Nomenclature des Embarcations Traditionnelles
La terminologie nautique, en particulier celle liée aux canots et chaloupes, est empreinte de traditions et de spécificités. La construction de ces embarcations est programmée d’après les plans de l’ingénieur E. Utilisés par la Marine Nationale, ces canots étaient à l’origine destinés aux transferts des marchandises et des équipages quand les navires à voiles restaient en rade.
Chaloupes de la Marine Nationale
Parmi les embarcations de servitude de grande taille, la chaloupe occupe une place prépondérante. Les chaloupes sont beaucoup plus fortes comme construction que les canots. Elles se distinguent par une robustesse particulière et des caractéristiques d'armement spécifiques. La tradition veut que 100 milles avant d’arriver à une escale, la grosse chaloupe, appelée « la galère », soit mise à l’eau. C’est une embarcation de 10 mètres de long, avec trois mâts. L’équipage, composé d’une dizaine d’élèves, doit se débrouiller pour rallier l’escale à la voile. L’étrave porte un « davier » fixe et l’étambot des ferrures pour recevoir un davier mobile. Les chaloupes n’ont ni fargues ni dames, et les avirons sont tenus par des erseaux sur des « tolets ». Les tons des mats portent des cercles à pitons pour recevoir les haubans. Les drisses de misaine et grand-voile sont à bastaques, et les écoutes sont des palans en trois.
Canots et Yoles : Définitions et Caractéristiques
Le canot est une embarcation type dont la nomenclature doit être parfaitement connue. C'est une embarcation non pontée faisant partie de la drôme d’un navire de grande dimension, parfois plus de 10 mètres, mais plus petite que la chaloupe. Le canot arme jusqu’à 16 avirons, tandis que la chaloupe en arme 20 et plus. Ses avirons sont armés à couple, contrairement aux baleinières et yoles qui sont en pointe. Ses bordés sont à francs bords plus souvent qu’à clins. Moins large et robuste mais plus rapide qu’une chaloupe, le canot grée 2 ou 3 mâts de levée, avec des voiles au tiers, jamais en houaris militaire comme la baleinière l’est parfois, ni en cotre comme la chaloupe, et un foc. Le Canot major est une désignation spécifique au sein de la Marine Nationale. Les « Canots », prononcés « canote », désignent les embarcations marchant à la voile et à l’aviron de moins de 11 mètres de longueur. Ce sont les embarcations de référence de la Marine Nationale.
Les « Yoles », quant à elles, sont des embarcations avec tableau arrière, plus basses sur l’eau et plus légères, mais parfois plus longues que les canots.
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L'exemple des Yoles de Bantry
Un exemple notable est celui des « Yoles de Bantry », appelées ainsi à tort car Bantry, une ville irlandaise, a conservé l’unique exemplaire de ses yoles militaires françaises suite à un débarquement désastreux en 1796. Ces yoles avaient une destination plus orientée pour la parade ou la vitesse. Ces canots avaient l’avantage de pouvoir évoluer rapidement à toutes les allures y compris contre le vent grâce aux avirons. Leurs formes s’affinent et les lignes s’étirent grâce au brion qui prend un angle presque droit étirant la forme de la proue, et la quille longue plonge vers l’arrière donnant un meilleur plan de dérive et permet de donner des lignes de fuites plus fluides. C’est une embarcation très stable et simple à manœuvrer. Elle requiert peu d’aptitudes physiques mais peut devenir un outil sportif intéressant, tant à la voile qu’à l’aviron.
L'Univers des Voiliers et Bateaux-Jouets de Bassin
Le terme "voiliers de bassin" désigne spécifiquement les embarcations à voiles. Il est précisé que "Voiliers de bassin" et "Yachts-modèles" ne sont pas à confondre, chacun ayant ses propres caractéristiques et sa propre histoire. Quand les embarcations sont à moteur, ils sont appelés "bateaux-jouets à moteur".
La fabrication : des artisans aux grands manufacturiers
Les voiliers de bassin étaient généralement, par facilité d’utilisation, maîtrise des coûts de production et rentabilité obligent, à un seul mât. Les bateaux à gréement aurique pouvaient être, comme pour les bateaux de taille réelle, complets de toutes leurs voiles : Grand voile, foc, trinquette, clinfoc et flèche. Il y eut, bien sûr, des bateaux aux gréements plus complexes. Rares étaient les deux mâts, encore plus rares furent les trois et quatre mâts. Au-delà des voiliers, la diversité des bateaux-jouets est remarquable. Il y eut des paquebots, des cargos, des canots automobiles, des barques, des aéro-glisseurs, des bâtiments de guerre tels que des sous-marins, des canonnières, des torpilleurs, des cuirassés.
Marques emblématiques et productions unitaires
Des bateaux-jouets furent construits de manière unitaire et occasionnelle par des amateurs plus ou moins talentueux. Ces particuliers étaient plus fréquemment gens du bord de mer, parfois gens de la ville et plus rarement gens de la campagne. Il s’agissait généralement d’anonymes. Leurs fabrications réalisées à l’unité ne portaient généralement pas de marque distinctive et à fortiori pas de tampon de marque commerciale. Les productions commerciales portaient généralement le nom de la marque. Des marquages au fer, des transferts, des plaques de métal ou d’ivoirine gravées pouvaient être apposés généralement sur les ponts, proues et poupes. Certains fabricants éditaient de succincts feuillets à vocation commerciale décrivant sommairement les caractéristiques de leurs productions. Les artisans, suivant la taille de leurs ateliers, leur sens commercial, la qualité de leurs productions diffusèrent leurs bateaux de manière plus ou moins importante.
Certains grands manufacturiers de jouets s’intéressèrent à la production de bateaux. Ces bateaux n’étaient généralement qu’une partie infime de leur vaste production dans le domaine du jouet. Ils diffusèrent leur production à l’échelle mondiale, c’est ainsi que l’on pouvait trouver, et à titre d’exemples, des bateaux Hornby de fabrication anglaise comme des bateaux Marklin de fabrication allemande sur le marché Français. Ces bateaux-jouets de série furent vendus dans les magasins de jouets, tel le "Nain Bleu" à Paris qui lui, en guise de certificat de qualité et de propre promotion, apposait sa marque sur les jouets et aussi bien sûr les bateaux-jouets qu'il vendait. Ils furent aussi et surtout vendus dans les magasins et bazars du bord de mer.
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Le recensement des fabricants révèle une histoire riche et variée. Nous avons inventorié une centaine de fabricants (Français, Anglais, Allemands, Américains, Japonais), artisans et manufacturiers, de bateaux-jouets de bassin. Parmi eux, on retrouve des noms tels que Ailsa boat Milbro, Albatross yacht, Basset-Lowke, Bing, Borda, BVO, Bowman, Britannia Model, Château, Deffain, ED, Gilaz Agil, Giraud Sauveur bois et plastique, Giner, Greiner, Girard (Deffain), Harold Flory, H.E Boucher, Henley, Jep, JRD, Kay England, Kellner, Keystone, Lobster, LM, MAB, Marlin, Mengel, MFP (Nova), Nillop, Norfolk, Nova, Paudeau, RJ, Scientific, Skipper, Star Yachts, Stevens, Tirot, Triang, Véga, Vogu'enmer et Voiliers de la presqu'île. Les bateaux étaient, de plus, réalisés pour être, sans dommages, facilement transportables.
L'excellence de certaines fabrications
Il existe, dans le cas de certaines productions unitaires, des contre-exemples ou des détails et respects des proportions avec les bateaux grandeur nature, qu'ils représentaient, nécessitaient une grande maîtrise dans le maniement. Mais dans ce cas, étaient-ce encore des jouets pour enfants ? Nous ne le pensons pas. Des représentations des plus fidèles de bateaux existants, avec complexité et technicité, en faisaient ce que nous appelons des Maquettes Navigantes à usage des adultes que les enfants pouvaient accompagner lors de leurs navigations, s'ils avaient été sages.
Certaines productions unitaires d’œuvres de particuliers et d’amateurs éclairés, essentiellement entre 1880 et 1940, surpassèrent en qualité le gros de la production artisanale et industrielle. Pour aller un peu plus loin dans notre analyse radicale, nous considérons, n’en déplaise à certains, que les fabrications anglaises surclassèrent toutes les autres fabrications, allemandes y compris, devant lesquelles certains s’extasient certainement plus sur le prix et la cote des bateaux que sur leur charme dont ils manquent, à notre avis, cruellement. L’ensemble de ces jugements est néanmoins à pondérer tant nous affectionnons tout particulièrement les modestes canots à moteur de la série des « rubans bleus » fabriqués par JEP.
Techniques de Construction et Matériaux
La construction des bateaux de bassin, qu'ils soient de série ou unitaires, fait appel à des techniques et des matériaux variés, souvent adaptés à leur fonction de jouet ou de maquette.
Coques : Bois sculpté, assemblage et bordé sur membrures
Les coques en bois étaient sculptées et évidées dans du massif ou dans un assemblage de planches suivant la technique du « pain beurré ». Les coques pouvaient aussi être bordées sur membrures. Cette technique, plus difficile à mettre en œuvre, plus longue et donc plus onéreuse à la fabrication, ne fut retenue que dans le cadre de fabrication unitaire généralement par des amateurs éclairés et quelquefois par des fabricants pour honorer des commandes spéciales.
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Peinture, vernis et qualité du bois
Les coques étaient le plus généralement peintes et parfois vernies, essentiellement pour les voiliers de bassin, quand la qualité du bois, sans nœuds apparents, le permettait. Ces bateaux vernis constituaient alors le niveau de qualité supérieur dans la série et étaient vendus plus cher que les bateaux qui étaient peints.
Les lests : Plomb et fonte, avantages et évolutions
Le lest est un élément crucial pour la stabilité des embarcations. Le point de fusion du plomb est beaucoup plus bas que celui de la fonte d’acier. Les lests en plomb pouvaient donc être moulés par les fabricants eux-mêmes ce que la fonte ne permettait pas de faire, la fabrication des lests était donc, dans ce cas, sous-traitée. Il s'ensuit que toutes les fabrications unitaires avaient nécessairement des lests en plomb. D’autre part, les lests en fonte dans la fabrication de série apparurent dans les années 1930 alors que d’autres fabricants, dans un souci de qualité, continuèrent à installer des lests en plomb. Parmi les avantages du plomb : à poids égal, la densité du plomb étant plus importante, le volume déplacé était moindre. De plus, le lest en plomb, facilement usinable, pouvait être ajusté à la forme exacte de la quille. Quand certains fabricants persévéraient dans une démarche rigoureuse, d’autres montaient le même lest en fonte sur des bateaux de types et de tailles différents.
Gouvernails : Du simple appendice aux systèmes sophistiqués
Le système de direction des bateaux de bassin a également évolué. Sans mèche de safran, les safrans pouvaient être libres de tous mouvements, des appendices purement esthétiques, ils n’avaient alors aucun effet sur la navigation. Avec une mèche de safran, les safrans étaient surmontés sur le pont d’une barre franche, dont la position était maintenue fixe ou non par des systèmes plus ou moins sophistiqués. Des croissants de barre pouvaient remplacer la barre franche. Des systèmes reliant croissants de barre et grands voiles furent plus ou moins ingénieux jusqu’à l’invention aboutie des "barres de braine" dont certaines séries de voiliers de grande qualité furent équipés.
Mâts, espars et gréements
Les mâts et espars étaient généralement faits de bois résineux à fibres longues tels le pin d’Oregon ou le spruce. Bien que ce fut une ineptie totale, il fut aussi installé, sur des bateaux de série, des mâts en bois à fibres courtes tel que du hêtre par exemple. Afin de faciliter le transport et le remisage des voiliers de bassin, les gréements devaient être de montage et de démontage aisé.
Voiles : Matières et fonctions
Généralement en coton, toutes les qualités de tissu furent utilisées pour faire des voiles. Les fabricants les plus scrupuleux employaient le meilleur des coupons aux fils les plus serrés afin que les voiles soient le plus imperméables à l’air, le coton d’Égypte était la qualité recherchée. Si les voiles sont le moteur des voiliers grandeur réelle, il en est de même pour les voiliers de bassin. Afin de raidir le gréement et les manœuvres, les cordages pouvaient être tournés sur des taquets ou, système beaucoup plus pratique, réglés grâce à des tendeurs à œil en métal, en bakélite, en os ou en ivoire.
Les Systèmes de Propulsion des Bateaux-Jouets
L'ingéniosité des fabricants et des amateurs s'est manifestée dans la diversité des systèmes de propulsion équipant les bateaux-jouets, des plus anciens aux plus sophistiqués.
La puissance de la vapeur
Les moteurs à vapeur apparurent dès le milieu du XIXe siècle sur les bateaux. Un brûleur à alcool ou à méta chauffait de l’eau qui dans une chaudière était portée à ébullition. La vapeur sous pression ainsi produite alimentait un moteur. Unique type de moteur existant à leur apparition, les bateaux équipés de moteur à vapeur ne représentaient plus qu’environ 30% des bateaux à moteur produits en série dans les années 1920. La fabrication unitaire de bateaux par des amateurs et passionnés de la vapeur perdure encore de nos jours. Les moteurs et chaudières pouvaient être achetés. Il y avait nombre de fabricants de machines à vapeur parmi lesquels on retrouve certains fabricants allemands de bateaux-jouets mais aussi des fabricants mécaniciens tels que Stuart en Angleterre. Certains particuliers, s’ils s’étaient adonnés à la construction de leur bateau, fabriquèrent aussi eux-mêmes leurs moteurs. Dans ce cas, furent fabriquées de très rudimentaires machines mais aussi, à l’opposé, de véritables chefs-d’œuvre de mécanique. La réalisation d’une très belle mécanique et la réalisation d’un magnifique bateau nécessitaient la maîtrise de deux arts qui furent difficilement maîtrisés par un seul homme. Quand tel fut le cas, naquirent les bateaux d’exception.
L'ingéniosité des moteurs à ressort
Les moteurs à ressort offraient une solution mécanique simple et efficace. Un ruban métallique, constituant le ressort, est enroulé sur un axe. De conception rudimentaire et de faible puissance sur les canots et les petites embarcations, les moteurs à ressort pouvaient être très puissants, de conception élaborée et de fabrication très soignée sur des bateaux de grande dimension et de grand prix. L’énergie emmagasinée sur les plus puissants d’entre eux permettait de fonctionner durant une demi-heure. On retrouve des moteurs à ressort embarqués dès les années 1880.
Les débuts de l'électrification
Les premiers bateaux équipés de moteur électrique datent également des années 1880. Certains bateaux de série de cette époque étaient proposés soit avec une motorisation à vapeur soit avec une motorisation électrique. Toujours à cette époque, les problèmes liés à l’utilisation des moteurs électriques résidaient dans le poids et le volume des accumulateurs au plomb qui nécessitaient un entretien fastidieux et qui n’étaient pas des plus faciles à recharger.
L'Expérience et la Signification des Navigations sur Bassin
Au-delà des aspects techniques et historiques, les navigations sur bassin représentent une expérience riche en émotions et en apprentissages, souvent partagée à travers les générations.
Un moment de partage familial
Les navigations étaient souvent l’objet d’une sortie entre père et fils, il y avait un véritable échange entre eux sur le chemin de l’aller et du retour. La complicité entre eux faisait plaisir à voir. Le bonheur du père égalait celui des enfants. De retour à la maison, il était souvent l’heure de passer à table, la mère pouvait alors savourer les explications nombreuses données par les uns et les autres. Rien n’était oublié de la navigation, du trajet, de la pause grenadine, des promeneurs et des autres équipages rencontrés. La quiétude régnait alors. C’est généralement à ce moment-là qu’était avancé prudemment, par le père, l’idée d’acheter un nouveau bateau plus beau, plus grand, plus rapide. Si les bateaux-jouets firent le bonheur des enfants, ils firent aussi celui de leurs parents. Les enfants ont maintenant grandi, ils leur restent le souvenir de ces instants magiques de douce sérénité partagée, mais aussi, pour peu qu’ils aient été redescendus des greniers, les bateaux-jouets de leur enfance.
L'attrait et la fascination des promeneurs
Au bord du bassin, nombreux étaient les promeneurs endimanchés qui s’arrêtaient de longs instants pour regarder évoluer ces flottilles de bateaux aux vives couleurs. Ils étaient là silencieux, figés, voire fascinés. À quoi pensaient-ils ? À leur propre jeunesse ? Au bateau, offert par l’oncle, qui était remisé dans le grenier et qu’il fallait absolument remettre en état ? Étaient-ils emprunts à de sérieuses considérations techniques sur la meilleure manière de naviguer ? Nul ne le sait. Et, sans que l’on ne sache pourquoi, quand ils s’étaient enfin décidés à reprendre leur chemin, certains s’approchaient des marins pour mieux les voir mais aussi pour leur transmettre quelques encouragements et félicitations. Quand il fallait rentrer, un arrêt s’imposait au café du coin, une grenadine étanchait la soif des petits, une Suze-cassis celle du père.
L'apprentissage de la navigation et ses défis
Naturellement, les voiliers de bassin permettaient de comprendre d’où vient le vent, de comprendre qu’il n’est pas toujours constant en direction et en force. Ils permettaient de découvrir les effets d’une action, comme celle de border plus ou moins les voiles et de constater les effets immédiats sur la bonne marche et la vitesse du bateau.
Les bateaux à moteur permettaient d’appréhender le fonctionnement d’un moteur. Ils nécessitaient également d’apprécier les conditions de navigation pour éviter qu’ils ne sombrent sous l’effet d’une vague formée par un vrai bateau naviguant à quelques « encablures », sous l’effet des petites vagues formées brusquement par un vent naissant ou sous l’effet même du vent sur leur fardage. Ils gitaient alors dangereusement, puis quelquefois se couchaient sur le flanc et arrivé à ce stade coulaient immanquablement.
Les péripéties des bateaux-jouets à moteur
Pour le renflouement, quand retrousser les bas de pantalons ne suffisait plus, il fallait savoir nager sur et sous l’eau et là cela se compliquait grandement car les marins, et c’est bien connu, ne savent pas forcément nager. Pour qui se risquait dans cette épreuve, il fallait être aussi chanceux et persévérant, tant le bateau, quand il coulait, pouvait parcourir, dans sa descente, une grande distance augmentant du même coup le rayon d’investigation sous-marine. Que de grosses larmes de désespoir et de fatigue, il y eut quand il fallait, frigorifié, rentrer à la maison sans avoir pu récupérer son bateau à jamais perdu. Combien de bateaux à moteur, sans qu’ils aient pu être renfloués, gisent encore au fond de l’eau ?
Le bateau-jouet à moteur nécessitait aussi de programmer son parcours en fonction de l’autonomie inhérente à sa motorisation. Pour qui ne le faisait pas, prenait le risque de le voir s’arrêter faute d’énergie au milieu du plan d’eau. Il fallait alors parfois s’armer de beaucoup de patience avant de pouvoir récupérer son bateau qui dérivait, tel un bouchon, au gré des conditions du plan d’eau dans un sens ou dans un autre. Quand il se décidait enfin à atterrir sur quelque berge que ce soit, il fallait galoper pour aller le rechercher, enjamber des clôtures, passer à travers les ronces, se mettre à l’eau quand les branches d’un saule avaient la mauvaise idée de le retenir à bonne distance du rivage. Quoi qu’il en soit, le bateau était sauvé et c’est ce qui importait.
L'importance de l'entretien et la durabilité
Les mécaniques et pièces métalliques devaient être nettoyées, éventuellement dessalées et débarrassées de tout grain de sable, les pièces en mouvement devaient être huilées. Pour qui ne le faisait pas, retrouvait son bateau défraîchi, oxydé, rouillé pour les pièces en fer blanc et acier. Certains enfants, le jeu fini, alors que leur tempérament naturel les incitait déjà à d’autres occupations, avaient du mal à se plier à cette discipline. On constate que les bateaux-jouets qui ont navigué sous l’œil vigilant des adultes, ont traversé plus facilement les âges sans grand dommage. C’est ainsi que les grands bateaux-jouets qui étaient à l’achat très onéreux sont à ce jour, toutes proportions gardées, en bien meilleur état que les petits bateaux-jouets manipulés par les seuls enfants.
Un Héritage Vivant : Collection et Communauté
La passion pour les canots et voiliers de bassin se perpétue à travers des communautés actives, des collectionneurs et des lieux emblématiques.
La préservation et la restauration
Les informations disponibles aujourd'hui, comme celles que l'on peut trouver dans une "Bibliothèque par marque" qui détaille la configuration d'origine, ou très proche, de votre bateau avec des photos de détails et autres informations pouvant aider à restaurer un modèle, sont précieuses. Elles permettent aux passionnés de maintenir en vie cet héritage.
Le rôle des forums et des passionnés
Des plateformes comme les forums de discussion jouent un rôle central dans la transmission des savoirs et le partage d'expériences. La rubrique "Vie du Forum" contient les conseils pour utiliser au mieux ce forum (notamment l'insertion de photos) et sert aussi à aider à faire évoluer le forum au mieux, souvent animé par un spécialiste, juste un passionné de voiliers de bassin. C'est un lieu où l'on peut voir les messages sans réponses, discuter de nombreux sujets, et où des concours comme "Fabriq…" sont organisés, permettant aux membres de partager leurs réalisations. Les échanges entre utilisateurs comme LASEROLOGUE, Tire-au-flan ou pinpon.06 montrent la vitalité de ces communautés.
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