L’Yonne, une rivière emblématique de la moitié nord de la France, offre un cadre exceptionnel pour la pratique du canoë-kayak, invitant à respirer la liberté au fil de l’eau et à se connecter pleinement avec la nature. Coule principalement à l’ouest de la région Bourgogne-Franche-Comté, elle est bien plus qu’un simple cours d’eau. Géographiquement, l’Yonne est en réalité le principal cours d’eau du bassin de la Seine, signifiant que c’est l’Yonne qui coule à Paris et non la Seine, un fait qui souligne son importance hydrologique. Par sa direction et son débit, cette rivière a joué un grand rôle dans le développement et l’approvisionnement de Paris, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque des chemins de fer, notamment pour le flottage du bois de chauffage depuis le Morvan et la descente des vins de Basse-Bourgogne. Elle a même donné son nom au département de l’Yonne, témoignant de son empreinte indélébile sur le territoire qu’elle traverse.
L'Yonne : Un Patrimoine Naturel et Historique
La rivière Yonne, dont la source se situe à une altitude de 730 mètres, est un affluent majeur du fleuve la Seine, rejoignant ce dernier à une altitude de 38 mètres. Ce cours d’eau vital est le confluent de 29 affluents, un réseau hydrologique complexe alimenté par 19 ruisseaux et 10 rivières. Au total, 114 communes françaises réparties sur 4 départements sont traversées par l'Yonne, chacune portant le témoignage de son histoire et de son influence. Historiquement, l'Yonne a été une voie de communication essentielle, facilitant les échanges et le commerce. Les méandres de l'Yonne, serpentant entre collines et falaises de craie, offrent des paysages pittoresques qui évoluent au fil des saisons, créant un tableau naturel d'une grande diversité. La largeur du cours d'eau, moindre que celle de la Seine, rend l'Yonne particulièrement agréable pour les embarcations légères comme le canoë-kayak, qui s'y sentent plus à l'aise, même si les rivières impétueuses du Morvan peuvent provoquer des crues, le cours d'eau reste majoritairement calme, propice à une navigation paisible et contemplative.
Préparer Votre Évasion Nautique sur l'Yonne
Pour ceux qui souhaitent s'aventurer sur l'Yonne en canoë ou en kayak, la préparation est essentielle pour une expérience réussie et sécurisée.
Accessibilité et Points de Départ Stratégiques
Un point de départ idéal se trouve à Saint Julien du Sault, une localité proche de l'Île-de-France, accessible en seulement 1h30 depuis Paris porte d’Italie ou depuis Paris porte d’Orléans par l’autoroute A6. Cette facilité d'accès en fait une destination privilégiée pour une escapade nature. La location des canoës est organisée au départ de la plage du camping des îles, située sous le pont de Villevallier, un lieu convivial qui marque le début de nombreuses aventures aquatiques. Naviguer en canoë ou en kayak sur l'Yonne permet de le faire en toute sérénité. Il est important de noter que les rivières sont classées en fonction de leur difficulté technique, une classification établie en période de débit normal, ce qui permet aux pagayeurs de choisir des parcours adaptés à leur niveau.
Confort et Services pour les Aventuriers
Pour agrémenter votre journée, vous êtes invités à venir avec un pique-nique ; vous trouverez sans difficulté un espace agréable sur l'herbe ou sur le sable de la plage pour vous restaurer et vous détendre. Un vestiaire est également à votre disposition pour vous changer avant et après votre activité. L'utilisation d'embarcations de type sit-on-top, par exemple, élimine les contraintes et offre une sensation de liberté incomparable. Le camping des îles, convivial, ne se limite pas à la location de canoës. Il propose également des hébergements variés, comme des roulottes et des mobil-homes, ainsi qu'une plage privée, un terrain de pétanque et de volley, offrant ainsi un éventail d'activités et de commodités pour tous. Les tarifs pratiqués sont attractifs et s'adressent à tous les publics : en famille, en couple, en collectivité, en centre de loisirs ou en individuel, chacun peut y trouver son compte pour une expérience mémorable sur l'Yonne.
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Naviguer sur l'Yonne : Entre Sérénité et Maîtrise Technique
La navigation sur l'Yonne est généralement caractérisée par une eau calme et un courant modéré, offrant des conditions propices à la découverte. L'Yonne serpente entre collines et falaises de craie, offrant un spectacle naturel apaisant où le pagayeur peut enchaîner les lignes droites et prendre les virages à la corde avec aisance. Cependant, même sur un cours d'eau réputé tranquille, certaines spécificités demandent une attention particulière et une bonne connaissance des pratiques de navigation.
La Gestion des Barrages et Écluses
La présence de barrages et d'écluses est une constante sur les rivières navigables. Sur l'Yonne, le trafic de fret est moins intense que sur la Seine, et le personnel de Voies navigables de France (VNF) se montre souvent plus disponible et coopératif. Par exemple, au barrage de Varennes, les aménagements pour le passage des petites embarcations sont exemplaires : en aval, il est possible de débarquer sur une plagette qui monte en pente douce vers le chemin de halage, et au-dessus du barrage, on peut embarquer sur un quai bas en béton, facilitant grandement les manœuvres. De même, au barrage de Cannes-Ecluse, le débarquement se fait sur une plagette en rive droite, rejoignant le chemin par une pente douce, et la remise à l'eau juste au-dessus du barrage est aisée.
Cependant, d'autres situations peuvent se révéler plus techniques. À l’écluse de La Brosse, la nécessité d'appeler l'éclusier pour qu'il vienne aider à porter le bateau par un escalier, faute de meilleurs aménagements pour le débarquement, illustre la variabilité des infrastructures. Un éclusier peut, dans certains cas exceptionnels, accorder la permission d'embarquer directement dans l'écluse, si celle-ci est restée ouverte en amont et que les conditions le permettent. Au barrage de Barbey, l'éclusier a même proposé de remplir l'écluse pour faciliter l'embarquement, démontrant une grande amabilité et une volonté d'aider. Ces interactions soulignent l'importance de la communication avec le personnel de VNF et la flexibilité nécessaire face aux différentes configurations.
Le barrage de St Loup, quant à lui, peut présenter une sortie d'eau un peu plus sauvage en rive droite, entre branches flottées et végétation envahissante, nécessitant une certaine débrouillardise pour tirer le bateau et le mettre sur chariot. La mise à l'eau en amont peut même requérir un petit désherbage à la pagaie pour dégager la cale. Le dernier barrage avant Pont sur Yonne, celui de Champ Fleuri, se passe en rive gauche côté barrage, où un poste de pêche à hauteur d'eau mène au chemin de halage. Arrivant à l'écluse de Villeperrot, il est parfois possible de demander la permission à l'éclusier pour un passage, ce qui, bien qu'exceptionnel, peut être accordé si l'on est déjà dans l'écluse. L'écluse du Pêchoir peut même réserver des surprises agréables, avec un éclusier qui, après avoir évacué les herbes, peut exceptionnellement décider d'écluser seul le pagayeur, allant jusqu'à prévenir l'écluse suivante de son passage. Ces récits illustrent une disponibilité et une humanité souvent appréciables de la part des éclusiers sur l'Yonne.
Les Défis de Portage et les Solutions Inventives
Les portages, bien que parfois physiques, sont une partie intégrante de l'expérience en canoë-kayak sur les rivières jalonnées d'ouvrages. À l'écluse de Port-Mort, l'absence d'informations claires sur les possibilités de débarquement en aval et l'interdiction d'écluser les petites embarcations à rame peuvent forcer à des solutions ingénieuses. Un ancien quai de déchargement avec un escalier en béton, partiellement couvert par les ronces, peut devenir le point de débarquement. Cela implique alors de décharger entièrement le bateau, de le monter vide sur l’épaule, puis de faire des navettes avec les bagages pour recharger le bateau sur le chemin. Après avoir sanglé le bateau sur un chariot, il peut être nécessaire de rouler sur plusieurs centaines de mètres jusqu'à une cale de mise à l'eau, avant de dessangler, démonter et ranger le chariot, une opération qui demande du temps et de l'effort physique.
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Face à la crainte d'une telle configuration, comme celle rencontrée auparavant, il est parfois judicieux de débarquer avant un ouvrage sur une cale et de tracter l'embarcation sur plusieurs kilomètres jusqu'à la mise à l'eau en amont de l'écluse, une solution qui demande de l'endurance. À l'écluse de Saint Martin, l'emprunt d'un bras mort indiqué sur la carte peut mener à un quai dissimulé derrière des roseaux, offrant un débarquement facile. Tirer le bateau à la corde sur les roseaux, qui font office de tapis protecteur pour la coque, permet de le poser seul sur le quai en ciment, l'embarquement en amont étant ensuite aisé. Ces situations soulignent l'importance de la reconnaissance du terrain et de l'adaptabilité pour surmonter les obstacles.
La Diversité des Paysages et les Pauses Agréables
L'Yonne offre des paysages variés et de nombreuses opportunités pour des pauses revigorantes. La rivière est souvent parsemée d'îles, dont certaines sont habitées, ajoutant au charme du parcours. L'Île du Platais, par exemple, est non seulement un excellent endroit pour bivouaquer, mais aussi un spot pour les amateurs d'urbex, dotée d'une histoire particulière. C'est à partir de 1880 que l’écrivain Émile Zola y installa son chalet, surnommé le Paradou, et le peintre Cézanne a également fréquenté l’île à cette époque. Plus tard, en 1927, les frères André et Gaston Durville, initiateurs du naturisme en France, ont acquis la moitié de l’île pour y fonder une colonie naturiste appelée Physiopolis. Une plage et une piscine y ont accueilli les baigneurs de 1935 jusqu’à sa fermeture en 2003, et aujourd'hui, bien qu'à l'abandon, la plage a été rachetée et le bâtiment côtoyant la piscine est inscrit au titre des monuments historiques, faisant l'objet d'un projet de réhabilitation. Ces lieux chargés d'histoire offrent une dimension culturelle unique à la navigation.
Les petits bras de l'Yonne, sans péniche, font le bonheur des oiseaux et des petites embarcations, offrant une tranquillité bienvenue. Ces bras paisibles sont souvent propices à des rencontres inattendues, comme celle avec d'autres kayakistes ou des figures publiques comme Arthur Germain, qui descend la Seine à la nage de sa source à son embouchure. Les clubs locaux, tels que le club CK sénonais, accueillent le public et organisent des activités, comme des tours de l'île en canoë 10 places avec commentaires historiques, offrant une perspective enrichissante sur la ville à travers les âges. Ces haltes permettent de se désaltérer, de partager des expériences et de profiter de la convivialité du milieu nautique.
De l'Yonne à la Seine : Un Changement de Rythme et d'Environnement
La transition de l'Yonne vers la Seine marque un changement notable dans les conditions de navigation, présentant de nouveaux défis et des observations distinctes. Le petit port de Samois, datant du 18ème siècle, témoigne du temps où le transport sur la Seine s'effectuait sur des barges plates qui venaient s'échouer sur cette place pentue, à l'image de la "Place de Grève" de Paris (aujourd'hui Place de l'Hôtel de Ville), construite sur ce modèle.
Contrastes des Cours d'Eau
À Montereau, on se trouve face à deux ponts, et entre les deux, à la pointe du confluent, se dresse une statue équestre de Napoléon. La Seine arrive sous le pont de droite, et l'Yonne sous celui de gauche. Le cours de l'Yonne semble calme par rapport à celui de la Seine, une différence rapidement perceptible pour le pagayeur. Alors que l'Yonne offre des eaux sereines, la Seine peut se montrer plus imposante. En s'approchant du fleuve, il est possible de constater que l'eau de la Seine est plus chaude, et elle peut parfois exhaler un mélange d'eaux usées et de mazout, soulignant l'impact des activités humaines. De plus, les marées se répercutent jusque loin en amont, le barrage de Poses, muni d’une grande écluse, marquant le point amont de la zone maritime de la Seine.
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Défis sur la Seine
La navigation sur la Seine peut présenter des défis inattendus. Le courant est sensiblement plus fort que sur l'Yonne, pouvant atteindre 4 ou 5 km/h, rendant la progression plus exigeante. Les vents peuvent également se lever, générant de grosses vagues qui obligent à lutter pour garder le cap, et où l'embarcation peut être déviée. Il est parfois nécessaire de chercher les contre-courants en passant derrière les piles des ponts ou entre la rive et les péniches quand c'est possible, pour faciliter la progression. Les berges peuvent être abruptes, rendant le débarquement difficile, comme le témoigne l'expérience où une rive raide pour accéder au chemin dissuade d'une halte pourtant envisagée. Longeant les rives de l'île Saint-Denis, on réalise que la berge peut être abrupte et qu'une végétation inextricable peut interdire toute possibilité de débarquer, le seul endroit accessible étant parfois occupé.
Un aspect crucial à prendre en compte est la réglementation. La navigation dans Paris intra-muros, entre les deux ponts aval et amont du boulevard périphérique, est interdite aux "petits bateaux exclusivement mus par force humaine", comme le stipule le règlement de VNF. Cela impose une logistique particulière, comme celle de devoir déposer l'embarcation à un point convenu, par exemple devant l'entrée d'un garage à bateau de la sécurité civile, pour la faire rentrer le soir et la ressortir le lendemain matin.
Malgré ces défis, l'expérience sur la Seine peut offrir de beaux moments, avec des paysages ornés d'îles, dont certaines sont habitées. Le trajet entre Vernon et Mousseaux peut être particulièrement joli. En s'approchant de la capitale, les paysages changent, et les berges peuvent être aménagées avec des quais de plusieurs kilomètres de long, ce qui peut obliger à des manœuvres complexes pour trouver un point de débarquement, parfois en utilisant des collecteurs pluviaux sous le quai pour faire glisser l'embarcation avec l'aide.
Conseils Pratiques pour une Navigation Optimale
Pour profiter pleinement de l'expérience du canoë-kayak sur l'Yonne et au-delà, quelques conseils pratiques sont de mise.
Sécurité et Connaissance du Parcours
Il est primordial de naviguer en toute sécurité. Les rivières sont classées en fonction de leur difficulté technique, établie en période de débit normal, ce qui permet de choisir un parcours adapté à ses compétences. Avant de partir, il est essentiel de consulter la carte pour anticiper les écluses, les barrages et les possibles difficultés. Téléphoner aux éclusiers ou aux capitaineries en amont des ouvrages est une pratique recommandée, car cela permet de connaître les conditions de passage et les éventuels aménagements pour les petites embarcations. Il faut savoir que, parfois, les informations concernant l'aval de l'ouvrage ne sont pas toujours connues par les éclusiers, ce qui nécessite une certaine autonomie dans la recherche de solutions.
Préparation Physique et Équipement
L'endurance physique est un atout, surtout pour des parcours de plusieurs jours. Les muscles des bras se renforcent au fil des navigations, permettant d'acquérir un bon coup de pagaie et de tenir la distance même en présence de courant et de vent. Un canoë-kayak bien adapté, tel qu'un sit-on-top, offre une grande liberté et facilite la navigation. Prévoir un pique-nique et des boissons est indispensable, car les aires de repos ne sont pas toujours équipées de commerces. Un vestiaire est utile pour se changer, et des installations comme des douches, même si l'eau est tiède, sont toujours appréciables après une journée d'effort. Le matériel doit être adapté aux portages, notamment un chariot pour tracter l'embarcation, qui peut être lourd (jusqu'à 40 kg), surtout sur des terrains difficiles comme le sable mou.
Adapter sa Navigation
Sur l'Yonne, avec son courant modéré, il est possible de naviguer en profitant des méandres, en prenant à chaque virage un nouveau cap pour suivre une ligne menant à l’intérieur du virage suivant, optimisant ainsi l'effort. En cas de courant plus fort, comme sur la Seine, rechercher les contre-courants derrière les piles des ponts ou entre la rive et les péniches peut faciliter la progression. La météo est un facteur à surveiller, car le vent dans le dos peut être favorable, mais des vents contraires et des vagues peuvent rendre la navigation ardue. Les risques d'orages, signalés par des vigilances orange, appellent à la prudence et à l'interruption de la navigation si nécessaire.
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