La Loire en Canoë-Kayak : Naviguer Entre Marcigny et Decize et Au-Delà, une Odyssée Authentique

La Loire, le plus long fleuve de France, offre des opportunités de navigation exceptionnelles, notamment pour les amateurs de canoë et de kayak. Que l'on recherche la sérénité au cœur de la Sologne ou l'aventure sur des parcours plus exigeants, ce fleuve majestueux invite à la découverte. Chaque méandre, chaque berge, chaque courant raconte une histoire, mélangeant la nature sauvage, un patrimoine riche et les défis de l'exploration nautique.

Préparer Son Expédition : Un Guide pour Naviguer sur la Loire

L'aventure sur la Loire commence bien avant la mise à l'eau. Une préparation minutieuse est la clé d'une expérience réussie, qu'il s'agisse d'une courte sortie ou d'une longue randonnée. Vous trouverez chez Loire Kayak des activités et des sorties adaptées à vos besoins et à vos envies, allant de la simple balade à la randonnée sur plusieurs jours. La randonnée en canoë ou en kayak sur la Loire peut s’envisager à partir de 1 jour et demi, offrant une flexibilité pour tous les types de pagayeurs. Les entreprises spécialisées proposent une variété d'embarcations : les kayaks et sit-on-top, stables, maniables et insubmersibles, sont adaptés à tous les pratiquants, y compris les novices. Pour ceux qui aspirent à de plus longues explorations, les canoës canadiens, stables et porteurs, sont le « top » pour partir à l’aventure sur plusieurs jours.

Ces offres ne s'adressent pas uniquement aux particuliers. Les séminaires et incentives, les comités d’entreprises, les raids événementiels, les enterrements de vie de garçon ou de jeune fille (EVG, EVJF), ainsi que les groupes scolaires et les centres de loisirs sont les bienvenus, profitant tout au long de la saison, d‘activités en plein air, adaptées à toutes les envies. Pour une expérience plus personnalisée, des guides comme David Van Cronenburg, près de Blois, proposent des balades. À bord de son canoë-kayak, David Van Cronenburg vous embarque pour une balade sur la Loire, où, au fil de l’eau et du courant, la contemplation de la faune, de la flore et du patrimoine ligériens est assurée.

L'équipement est un facteur déterminant pour le confort et la sécurité. Il est crucial de planifier sa nourriture et son eau. Pour ma part, je n’aime pas laisser mon kayak sans surveillance pour aller faire des courses, et ma fille est encore trop jeune pour rester seule à le surveiller. J’ai donc opté pour l’autonomie complète, emportant un peu plus de 8 kg de vivres pour 6 jours. D'autres optent pour des solutions comme une paille filtrante pour l'eau et deux bouteilles, rechargeables de temps en temps. La nourriture peut se composer de denrées sèches à cuire comme des pâtes, du riz, de la semoule, ou de plats lyophilisés, alliant légèreté et praticité.

La Section Roanne-Nevers : Un Itinéraire entre Méandres et Défis

Un tronçon emblématique pour la navigation est sans aucun doute celui de Roanne à Nevers, souvent désigné comme "La Loire des méandres". Sur cette section, le fleuve s’étire sur 189 km. Comme son nom l’indique, dans cette partie la Loire fait beaucoup de détours. Les virages se succèdent dans un paysage plutôt varié. Les villages sont ici souvent à l’écart du fleuve pour se protéger de ses caprices, ce qui signifie que vous ne verrez pas beaucoup d’activité humaine, croisant tout au plus quelques pêcheurs et quelques canoës, conférant une sensation d'isolement précieux.

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Ce parcours, d'une durée de 5 à 7 jours, est considéré comme facile à modéré, idéal pour une descente entre mai et juillet. Les possibilités d'hébergement incluent la tente, que ce soit en bivouac sauvage ou dans des campings aménagés. Le ravitaillement est possible dans plusieurs villages traversés, et l'eau peut être obtenue dans les villages, les campings ou via un filtre à eau.

Voici une ventilation des distances clés pour cette section :

  • De Roanne à Digoin : 66 Km
  • De Digoin à Diou : 29 Km
  • De Diou à Decize : 60 Km
  • De Decize à Nevers : 34 Km

Le meilleur embarquement à Roanne se fait en aval du barrage, rive gauche, devant les pompiers. Pour naviguer en toute sécurité, il est impératif de connaître les obstacles et les points de portage. Il existe plusieurs passages délicats, qui sont tous bien décrits dans le guide “La Loire vue du fleuve”. Cependant, il faut garder à l'esprit que la Loire est très changeante ; les informations données ici correspondent à une expérience donnée, et au moment de votre passage, les conditions seront peut-être différentes. Une familiarisation avec les termes nautiques est essentielle : Rive droite (le côté droit du fleuve dans le sens de la descente), Rive gauche (le côté gauche du fleuve dans le sens de la descente), Amont (du côté de la source), et Aval (du côté de l’estuaire).

Le premier obstacle se trouve à Digoin sous le pont canal. Il y a une passe à canoë, mais elle est un peu technique. Si vous n’êtes pas sûr de vous, il est conseillé de faire un petit portage rive gauche, en débarquant juste sous le pont, de ce côté. Lors d'une expérience de navigation, le franchissement du seuil du pont canal de Digoin a révélé que la retenue du kayak par une cordelette n’était pas possible depuis la rive à cause de la végétation, nécessitant une attention particulière. Une fois le seuil franchi, on retrouve la quiétude du fleuve, récompensant l'effort.

Le deuxième obstacle se situe à 3,1 Km après le pont de Diou (en aval). Il s’agit d’un petit seuil rocheux qui peut être impressionnant pour les novices. Il est recommandé de débarquer une centaine de mètres avant (en amont) rive droite pour aller en repérage.

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Le troisième obstacle se présente à Décize, sous la forme d’un barrage, sans aucun aménagement pour passer en canoë kayak. Un portage est donc obligatoire. Vous devez sortir rive droite, par la cale qui se trouve 250 mètres avant le barrage. Après avoir parcouru 600 mètres à pied, vous trouverez alors une petite descente sableuse pour vous remettre à l’eau facilement.

Le quatrième obstacle se trouve à Imphy. Le village d’Imphy est situé environ à mi-route entre Decize et Nevers. Un petit seuil rocheux précède le pont ; il vaut mieux se rapprocher de la rive gauche pour le passer. Attention, juste après le pont, quelques roches peuvent émerger, si le niveau du fleuve est bas.

Enfin, le cinquième obstacle est le Pont de Nevers, au niveau du premier pont du centre-ville (différent du pont de l’autoroute qui est 3,3 km en amont). Vous pouvez faire un portage rive gauche en passant sous le pont, mais le roulage avec un chariot n’est pas possible ici. Si vous êtes seul, il y a de fortes chances que vous trouviez de l’aide. Si Nevers est le point d'arrivée de votre périple, un camping est disponible rive gauche juste avant le pont, visible sur les photos satellite. Il vous faudra chercher un petit passage pour y accéder directement.

En matière d'hébergement, la planification est simplifiée par la présence de campings facilement accessibles. À Diou, il y a un camping très facile d’accès sur la rive gauche, à 1,3 km après le pont, avec une petite rampe permettant de débarquer. À Décize, il y a également un camping facilement accessible ; il faudra bifurquer à droite avant le barrage.

Pour se ravitailler, Digoin (supermarché), Diou (épicerie) et Décize (supermarché) sont des points clés. Quant à la cartographie, si vous optez pour la série d’IGN TOP 100, les cartes n° 141, 135 et 142 sont nécessaires pour couvrir l’ensemble du parcours entre Roanne et Nevers.

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La logistique du retour est aussi à considérer. Arrivé à Nevers, si vous devez retourner à Roanne pour récupérer votre véhicule, comptez environ 2h00 et 30 euros par le train, ou 2h40 et 7 euros avec Flixbus. Pour ceux qui souhaitent prolonger l'aventure après Nevers, n’hésitez pas. Vous passerez au Bec d’Allier, zone où l’Allier se déverse dans la Loire. Le lieu est magnifique.

Récits de Navigation : L'Aventure au Quotidien sur la Loire et l'Allier

L'expérience de la navigation est une succession de moments marquants, de défis inattendus et de découvertes émerveillées. En 2020, une randonnée en kayak a débuté sur l'Allier, au sud de Clermont-Ferrand, avant de rejoindre la Loire pour poursuivre jusqu'à Orléans. Cette micro-itinérance de quelques jours a été partagée avec une kayakiste rencontrée l’an passé sur l’Allier. Le premier jour, la préparation était intense, prêts pour la mise à l’eau. Trente minutes après le départ, l'équipe s'est heurtée à la centrale hydroélectrique de Roanne, une première rencontre avec l'ingénierie humaine sur le fleuve. Les premières impressions furent frappantes : l’avancée était bien plus rapide que l’an passé, car entre juin et août, le courant fait toute la différence, permettant de parcourir 21 km sans forcer en un petit après-midi.

Cependant, le bivouac s'est avéré être un challenge. Les aires de bivouac sont plutôt rares, composées de terres agricoles, de la présence d’herbes hautes qui rend le bivouac inconfortable, d'élevages bovins, et de la proximité de la route, des habitations et de l'activité humaine en général. Il fallait donc une certaine ingéniosité pour trouver un coin paisible. Pour la nuit, même si le risque est faible, l'habitude est de toujours séparer le kayak de sa pagaie pour ne pas faciliter la tâche à d’éventuels voleurs.

Les journées s'égrènent au rythme de la pagaie et des découvertes. Les affaires, y compris un chariot, tiennent sous le pont du kayak. Le fleuve est un spectacle permanent. Des hirondelles de rivage fendent l'air, tandis que des cigognes partagent un arbre en colocation, offrant des instants de contemplation uniques.

Les intempéries font partie de l'aventure. Au petit matin, il faut vider le kayak de l’eau résiduelle d’un orage venu nous chatouiller dans la nuit. Un bivouac peut être le calme avant la tempête, lorsque de violents orages accompagnés de pluie sans discontinuité sont annoncés pour la nuit, avec le niveau de l'eau environ 1 mètre au-dessus du niveau habituel. Un jour, l’eau n’est pas venue par le fleuve, mais par le ciel qui n’a pas ménagé une petite tente pourtant assez fiable.

Les surprises de la nature sont nombreuses. Une famille de cygnes traverse paisiblement le fleuve. Les bas-fonds peuvent surgir, obligeant à sortir du kayak pour le tracter, une branche plantée dans le sable servant alors de repère. Face à une crue menaçante, le niveau d’eau devient parfois si critique à 5h30 du matin qu'il contraint à partir rapidement. Les bruits de la nuit peuvent interroger ; lors d'une nuit, un bruit récurrent, d’abord attribué à un rongeur attiré par la nourriture chargée dans le kayak, s'est révélé au matin par du sable bougé : un animal avait creusé une galerie et était passé sous mon cou. Sans ouvrir le sable pour ne pas le déranger, le mystère demeure.

Ces périples peuvent prendre fin sous la pluie. Pour ce dernier jour, une pluie assez soutenue peut être de la partie. La Loire en crue peut alors porter le kayak à vitesse grand V jusqu’à la destination finale, Decize, marquant la fin de 5 jours de kayak sur une Loire bien différente de celle pratiquée l’an passé. Une courbe Vigicrues peut objectiver les variations d’eau, la partie grisée indiquant la période de navigation.

Un autre voyage, de plus longue haleine, a vu le jour suite à une discussion entre amis évoquant une personne ayant descendu La Loire en canoë. C'est à ce moment-là que l'idée est née : "Pourquoi pas moi ?". Après quelques recherches sur internet, un kayak d'occasion a été acheté à Vallon Pont d'Arc, et des informations ont été glanées sur cette prochaine aventure (livre, équipements, sécurité, autonomie…). Le départ a été programmé depuis le Puy en Velay, avec l'objectif d'atteindre l'embouchure de La Loire à Nantes, soit 1000km de parcours à travers une nature sauvage, indomptée et dangereuse - du moins, selon l'imaginaire, où régneraient cannibales, crocodiles et autres bêtes capables de faire de moi qu'une seule bouchée ! Heureusement, l'embarcation insubmersible en plastique renforcé, avec son "moteur" 100% naturel bi-ceps 103cv - 3,2l, crit'air 1 classe euro 7, sa climatisation multi-zone autoréglable, sa direction assistée manuelle, ses régulateurs/limiteurs manuels, son siège baquet sans renforts lombaires, son autoradio Natural Sound THX polyphonie quadridigital lasers sans bouton off, et pour couronner le tout, décapotable, promet une traversée plus sûre.

Le jour du départ, un vendredi, vers 10h, la mise à l'eau se fait depuis une berge en herbe en pente douce avec une Loire calme et peu profonde. La météo annonce une belle journée ensoleillée avec une température maximale de 30°C, les journées suivantes semblant similaires. Cette première journée est l'occasion de se familiariser avec l'embarcation et son poids. Quelques rapides sont annoncés sur la carte et cinq portages sont l'occasion de tester le chariot en conditions réelles, rendant cette première section un peu sportive.

Sur ces premières étapes, la navigation se déroule bien, sans perdre aucun équipier. La température de l'eau est idéale et le soleil fait bronzer à vue d'œil. La première nuit se passe sur une grève à proximité de Saint-Vincent (43800), après une petite journée de seulement 16km. Le lendemain, l'objectif est de parcourir 30km, avec un réveil à 7h30, un départ à 9h30 et un bivouac vers 18h. La section offre quelques rapides sympas et techniques, ainsi que des passes à canoë bien sportives (sorte de toboggans permettant de franchir un barrage sans quitter son canoë). Il y a pas mal de monde en canoë sur cette section, notamment dans les gorges de la Loire.

Après une journée très calme sous un temps couvert, en sortant des gorges, un bivouac s'établit 4km plus loin sur une petite berge en herbe, l'occasion de lecture, sieste et détente, un luxe permis après les 30km parcourus la veille. Sur le chemin, le Lignon et l'Ance, deux affluents de la Loire, viennent enrichir le paysage.

Vingt-trois kilomètres sont ensuite parcourus avec le soleil en direction d'Aurec-sur-Loire, avec une halte à l'entrée de la ville à proximité d'un camping pour une douche chaude et un snack bien mérités. Le menu du soir est un festin : pièce du boucher fondant accompagnée de frites croquantes sur lit de jeunes pousses fraîches, un verre de vin rouge, sélection du caviste, Château cubis 2024, et en dessert, une dame blanche avec chantilly ! Une bonne nuit de sommeil s'ensuit. La lecture du "Tout le bleu du ciel" de Mélissa Da Costa accompagne ces soirées. L'autonomie en eau est assurée avec une paille filtrante et deux bouteilles, et la nourriture se compose de denrées sèches à cuire et de plats lyophilisés.

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