La Vilaine, fleuve emblématique de la Bretagne, offre une multitude d'opportunités pour la pratique du canoë-kayak, allant de la découverte urbaine de Rennes à de véritables expéditions au cœur d'une nature préservée. Que l'on soit un pagayeur aguerri ou un simple curieux en quête d'une activité originale, ses eaux calmes et ses paysages variés invitent à une exploration unique et mémorable. Ce guide détaillé propose d'explorer les différentes facettes de la navigation sur la Vilaine, en mettant en lumière des expériences concrètes et des conseils pratiques pour profiter pleinement de cette destination nautique exceptionnelle.
Découvrir Rennes Autrement : L'Expérience Urbaine en Canoë-Kayak
Pour ceux qui souhaitent s'initier au canoë-kayak ou simplement redécouvrir une ville sous un angle nouveau, la Vilaine à Rennes présente une opportunité unique. Le comité départemental de canoë-kayak d’Ille-et-Vilaine organise régulièrement des événements pour faire la promotion de cette activité nautique, offrant une perspective originale sur la capitale bretonne. L'objectif est clairement de découvrir Rennes de façon originale, comme l'explique Gaëlle Regnier, organisatrice de l’événement "Rennes à la pagaie". Cette initiative permet aux participants de voir la ville depuis la surface de l'eau, révélant des panoramas insoupçonnés et une tranquillité inattendue en plein cœur urbain.
Les embarcations fournies s'adaptent à toutes les configurations, que vous soyez tout seul ou en famille, nous fournissons des bateaux de deux jusqu’à vingt places. Cette grande adaptabilité rend l'activité accessible à un large public. Il n'y a pas besoin d’être un sportif professionnel pour se lancer, affirme Gaëlle Regnier. Les bateaux sont très stables et la sécurité est assurée puisque les participants seront accompagnés par des moniteurs expérimentés. Cette encadrement professionnel garantit une expérience sûre et agréable pour tous.
Les parcours proposés à Rennes sont conçus pour offrir une immersion complète. Pour cette édition, le comité départemental a prévu deux parcours, permettant aux apprentis navigateurs de s'aventurer sous le parking Vilaine. L'itinéraire typique pour une découverte d'une heure et demie vous fera passer par le quartier Saint-Hélier, puis remonter la zone de République, en passant ainsi sous le parking Vilaine, avant de longer le quai de la Prévalaye. C'est un parcours d’une heure et demie, selon Gaëlle Regnier, une durée idéale pour une initiation ou une sortie récréative. Pour participer à ces excursions, les conditions sont simples : il faut savoir nager et avoir plus de 10 ans. En outre, une navette retour en bus est généralement proposée, afin de retrouver le point de départ en toute commodité, facilitant l'organisation pour les participants. Cette accessibilité et l'organisation logistique soignée font des sorties en canoë-kayak sur la Vilaine à Rennes une activité conviviale et enrichissante, permettant de s'évader du quotidien sans quitter la ville.
L'Échappée Belle sur la Basse Vilaine : Une Aventure de Redon à Arzal
Au-delà des parcours urbains, la Vilaine se révèle être un terrain de jeu exceptionnel pour des expéditions plus longues, offrant une immersion profonde dans une nature parfois méconnue. En Bretagne, en cas de météo défavorable, il y a des petits coins oubliés qui méritent le détour, et la Basse Vilaine en est un exemple parfait. C'est dans ce contexte que des pagayeurs expérimentés peuvent être amenés à choisir ses eaux intérieures, comme ce fut le cas pour un voyage de 50 milles (soit 93 km) en aller-retour, partant de Redon pour rejoindre Arzal.
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Préparation et Choix de l'Embarcation : S'Adapter aux Conditions
L'idée de naviguer sur la Vilaine peut parfois émerger comme une alternative face à des conditions météorologiques peu clémentes en mer. Initialement, l'envie était de profiter d'un week-end prolongé pour aller aux îles Glénan. Cependant, la météo en avait décidé autrement : 25 à 30 nœuds établis de secteur Sud rendaient la navigation en mer impraticable. L'option d'une navigation en Bretagne Nord fut envisagée, mais même dans le Goulet de Brest, la navigation reste assez délicate puisque la météo est aussi ingrate, sans compter la période de vives eaux avec de forts courants de marée. Le secteur de Bréhat donnait une petite possibilité mais sans grande chance de mener à bien un tour complet de l’île en raison de la houle. Dès lors, c’est avec une météo qui s’annonce exécrable et donc aussi par sagesse que la décision finale fut de partir faire une navigation en K2 (kayak deux places) sur La Vilaine.
Cette décision, bien que contrainte, s'est avérée être une excellente opportunité. Initialement, l'idée de naviguer depuis Redon sur la Vilaine ne faisait guère rêver l'un des participants. Cependant, l'objectif principal étant de tester le Grand Narak de chez Nautiraid chargé et motivé pour sortir malgré la mauvaise météo, ce fut donc avec un réel plaisir que le kayak fut chargé au niveau de la cale du club d’avirons de la charmante ville de Redon. Le choix du kayak bi-place, un Grand Narak de Nautiraid, était crucial, notamment pour un test en vue d'une expédition future au Groenland (projet Immakayak). Si au début l'on pouvait penser que la navigation en K2 avait le grand défaut de limiter la sécurité (si le bateau chavire, il y a deux kayakistes à l’eau), l'expérience a rapidement montré que le Grand Narak est vraiment très stable et rend le chavirage peu probable (mais certainement pas impossible). Cette navigation en kayak bi-place est assez novatrice pour certains et c'est avec un vrai plaisir que les mouvements ont pu être coordonnés afin que le kayak maintienne une bonne vitesse de route. Ce format présente d'ailleurs un avantage puisqu’il est possible de diminuer de temps en temps les efforts sans pour autant trop perdre en vitesse de navigation, et puis même si le kayak est bien souvent une pratique sportive individuelle, il est aussi très agréable de réaliser l’effort en duo, renforçant la convivialité de l'aventure.
Jour 1 : De Redon à Foleux - Un Départ Paisible et la Découverte du Rythme
L'itinéraire aller/retour au départ de Redon commence par une première étape de 15 milles (28 km), menant de Redon à Foleux. Le départ est tout à fait paisible, les averses étant prévues pour la fin de journée. Le barrage d’Arzal, situé plus en aval, rend le courant négligeable sur cette portion, seul le vent doit donc être pris en considération pour cette navigation en eau douce. L'adaptation à l'effort physique est une partie intégrante de ces longs parcours. Une douleur au niveau de l’articulation du poignet, présente depuis 2 jours pour l'un des pagayeurs, disparaît au bout de 40 minutes, illustrant que la première heure de pagaie reste de l’échauffement pour le corps avant de pouvoir vraiment profiter de la navigation. Ce constat souligne l'importance d'une préparation adéquate et la prise de conscience que sortir sur moins d’une heure n’est vraiment pas un plaisir pour les habitués de la longue distance, même si la passion l'emporte.
Après environ 3h30 de navigation, le port de Foleux est atteint. Le temps est alors venu de profiter du simple moment d’être dehors. Le choix de se poser à proximité du chantier naval sur un terrain propice à recevoir la tente, avec une vue directe sur la Vilaine, permet de clore cette première journée en harmonie avec l'environnement.
Jour 2 : De Foleux à Arzal et le Retour - Entre Nature et Obstacles Météorologiques
Le deuxième jour d'expédition, d'une distance de 16 milles (30 km), démarre de Foleux pour atteindre Arzal, avant de revenir à 1 km au Sud de Foleux. Le petit matin fut assez pluvieux ce qui ne motive guère les troupes à lever le camp. De plus, une douleur peut parfois envahir un poignet durant la nuit, nécessitant de prendre plus de temps pour réaliser les mouvements. Heureusement les averses se sont estompées, offrant le temps de prendre le premier repas de la journée.
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Alors que le kayak est chargé, des pêcheurs bien équipés préparent leur bateau pour aller au combat, sans que les kayakistes ne sachent encore que l'ouverture de la pêche au carnassier est imminente. C’est donc une fois embarqué et la douleur articulaire s’estompant que la première averse se présente. Malgré les caprices de la météo, le paysage le long de la Vilaine est une source de plaisir constant. La rive droite laisse glisser d’imposants blocs de roche, offrant un spectacle minéral contrastant avec la verdure environnante. Sincèrement c’est un vrai plaisir que de découvrir ces eaux intérieures qui abritent des hérons cendrés sans compter les nombreux cygnes, ainsi que les bovins habitués aux passages des navires qui n’ont pas à être jaloux de leurs cousins qui regardent passer les trains. La joie d'être simplement sur l'eau est palpable.
Très vite, le joli port de la Roche Bernard est en vue. Malgré les averses persistantes, la décision est prise de poursuivre le chemin en direction d’Arzal. Cette étape demande plus d’efforts en raison du vent et des averses qui s’amplifient. À regarder le mouvement des arbres et surtout à la force du vent qui s’applique sur les pales de la pagaie, on devine rapidement que le vent a atteint plus de 25 nœuds au moment où l'approche du port d’Arzal, qui sépare de la mer, se fait sentir. Il est certain qu’une navigation en mer avec cette météo devient totalement impossible, confirmant le bien-fondé du choix de la Vilaine.
À Arzal, une cale faisant face à la capitainerie est l'occasion de poser pied à terre. Hors du kayak et sans tenue spécifique (l’hiver est terminé normalement…), le froid se fait vite sentir. Une brève exploration permet de jeter un œil de l’autre côté du barrage pour voir la mer, qui à marée basse présente surtout l’envasement de la Vilaine. Une pause est l'occasion de grignoter à l’abri du vent avant de repartir sans tarder, cette fois avec le vent qui aide à avancer. Avec l’activité physique, la chaleur revient rapidement, et le plaisir de progresser est retrouvé, surtout dans ce sens.
De retour à la Roche Bernard, l'hésitation à sortir du kayak pour prendre un verre au remarquable café le Sarah B situé tout au fond du port (il y a possibilité de laisser le kayak juste devant) est balayée par une nouvelle averse, convainquant de poursuivre le chemin. C’est donc en milieu d’après-midi que l'arrivée se fait sur un petit terrain repéré durant la descente, situé à 1 Km au Sud de Foleux. Ce terrain est remarquable par les diverses installations : barbecue, herbes coupées et sièges, offrant un parfait petit coin pour se ressourcer le temps d’une nuitée. Les averses alternant avec le soleil permettent de contempler de magnifiques arcs-en-ciel et de réussir à faire sécher les affaires. Après un déjeuner avalé en décalé, un petit apéro rappelle à quel point il est agréable d'être là. La soirée est aussi le moment d'échanger sur un futur voyage en K2 en totale autonomie. Cette destination n’est rien d’autre que le pays rêvé depuis sept années déjà, où naissent les plus grands icebergs de l’Atlantique Nord : le Groenland.
Jour 3 : Le Retour vers Redon - Innovation et Plaisirs de la Navigation
Le troisième et dernier jour, un lundi 01 mai, débute avec un départ à 9h40 pour 15 milles (28 km) de navigation, avec un objectif de 4 heures de pagaie, pour le retour de 1 Km au sud de Foleux vers Redon. La nuit a permis de se reposer malgré une certaine fraîcheur. Le réveil fut assez surprenant puisqu’il s’est effectué dès 6h30 par l’arrivée de voitures à proximité de la tente. Très vite, il est compris que des pêcheurs s’installent. Au moment de prendre le thé, l'on apprend que c’est ce jour-là l’ouverture de la pêche au carnassier, ce que les pêcheurs rencontrés la veille auraient dû mettre la puce à l’oreille.
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Une fois la tente séchée par le soleil, l'embarcation est reprise, cette fois sans aucune douleur articulaire. C’est un vrai plaisir que cette partie de navigation. Le vent étant au portant et le soleil présent, la décision est prise d’utiliser une petite aile de cerf-volant pour se propulser. L'amusement est de mise pour mettre en place les lignes et voir le kayak tracté par cette petite aile. Même si le cerf-volant a fait office d’ancre flottante une fois, c’est sympa de mêler deux passions : le kayak et le kite. Une vitesse de traction avoisinant les 5 nœuds est estimée. Il va sans dire que les nombreux pêcheurs croisés sur le trajet furent surpris par l’utilisation d’une telle propulsion, ajoutant une touche d'originalité à l'aventure.
Une petite pause est effectuée au niveau du pont mobile de Cran, puis la navigation se poursuit toujours au portant avec quelques grains remarquables. L'arrivée se fait assez vite au niveau de Rieux, ce qui permet d’imaginer une arrivée sur Redon pour 14h. L’horaire est respecté, et une vitesse moyenne sur la dernière partie de 4,4 nœuds est calculée, en grande partie grâce au vent favorable.
Si initialement, la motivation pour ce trajet sur la Vilaine était faible, un grand plaisir a finalement été pris à réaliser cette navigation en eau douce. Cette expérience démontre qu'il ne faut surtout pas hésiter à profiter de la mauvaise météo, qui reste un des rares éléments non maîtrisable par la main de l’homme, pour découvrir ces petits coins. Après tout, le voyage n’a pas besoin d’être une aventure pour être plaisant, il suffit qu’il soit vécu.