Les canoës, qu'ils soient construits pour l'aventure en pleine nature, le défi technique ou simplement le jeu, incarnent une fascination intemporelle pour la navigation et l'ingéniosité humaine. Des embarcations ancestrales taillées dans un rondin aux kayaks modernes fabriqués à partir de matériaux recyclés, la conception et la construction d'un canoë sont des voyages en soi. Cet article explore diverses approches pour fabriquer ces embarcations, allant de la réalisation d'un modèle ludique en carton pour les plus jeunes, à l'ingénierie complexe d'un kayak en carton grandeur nature, et jusqu'à l'art méticuleux de la construction d'un canoë en lattes de bois, sans oublier les racines historiques de ces navires.
L'Aventure Miniature : Créer un Canoë Indien en Carton pour le Jeu
L'idée de se lancer sur l'eau à bord d'un canoë est une source d'émerveillement, même pour les plus petits. Imaginez qu'une grande fête attende les Indiens dans un village voisin. Pour y arriver, il faut traverser la rivière qui serpente à travers les forêts. Nos courageux petits Indiens décident de s’y rendre en canoë. Cette scène peut être recréée à la maison en fabriquant un canoë simple et ses passagers, transformant des matériaux du quotidien en un théâtre d'aventures.
La première étape consiste à découper le canoë à partir d’un long morceau de carton, évoquant l'écorce utilisée dans les embarcations traditionnelles. Une fois la forme générale obtenue, il est essentiel d'enduire les bords des extrémités du canoë avec de la colle, puis de les presser l’un contre l’autre pour former la proue et la poupe, donnant ainsi sa forme caractéristique au bateau. Pour le confort des petits passagers imaginaires, il est possible, avec des morceaux de carton plus petits, de réaliser des bancs pour les Indiens.
La création des personnages ajoute une touche de vie à cette scène. Pour réaliser chaque Indien, un bouchon peut servir de base. Leurs vêtements sont tracés dans du feutre, puis découpés avec soin. Ces vêtements obtenus sont ensuite enroulés autour du bouchon et collés fermement. Pour compléter l'apparence des personnages, des bras, des cheveux et un bandeau sont découpés dans les feutres, puis collés. Afin qu'ils puissent naviguer, il faut coller fermement les deux bâtonnets aux bras de l’Indien afin qu’il puisse ramer.
Lorsque vient le moment de mettre les Indiens dans le canoë, une attention particulière doit être portée à la répartition du poids, sinon le bateau risquerait de chavirer. Une fois que l'équilibre a été trouvé, il est conseillé de coller fermement les Indiens dans le canoë pour assurer leur stabilité et permettre de nombreuses heures de jeu sans encombre. Ce projet simple est une excellente introduction à la fabrication et à l'ingéniosité, tout en utilisant des matériaux recyclés.
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Le Canoë en Carton Grandeur Nature : Ingéniosité et Respect de l'Environnement
Au-delà des jeux d'enfants, le carton s'est imposé comme un matériau surprenant et polyvalent dans la construction nautique, notamment pour des défis d'ingénierie et des projets écologiques. Notre défi initial était clair : concevoir un type de bateau kayak en carton qui était le plus respectueux possible de l’environnement, tel qu’il était construit avec des matières premières recyclées et recyclables. Ce n'était pas une mince affaire, mais nous avons fait plusieurs tentatives, toutes fructueuses, en appliquant des améliorations dans chaque version.
Pour la conception du kayak en carton, nous avons utilisé comme référence l’exercice que le professeur d’ingénierie Dave Friant a demandé à ses étudiants de l’Université d’Auburn en 1982 : construire un kayak en carton qui passerait le test de naviguer sur une distance de 100 mètres. Cette approche académique a démontré le potentiel inattendu du carton pour la navigation. Une autre référence, dans ce cas plus ludique, sont les « courses en carton », ou courses de bateaux en carton, qui depuis quelques années deviennent populaires. Dans celles-ci, les concurrents sont regroupés en équipes, réalisent leurs propres dessins en carton et parcourent une certaine distance dans les plus brefs délais sans faire naufrage dans la tentative. Les premiers exemples de ces courses datent des années 60 aux États-Unis, soulignant la longue histoire de l'expérimentation avec ce matériau.
Le carton ondulé, à condition que les papiers utilisés pour sa fabrication soient de bonne qualité, est un matériau beaucoup plus étanche que nous le pensons. Cependant, il présente certaines vulnérabilités. Nous obtenons les meilleurs résultats lorsque nous profitons des surfaces planes et protégeons les bords, car une fois l’eau entrée par les extrémités, le matériau se détériore en quelques secondes. Pour pallier cette faiblesse, l’imperméabilisation du carton est réalisée au moyen de deux apprêts de vernis écologique à base d’eau au latex naturel. C'est une solution durable et respectueuse de l'environnement. Pour protéger les joints extérieurs entre les pièces et les bords apparents du carton, un scellé avec un cordon en silicone transparent est réalisé, et dans certains cas aussi du ruban adhésif blanc est ajouté pour une protection accrue.
La structure est l’élément clé qui apporte de la solidité au kayak. Elle se compose de 15 pièces différentes imbriquées ensemble, une conception qui garantit à la fois robustesse et légèreté. Pour construire cette structure, des feuilles de carton de 7 mm d’épaisseur, découpées numériquement avec une grande précision, sont utilisées. Une fois structuré et habillé des parties extérieures, le bateau mesure 220 cm de haut x 70 cm de large x 4 cm de haut et pèse environ 12 kg.
Ces kayaks en carton ne sont pas seulement des prototypes ou des objets de course. Ils ont aussi trouvé leur utilité dans des initiatives plus importantes. Et de la mer nous sommes allés à une piscine lors de notre deuxième test aquatique. Nous avons utilisé notre kayak en carton pour naviguer dans les fontaines de la ville de Murcie en soutien à la campagne #Sauvons la Mar Menor. Notre objectif était d’attirer l’attention sur la dégradation qu’elle subit et de rendre visibles les mobilisations que divers groupes promeuvent. Dans la visite que le programme « Réduisez votre empreinte », de RTVE, a fait de nos installations, nous avons eu une autre occasion d’attirer l’attention sur le soin de notre petite mer. Ces projets sur mesure où chaque détail trouve sa place permettent de découvrir tout ce qu’on peut imaginer pour faire sortir une marque ou un message du lot, un magnifique projet démontrant l'ingéniosité du carton.
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L'Artisanat du Canoë en Bois : Une Tradition de Durabilité et de Performance
Si le carton offre des solutions innovantes, la construction d'un canoë en bois reste un projet d'artisanat profond, alliant tradition, savoir-faire et une connexion unique avec les matériaux naturels. L'idée de se construire son bateau en bois est un rêve pour beaucoup. La motivation peut être diverse : "J’ai pratiqué le kayak dans ma jeunesse. J’ai un canoë gonflable et c’est plutôt très sympa hormis le fait qu’il faut le faire sécher en rentrant… J’avais envie d’autre chose, mais pas un truc trop lourd." C'est une quête de durabilité, d'esthétisme et d'une expérience nautique plus authentique.
Préparation et Sourcing des Matériaux
Le processus commence souvent par l'obtention de plans détaillés, comme ceux envoyés par "la Canoterie". Ensuite, la recherche des matériaux est cruciale. Le Red Cedar est un bois de choix pour sa légèreté et sa résistance à l'humidité. La difficulté peut résider dans la recherche d'une poutre en Red Cedar de qualité "Clear 2" et de quelques plaques de contreplaqué, surtout lorsque l'on a besoin de grandes longueurs, comme 5m10. "Quand j’ai la longueur c’est pas la bonne qualité et quand c’est la qualité ce n’est plus la longueur ou quand y a les deux c’est à 400 ou 500 kms de chez moi !". Des pistes peuvent être explorées, comme chercher sur les pages jaunes les "importation bois" ou scruter les annonces en ligne. Il est important de prendre garde à l’orientation des cernes, cela évite que les lattes cassent pendant les cintrages. Pour les flancs, une largeur de 30mm peut être utilisée, puis pour les parties arrondies, 20mm est le maximum pour pouvoir les travailler facilement. Trouver le bon avivé peut être un défi ; parfois, même en qualité clear 2, il y a quand même des nœuds. "Mon avivé était un peu abimé car il se trouvait sur l’extérieur du paquet et il est difficile d’en trouver avec les cernes à plat. Il y en avait de jolis en milieu de paquet, mais vu que je suis arrivé à midi moins le quart, le gars n’était pas chaud pour tout démonter :/"
La Construction : Du Moule au Lattage
La première étape physique est la construction du support et du moule. "Et oui, il faut faire un support et un moule… Rien de compliqué surtout que le manuel est très bien fait… Juste suivre les consignes. Ne pas se presser…" Le moule peut être réalisé en agglo ou en contreplaqué, le premier étant plus économique. "J’ai fait mes couples en agglo et creux pour pouvoir y mettre les serre-joints. C’est clair qu’au niveau coût, il y a une grosse différence entre l’agglo et le contreplaqué."
Vient ensuite le débit de la poutre en lattes. "Aidés par deux de mes fils car c’est long 4m90… et même si c’est un bois léger la poutre fait 100 par 200 de section." L'étape du lattage est souvent la plus gratifiante. "Que dire ! C’est la meilleure partie de la construction. Le kayak prend forme. Chaque jour sa latte !" La pose des lattes demande précision et patience : "Prendre 6 baguettes de 5 mm d’épaisseur. Les mettre dans une étuve. Puis sur le moule d’étrave avec tous les serres-joints disponibles… laisser sécher… puis démouler puis remouler avec de la colle PU…" Il est crucial de s'assurer que les lattes soient placées tout juste les unes à côté des autres de manière très serrée.
Finitions et Stratification
Une fois le lattage terminé, l'étape du ponçage est essentielle. "Alors là… J’adore passer des heures avec ma ponceuse excentrique et l’aspirateur ! C’est le kiffe total ! Si c’était un métier je le ferais de suite !" Le ponçage prépare la coque pour la stratification, une étape critique pour l'étanchéité et la solidité. "Après achat de la résine chez Sicomin et de la toile de verre sur un autre site… j’obtiens une catastrophe… toute la toile de verre ne disparaît pas dans la résine." Ce genre d'échec peut être décourageant, mais il est souvent surmontable avec de la persévérance et de bons conseils. "J’appelle le technicien de Sicomin (très sympathique au passage) et je recommence… j’arrache tout alors que c’était sec… et je me remets au ponçage… ma ponceuse décède lors de cette opération…" Il faut être bien équipé, car "la note est salée mais je ne regrette pas !" L'utilisation d'une combinaison de fibre de verre, d'époxyde et de vernis est courante pour imperméabiliser et renforcer les lattes de bois. Il est important de suivre les instructions spécifiques indiquées et d'être prudent.
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Le démoulage est un moment de vérité : "Et voilà… un grand jour… on démoule le canoë et on le stratifie avant de ne plus pouvoir utiliser la résine…. Rien de compliqué, il suffit de savoir poncer…. encore et toujours… Quelques sueurs tout de même pour enlever les deux moules d’étraves qui restaient collés à la coque…" Une fois la coque prête, les finitions intérieures prennent forme. "Normalement cela ne devait pas être très difficile…. mais quand même…. je commence par les plats bords : un petit gabarit pour faire les ‘encoches’, puis je dégraisse un côté au rabot à main (C’est dingue le plaisir qu’on peut prendre à raboter à la main… pas de bruit, un rendu superbe, pas de poussières… mais c’est un autre débat…) puis l’autre côté après avoir plaqué ce dernier à grand renforts de serre-joints…" Viennent ensuite les pontets et les listons, qui nécessitent aussi un ajustement soigné. "Il me restera à jouer de la ponceuse à bande et excentrique pendant plusieurs heures…"
Une touche d'artisanat peut être ajoutée avec les sièges. "Et oui… Des fois… j’ai des idées… à la con… J’ai donc décidé de canner mes sièges à l’ancienne !" Commander de la canne de rotin et suivre des tutoriels peut mener à un "très long… chronophage à souhait…" mais finalement gratifiant résultat.
Le Baptême et le Retour d'Expérience
Enfin, le moment tant attendu du lancement est arrivé ! "Ça y est ! Il flotte :p J’ai pu tester durant les vacances sur différents plans d’eau. La mise à l’eau fut remplie d’émotion et d’appréhension car je ne savais absolument pas comment il allait se comporter (surtout que je n’ai fait que du canoë en plastique de location)." C'est un moment de pur bonheur : "C’est rapide, fluide, facile à tourner… hyper agréable et confortable !"
Après une année de vadrouille, des conclusions peuvent être tirées de la construction. Du côté positif : "À vide tout seul et en pagayant à l’indienne (à genoux au milieu du canoë) le maniement et la vitesse sont surprenantes, on tourne dans un mouchoir et la glisse à chaque coup de rame est excellente." Chargé, avec toute la famille, le chien et les bagages, il est très stable et sa capacité d’emport est énorme. "On ne passe jamais inaperçu, du coup le contact avec les autres est spontané et toujours admiratif." En rivière, même en classe 3, "il se comporte très bien, si ce n’est moi qui n’est pas super à l’aise, du coup je fais des erreurs." Globalement, "ce Canoë, je l’adore…"
Cependant, des points négatifs peuvent émerger, souvent liés à des erreurs de construction. "En effet, je n’ai pas pris le temps, surtout je n’avais le matériel adéquat pour faire le creux et l’arrondi entre chaque latte. Je me suis dit que la fibre tiendra le tout ensuite." À cause de ce petit oubli dans la fabrication, "les rencontres avec les rochers en rivières se traduisent toujours par des lattes qui se décollent entre elles !, ce n’est pas bien grave, mais les craquements que cela peut faire au milieu d’une rivière sont terribles à entendre." Heureusement, "les réparations sont faciles, un coup de cutter, un peu de fibre, de résine et ça repart." Un autre point est la prise au vent : "Ce modèle a une énorme prise au vent à vide, mais avec l’habitude on s’y fait et on peut quand même aller droit."
Kits de Construction Commerciaux
Pour ceux qui souhaitent se lancer sans partir de zéro, les kits de construction de canoës offrent une solution structurée. Recherchez une marque fiable et réputée et choisissez le modèle de canoë que vous souhaitez assembler. Faites votre commande et attendez que le kit vous soit livré. Le kit devrait contenir le bois pour le canoë, le plan et les instructions, de la quincaillerie et de la fibre de verre, permettant d'être pleinement préparé.
La construction peut prendre de nombreuses heures, selon la difficulté et la complexité du canoë choisi. Prenez le temps de lire et de visualiser les instructions. Si une étape n'est pas comprise, contactez la compagnie de fabrication pour obtenir de l'aide. Un plan de travail est essentiel : c'est là-dessus que le canoë sera construit. Placez une longue table ou une planche sur des tréteaux ou des blocs.
Les kits devraient contenir des modèles ou des lignes directrices pour les formes. Ces formes seront attachées au plan de travail et serviront à soutenir et à placer les lattes de bois étendues. Les formes devraient ressembler à un grand champignon lorsque vous les empilez. Certains kits incluent parfois des formes prédécoupées. Il ne faut pas attacher les formes aux blocs fixes. Vérifiez bien que la partie la plus large des formes soit en contact avec un bloc fixe. Attachez les blocs et les formes à environ 12 cm les uns des autres et assurez-vous que tout est bien centré. Des vis à cloison peuvent être utilisées pour attacher les extrémités au plan de travail, en s'assurant qu'elles soient parfaitement centrées. Il est recommandé de couvrir le sommet des formes de scotch pour que la colle des lattes de bois ne s’y attache pas. Les lattes du canoë sont couvertes de colles, car c’est cela qui devrait leur permettre de donner forme au canoë par la suite.
Commencez par placer les lattes de bois les plus fines directement sur les extrémités et sur les formes. Faites en sorte que les premières lattes placées forment la partie la plus haute du canoë (elles seront donc les plus proches du plan de travail). Posez les lattes alternativement d’un côté puis de l’autre. Assurez-vous que les lattes soient placées tout juste les unes à côté des autres de manière très serrée. Continuez à agrafer et à engluer les lattes des deux côtés.
Une fois toutes les lattes attachées et la colle sèche, retirez délicatement les agrafes des formes et des extrémités. Un petit peu de bois dépassera sans doute aux extrémités. Utilisez une plane pour éliminer ce qui dépasse. Utilisez de la fibre de verre ou du papier à poncer pour retirer les grains de bois. Passez partout sur le canoë en frottant longuement et précisément. Remplacez le papier à poncer lorsqu’il commence à être usé. Avant tout, retirez les vis de cloisons qui sont attachées au plan de travail et aux blocs. Le papier collant en plastique devrait rendre la tâche plus facile.
Les Racines Profondes du Canoë : De la Pirogue à l'Écorce
Le canoë est une embarcation dont l'histoire remonte à des milliers d'années, profondément ancrée dans les traditions des peuples indigènes. Pendant des milliers d’années, les hommes ont compté sur le canoë pour les trajets sur l’eau. Dans de nombreux cas, il s’agissait de simples canoës dont la technique de construction était transmise de génération en génération.
La Pirogue : Le Canoë d'un Seul Rondin
À la base, les canoës étaient construits sommairement à partir d’un gros rondin, donnant naissance à la pirogue. Ce type de construction commence par la recherche des genres d’arbres qui poussent dans la forêt du coin. Ensuite, on sélectionne celui qui sera utilisé. Les pirogues sont souvent faites de cèdre, de pin, de sapin, d’épicéa, de saule, de peuplier ou de séquoia, des essences qui offrent des propriétés adaptées à la navigation et à la sculpture.
Après avoir trouvé un arbre assez large et assez grand pour faire une pirogue, et si l’arbre est toujours debout, quelqu’un aidera pour la première taille. Ensuite, il faut faire deux coupures propres aux extrémités du rondin et s’assurer qu’aucune branche ne pousse nulle part sur le rondin. Le rondin devra être aussi long que ce qui est souhaité pour le canoë. Si la longueur n’est pas encore précisément décidée, il est conseillé de couper un rondin un petit peu plus grand.
Vu la taille énorme du rondin, il est souvent préférable de travailler dans la forêt elle-même, dans une clairière par exemple. Si l'on choisit de le déplacer malgré tout vers un autre lieu de travail, il faut s'assurer d’avoir de l’aide et d’avoir un moyen de transport adéquat. L'écorçage est la prochaine étape : utiliser l’outil qui convient le mieux. Une pelle est sans doute le plus efficace pour retirer les grands morceaux d’écorce rapidement. Les morceaux d’écorces sont pratiques pour allumer le feu.
Avec un crayon, on dessine le long des côtés du rondin ce qui sera la limite de la pirogue. Au sommet du rondin, on dessine les extrémités coniques. Au centre, on fait une marque pour localiser le centre du bateau. La délimitation de l’embarcation devra ressembler un petit peu à un ovale. Des coupures perpendiculaires sont effectuées à travers la largeur du rondin. Il faudra de l’aide et de la corde pour déposer délicatement la partie plate sur le sol. Encore une fois, on fait des coupures perpendiculaires dans la largeur de la bûche et on sépare les sections entre les coupures.
Pour le creusement, on peut soit utiliser une tronçonneuse pour retirer grossièrement de larges morceaux de bois, soit utiliser une erminette ou une hache pour retirer autant de bois que l'on veut. Habituellement, les extrémités sont coniques. Il faut regarder les limites tracées et laisser au moins 2 à 2,5 cm de chaque côté, afin de se préserver de trous accidentels dans la pirogue. Même si l'on a l’impression de retirer trop de bois, cette étape est nécessaire, car il faut réduire le poids de la pirogue. Une petite erminette de charpentier peut être utilisée pour plus de précision.
Jusqu’ici le canoë est encore un petit peu cubique. Même si l'on a déjà retiré l’essentiel du bois hors du centre de la pirogue, il faut encore donner un petit coup de canif, de hache ou d’erminette pour les finitions. Passez du papier de ponçage abrasif sur toute la surface de la pirogue. Travaillez le papier de ponçage contre les grains du bois. Enfin, appliquez du vernis croisé en couches successives, en appliquant un papier légèrement abrasif entre chaque couche pour une finition durable et esthétique.
Les Canoës d'Écorce : Un Savoir-Faire Ancestral
Le canoë originel des Indiens d’Amérique du Nord, l'embarcation parfaite, a permis aux Amérindiens de transporter marchandises et hommes dans une région parsemée de lacs et rivières. Il est difficile de dire à quand remontent les premiers canoës d’écorce, tant le matériau est périssable (Gidmark 1988). Ces embarcations étaient caractérisées par une technique de construction transmise de génération en génération, utilisant les ressources naturelles avec une grande ingéniosité.
L'Évolution de la Construction des Canoës
Au fil du temps, les techniques de construction se sont diversifiées. On trouvait des canoës faits de clins de bois rivés cuivre sur des membrures bois fines, assemblées avec plus de finesse que les entoilés. Ces derniers étaient caractérisés par de larges clins de bois juxtaposés à franc-bord, rivés cuivre à de plates et larges membrures, recouverts d’une épaisse toile textile peinte, qui assurait l’étanchéité. On remarquera l’inversion de procédé de construction des entoilés et tout bois par rapport aux écorces. Le premier canoë canadien, construit en lattes sur un moule, a été réalisé par Stephenson en 1857 (De Ravel 2004, p. 38). Il est intéressant de noter que les Français n’ont pas construit d’entoilés (ou si peu), un point soulevé par Néret & Enoch (En canoë sur la Tardes et le haut-Cher, La Rivière n° 230, juin 1931, p.).
Aujourd'hui, l'objectif est souvent d'améliorer l’esthétique, les qualités nautiques et la facilité de construction. Des plans sont disponibles en France, en Europe, dans les Dom-Tom et au Canada, s'adressant à ceux qui découvrent le travail du bois, des matériaux composites, ou les deux. Ces projets fournissent généralement des couples stratifiés, à l’échelle 1, et un plan d’aménagement à l’échelle 1:10, invitant à de longues soirées à s’en imprégner. Le processus comprend le montage du moule, l'usinage des pièces de bois, et le vernissage, nécessitant en moyenne 150 heures de travail. Le bateau en époxy (meilleur que le polyester) se répare aussi très bien, et le noircissement est une préoccupation à prendre en compte. Il est crucial de respecter la propriété intellectuelle et de construire pour son propre usage.