Ce volume contient 25 estampes, gravures, dessins et fac-similé. Il s’inscrit dans une tradition d'érudition qui postule que dans tout médecin il y a un érudit qui sommeille. Des recherches de pure érudition figurent dans ce volume. Il est dédié aux érudits, pour eux surtout que nous écrivons. Ce recueil indigène sert à l'histoire des temps passés et présents, offrant une perspective sur diverses curiosités et documents historiques.
Le Monde Médical d'Antan : Portraits et Pratiques
Le médecin en 1840 est un personnage complexe, tel que dépeint dans un article des Français peints par eux-mêmes. Le genre du spécimen que nous reproduisons se trouve dans les Français peints par eux-mêmes, où la hiérarchie médicale est placée. Le médecin de cour, personnage multiple, fréquentait les riches hôtels de la Chaussée-d’Antin. Le patient, riche ou pauvre, semblait vouloir être traité de la même façon. Certains estimaient que le médecin en savait moins de la moitié de ce qu’il prétendait.
La médecine anecdotique, avec ses ordres du jour, révèle la place du médecin dans la société. Il pouvait être du premier consul, ou espérer l’être tôt ou tard d'un dictateur. La situation du médecin professeur était considérée comme plus complète et plus enviable. Léger et superficiel dans un salon, tel était son rôle de tous les jours, avant de se rendre à un hôpital, où il était au moins chef de service. Il pouvait être coquet et paré dans le boudoir d’une femme élégante, ou passer dans un somptueux hôtel, Eden de la maladie. Un salon et une léproserie, voilà le monde pour lui. Le médecin pouvait tenir compagnie près du lit d’une grande dame. Il pouvait également pratiquer la médecine en tant qu'institutionnelle tout au plus. Certains allaient chercher des sources sulfureuses jusque dans le sein des Pyrénées, attirant les malades à ses eaux, faisant plus que Moïse au sein du désert. Les patients ne se souciaient pas si l’eau était plus ou moins carbonatée, mais de l’hygiène du local. Le charlatan était aussi une figure de l'époque, et c’est là qu’il enterrait le plus de clients. On pouvait être médecin d'un théâtre sans cesser d’être médecin. Le médecin d’un théâtre était un lynx pour les maladies imaginaires, invitant les gens à se bien porter, même de manière contradictoire. Des sujets étaient soumis à son examen. De nos jours, le médecin se devait d'être ambidextre. Les femmes-médecins au XVIIIe siècle, comme Mlle BniEnox, montrent une évolution. La médecine au théâtre, en plusieurs parties, reflète aussi ces mœurs.
Les apothicaires de 1793 sont illustrés par un dessin original de Robida, tout comme une illustration de Robida des apothicaires de 1793. Une consultation du Phocéen, le moment propice, est aussi dépeinte. La noblesse des remplaçantes témoigne de certains usages. Les admissions à Bicêtre et le cas du comte de Sade figurent parmi les curiosités médicales. Un chirurgien collectionneur, Louis, est mentionné. Dupuytren et Talleyrand sont également cités. Les aveux sur une consultation, ainsi que des pièces médicales anciennes, éclairent les pratiques de l'époque.
Archives et Curiosités Littéraires et Scientifiques
Ce volume contient également des reproductions et annotations d’ouvrages anciens. Il s'agit notamment de fac simile de l’édition originale et de notes par le D’ Maxime. Une obsession au XVIIe siècle est explorée, ainsi qu'une histoire drôlatique et anecdotique. Ce volume contient 25 estampes, gravures, dessins et fac-similé. L'original appartient à la bibliothèque de M. le D' L. Le Pileur, avec des descriptions de chaque gravure.
Lire aussi: Costa Rica : Explorer Caño Negro loin de la foule
L'histoire poinilairc en ver a cl en fiavres (XV siècle) est traduite et annotée par le D' Le Pjeeür, médecin de St-Lazare. Un album curieux, mesurant 280 millim. sur 200, est reproduit très habilement. On peut juger que beaucoup d’entre elles sont très poussées, avec des vers, divisés en trois tercets. L’identité de cet album et son époque restent un mystère, car il n’existe ni à la Bibliothèque nationale, ni à celle de l’Arsenal. Il pouvait servir à distraire les enfants et même les grandes personnes. Un même amateur possédait un pendant de celui-ci, la Vie du Débauché. Il n’y avait pas d’indication de lieu, de date, ni d’imprimeur. Le renseignement à cet égard est inconnu, tout comme le nom de l’auteur du poème, souvent parfaitement inconnu. On se demandait si ce n'était pas aux vers que cette date se rapportait, ce qui n’aurait rien d’impossible, car les gravures ont été composées d’après le poème et non le poème d’après les gravures. Elles étaient adaptées au goût du jour.
Nicolas Franco est identifié comme l’auteur des vers d'une autre œuvre. Une datation très approximative situe son travail à une époque indéfinie, ni au XVIe, ni même au commencement du XVIIe siècle, mais plutôt au XIIIe, ainsi qu’au commencement du grand règne. Les œuvres de 1630 à 1660, ou peut-être 1670, sont également évoquées. Un petit morceau rare est inclus dans ce nouveau recueil médical. D’autres œuvres abordent le même sujet. Le D' L. Le Pileur s'attachait à donner la collection complète dans les 12 fascicules. Une strophe 1, tirée de Pi. ANCHE L, souligne une faute si les amants se mêlent en groupes amoureux. L’amour brûle et tue, comme le montrent les fascicules avec les planches correspondantes. La femme est toujours la fille d’Ève, allant chercher et provoquer l'homme.
Érudition et Mystères Historiques
Dans le domaine de la philologie médicale, la maladie des noms propres, par MM., se présente comme un véritable Dictionnaire des termes techniques de médecine. Les noms propres sont étudiés avec une approche anthropologique et historique.
Le culte phallique, selon un dictionnaire français, M. L…, est caractérisé par son universalité. Les cultes phalliques ont un caractère universel et ont existé ou existent entre eux. Il s’agit d'une émanation du sol, un produit de l’autochtonisme, que le législateur, en le sanctionnant, lui a donné une forme particulière. Des représentations du phallus se retrouvent dans la culée en gouttière, associée aux trois grands dieux du brahmanisme, de Siva, de Brahma et de Vichnou, évoquant le co’i’t et la danse du co’i’t. M. L… rapporte des usages dont il a été témoin dans des villages du Laos et en Inde, où il a rapporté des figurines articulées. Une communication sur le culte phallique au Mexique explique clairement cette particularité du culte de Siva. On a conclu que le culte phallique était d’origine mexicaine, mais des textes sacrés lui sont postérieurs. Il s'étendit des rives de l'Indus jusqu'à celles du Gange.
L’institution même du culte du Lingam est empruntée à M. Lest, qui décrit la visite à ce dieu et les motivations du mariage. D’un point de vue religieux, la conduite des cyniques Siva fut chargée d’injures et de malédictions. Les moines lui dirent : « Monstrueux, tu en portes la figure et tu en as toute la malice, pleine de sensualité ! Maudit sois-tu ! Désormais, nous n'aurons plus de liaisons avec toi ! » Ils se retirèrent, tout couverts de confusion. Quand Siva demanda à ses gardes quelles personnes étaient venues le visiter, et qu'ils lui racontèrent leur départ… Les pénitents qui avaient occasionné sa mort furent célébrés parmi les hommes. Siva prit une nouvelle vie et une nouvelle forme, celle du Lingam ! Il ordonna à ses démons sujets : « Regardez-le comme un autre moi-même ! » Ceux qui lui offrent leurs sacrifices et leurs adorations obtiendront leurs vœux et une place dans le Keilassa. Rendre les honneurs dus à la Divinité est un acte du plus grand mérite. Les cérémonies publiques sont de trois sortes : le petit, le moyen, le grand. Un breuvage formé d'un mélange de lait, de sucre et de miel est mentionné, ainsi que des ablutions, etc. Les sacrifices sanglants promettent de ne jamais rencontrer le Roi des Enfers. Ce culte pratiqué dans l’Inde bien avant de l’être au Mexique, renverserait toutes les notions acquises sur la matière. Il s'agit d'une communication possible entre les deux mondes. Certains pensent que les êtres humains ont pu donner un libre essor à leur instinct de religiosité. Le degré d'intelligence de tous les âges est à considérer. Les effigies d’un culte sont frappantes. La communication de M. est étayée par les observations de M. E. Régnault et de M. de Mortillet. Des objets religieux, achetés à Bénarès, représentent l’élément mâle. Sur d’autres lingams, ajoutait M., les éléments ne sont pas séparés, et le lingam est d’une seule pierre. Les arbres sacrés sont également des lieux de culte. L'élément mâle isolé est représenté par un simple caillou ovalaire et poli. Les plus petites mesurent 40 à 70 centimètres, souvent accompagnées de pierres brutes, utilisées pour la prière. Le temple de Bhali-Ghah à Calcutta est un exemple. La question est posée : Nos menhirs ont-ils une semblable origine ? L'hypothèse est soutenue, mais aucun fait n’est venu jusqu’à présent la justifier. Des légendes phalliques existent, mais elles sont tout à fait différentes, associées à des rochers naturels ou de simples blocs erratiques, parfois deux ou plusieurs blocs. M. et M. A. ont documenté des faits presque de nos jours en Normandie. Une curieuse idée portée par une des parentes de M. d'idées est évoquée, impliquant des symboles masculins ou féminins.
Lire aussi: Peintre Baroque Espagnol : Alonso Cano
Santé et Société : Drames et Réflexions
La maladie du juré, explorée par M. LACHAUD, est une anecdote de cour d’assises impliquant un Turc accusé d’assassinat. Risk Allah, ayant hérité et promené sa pupille en Europe, lui tirant un coup de fusil dans la tête. Lachaud fut chargé de sa défense. Les arguments subtils et les grâces séduisantes n’eurent aucun effet sur les jurés. Les délibérations se prolongèrent jusqu’à la lecture du verdict. Le juré se plaignit. Lachaud aussi. Quand le président demanda depuis combien de temps Lachaud souffrait, ce dernier répondit : « Depuis trois ans. » Le juré ajouta : « Et moi, depuis sept ans. » Un ami du juré lui avait promis de le guérir. Lachaud, avec une touche d'ironie, répondit : « Vous me direz s'il réussit ? Je crois bien ! Je viens de sauver Risk Allah ! » Risk Allah fut sauvé en effet, de la maladie dont il avait souffert, en collaboration avec son juré.
Le cas du comte de Sade est une autre affaire des plus redoutables, consultable à la Bibliothèque nationale. La surveillance des mœurs, à laquelle le comte de Sade avait eu affaire en 1763, ne laissait aucun doute sur sa criminalité et son état d'automane. Le 7 décembre 1764, « M. Sade avait l'intention de venir cet été à Paris où il était encore, pour fournir de filles pour aller avec lui en petites maisons. » Le 16 octobre 1767, les horreurs de M. le comte de Sade continuèrent à la maison d’Arcueil, où une demoiselle l’avait refusé. Paul d’Estrées qualifiait ses agissements de nids hospitaliers et non comme ceux d’un théoricien inoffensif.
Gimarosa a-t-il été empoisonné ? La légende veut que Gimarosa mourut empoisonné, pour la révolution à Naples, au milieu de sa partition d'Artémise. Des bruits singuliers avaient couru sur sa mort. Le gouvernement napolitain fut accusé de l’avoir fait empoisonner. Pour l’honneur et la pure vérité, il convient de rétablir les faits. Mais la légende populaire était formée, et pour certains Gimarosa avait été empoisonné. Gharles in Catlinari affirma que Gimarosa est mort empoisonné.
La pudeur féminine, étudiée par le D' Régnault et Gosset, est un autre aspect de la société. La ligue contre le décolletage et la question de déontologie à propos de l’accouchement d’une reine sont des exemples de débats sociaux. Les pseudonymes, étude sur quelques écrivains modernes, et l’avortement volontaire à travers les âges, par le D’’ Noir, témoignent des préoccupations d’époque.
Lire aussi: Pedro Cano : un artiste à explorer