L’univers académique et créatif de Marina Ruiz Cano : Entre recherche théâtrale et photographie naturaliste

La trajectoire académique de Marina Ruiz Cano

La carrière de Marina Ruiz Cano se distingue par une double exigence : une rigueur scientifique ancrée dans les études hispaniques et une réflexion continue sur les formes contemporaines de l'expression dramatique. Ses travaux explorent avec une acuité particulière les zones de tension entre l'engagement politique, la mémoire historique et l'esthétique scénique. Cette exploration est largement documentée dans des ouvrages de référence, tels que ITZULPENGINTZA LITERARIOAREN GIDA: Frantsesa/Euskara, co-écrit avec Arrate Aldama, Juan Ibeas et Lydia Vázquez et publié par les Presses Universitaires de l’Université du Pays basque en 2017.

Par ailleurs, son expertise s'est manifestée dans la direction d'ouvrages collectifs, notamment El teatro de protesta. Estrategias y estéticas contestatarias en España (1960-1980), édité en collaboration avec Anne Laure Feuillastre (2019), au sein de la collection Sociétés Hispaniques chez L’Harmattan. Cet ouvrage témoigne de sa capacité à structurer la recherche autour des stratégies esthétiques employées dans le théâtre de protestation en Espagne.

Explorations du théâtre et du politique

Le corpus de recherche de Marina Ruiz Cano révèle un intérêt soutenu pour la fonction sociale du théâtre. Dans son article « Le théâtre diderotien : pour une esthétique à fonction sociale » (Anales de Filología Francesa, 2013), elle interroge le lien entre utopie et dramaturgie. Cette réflexion se prolonge dans ses études sur le contexte espagnol et basque.

Son travail sur le théâtre basque contemporain illustre parfaitement son approche analytique. Dans « En busca del paisaje perdido: memoria, ruinas e identidad en el teatro vasco contemporáneo » (2018), elle examine comment les notions de ruines et d'identité se conjuguent dans la création scénique. Ce thème est approfondi dans sa communication « Le théâtre basque contemporain comme vecteur d’identité » (L’Âge d’or, 2019) ainsi que dans son analyse de « Los espacios teatrales del “Off Bibao”: de la emergencia a la consolidación », publiée dans l'ouvrage dirigé par Mónica Molanes et Isabelle Reck, Teatro hispánico en los inicios del siglo XXI. Hibrideces, transgresiones, compromiso y disenso (2019).

La mémoire, le genre et la scène espagnole

Une part significative de ses publications est dédiée à la représentation du genre et de la mémoire historique. Marina Ruiz Cano analyse les revendications féministes dans « De purpurina y tierra: reivindicaciones feministas en la obra escénica de Agnès Mateus » (T(r)opics, 2021) et aborde la figure des femmes oubliées du franquisme lors de la Journée d’Études « Nouvelles représentations de l'Espagne franquiste dans le roman graphique » en 2019.

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Ses travaux s'étendent également à l'étude des dramaturges contemporains. Elle consacre des recherches précises à l'œuvre d'Ignacio Amestoy, notamment dans « El naufragio de la familia en el teatro de Ignacio Amestoy : retazos de una(s) memoria(s) descosida(s) y mitologizada(s) » (2019), ainsi qu'à la création dramatique d'Alfonso Sastre, analysée dans la revue Hispanismes en 2018. Sa démarche intègre une perspective réflexive sur la survie du drame contemporain, un sujet qu'elle a abordé lors du colloque international sur la renaissance ou l'extinction du drame à l'Institut del Teatre en 2016.

Pédagogie et transmission des savoirs

Au-delà de la recherche pure, Marina Ruiz Cano s'implique activement dans la transmission des savoirs littéraires et dramatiques. En collaboration avec George Nogueira, elle a publié « Manifeste dramatique pour une réhabilitation de la littérature théâtrale en cours d’espagnol » (2021), plaidant pour une place accrue de l'écrit théâtral dans l'enseignement supérieur. Depuis 2021, elle assume la responsabilité du LANSAD Espagnol au sein de la Faculté de Lettres, Langues & Sciences Humaines de l’Université du Mans, consolidant ainsi son rôle d'actrice de la vie académique institutionnelle.

Son engagement dans les réseaux de recherche, tel que son rôle de membre du comité organisateur et scientifique de la Journée Doctorale de l’Université Paris Nanterre, montre une volonté constante de favoriser l'échange entre chercheurs, qu'il s'agisse d'analyser les « glissements sémantiques » dans le discours historique ou de décortiquer les relations entre « Teatro y comunidad en Euskadi depuis 1979 ».

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