La Candidature de Lacanau pour le Surf aux Jeux Olympiques : Entre Ambition Initiatiale et Rôle Potentiel de Repli

L'introduction du surf au programme olympique marque un tournant pour cette discipline emblématique de la glisse. La France, hôte des Jeux Olympiques de Paris en 2024, a exprimé une volonté affirmée de mettre à l’honneur ce sport, réputé pratiqué tout au long de l’année sur la côte atlantique. Dans ce contexte d'effervescence et d'opportunités, la ville de Lacanau s'est positionnée avec détermination, d'abord comme candidate officielle, puis comme site de repli stratégique, témoignant ainsi de son ancrage profond dans l'univers du surf et de sa capacité à relever les défis de l'organisation d'un événement sportif de cette envergure.

Le Surf aux Jeux Olympiques : Une Évolution Récente et l'Ambition Française

Le surf, discipline qui résonne avec la liberté et la puissance des océans, a récemment franchi une étape historique en intégrant le programme des Jeux Olympiques. Le surf aux Jeux Olympiques, c’est une affaire récente, puisque la discipline fera sa première entrée au programme des JO de Tokyo 2020, aux côtés de l’escalade, du karaté, du skateboard, et du Baseball. Cette inclusion a ouvert la voie à de nouvelles perspectives pour les nations dotées de côtes propices à sa pratique. La France, qui organise les Jeux Olympiques de 2024, a montré son intention de mettre à l’honneur ce sport. Ce sport bénéficie en effet d'une communauté active et passionnée, notamment le long de son littoral atlantique.

Lacanau, avec son histoire riche et son environnement naturel exceptionnel, incarne parfaitement cette culture du surf. La ville est un véritable épicentre pour la discipline, ayant vu naître et se développer des initiatives qui ont façonné le surf français et européen. Le Lacanau Surf Club, premier club de surf de France et l'un des pionniers en Europe, a été fondé en 1968 par trois copains inspirés par des surfeurs californiens. C'est ici qu'est né le Lacanau Pro, une compétition qui existe depuis plus de 40 ans, et qui a vu passer des grands noms comme Kelly Slater, Rob Machado ou encore Tom Curren. Cette longévité et cette capacité à attirer les élites mondiales du surf attestent de la qualité des vagues et de l'expertise locale en matière d'organisation. En 2012, l'Australien Jack Freestone était par exemple en finale lors de l'Océan Finale Sooruz Lacanau Pro, illustrant le prestige de l'événement.

En plus de ses compétences organisationnelles et de son patrimoine surf, Lacanau s'inscrit pleinement dans l'esprit olympique par son engagement pédagogique. L’organisation olympique « Paris 2024 » lance la « Semaine Olympique et Paralympique » dans les établissements scolaires, laquelle mobilise des centaines de classes partout en France. Ce dispositif constitue un héritage fort de la candidature, puisqu’il figurera désormais tous les ans au programme de l’Éducation nationale. Lacanau y participe chaque année pour le plus grand plaisir des jeunes et des familles, contribuant ainsi à diffuser les valeurs du sport et de l'olympisme auprès des nouvelles générations.

Lacanau dans la Course : Une Candidature Initiale Solide pour Paris 2024

Dès l'annonce de l'opportunité d'accueillir les épreuves de surf des Jeux Olympiques de Paris 2024, la ville de Lacanau s'est manifestée avec une candidature déterminée. La ville de Lacanau a fait partie des candidats officiels pour accueillir l’épreuve de surf aux JO 2024, qui auront lieu en France. Elle était en concurrence avec La Torche en Bretagne, Hossegor, Capbreton et Seignosse dans les Landes, Biarritz dans les Pyrénées atlantiques, et Tahiti en Polynésie française. Pour l’occasion, le Comité d’Organisation des JO (COJO) s’est rendu ce mardi 30 juillet 2019 à Lacanau pour faire le tour du propriétaire, et évaluer sa candidature. Le COJO devait se rendre par la suite dans les autres villes candidates.

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La candidature de Lacanau a bénéficié d'un soutien significatif de la part de la Métropole de Bordeaux, démontrant une alliance territoriale forte. Depuis quelques mois déjà, la Métropole et la station balnéaire creusaient sérieusement le sujet. Alain Juppé, alors Maire de Bordeaux, avait d’ailleurs proposé au Maire de Lacanau, Laurent Peyrondet, de rencontrer les membres du comité Paris 2024. Le surf girondin pouvait ainsi envisager de devenir le porte-drapeau des JO 2024 grâce à l’union entre les deux villes. Cette union, qui fait la force, permettrait de s’accorder sur plusieurs points comme l’hébergement, les transports ou encore la communication. Avoir le soutien d’une ville de la taille de Bordeaux, avec l’influence qui va avec, n’est pas négligeable. Ce partenariat a été symbolisé par la présence de deux planches de surf ornant la cour de l’Hôtel de ville de Bordeaux, geste fort du soutien apporté à Lacanau pour sa candidature au surf des JO 2024.

L'évaluation des candidatures était rigoureuse, basée sur un cahier des charges précis remis aux candidats, qu'ils devaient renvoyer à Paris 2024 pour le 30 septembre. Selon les informations du Sud-Ouest, les juges la candidature sur 4 critères principaux : la capacité du territoire à accueillir des compétitions de surf, les conditions météo, la qualité du plan d’eau, et les conditions d’accueil des athlètes et des spectateurs. Plus globalement, plusieurs critères seraient pris en compte : l'expérience dans l'organisation et l'accueil de compétitions de surf, les conditions météorologiques, la qualité des spots, l'accueil des athlètes et des spectateurs. Jean-Luc Arassus, président de la Fédération Française de Surf, avait déclaré : « Ces territoires ont tous une histoire et un savoir-faire qui démontre la mobilisation de la communauté surf de la France ». Il s'était dit « très heureux de constater l'engouement de territoires géographiques différents qui traduit la richesse de notre sport ». Il avait également souligné que « ces cinq candidats disposent tous d'atouts importants et prétendent tous pouvoir organiser l'épreuve de surf des Jeux de Paris-2024. Ils sont tous sur la même ligne de départ et auront tous une attention strictement égale de la part du COJO, de l'International Surfing Association (ISA) et de la Fédération Française de Surf ». Paris 2024, pour des Jeux durables et responsables, avait fait le choix de ne pas s'impliquer dans la construction d'une vague artificielle, mais de privilégier au contraire les nombreux sites naturels dont la France dispose.

L'engagement de Lacanau pour un sport respectueux de l'environnement a été mis en lumière lors d'une visite ministérielle. Le 12 août, Lacanau a eu l’honneur d’accueillir la visite de la Ministre des sports, Roxana Maracineanu, par ailleurs ancienne championne olympique. En plein Lacanau Pro, et après une visite de la Maison de Glisse, de la plage Cap33 et la présentation de l’association See Surf, ce fût l’occasion de la signature par le Maire des Chartes du Ministère des Sports et de WWF France pour un sport éco-responsable. Cette rencontre a également permis d’aborder avec la Ministre de nombreux sujets et dossiers importants pour la commune, soulignant l'importance stratégique de cette candidature pour le développement local.

Le Choix Initial de Teahupo'o et les Rebondissements Imprévus

En 2020, c’est la Polynésie qui avait été choisie par le Comité d’organisation des Jeux olympiques (Cojo) et la Commission exécutive du Comité international olympique (CIO) pour accueillir la compétition de surf. Le spot légendaire de Teahupo’o, à Tahiti, était alors désigné, un choix salué par le Président Emmanuel Macron qui s’était dit « heureux que les Outre-mer soient à l’honneur à travers Tahiti ». Exit les candidatures de Biarritz, Lacanau, Hossegor et La Torche, écartées au profit de cette destination lointaine, jugée iconique. L’idée de sacrer un champion olympique sur une déferlante considérée comme mythique par beaucoup de surfeurs professionnels avait pris le dessus. Teahupo’o est en effet jugée par le milieu de la glisse comme la vague parfaite, un tube d’une puissance monstrueuse lorsque la houle est au rendez-vous.

Cependant, tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Les préparatifs sur le terrain ont révélé des défis inattendus et des tensions. L’épreuve du terrain, avec cette perspective d’endommager la barrière de corail pour construire une tour des juges devant la vague, a généré un tel mécontentement chez les locaux que le président de la Polynésie française, Moetaï Brotherson, s’est dit prêt à renoncer. Lors d’essais techniques sur le spot légendaire de Teahupo’o en Polynésie française, une barge, qui devait installer la tour des juges en aluminium, a brisé sur son passage plusieurs coraux du lagon tahitien. Ces dégâts ont provoqué la colère d’associations écologistes. Et depuis, le président polynésien Moetaï Brotherson a envisagé de déplacer l’épreuve ailleurs. Si le pas du « non » n’avait pas encore été franchi, les signaux étaient au rouge, remettant en question la tenue des épreuves sur le site initialement choisi.

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Lacanau, une Alternative Crédible : L'Offre du Site de Repli

Face aux incertitudes concernant Teahupo'o, Lacanau n'a pas hésité à se positionner en tant que "site de repli" pour les épreuves de surf des JO de Paris 2024. Laurent Peyrondet, le maire de Lacanau, a ainsi proposé que la ville devienne un site de remplacement. « On a toujours gardé une petite cellule de veille depuis les premières problématiques sur Teahupo'o », a-t-il affirmé. Il a reconnu que les « problèmes juridiques risquent d'arriver pour leur candidature », tout en ajoutant : « Nous sommes désolés pour eux parce que je pense qu'ils le méritent aussi. Mais on avait continué à travailler pour pouvoir être candidat sur une solution de repli pour le Comité organisateur des Jeux Olympiques ». La candidature de Lacanau, dont le dossier avait été considéré comme très solide par le Cojo lors de la phase initiale, a été immédiatement réactivée. Le comité de pilotage, qui avait été constitué pour préparer la candidature en 2017, s’est remis autour de la table.

Laurent Peyrondet a alors repris sa planche de pèlerin pour vanter les atouts de Lacanau, insistant sur son historique et son savoir-faire. « La plus ancienne compétition de surf en Europe c'est ici », a-t-il rappelé, soulignant que le surf est une institution à Lacanau. On y surfait déjà quand les Beach Boys chantaient Surfin' USA, il y a plus d'un demi-siècle. Avec ses immenses plages sauvages et ses vagues de banc de sable dorée, la petite Californie française, comme on la surnomme, offre une carte postale de JO pour Raphaël Lauga, le nouveau président du Lacanau Surf Club. Ce club, fondé en 1968 par trois copains, a été le berceau du Lacanau Pro, une compétition qui, forte de ses plus de 40 ans d'existence et ayant accueilli des légendes comme Kelly Slater, Rob Machado ou encore Tom Curren, démontre une expertise inégalée en matière d'organisation. Avec la 43e édition du Lacanau Pro justement prévue en août 2023, la ville a l'habitude d'organiser de tels événements sans dégrader l'environnement.

Lacanau a mis en avant plusieurs arguments clés pour appuyer sa candidature de repli. En premier lieu, il y a cette proximité géographique avec Paris. « Les athlètes pourront assister à la cérémonie d’ouverture. Par la ligne LGV Paris-Bordeaux, nous sommes à moins de trois heures de la capitale ! » Cette accessibilité constitue un avantage logistique indéniable. L’édile a surtout insisté sur le fait que « l’empreinte environnementale sera neutre sur le site de la compétition. Ce que le cahier des charges demandait à l’origine à tous les candidats. Nous allons nous poser sur le front de mer. On ne touchera à rien, sinon de mettre en place des structures légères et démontables que nous utilisons dans le cadre du Lacanau Pro ». Cette approche contraste fortement avec les problèmes rencontrés à Teahupo’o. En effet, sur les sites de Lacanau, l'environnement sous-marin est sablonneux, ce qui est un avantage majeur : « C'est une ville de surf avec des dunes, des plages et sous l'eau, c'est du sable, il n'y a pas de coraux que l'on pourrait abîmer ».

Les autres atouts de Lacanau sont au moins au nombre de trois. Il y a un savoir-faire local avec le Lacanau Pro, la compétition de surf la plus vieille d’Europe. Les meilleurs surfeurs professionnels mondiaux sont passés par le spot canaulais : Tom Curren, Kelly Slater et Gabriel Médina. En matière d’organisation de compétitions, les compétences ne manquent pas dans la région. Il existe une véritable culture et un ancrage fort autour de ce sport. En termes d’accessibilité, le front de mer de Lacanau se présente comme un amphithéâtre, une grande tribune ouverte sur le spot. Le grand public pourra assister aux épreuves, faisant de la fête un événement populaire. La station a aussi l’habitude de gérer la forte affluence, des milliers de touristes débarquant tous les étés sur place, prouvant que Lacanau a les reins solides sur cet aspect.

Concernant la qualité des vagues, si peu d’endroits dans le monde arrivent à la cheville de Teahupo’o, c’est une évidence pour les connaisseurs, les bancs de sable de Lacanau ont toujours donné de quoi surfer aux compétiteurs, même avec une petite houle. L’historique du Lacanau Pro en atteste. Sur les beach-breaks (fonds sableux) de Gironde, les vagues sont plus irrégulières que sur le reef polynésien. Du coup, les surfeurs sont contraints de s’adapter en permanence. Les grosses compétitions offrent souvent de belles surprises. Sur le plan technique, on retrouve ce qui est demandé à un surfeur : il faut être capable de trouver la clé dans toutes les conditions. Le maire canaulais a réaffirmé que la candidature de Lacanau Bordeaux Métropole « avait coché toutes les cases du cahier des charges imposé par le Cojo ». La candidature que l'on porte avec Bordeaux Métropole est sur la table. Si le COJO fait appel à nous, on sera prêt à organiser la compétition.

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