Camille et Capucine Delannoy : L’Ascension Fulgurante d’une Fratrie au Sommet du Kitesurf Mondial

Le monde du kitesurf contemporain a vu émerger une fratrie exceptionnelle, dont le nom résonne désormais sur tous les continents : Camille et Capucine Delannoy. Si ces deux athlètes occupent aujourd'hui le devant de la scène internationale, leur parcours n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat d'une passion familiale ancrée dans des conditions de vie uniques, entre les sommets enneigés des Alpes françaises et les plages ventées du Nordeste brésilien. Cette immersion dans l'univers du kite, couplée à une rigueur athlétique héritée de leurs premières années dans le ski, façonne leur identité de riders et leur vision d'un sport qui, bien au-delà de la simple compétition, s'apparente à une quête de liberté absolue.

L'éveil d'une vocation : Entre les Alpes et le Brésil

Le destin de Capucine et Camille Delannoy débute dans un environnement où le sport est omniprésent. Originaires d'Annecy, ils ont grandi au rythme des saisons, partageant leur temps entre la France et le Brésil. Dès l'âge de sept ans, l'installation de la famille à Preá, un village devenu le repaire mondial des amateurs de kitesurf, a radicalement transformé leur quotidien. Là-bas, les alizés constants et l'immensité de l'océan Atlantique ont offert un terrain d'entraînement idéal.

Pour Capucine, cet apprentissage précoce a été une évidence. Alors qu'elle chaussait ses premiers skis à l'âge de trois ans à La Clusaz, son immersion dans le Club des Sports local a très vite aiguisé son esprit de compétition. Pourtant, le kitesurf a fini par supplanter le ski alpin. « C'est là-bas que j'ai découvert ma passion pour le kitesurf. Pendant longtemps, nous passions six mois au Brésil et six mois en France. L’hiver je dévalais les pistes en ski, l’été c’était kitesurf ! À 12 ans, j'ai participé à ma première étape des Championnats du Monde, qui se déroulait chez moi. Cette expérience a été déterminante, et j'ai alors fait le choix de me consacrer totalement au kitesurf, laissant de côté le ski. »

De son côté, Camille Delannoy a également suivi une trajectoire fulgurante. Commençant le kitesurf à 12 ans, il a accédé au rang de professionnel dès ses 16 ans, intégrant rapidement le GKA Kite-Surf World Tour. Pour ces deux athlètes, la relation fraternelle est devenue le socle de leur réussite. Capucine le souligne avec tendresse : « Je rigole toujours en disant que mon frère c’est ma meilleure amie. Je me sens tellement chanceuse de pouvoir partager tout ça avec lui. On a 7 ans d’écart et pourtant on s’entend tellement bien ! »

La discipline du kitesurf : Entre freestyle et vagues

Le kitesurf ne se limite pas à une navigation linéaire ; il se décline en plusieurs disciplines exigeantes, chacune demandant des compétences techniques spécifiques. Il y a deux disciplines dans le kite : le « freestyle » avec les figures et la « vague ». Au début, Capucine pratiquait principalement le freestyle, faute de vagues suffisantes à Preá. Cependant, sa transition vers la discipline de la vague a révélé une nouvelle dimension de sa pratique.

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Pour elle, la sensation de liberté est totale, et le véritable moteur est la progression constante. « Travaillant régulièrement, tu sens que tu t'améliores vraiment rapidement. C'est une sensation incroyable à chaque fois que tu prends une vague et que tu réussis un virage, ou que tu parviens à exécuter une nouvelle figure. » Cette quête de perfection technique, Camille l'a également embrassée, se spécialisant dans le GKA Kite-Surf World Tour, où la maîtrise du matériel et de la lecture de l'océan est primordiale.

Leur préparation physique est encadrée par des professionnels, notamment Silas, le coach physique qui soutient Capucine dans ses entraînements intensifs. La rigueur est telle que les sessions de travail peuvent inclure jusqu'à 30 « crashes » par session, une répétition nécessaire pour repousser les limites. Le père de Capucine joue également un rôle crucial en tant que coach mental, sachant quand il faut la pousser ou, au contraire, lui apporter le réconfort nécessaire après une défaite difficile.

La gestion de la performance et la soif de victoire

À seulement 18 ans, Capucine Delannoy a déjà accumulé un palmarès impressionnant. En 2021, elle devenait vice-championne du monde et championne du monde junior, avant de décrocher deux titres de championne du monde senior en 2022 dans deux disciplines différentes. Ces exploits, réalisés en seulement six mois, témoignent de sa virtuosité naturelle.

Pourtant, le chemin vers le titre est semé de doutes. « Tu t’entraînes pendant longtemps avant un championnat et il y a des moments où tu es sûre de toi, et aussi des périodes de doutes. Alors quand tu remportes un titre, tous les doutes s’en vont. Je dirais aussi que c’est très addictif comme sentiment. » Pour la jeune athlète, la défaite est un puissant moteur de motivation. « Je me sens vraiment très mal après un échec et ce qui me motive c’est de me dire que je n’ai plus jamais envie de me sentir mal comme ça ! »

Cette mentalité de guerrière, nourrie par les conseils d'anciens champions du monde lui disant de « laisser le feu brûler », l'a conduite à se fixer de nouveaux objectifs. Au-delà de la récupération de ses titres, son ambition est de promouvoir l'image des femmes dans le sport, particulièrement dans le strapless freestyle, une discipline où la présence féminine reste encore à développer.

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L'engagement pour la santé : Une vision responsable du sport

L'exposition prolongée au soleil, inhérente à la pratique du kitesurf, a conduit Camille et Capucine Delannoy à s'engager activement dans la prévention des risques liés aux rayons UV. En partenariat avec des passionnés de kitesurf comme Oliver et Bettina Heine, ils utilisent leur notoriété pour sensibiliser la communauté des riders.

« Appliquer de la crème solaire est devenu un réflexe pour moi, et nous pensons que cela devrait être le cas pour tout le monde. » Pour Capucine, cette préoccupation est indissociable de sa carrière. Elle recommande une vigilance accrue, notamment après chaque passage dans l'eau, et insiste sur l'importance des vêtements anti-UV. Cette démarche s'inscrit dans une philosophie de long terme, où la santé de l'athlète passe avant la performance pure.

Elle encourage vivement les pratiquants de sports de plein air à réaliser régulièrement des auto-examens de la peau. « Tout ce qui est nouveau, changeant ou inhabituel est suspect. Tout ce qui augmente de volume et où la couleur ou la texture de la peau change. Surveillez également les plaies : si elles ne guérissent pas dans les trois semaines, faites-les examiner par un dermatologue ! » Cette sensibilisation souligne le professionnalisme de la fratrie, qui ne se contente pas de dompter les éléments, mais cherche à éduquer son public sur les dangers cachés de leur environnement de prédilection.

La dynamique nationale et le rayonnement du surf français

Si le kitesurf occupe une place centrale dans la vie des Delannoy, leur parcours s'inscrit dans un écosystème plus large : celui du surf français. Les Championnats de France, véritables vitrines des talents nationaux, illustrent la vitalité de cette scène. Avec plus de 500 surfeurs se disputant des titres dans 11 disciplines, de la Nouvelle-Aquitaine à la Guadeloupe, le dynamisme de la France dans les sports de glisse est indéniable.

La Nouvelle-Aquitaine demeure le cœur battant de cette pratique, concentrant une part majeure des compétiteurs, suivie de près par la Bretagne et les territoires ultramarins. La polyvalence des athlètes, dont beaucoup s'engagent dans plusieurs disciplines, témoigne d'une culture de la glisse profondément enracinée. Des figures comme Justin Bécret, Tya Zebrowski ou Edouard Delpero incarnent cette excellence, tout comme le font Camille et Capucine Delannoy dans leur domaine spécifique.

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La complémentarité entre ces différentes disciplines - du shortboard au longboard, en passant par le bodyboard, le bodysurf, le SUP surfing, le kneeboard et le skimboard - crée une émulation constante. Pour une athlète comme Capucine, qui prépare ses compétitions par le biais du CNED pour maintenir une flexibilité organisationnelle, le lien avec le reste de la communauté sportive est essentiel. Qu'il s'agisse de s'entraîner sur les spots brésiliens ou de suivre les évolutions des championnats nationaux, l'objectif demeure le même : repousser les limites du possible.

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