Genèse et évolution de la pratique
La pêche en kayak était peu pratiquée, voire inconnue, il y a trente ans. La pêche en kayak, confidentielle à ses débuts, a vite gagné des rangs dans la hiérarchie. Aujourd’hui, le genre s’est vulgarisé. On pêche en kayak comme on pêche au large sur un bateau ou du bord en surfcasting. Le kayak, à force de persévérance, a su composer avec la mer. Ce n’était pas gagné d’avance. Considéré comme une sorte de pirogue améliorée, il n’était pas vraiment destiné à la pêche. Seulement, il a pris le bon virage en étant porté par un courant écologique qui, paradoxalement, dans le milieu halieutique, lui était favorable. Le kayak, rudimentaire dans sa conception il y a un quart de siècle, avait pour lui des atouts ; toutefois, il était réservé à quelques initiés qui ciblaient avant tout une espèce, le bar, mais dans une situation jugée peu confortable par rapport à la même quête sur un semi-rigide ou une embarcation similaire. Cette petite embarcation imposait, à l’origine, des qualités sportives qui n’étaient pas essentielles sur un bateau quand il s’agissait de s’intéresser à ce type de carnassier.
Mais tout est allé très vite. Une attitude sportive mise en avant permettait de faire passer au second rang le fait que l’objectif était de prendre du poisson, donc une activité déjà sujette, malheureusement, à des critiques qui iraient crescendo plus en se rapprochant des années que nous vivons. Mais le kayak a su s’immiscer avec habileté dans la vaste gamme des embarcations destinées à la recherche de nos espèces préférées. D’une part, il était irréprochable en matière de pollution. Les kayaks sont très stables dans le courant. En kayak, le mouillage est éludé, sauf cas exceptionnel. De toute façon, la discrétion est de règle. Un kayak se hisse sur la galerie d’une voiture et il peut être mis à l’eau en une poignée de minutes. Il peut même venir de loin, de l’intérieur des terres, pour rejoindre la mer en quelques heures. Il existe aussi d’autres paramètres qui ont engendré le succès du kayak. En outre, il y a cette fusion entre le pêcheur et son environnement, car, sauf cas exceptionnel, il est seul à bord de son embarcation. Enfin, et c’est un élément crucial, il y a cette attitude en direction d’un poisson que seul un kayak autorise. On peut s’approcher, avec certaines précautions, à quelques petits mètres de lui sans qu’il détecte votre présence.
De la conception technique à la révolution des usages
Au fait, quand est apparu le kayak de pêche ? Tout d’abord, il faut savoir qu’à l’origine on parlait de canoë pour la pêche. La différence est pourtant essentielle. Ensuite, la propulsion était légèrement distincte, un canoë se manœuvrant avec une pagaie simple tandis que le kayak l’était avec une pagaie double. Tout du moins avant cette création révolutionnaire qui le fit sortir de l’ombre, les palmes ou pédales qui remplacèrent « l’huile de coude » laissant ainsi les bras et mains libres de tout mouvement, ce qui était essentiel pour la pêche. Le fait d’être conçu soudainement pour la pêche, qu’elle soit en eau douce ou en mer, mais avec ce système de propulsion inédit, lui fit endosser un statut différent. Le kayak de pêche, puisque tel est son nom de nos jours, ne fit son apparition en Europe qu’à la toute fin du XXe siècle. Il nous vint des États-Unis en 1997 via la société Hobie, plus connue pour la fabrication de catamarans de sport. Dès le début des années 2000, il avait trouvé ses adeptes. Ce fut un petit raz-de-marée dans le monde de la pêche en mer. Les Savager’s Days, organisés par Alain Sauvager qui avait été un précurseur pour importer ce type de bateau, avaient donné le ton.
Avantages stratégiques et navigation côtière
Depuis un quart de siècle, le succès du kayak de mer ne fait que croître, car ses adeptes montent toujours en puissance. On ne s’aventure pas à vingt mètres du bord avec un pêche-promenade de 8 mètres pour se mettre à l’abri d’un vent d’est soutenu. À la limite, il n’y a même pas besoin de surveiller le tirant d’eau. Il y en a si peu ! Un kayak pour pêcher, voilà qui est parfait. Si l’engin est adapté tant à l’eau douce qu’à la mer, il offre des possibilités qui sont, bien sûr, différentes de celles d’un pêche-promenade à dix milles des côtes ou d’un semi-rigide. On l’a dit, le kayak a ce privilège qui consiste à pouvoir se faufiler partout, quel que soit le tirant d’eau.
Quand on parle de kayak, il faut d’abord savoir qu’il y a, bien sûr, de grandes différences entre le kayak de mer et le kayak pour la pêche en mer. Depuis leur première apparition en France, à la fin du XXe siècle, les kayaks pour la pêche en mer ont beaucoup évolué. Pour la pêche, il existe deux grands types de kayaks qui se différencient au niveau de l’installation du siège du pilote. En fait, il n’y a pas vraiment photo entre les deux, notre préférence allant sans hésitation au Sit-on-top. Si une partie du corps, les jambes avant tout, se situe dans le cockpit, on gagne en confort sur les longues distances. Par ailleurs, un kayak peut se renverser. Avec un siège surélevé, le corps n’est plus coincé dans le cockpit. En un quart de siècle, la pratique du kayak a explosé. On gagne en espace pour pêcher plus librement et en sécurité, bien sûr. N’oubliez pas, et je l’ai malheureusement suffisamment vu, que de nombreux bateaux à moteur négligent la présence sur l’eau des kayaks. Leur envoyer les vagues de votre sillage peut être dangereux. La configuration des coques a aussi son importance. Les carènes plates destinées à l’eau douce ou aux plans d’eau calmes sont à éviter. Il faudra privilégier les modèles elliptiques qui composent fort bien avec les vagues et une mer peu agitée.
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Techniques de pêche adaptées au milieu
Commençons par le plus facile : la pêche à la traîne. En kayak, tout est différent. Avec ce moyen de propulsion, la traîne s’est rajeunie. Tout d’abord, c’est une randonnée aventurière. Pour la touche, il suffira d’attendre qu’elle se manifeste sur le porte-cannes (car il y en a un, voire deux). Le principe de traîne est le même. Avec un moteur électrique, de plus en plus répandu, on pourra aussi jouer rapidement sur la vitesse. Ce type de pêche sera particulièrement efficace, que ce soit pour les bars, les lieus ou les maquereaux, bien sûr. L’autre pratique très répandue chez les passionnés du kayak, c’est le spinning. On connaît le principe. En kayak, il est ainsi possible de sillonner rapidement des secteurs différents et de les abandonner en un clin d’œil si aucune touche n’a lieu. Avec un semi-rigide, on peut varier les zones de pêche dans un laps de temps assez réduit. Privilégiez les cannes courtes, puissantes pour la traîne, extralight pour une pêche en spinning. La dérive lente composera fort bien avec le kayak, surtout en dandine. Optez donc pour un seul leurre ou appât naturel, chipiron de préférence. La pêche à soutenir est également possible, mais il faut alors un mouillage, de la strouille aussi.
Retour à l’essentiel et rationalisation de l’équipement
À l’heure où nos kayaks sont de plus en plus « accessoirisés », il est bon, de temps en temps, de revenir à l’essentiel, de retrouver des sensations perdues, de regarder le paysage qui nous entoure et de lever le nez de son écran de sondeur. Sortir léger ne veut pas dire sortir sans rien, mais il y a sans doute moyen de rationaliser votre équipement en adéquation avec ce type de sorties courtes et rapides, pour essayer de retrouver ce sens de l’eau ou au moins l’entretenir et surtout retrouver des sensations primaires. Pour ce genre de « retour aux sources », il est préférable de le faire l’été. Je dis souvent à mes collègues de sortie que le meilleur sondeur du monde, ce sont les oiseaux, soit ils sont en attente, car ils sentent qu’il va se passer quelque chose, soit il se passe quelque chose et ils le savent. Observez les oiseaux et ainsi, passez-vous de votre électronique embarquée.
Côté matériel, une seule canne suffira, d’une puissance de 7/28 g (c’est une puissance passe-partout). Elle répondra à toutes les possibilités de techniques mises en œuvre, armée d’un moulinet de taille 2500. On emporte aussi souvent trop de boîtes à leurres remplies à ras bord des derniers produits à la mode. Alors faites du tri. Une boîte compartimentée, avec trois ou quatre leurres de surface de tailles différentes, cinq ou six leurres souples (j’aime bien les gros shads montés sur un texan plombé, ça passe bien dans le goémon), quelques agrafes, une bobine de fluoro, un petit ciseau et cela suffira pour la sortie. Un accessoire indispensable, incontournable, c’est le gilet. Si en plus il est étudié pour la pêche et muni de poches de rangement, vous pourrez vous passer de la boîte compartimentée et glisser le matériel dans les poches.
Sécurité et gestion des gros spécimens
Pour la majorité des pêcheurs, le kayak est une embarcation destinée à la balade et aux petites pêches côtières. Bien évidemment, la sécurité est la priorité lorsque l'on souhaite s'attaquer à de tels poissons en kayak. Sérioles et thons ne se font pas rares sur nos côtes et il est fréquent de tomber sur des sérioles de plus de 20 kg, et parfois même des thons jusqu'à 80 kg. Il est obligatoire pour votre sécurité de choisir une journée où la météo annonce une mer très calme, je vous recommande d'utiliser plusieurs sites météos pour recouper les informations. Partir seul n'est pas une option, un minimum de deux kayaks permet d'assurer la sécurité lors d'un combat difficile ou de pouvoir vous aider en cas de problème. Les nouvelles générations de kayak, surtout ceux à pédales, ont apporté de meilleures vitesses de déplacement, une meilleure stabilité et donc une meilleure sécurité.
Il n’est pas conseillé de tenter ce genre de pêche avec de simples kayaks à pagaie, souvent peu stables et avec lesquels on ne peut pas gérer facilement un combat. Grâce au safran, outil de direction d'un kayak à pédale, il est très facile de placer correctement le kayak lors d'un combat avec une seule main. Lorsqu'une main tient la canne, si le poisson décide de changer brusquement de direction, il nous suffit de le suivre en tournant le safran pour toujours garder le poisson vers l'avant du kayak. Lorsqu'on s'attaque à de tels poissons sur une si petite embarcation, il faut savoir anticiper les choses qui peuvent se passer. Par exemple, un poisson trop gros qui pourrait vider totalement votre moulinet malgré tous vos efforts, sur lequel il serait impossible de casser un bas de ligne en 80 ou 100 lb depuis un kayak. Une paire de ciseaux, une pince et un couteau bien aiguisé doivent être à portée de main en permanence. Si malheureusement, vous venez à vous retourner, n'oubliez pas que toutes vos cannes doivent être attachées au kayak grâce à des leash ou des petites cordelettes pour éviter qu'elles ne se retrouvent par 80 mètres de fond. Vos boîtes de leurres et le reste de votre matériel seront de préférence dans un bakkan étanche, fermé convenablement pour éviter que l'eau ne s'y engouffre et le fasse couler. Si vous êtes assez courageux pour tenter cette technique, entraînez-vous au préalable en bord de plage à remonter à bord de votre kayak retourné dans l'eau.
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L’expérience en milieu méditerranéen : une approche technique
Ce petit séjour, je l'avais préparé de longue date. Je souhaitais pêcher les pagres, les dentis. C'est une technique merveilleuse de pêche en jigging. Alors même que j'ai pêché des fonds rocheux, je ne me suis jamais accroché. Lors de cette session, j'ai pu attraper quelques Serrans-chèvres en pêchant proche du fond. J'ai aussi touché des chinchards en animant mon inchiku entre deux eaux et un maquereau espagnol en traîne sur le chemin du retour. Question technique, j'ai alterné les animations douces de l'inchiku sur le fond en laissant simplement ma canne immobile et profitant des vagues pour créer un mouvement, avec des amples et fortes tirées pour décoller l'inchiku du fond. Parfois je remontais le leurre sur plus d'une vingtaine de mètres avec quelques poses à la montée. À l’échosondeur, j'ai ainsi vu pas mal de poisson suivre mon leurre mais sans succès. C'est dans d'immenses boules d'anchois que j'ai pu de la sorte prendre les deux chinchards.
Lors d'une autre sortie, j'avais prévu une tresse un peu plus forte (PE 1.5) pour pêcher à l'inchiku. Pas question de me faire avoir par les poulpes. Et ils ne m'ont pas eu ! En pêchant près du fond, j'en ai sorti 5. J'ai aussi attrapé un grand nombre de serrans-chèvres et quelques chapons. Pour multiplier les touches, j'accrochais de grandes lamelles d'encornet à mon inchiku. Sur le soir, dans le "money-time", la dernière demi-heure avant de plier, je me suis collé tout contre les rochers des deux Frères et dans les immenses boules de vif, j'ai animé vigoureusement mon inchiku en partant du fond et remontant jusqu'à la surface.
Lecture du terrain et adaptation aux conditions
Aborder une session en kayak par là-haut s’apparente parfois à une vraie investigation, ainsi qu’à un peu de chance. En effet, les capacités d’un kayak pour la mise à l’eau et la tenue sur la mer sont bien moindres que celles d’un bateau ; c’est comme ça et il faut s’y plier pour notre sécurité. C’est ainsi qu’après quelques jours de surveillance de ces éléments, nous tombons régulièrement sur de belles journées, pas trop de vague et de la houle raisonnable. Sur des coefficients moyens, les bars seront là et il faudra juste s’adapter. En kayak, les choix que l’on fait sont primordiaux, prospecter une zone à l’aveuglette ou sans certitude donne parfois de bons résultats si l’on connaît ses secteurs mais peuvent aussi nous faire passer à côté du moment. "Tester" 10 min un spot amène à parfois naviguer plus qu’à ne pêcher.
J’ai quelques points un peu éloignés qui tiennent de jolis poissons et je sais que ces derniers sont souvent actifs sur ces premières heures du matin. J’arrive sur mes premiers points, ce sont des terminaisons de pointes rocheuses entrecoupées par des bandes plus ou moins sableuses. Riches en algues et concentrant de la vie, ces roches tiennent souvent de jolis poissons et des crustacés. Je dérive à 1/2 kn, c’est peu et rien ne se démarque du fond. Je pêche entre 10 et 12m d’eau. Dans ces conditions, j’aime passer très près des roches avec un leurre qui reste très naturel même avec très peu d’animation. Une vraie présentation en verticale. Le courant s’est un peu installé, je dérive à 1 kn. C’est pas la folie et je n’aurais pas mieux aujourd’hui. J’opte naturellement pour un MEGABASS x-layer 4″5 ayu. Toujours une question d’efficacité, une fois la dérive faite, il faut la remonter, autant ne pas prendre de risque et ce modèle dans ce coloris est une constante sur nos bars. Animé à la volée en 10grs sur une DECOY SV67 dans les 2 derniers mètres près du fond, sur une colonne d’eau de 10-11m. J’enregistre de bonnes touches assez vite mais ils ne prennent que lorsque le leurre rase les roches sur des tirées très courtes. Ça ne monte pas à la poursuite du layer. Je décide de pêcher plus précis, monte en 15grs et réduit la fréquence du sondeur. Je vais pêcher plus en dessous du kayak et faire juste claquer les billes sur 30cm autour des cassures du fond.
Dynamique du courant et choix des leurres
Le courant se calme, quand tout semble fini, il y a toujours quelque chose à faire. Sur la zone où je navigue, la renverse a lieu, à la louche, sur les milieux de montante et descendante. Le courant montant englobe la fin de marée montante et le début de la marée descendante. À l’opposé le courant descendant prend la fin de marée descendante et le début de la marée montante. C’est une vraie gymnastique mais il est important de le comprendre. Je viens juste de profiter du courant montant, il n’y a plus de jus. Mais j’ai quand même dans l’idée que les poissons présents autour des têtes de roches n’ont pas bougé et ces mêmes roches se trouvent maintenant accessibles pour pêcher au ras avec le DUO hacker. Je suis agréablement surpris : il ne tire pas trop fort dans le scion. Après avoir fait tourner 2-3 coloris, c’est le dark iwashi qui me transmet le premier arrêt brutal et ce seront quelques poissons de plus qui augmenteront le score.
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Le temps tourne et il est temps de rentrer, la session a été pleine. Des poissons du début à la fin, sur trois approches différentes. C’est accompagné de Johann que j’attaque cette seconde mise à l’eau. Adepte de la pêche du sandre, je compte bien lui faire prendre ses premiers bars sur nos côtes en m’aidant des techniques de pêche qu’il maîtrise déjà. C’est plein d’entrain et confiant que je l’emmène sur les zones de pêche qui m’ont réussi à la session précédente. Une marée basse une heure plus tôt et un coef plus fort optimise un peu plus la réussite de cette sortie. Début de courant vers 6h00, 11m d’eau, nous dérivons à 1 kn. Nous sommes en place sur les boules de roches entourées de sable qui m’ont déjà réussi auparavant. J’opte pour une pêche légère au MEGABASS x-layer 4″5 sur DECOY SV 67 en 10grs mais sur le nouveau coloris secret ayu que je viens juste de me procurer. Ses deux teintes vertes sombres à très sombres parsemées de micro paillettes bleues devraient ravir les copains en bas, car le fond foncé est mal pourvu en luminosité malgré le soleil montant. Ceci est dû à une eau chargée de particules en suspension.
Johann me demande si pêcher au MEGABASS Hazedong 4.2 ayu aurait du sens : complètement ! L’histoire raconte que nous prenons des poissons tous les deux. Mais ce qui ressort pendant notre dérive est que les touches ne surviennent pas au même instant. De mon côté, je m’applique à travailler autour et sur les roches chargées d’algues en animant à la volée très ras du fond. Je prends des touches franches sans être brutales et des leurres très bien rangés. Johann de son côté prend les poissons en grattant les bancs de sable, entrecoupés de longues tirées douces. Les poissons sont actifs sur l’ensemble des deux terrains mais alterner technique/profil de fond ne donne pas de résultat. C’est vraiment sympa quand les choses ne sont pas monotones. Puis le courant s’accélère et nous prenons des poissons à mi-hauteur d’eau, surtout Johann en ramenant son Hazedong au kayak. L’emploi de canne longue pour pêcher en traction, qui se prêterait bien à l’instant, n’est pas facile en kayak et il faut compenser. Nous dérivons à 2 kn et les dernières prises montrent clairement la tendance, il faut pêcher avec des souples qui claquent. Pour ma part, dans ces moments, j’utilise une Tenryu Supershoot, de gabarit idéal pour mon confort de pêche, avec un moulinet en 4000 avec un ratio assez haut. L’idée est d’effectuer une animation ample et haute accompagnée d’un ou deux tours de moulinet. C’est moins propre qu’avec le matériel destiné à la traction pure mais cela reste assez efficace.
En parallèle, j’utilise le SAYORI SHAD EVO 2 sur une tête XORUS Rolling mat en 20grs. Cette 2e génération du Sayori, en taille 120, a une caudale massive formée dans une gomme moins tonique que la version d’origine. Ce choix me permet d’avoir un leurre qui vibre plus vite, sur des plombées moins lourdes et même sur une canne moins rapide. C’est sur ce montage que je prendrais les plus gros sujets. Mon acolyte, de son côté, est équipé d’une canne de puissance médium, aussi je lui propose de passer sur un Megabass Superspindle en 5″, toujours en ayu, armé en 15grs. Mais ici pas de traction, on lance le leurre, on l’accompagne au fond. J’insiste sur l’accompagnement car les bars sont très bons au jeu de l’interception. Puis on mouline scion haut jusqu’au kayak ! Le Superspindle, même si sa gomme est bien plus tendre, adopte un wobbling très puissant quand il est associé à des têtes plus lourdes, ça claque bien et c’est l’effet recherché. Le courant se calme, et nos techniques ne sont plus aussi prenantes, j’emmène mon binôme sur mes plateaux rocheux dans l’espoir de lui faire prendre un ou deux poissons au leurre dur. Nous arrivons sur zone avec un courant de moins d’un nœud. Et c’est encore le DUO hacker qui aura la main sur cette zone, de très jolies touches sur des poissons modestes mais qui compléteront bien le score de la journée. Sur ce coup, mes hackers sont réarmés avec des hameçons simples DECOY Single 27 en taille 2/0, avec succès et j’essaierai en 3/0 sur la prochaine session. C’est un point sur lequel j’insiste pour les pêcheurs en kayaks et/ou float-tube. Je n’ai raté aucun poisson, et tous sont piqués proprement. L’utilisation d’hameçon simple permet d’éviter les désagréments de blessures ou de crevaison.
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