Les calculs de la vésicule biliaire sont très fréquents et souvent découverts lors d’une échographie réalisée pour des douleurs abdominales. La vésicule biliaire est un petit réservoir situé sous le foie. Elle stocke la bile, qui aide à digérer les graisses. Les calculs biliaires sont des petits cailloux formés à partir de cholestérol ou de pigments biliaires. Ils peuvent rester silencieux ou devenir très douloureux. Beaucoup de patients s’interrogent alors : faut-il obligatoirement se faire opérer ? Peut-on vivre avec des calculs sans enlever la vésicule ? La réponse dépend essentiellement des symptômes.
Physiologie et formation des calculs biliaires
La vésicule biliaire est un organe de petite taille, en forme de poire, localisé sous le foie. Elle stocke la bile, suc digestif produit par le foie qui facilite la digestion. Lorsque la bile est nécessaire, comme après avoir mangé, la vésicule se contracte et chasse la bile des canaux biliaires vers l’intestin grêle. Les calculs biliaires sont des dépôts solides qui se forment dans la vésicule. Le foie peut sécréter trop de cholestérol, lequel est transporté vers la vésicule biliaire avec la bile, où cet excès de cholestérol forme des particules solides et s’accumule.
Dans les pays occidentaux, le principal constituant des calculs est le cholestérol, lipide normalement soluble dans la bile. Lorsque le foie sécrète du cholestérol en excès, la bile devient sursaturée. L’excès forme des particules solides (cristaux de cholestérol). Ces cristaux microscopiques s’accumulent dans la vésicule biliaire, où ils se regroupent et forment des calculs biliaires. D’autres types de calculs se forment de la même manière, mais les particules solides sont des composés de calcium ou de bilirubine (principal pigment dans la bile). Les calculs composés de bilirubine, appelés calculs pigmentaires, sont de couleur noire ou marron.
Parfois, les particules microscopiques de cholestérol, de sels de calcium, de bilirubine et d’autres matières s’accumulent sans former de calculs. Ce sont des dépôts biliaires. Ces dépôts se développent lorsque la bile stagne dans la vésicule biliaire, comme pendant la grossesse. Ils peuvent cependant évoluer en calculs biliaires ou migrer dans les voies biliaires et obstruer les canaux.
Facteurs de risque et profil du patient
La plupart des troubles de la vésicule biliaire et des canaux biliaires sont dus à des calculs biliaires. Les facteurs de risque incluent le sexe féminin, l’âge avancé, l’obésité (en particulier chez les hommes), l’inactivité physique, le diabète et prédiabète, les anomalies lipidiques telles qu’un taux de cholestérol élevé, la maladie cardiaque athérosclérotique et les antécédents familiaux de calculs biliaires. Aux États-Unis, on estime que 14 % des personnes âgées de plus de 20 ans présentent des calculs biliaires.
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Habituellement, le profil de l’individu souffrant d’une lithiase de la vésicule est une femme de plus de 40 ans, souvent en surpoids qui est plutôt sédentaire, consommant facilement des glucides. Toutefois, ce tableau classique a changé ces dernières années et des personnes de plus en plus jeunes peuvent être concernées. Notre alimentation occidentale riche en sucres, en farines raffinées, en graisses TRANS et en calories vides peut favoriser l’apparition d’un calcul dans la vésicule.
Symptômes et complications : quand s'inquiéter ?
Dans environ 80 % des cas, les calculs biliaires ne provoquent aucun symptôme durant de nombreuses années, voire jamais. Une douleur apparaît lorsque les calculs passent de la vésicule biliaire au canal cystique, au canal cholédoque ou à l’ampoule de Vater et bloquent le canal. La vésicule biliaire se met à gonfler, entraînant une douleur appelée colique biliaire. La douleur se situe dans le quadrant supérieur de l’abdomen, souvent sur le côté droit, au-dessous des côtes. Son intensité augmente généralement pendant 15 minutes à 1 heure et reste stable, généralement pendant moins de 6 heures. Les personnes se sentent souvent nauséeuses et vomissent.
Si l’obstruction persiste, elle entraîne une inflammation de la vésicule biliaire (cholécystite aiguë). L’obstruction d’un canal biliaire peut induire une dilatation des canaux et provoquer de la fièvre, des frissons et une jaunisse. Cette combinaison de symptômes indique le développement d’une infection grave appelée cholangite. Les calculs qui bloquent l’ampoule de Vater peuvent également obstruer le canal pancréatique et provoquer une inflammation du pancréas (pancréatite). L’inflammation de la vésicule biliaire due à des calculs biliaires peut user la paroi de la vésicule et provoquer un trou (perforation). Un gros calcul biliaire qui entre dans l’intestin grêle peut provoquer une occlusion intestinale, appelée iléus biliaire.
Stratégies diagnostiques
Le médecin suspecte des calculs biliaires chez une personne qui présente la douleur caractéristique dans la partie supérieure de l’abdomen. Pour les calculs dans la vésicule biliaire, l’échographie constitue l’examen de choix. Cette technique permet dans 95 % des cas la détection des calculs. Parfois, une tomodensitométrie (TDM) ou une imagerie par résonance magnétique (IRM) est également utilisée. Bien que l’échographie soit moins fiable pour le dépistage des calculs des canaux biliaires, elle peut montrer que l’obstruction a provoqué une dilatation des canaux, rendant ainsi nécessaire une CPRM (cholangiopancréatographie par résonance magnétique).
On effectue des analyses de sang pour évaluer le degré de fonctionnement du foie. Les résultats sont généralement normaux, sauf si les calculs obstruent les canaux biliaires. Quand des calculs obstruent les canaux biliaires, les résultats sont généralement anormaux, ce qui suggère un reflux de la bile dans le foie (cholestase).
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Prise en charge chirurgicale et médicale
Les calculs biliaires asymptomatiques n’ont pas besoin de traitement. Si les calculs de la vésicule biliaire provoquent des crises douloureuses récidivantes, le médecin peut recommander l’ablation chirurgicale de la vésicule (cholécystectomie). Environ 90 % des cholécystectomies sont pratiquées à l’aide d’un laparoscope, inséré dans de petites incisions. La cholécystectomie laparoscopique améliore le confort après l’intervention, raccourcit la durée du séjour hospitalier, améliore les résultats esthétiques et réduit la période de convalescence.
Alternativement, les calculs biliaires peuvent parfois être dissous par des médicaments, tels que des acides biliaires (acide ursodésoxycholique), pris par voie orale. Ces médicaments ne sont pas toujours efficaces. La dissolution est plus susceptible de fonctionner lorsque les calculs se composent de cholestérol et que l’ouverture de la vésicule biliaire n’est pas obstruée. L’utilisation de ce traitement est limitée, et les médecins y ont principalement recours lorsque la chirurgie est trop risquée.
Approches nutritionnelles et hygiène de vie
La bile a deux fonctions majeures : digérer les graisses et servir de fluide excrétoire pour éliminer les toxines. Pour prendre soin de sa vésicule biliaire, il faut améliorer la qualité de la bile. Il est conseillé d’éliminer les sucres et les hydrates de carbone raffinés de son alimentation. Il faut également réduire les graisses TRANS et les huiles oméga 6 pro-inflammatoires, et consommer régulièrement des acides gras polyinsaturés omégas 3. Boire en suffisance, car la déshydratation favorise les calculs biliaires. Favoriser une alimentation végétale dense en micronutriments et surtout riche en fibres solubles et insolubles.
Il est utile de limiter les apports en lipides saturés (beurre, charcuteries, fromages gras, viandes grasses) et de favoriser la cuisine à la vapeur. Prendre 1 à 2 cuillères à soupe d’huile végétale par jour est recommandé. Il est essentiel de combattre la constipation de façon efficace. En cas de symptômes de côlon irritable, il est conseillé de rechercher et d’exclure les aliments fermentescibles mal digérés.
Aquagym et reprise d'activité après une chirurgie
La reprise d’une activité physique après une chirurgie abdominale est une question fréquente chez les patients. Après une intervention digestive, il est normal de se demander quand reprendre ses activités habituelles. La chirurgie est généralement bien tolérée, mais le corps a besoin de temps pour récupérer. La reprise d’une activité physique dépend principalement de la technique chirurgicale utilisée et de l’état général du patient.
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La marche est généralement encouragée très tôt après l’opération. Reprendre une activité physique après une cholécystectomie ne signifie pas reprendre immédiatement un entraînement intense. À l’inverse, certains sports doivent être repris plus tardivement. Les activités impliquant des impacts, des torsions abdominales ou des efforts importants peuvent augmenter le risque de douleurs ou de complications. L’aquagym, par sa nature portée et sans impact, peut représenter une transition intéressante, sous réserve de l’accord du chirurgien. Tout d’abord, il est important d’écouter son corps. Ensuite, la reprise doit être progressive. Enfin, un suivi médical reste essentiel.