Le mouillage représente une manœuvre fondamentale et incontournable pour tout plaisancier, qu'il s'agisse d'explorer des criques idylliques lors d'une croisière ou de chercher un abri d'urgence face à une météorologie capricieuse. Immobilliser un navire en mer ou dans une zone dédiée, à l'aide d'une ligne de mouillage, est une étape clé qui garantit non seulement la sécurité du bateau et de ses occupants, mais contribue également à la préservation des fonds marins. Une manœuvre de mouillage mal exécutée peut engendrer de nombreux risques, allant de la collision à une mauvaise tenue face au vent, en passant par des dégradations environnementales. Ce guide a pour objectif d'éclairer les plaisanciers sur les techniques essentielles, les équipements adéquats, et, en particulier, sur la méthode de calcul de la longueur de chaîne nécessaire pour un mouillage serein et sécurisé, en prenant en compte les spécificités d'un voilier d'environ 36 pieds. Nous explorerons les différents types de mouillages, la composition de la ligne de mouillage, les étapes cruciales pour réussir cette manœuvre, les zones privilégiées pour jeter l'ancre, et les distances à observer avec les autres usagers de la mer.
L'importance capitale du mouillage et ses implications
Le mouillage, loin d'être une simple formalité, est une étape essentielle pour tout plaisancier. Il consiste à immobiliser le navire en mer ou dans une zone prévue à cet effet, à l'aide d'une ligne de mouillage. Bien maîtriser cette manœuvre est indispensable pour assurer la sécurité du bateau, éviter les dérives et préserver les fonds marins. En effet, un mouillage mal exécuté peut entraîner de nombreux risques : collision avec d'autres navires ou obstacles sous-marins, mauvaise tenue au vent ou aux courants, ce qui expose le bateau à dériver dangereusement, ou encore des dégradations environnementales irréversibles dues au raguage de la chaîne sur les écosystèmes marins. La capacité à effectuer un mouillage efficace est donc une compétence fondamentale, dictant non seulement le confort à bord mais aussi la protection de l'environnement fragile des zones côtières. Anticiper les conditions, comprendre son matériel et appliquer les bonnes techniques sont les piliers d'un mouillage réussi, transformant une potentielle source de stress en un moment de quiétude absolue.
Les différentes techniques de mouillage pour s'adapter à chaque situation
Selon les conditions environnementales, l'encombrement du mouillage, ou la durée prévue de l'escale, plusieurs techniques de mouillage peuvent être employées. Chacune possède ses particularités et répond à des besoins spécifiques, permettant au plaisancier d'optimiser la sécurité et le confort de son navire.
Le mouillage simple : la solution la plus courante
Le mouillage simple est la technique la plus répandue, la plus simple et pratique, reposant sur l'utilisation d'une seule ancre. Sa facilité de mise en œuvre en fait le choix par excellence pour la majorité des situations par beau temps. Cependant, il est crucial de noter que le rayon d'évitage est important avec cette méthode. Le rayon d'évitage représente la zone circulaire dans laquelle le bateau peut se déplacer autour de son point d'ancrage sous l'influence du vent et des courants. Il est impératif de veiller à l'anticiper pour s'assurer que le bateau ne vienne pas heurter d'autres navires, le rivage, ou des obstacles. De plus, il faut penser à allonger la chaîne en cas de mauvais temps ou si les conditions météo se dégradent, afin d'augmenter la tenue de l'ancre en améliorant l'angle de traction.
L'affourchage : réduire le champ d'évitage
L'affourchage est un mouillage sur deux ancres, positionnées en forme de V à l'avant du bateau. Pour être efficace, l'angle entre les deux chaînes doit être d'un minimum de 90 degrés. Cette technique permet de réduire le champ d'évitage, offrant ainsi une meilleure maîtrise de la position du bateau, ce qui est particulièrement utile dans les mouillages encombrés ou dans les passages étroits. En répartissant la charge sur deux ancres, la tenue générale peut être améliorée. Cependant, la manœuvre est délicate car il faut remonter sur le premier mouillage pour aller disposer le second. Il est également recommandé que les deux ancres soient de même technologie pour travailler de la même façon, maximisant ainsi leur efficacité combinée. Il est à noter que, malgré ses avantages pour la réduction de l'évitage, ce type de mouillage n'est pas toujours conseillé en cas de très mauvais temps, car la complexité des lignes peut parfois devenir un inconvénient en cas de besoin de lever le mouillage rapidement.
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L'embossage : une immobilisation parfaite
L'embossage est une technique particulièrement utile lorsque le mouillage est encombré, puisqu’elle supprime tout simplement l’évitage. Cette méthode implique de positionner une ancre par l'avant et une autre par l'arrière du bateau, généralement de manière diamétralement opposée. En fixant le navire à deux points distincts, l'embossage permet au bateau de garder le même axe et de rester stationnaire, limitant ainsi tout mouvement latéral ou de giration. Cette technique est idéale pour maximiser l'espace dans les mouillages très fréquentés, ou pour se positionner précisément face à un élément particulier du paysage, par exemple. Elle offre une stabilité remarquable mais nécessite une mise en œuvre soignée pour éviter l'emmêlement des lignes lors de l'établissement du mouillage.
L'empennelage : une sécurité renforcée par gros temps
L'empennelage est une technique indiquée en cas de mauvais temps afin d'éviter tout décrochage et dérive du bateau. Il s'agit d'ajouter une deuxième ligne de mouillage sur l'ancre principale, plus longue que la distance de la profondeur. Plus précisément, cela consiste à mouiller deux ancres à la suite, l'une derrière l'autre sur la même ligne de mouillage. Si les deux ne travaillent pas obligatoirement dans le sol, la première ancre, la plus proche du bateau, sert au moins de poids supplémentaire pour plaquer la chaîne principale au fond, améliorant ainsi l'angle de traction sur la seconde ancre, qui est la principale force de tenue. Cette répartition de la charge et l'augmentation du poids sur le fond contribuent significativement à la résistance du mouillage face à des vents forts ou des courants importants. Au moment de partir, les ancres se relèvent l'une après l'autre, ce qui requiert une manœuvre ordonnée.
La ligne de mouillage : un assemblage essentiel pour la sécurité
La ligne de mouillage ne se limite pas à la seule ancre ; elle constitue un ensemble cohérent d'équipements dont vous aurez besoin pour mouiller en toute sécurité et avec efficacité. Chaque composant joue un rôle spécifique et leur bonne coordination est gage de succès.
L'ancre : la pièce maîtresse du système
L'ancre est la pièce maîtresse de la ligne de mouillage. Son choix est primordial et doit être effectué en fonction du type de fond marin (sable, vase, roche, etc.) sur lequel vous prévoyez de mouiller, ainsi que de sa forme. Différentes formes d'ancres sont conçues pour des performances optimales sur des fonds spécifiques. Pour les ancres nouvelles générations, il est souvent constaté que plus l'angle de leur soc est faible, meilleure est leur tenue dans le substrat.
L'ancre secondaire : un complément de sécurité
Une ancre secondaire est un élément précieux de la ligne de mouillage, utile en complément de l'ancre principale. Elle permet de stabiliser le bateau en cas de forts courants ou de vents importants. Elle est également indispensable pour réaliser un mouillage en affourchage ou en empennelage, offrant ainsi des options tactiques supplémentaires pour adapter le mouillage aux conditions.
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La chaîne : le garant d'une bonne tenue
La chaîne est un élément clé pour assurer un bon mouillage. Sa fonction principale est double : d'une part, son poids significatif aide à créer un effet de caténaire, c'est-à-dire une courbe qui permet à la traction sur l'ancre de rester horizontale, maximisant ainsi sa capacité à s'enfouir et à tenir. D'autre part, elle offre une résistance à l'abrasion bien supérieure à celle d'un cordage, protégeant ainsi l'ensemble de la ligne de mouillage contre les fonds rocheux ou coralliens. La chaîne peut être entièrement métallique ou associée à un câblot en textile pour les mouillages qui requièrent une longueur supplémentaire ou pour réduire le poids total. Le poids de la chaîne, bien réparti sur le fond, sera déterminant dans la bonne tenue de votre ancre. Pour les grandes croisières, il est souvent recommandé d'avoir deux mouillages principaux et une grande longueur de chaîne. Pour les ancres légères, le cordage plombé est conseillé, conditionné en diamètre de 10 à 16 mm et en longueurs de 30 à 50 m, terminé par une épissure et une cosse inox.
Le cordage et le point d'étalingure
Un cordage avec épissure sur chaîne est souvent utilisé pour compléter la ligne de mouillage. Le point d'étalingure pour le câblot est essentiel pour sécuriser son mouillage, mais aussi pour pouvoir le couper rapidement en cas d'urgence, une situation où chaque seconde compte pour la sécurité du navire et de son équipage.
Les accessoires indispensables pour un mouillage optimisé
Divers accessoires complètent la ligne de mouillage et améliorent la facilité et la sécurité des opérations :
- Le davier : Dispositif fixé à l'étrave qui guide la chaîne ou le cordage et supporte l'ancre en position relevée.
- L'amortisseur de chaîne (snubber) : Permet d'absorber les à-coups et les chocs sur la ligne de mouillage, réduisant ainsi la tension sur l'ancre et le guindeau, et diminuant le bruit à bord.
- Le guindeau : Qu'il soit manuel ou électrique, le guindeau facilite grandement la remontée de l'ancre et de la chaîne, un travail qui serait autrement très physique. Un guindeau électrique est un avantage notable, surtout sur un voilier de 36 pieds où le poids de la chaîne peut être conséquent.
- Le compteur de chaîne : Permet de savoir précisément la longueur de chaîne mouillée, une information cruciale pour un mouillage correct.
- Les marqueurs de chaîne : Des repères colorés insérés à intervalles réguliers sur la chaîne pour visualiser la longueur sortie sans avoir besoin d'un compteur.
- L'orin : Un cordage frappé sur le diamant de l'ancre (son extrémité). Il permet de repérer son ancre et est d'une aide précieuse pour la remonter lorsqu'elle est bloquée dans un fond rocheux ou encombré. Oringuer est une technique conseillée dans les mouillages encombrés ou sur des fonds rocheux. Si l'ancre se trouve bloquée au moment de remonter le mouillage, il suffit de tirer sur l'orin pour la dégager.
La ligne de mouillage est un élément de confort mais aussi de sécurité. C'est pourquoi vous devez être en mesure de libérer votre ancre rapidement, en cas de danger ou d’imprévu, comme une panne de moteur ou une dérive incontrôlée.
Réussir son mouillage : une manœuvre qui demande anticipation et méthode
Un mouillage sécurisé nécessite une anticipation rigoureuse et une exécution méthodique. Chaque étape, de l'approche du site à la vérification de la tenue, contribue à la réussite de la manœuvre.
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L'observation préliminaire : la clé de l'anticipation
Avant même de songer à jeter l'ancre, une phase d'observation approfondie est indispensable. Il est primordial d'observer le plan d'eau dans son ensemble : la présence et le comportement des autres bateaux, l'orientation et la force du vent, ainsi que la direction et l'intensité des courants. Ces éléments détermineront non seulement le point de mouillage idéal, mais aussi la quantité de chaîne à filer et le rayon d'évitage potentiel. De même, veillez à la marée et au marnage, c'est-à-dire la différence de hauteur d'eau entre la marée haute et la marée basse. Optez de préférence pour un mouillage peu profond, ou du moins où le marnage ne créera pas de surprises désagréables, pour éviter trop de poids à gérer lors de la remontée et pour minimiser les risques de dérapage si le bateau est tiré vers l'amont ou l'aval d'une pente sous-marine.
La procédure de largage de l'ancre
Pour jeter l'ancre, positionnez votre navire face au vent ou au courant dominant. Cette approche permet de contrôler la vitesse et la direction du bateau. Jetez l'ancre une fois que le bateau commence à dériver vers l'arrière et laissez doucement culer le navire. L'objectif est de bien étaler la chaîne au fond de manière linéaire, sans créer un tas qui sera inefficace car il ne permettra pas à la chaîne de jouer son rôle de lest et d'amortisseur. Le poids de la chaîne, bien réparti sur le fond, sera déterminant dans la bonne tenue de votre ancre. Si les conditions sont calmes et qu'il n'y a pas de vent ou de courant significatif pour faire culer le bateau, mettez un léger coup de marche arrière pour accompagner le filage de la chaîne et l'étaler correctement. Une fois la longueur de chaîne souhaitée filée, donnez un petit coup de marche arrière plus prononcé pour permettre à l'ancre de bien s'enfouir et de s'accrocher fermement au fond.
Le contrôle de la bonne tenue du mouillage
Une fois l'opération finie et l'ancre supposée bien enfouie, il est impératif de contrôler la bonne tenue de votre mouillage. Pour ce faire, effectuez un relevé de plusieurs amers (repères fixes à terre, comme un phare, un arbre remarquable, un rocher) qui se trouvent dans des directions différentes. Vous contrôlerez régulièrement l'alignement de ces amers pour vous assurer que votre mouillage tient bien. Toute modification significative dans l'alignement de ces repères indiquera une dérive du bateau et donc un décrochage de l'ancre. Cette surveillance visuelle, complétée par l'utilisation d'un GPS pour vérifier la position exacte et son historique, est cruciale afin d'éviter une mauvaise surprise, surtout la nuit ou en cas de changement de conditions météo.
Calculer la longueur de chaîne nécessaire : une science au service de la sécurité, notamment pour un voilier de 36 pieds
La longueur de la chaîne est un facteur déterminant pour assurer la tenue de l'ancre et éviter tout décrochage. Une longueur appropriée permet à la chaîne de créer un effet de caténaire suffisant pour maintenir un angle de traction horizontal sur l'ancre, maximisant ainsi sa capacité de tenue. Pour la calculer, il faut prendre en compte la profondeur de l'eau et les conditions météorologiques anticipées.
La règle générale et ses ajustements
Il est généralement recommandé de filer une longueur de chaîne d'environ 3 à 5 fois la hauteur de l'eau (profondeur à marée haute plus la hauteur du pont au-dessus de l'eau). Cette règle est une bonne base, mais elle doit être ajustée. Prévoyez plus si le vent est fort, si les courants sont puissants, ou si le fond est de mauvaise tenue (vase molle, roche lisse). À l'inverse, vous pourrez réduire cette proportion si votre rayon d'évitage doit être petit, par exemple dans un mouillage très encombré où l'espace est limité. Il est important de se rappeler que plus la chaîne est longue et plus le rayon d'évitage sera grand, ce qui peut poser problème dans des zones restreintes. En cas de zone encombrée, il faudra ajuster la longueur pour éviter toute collision avec les autres bateaux.
Le cas spécifique des voiliers de 36 pieds et le diamètre de la chaîne
Pour un voilier de 36 pieds (environ 10,97 mètres), le choix du diamètre de la chaîne est crucial. Les recommandations générales sont les suivantes : pour un bateau de longueur inférieure à 10 m, une chaîne de diamètre 8 mm est souvent suffisante. Pour un bateau de 10 à 12 m, une chaîne de diamètre 10 mm est généralement préconisée. Enfin, pour un bateau de longueur dépassant 12 m, il faut de la chaîne de 12 mm. Par conséquent, pour un voilier de 36 pieds, une chaîne de 10 mm ou de 12 mm serait typiquement indiquée, en fonction des marges de sécurité désirées et du programme de navigation.
Un plaisancier naviguant sur un voilier de 28 pieds a par exemple opté pour une chaîne de 10 mm, qu'il considérait comme surdimensionnée pour la taille de son bateau. Bien que cela ne soit pas optimal en termes de poids total à bord, il trouvait cela avantageux pour réduire le rayon d'évitage dans les mouillages encombrés et pour augmenter la résistance globale de son mouillage. Cette approche démontre que des choix peuvent être faits en fonction des priorités : la tenue et la sécurité peuvent primer sur le gain de poids, surtout lorsque l'on pratique fréquemment des mouillages exigeants.
L'approche "scientifique" du Marin breton et ses limites
Un article paru dans le "Marin breton" a notamment attiré l'attention pour sa tentative de fournir un calcul plus "scientifique" de la longueur minimale de chaîne à mouiller. Cet article se donne pour objectif de permettre le calcul de la longueur minimale de chaîne à mouiller, en fonction de la longueur du bateau (en fait de son fardage, c'est-à-dire la partie du bateau exposée au vent), du calibre de la chaîne utilisée, de la profondeur, et de la force maximum de vent attendue. Le principe sous-jacent à ce calcul est de garantir que la traction sur l'ancre restera toujours horizontale, condition essentielle pour une tenue optimale.
Ce calcul, bien que présenté comme scientifique, n'était pas accompagné de démonstrations formelles, mais les résultats qu'il donnait ne semblaient pas "déconnants" à certains utilisateurs, et probablement pas moins bons que les règles empiriques que chacun se fabrique. Il est fort probable que ce genre de calcul soit enseigné dans les écoles maritimes, témoignant de sa crédibilité théorique. Cependant, cet article ne traitait pas des ancres spécifiquement, et il n'intégrait pas deux autres paramètres importants que sont les courants et le fetch (la distance sur laquelle le vent a soufflé sans rencontrer d'obstacle, générant des vagues). L'absence de ces paramètres signifie qu'il faut peut-être en revenir au "sens marin" pour les prendre en compte, l'expérience du plaisancier complétant le modèle mathématique.
La validité de telles hypothèses peut parfois être sujette à débat, certains commentaires ayant soulevé des "hypothèses datées". En effet, l'évolution des designs d'ancres, la compréhension des forces hydrodynamiques et des technologies de mouillage peuvent rendre certaines formules moins pertinentes avec le temps. De plus, la notion de "fardage" est complexe et peut varier considérablement selon le type de gréement, la présence d'un taud, ou la configuration générale du bateau.
Des résultats peuvent même paraître "contre-intuitifs" pour certains, soulignant la différence entre la perception instinctive et une analyse basée sur des modèles physiques. Le fait de consigner ces résultats sur une feuille de papier pour les avoir sous la main est une excellente pratique, permettant une consultation rapide et éclairée lors de la manœuvre de mouillage, tout en tenant compte de la capacité de la baille à mouillage.
Les zones pour faire votre mouillage et la responsabilité environnementale
Le choix de l'emplacement pour mouiller l'ancre est tout aussi important que la manœuvre elle-même. Aujourd'hui, alors que le nombre d’embarcations au mouillage augmente, de plus en plus de zones spécifiques se développent afin de parer au mouillage "sauvage". Ce dernier est une source de dommages environnementaux considérables à cause du raclement des fonds marins par les chaînes et les ancres, ou de l’abandon d’amarrages sur place qui polluent les écosystèmes.
Les ZMEL : une solution pour un mouillage durable
Ces zones dédiées sont nommées des ZMEL (zones de mouillage et d’équipements légers). Elles sont créées pour protéger les herbiers marins, les coraux et autres habitats fragiles, et sont également plus sécurisées pour les plaisanciers. Si votre mouillage n'est pas un mouillage d'urgence, il est impératif de définir tout d'abord une zone où le mouillage est autorisé. Pour cela, reportez-vous systématiquement aux cartes marines et aux guides nautiques qui indiquent précisément ces zones réglementées ou protégées.
La nature du fond : un critère essentiel
La nature du fond est aussi d'une importance capitale, puisqu'elle exerce une grande influence sur la bonne accroche de votre ancre. Un fond sableux ou vaseux, par exemple, offre généralement une bonne tenue pour la plupart des ancres modernes, à condition que l'ancre s'enfouisse correctement. Les fonds rocheux, en revanche, peuvent offrir une tenue exceptionnelle mais présentent un risque élevé d'accrochage et de perte de l'ancre. Et il est catégoriquement interdit de jeter votre ancre dans le corail, qui a trop longtemps souffert de la négligence des plaisanciers. Ces écosystèmes sont non seulement d'une biodiversité exceptionnelle, mais aussi extrêmement fragiles et lents à se régénérer. Le respect de ces règles de base participe activement à la protection de l'environnement marin.