Origines et ascension sportive d'un espoir français
Camille Lacourt, né le 22 avril 1985 à Narbonne, est un nageur français spécialiste des épreuves de dos, principalement le 50 et le 100 m. Natif de Narbonne de deux parents facteurs, Camille Lacourt commence la natation à l'âge de 5 ans à La Cabanasse. Il y côtoie alors Richard Martinez qui encadre toujours le nageur lorsque celui-ci intègre le « pôle espoirs » de Font-Romeu en 2001. Il a alors 16 ans et s'illustre bientôt dans les catégories d'âge inférieures au niveau senior.
Il est ainsi médaillé de bronze du 50 m dos lors des Championnats de France cadets en 2002, double médaillé de bronze sur 50 et 100 m dos l'année suivante en juniors avant de ramener deux titres de champion de France lors de sa dernière année parmi les juniors en 2004 sur ces deux mêmes épreuves. Au niveau international, il participe en 2003 aux Championnats d'Europe juniors à Glasgow, sans s'illustrer individuellement mais en terminant au pied du podium du relais 4 × 100 m quatre nages en compagnie notamment d'Amaury Leveaux. C'est en 2005 qu'il obtient de premières récompenses au niveau national en montant à deux reprises sur la troisième place d'un podium aux Championnats de France à Nancy. Troisième sur 50 et 100 m dos, ses performances combinées à son jeune âge en font alors l'espoir français du dos. En fin de saison, il convertit ces progrès en petit bassin en décrochant ses deux premiers titres de champion de France à Chalon-sur-Saône.
Mutations techniques et changements d'environnement
En septembre 2006, Camille Lacourt rompt sa collaboration avec son entraîneur de toujours et rejoint alors le prestigieux groupe chapeauté par Philippe Lucas à Canet-en-Roussillon. Au côté de la tête d'affiche de la natation française Laure Manaudou ou de la dossiste Esther Baron, il voit sa charge de travail sensiblement augmenter. Les Championnats de France 2007 organisés en juin le voient de fait remporter ses deux premiers titres nationaux seniors en grand bassin et battre son premier record de France. À Saint-Raphaël, il efface en effet ce qui constitue alors le plus ancien record de France en dominant les séries du 50 m dos en 25 s 66, cinq centièmes de seconde de moins que l'ancien record d'Europe de Franck Schott établi lors des Championnats de France d'hiver 1994. En finale, il l'abaisse à 25 s 46 pour décrocher la médaille d'or, la première de sa carrière en grand bassin. Quelques jours plus tard, il réalise le doublé en gagnant le 100 m dos en 55 s 39, huit centièmes de seconde plus rapidement que Benjamin Stasiulis.
L'année 2008 est marquée par les Jeux olympiques disputés à Pékin en Chine, un événement auquel ne participe pas Camille Lacourt qui, multipliant les blessures en cette année, souffre d'un zona durant les sélections olympiques. Organisés à Dunkerque, les Championnats de France servent de sélections. Dès les séries, Camille Lacourt perd tout espoir de qualification en nageant le 100 m dos en 56 s 27 alors que le temps requis est de 56 s 22. En demi-finale, en raison d'une coulée trop longue, il est disqualifié et ne peut donc pas prétendre à une place au sein du relais 4 × 100 m quatre nages. Après avoir déclaré forfait pour les Championnats d'Europe prévus à Eindhoven, l'échec d'une sélection olympique le convainc de quitter Philippe Lucas dont le groupe d'entraînement s'est démembré. D'un intérêt porté au foncier à Canet-en-Roussillon, Camille Lacourt justifie alors son départ pour le Cercle des nageurs de Marseille par la volonté de travailler davantage le physique particulièrement sollicité en dos, le sien ayant subi une déchirure musculaire durant l'année.
L'ère de la maturité et les sommets mondiaux
Apparues en 2008, les combinaisons de dernière technologie sont à l'origine d'une vive polémique qui connaît son apogée en 2009. Tandis que les records mondiaux sont battus à de multiples reprises, Camille Lacourt améliore lui aussi sensiblement ses records personnels. Il abaisse son record sur 100 m dos à 53 s 57 lors de la finale de l'épreuve aux Championnats de France disputés à Montpellier. Sur la distance inférieure, il porte son record à 24 s 78 pour remporter le titre national et valider sa qualification pour les Championnats du monde prévus durant l'été à Rome. En Italie, pour sa première sélection en grand bassin, il atteint la finale en réalisant le troisième temps global en série et en demi-finale, améliorant son meilleur temps en 24 s 46.
Lire aussi: Marchand brise les records
Marquée par un retour au tissu et à l'interdiction des combinaisons, l'année 2010 entraîne une baisse des performances au niveau global, mais Camille Lacourt s'en accommode très bien. Lors des Championnats de France à Saint-Raphaël, le dossiste améliore deux fois son record personnel pour le porter à 53 s 29. En juin, il bat l'Américain Aaron Peirsol, triple champion olympique en dos, sur 100 m à Monaco. Début août à Budapest, il atteint aisément la finale en battant le record de France en 52 s 58. En finale, il abaisse cette marque à 52 s 11, temps battant le record d'Europe. Quatrième champion d'Europe français de l'épreuve, il domine son compatriote Jérémy Stravius. Deux jours après, il gagne également le 50 m dos en 24 s 07. Le dernier jour, il obtient son troisième titre de la semaine lors du 4 × 100 mètres 4 nages. En 2011, à Shanghai, il devient le premier champion du monde de l'histoire de la natation française du 100 mètres dos, en partageant sa médaille d'or avec Jérémy Stravius.
Défis olympiques et fin de carrière
Lors des Jeux olympiques de Londres 2012, Camille Lacourt termine au pied du podium, 4e de la finale du 100 m dos remportée par l'Américain Matt Grevers. Aux championnats du monde 2013 à Barcelone, il remporte le 4 août son premier titre planétaire sur 50 m dos devant Matt Grevers et Jérémy Stravius. Aux championnats du monde de Kazan 2015, il s'adjuge trois nouvelles médailles : il conserve son titre du 50 m dos, prend la médaille d'argent sur 100 m dos et le bronze avec le 4 × 100 m 4 nages. À Kazan, Lacourt ramène une troisième médaille à la France, après l'or du relais 4x100m et de Florent Manaudou sur 50m papillon.
Double champion d'Europe du 50 et 100 m dos à Londres en mai 2016, il ne connaît pas la réussite aux Jeux de Rio où il se classe 5e de la finale du 100 m dos. Ryan Murphy a imposé sa cadence pour s'offrir l'or avec le deuxième chrono le plus rapide de l'histoire, devant Jiayu Chu et David Plummer. C'est triste de ne pas avoir de médaille à son palmarès, confie alors le Français dans les travées de l'Aquatics Stadium. Enfin, après avoir annoncé que le 50 m dos des championnats du monde de Budapest 2017 serait la dernière course de sa carrière, il s'élance le 30 juillet en finale à la ligne 4 et remporte sa troisième victoire consécutive à ce niveau en 24 s 35 devant Junya Koga et Matt Grevers. La performance consistant à gagner trois titres mondiaux individuels consécutifs sur la même distance est inédite dans l'histoire de la natation française.
#
Lire aussi: Tout savoir sur l'Équipement de Natation
Lire aussi: Natation enfantine : une activité bénéfique ?