Gustave Caillebotte, un nom qui résonne aujourd'hui avec une reconnaissance croissante, a longtemps été relégué au second plan de l'histoire de l'art, souvent perçu principalement comme l'ami généreux et le mécène des Impressionnistes. Pourtant, Caillebotte se révèle un personnage aux nombreuses facettes, dont les talents s'étendaient bien au-delà de la peinture pour embrasser la philatélie, l'ingénierie navale, la régate et l'horticulture. Son œuvre, en particulier ses scènes nautiques, offre une perspective unique sur la modernité du XIXe siècle, témoignant d'une profonde connexion entre l'art et la vie quotidienne, une passion vécue avec autant d'engagement que son métier de peintre.
Les Années Formatives à Yerres et l'Éveil Artistique
Gustave Caillebotte naît le 19 août 1848 au 160 rue du Faubourg-Saint-Denis à Paris, au sein d'une famille d'extraction bourgeoise. Il est le fils de Martial Caillebotte, un chef d’entreprise aux affaires florissantes qui fournit de la toile de drap aux armées, une activité grâce à laquelle la famille Caillebotte, originaire de la Manche, a fait fortune dans la vente de draps aux armées de Napoléon III. En 1857, Gustave entre au lycée Louis-le-Grand de Vanves.
Un tournant crucial dans sa formation et son inspiration picturale intervient alors que Gustave a 12 ans, lorsque la famille Caillebotte s’installe à Yerres. Sa mère, Céleste Caillebotte, née Daufresne, conserve la propriété d'Yerres, onze hectares agrémentés d'un parc paysager, que son père avait acquise en 1860. Le jeune Gustave s’épanouit au sein de cette villégiature verdoyante. Adolescent, il se montre particulièrement sensible aux compositions végétales et aux allées sinueuses du parc. Ces sujets d’inspiration se retrouvent dans les 80 tableaux qu’il peignit au sein de la Propriété, entre les années 1873 et 1878, après qu'il, déjà licencié en droit, choisit de se consacrer à la peinture.
À Yerres, les ambiances de villégiature ou les loisirs de la rivière occupent une large place dans ses premiers tableaux. Caillebotte a immortalisé également ses proches, famille ou amis venus passer quelques jours à Yerres, les saisissant sur l’instant : femmes cousant, homme lisant, baigneur dans l’Yerres, etc. Ce style nouveau rompt totalement avec l’académisme. Sa production picturale comprend principalement des huiles sur toile et quelques pastels, ainsi que des dessins préparatoires. Dans le jardin d’agrément richement arboré et entretenu par cinq jardiniers, il réalise des toiles traitées dans une facture assez classique, mais Caillebotte travaille sur les effets lumineux et colorés, sur les jeux de troncs d’arbres, dans une manière qui rappelle le japonisme. Gustave Caillebotte, Jardin à Yerres, 1876, huile sur toile, 59 x 81, est un exemple emblématique de cette période. Jusqu'à la mort de sa mère, lui et ses frères y passent leurs étés à faire du bateau, à chasser et à jouer au billard.
Après avoir obtenu son diplôme de bachelier en droit en avril 1869 et sa licence en droit le 6 juillet 1870, Caillebotte, âgé de 22 ans, est mobilisé vingt jours plus tard dans la garde nationale mobile de la Seine et participe à la défense de Paris pendant la guerre franco-prussienne. Démobilisé le 7 mars 1871, il entre ensuite dans l'atelier du peintre académique réputé Léon Bonnat en 1871, où il fait la connaissance de Jean Béraud, afin de préparer les concours des beaux-arts. En mars 1873, Caillebotte est reçu quarante-sixième au concours des beaux-arts, mais il n'y reste qu'un an. La mort de son père, le 25 décembre 1874, lui laisse deux millions de francs en héritage à partager entre sa veuve et ses quatre enfants. Ce confort financier lui offre une liberté artistique rare.
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La Passion Nautique : Du Jardin d'Yerres aux Régates du Petit Gennevilliers
Le peintre cultive très tôt une passion pour les bateaux. Cet intérêt, déjà palpable sur l'Yerres, s'intensifie considérablement par la suite. C'est dans sa dernière résidence, au Petit Gennevilliers, au bord du bassin d’Argenteuil, que Caillebotte développe sa vraie passion de la navigation. Il y passe de la table d’architecte à la barre, dessinant 25 plans de bateaux qu’il fait construire au chantier Luce, voisin de sa maison. Il ajoute à ses nombreuses activités celle très prenante d’architecte naval ; car Caillebotte régate aussi sur ses bateaux (il en possède jusqu’à 14) et gagne souvent des courses, avec Dahut ou Roastbeef, son préféré. Gustave Caillebotte devient en 1880 vice-président du Cercle de la Voile de Paris, autorité d’alors en matière de yachting : il va militer en faveur de ce sport et le faire progresser au plus haut niveau.
Les scènes nautiques sont un thème récurrent dans son œuvre, reflétant son engagement personnel dans le monde de la voile. Sur les bords de Seine ou en Méditerranée, dans les cirés de régate ou à la barre de leurs yachts, les impressionnistes comme Signac et Caillebotte passaient leur temps à observer, mais ils vivaient aussi leur passion de la voile avec autant d'engagement que leur métier de peintre. Cette connivence avec les éléments, cette connaissance intime du vent, des voiles et des lumières côtières imprègnent leurs toiles comme une respiration partagée entre art et navigation. Ils peignent ce qu'ils connaissent, ce qu'ils aiment, ce qu'ils pratiquent au quotidien, les mains dans l'eau salée autant que sur la toile. Gustave Caillebotte, Périssoires sur l’Yerres, 1877, huile sur toile, 103 x 156 cm, conservé au Milwaukee Art Museum, est une œuvre emblématique de cette période et de cette passion. Les tableaux ayant pour titre « Périssoires » furent d’ailleurs réalisés à Yerres dans le parc familial et sur la rivière.
En 1881, Caillebotte achète une propriété au Petit-Gennevilliers, en bord de Seine et face à Argenteuil. Dès 1887, il délaisse peu à peu sa résidence parisienne pour s'y installer définitivement. Une seconde vie commence alors pour lui, plus paisible et bercée par les méandres de la Seine. "Ce petit coin de Gennevilliers" le confirme dans sa passion du nautisme et des bateaux à voile. Adepte des régates et du canotage, Caillebotte possède plusieurs embarcations dont il dessine lui-même les plans. À l'automne 1878, la mère de Gustave Caillebotte meurt. La propriété familiale d'Yerres est vendue en juin 1879. Les frères Caillebotte s'installent boulevard Haussmann et achètent, en mai 1881, une propriété au Petit Gennevilliers où ils font construire juste au bord de la Seine une maison en meulière de deux étages, puis une petite maison à un étage avec un atelier pour Gustave, un hangar à bateaux et une longue serre (en 1888). Il s'installe définitivement au Petit-Gennevilliers avec Charlotte Berthier (Anne Marie Hagen) à laquelle il léguera la propriété par avenant à son testament en 1889.
Caillebotte Peintre Novateur : Entre Réalisme et Impressionnisme
Malgré sa proximité avec le mouvement impressionniste, les historiens de l’art reconnaissent à Gustave Caillebotte un art différent des manières attribuées le plus souvent aux Impressionnistes. Caillebotte ne cherche pas à travailler avec la touche rapide, instantanée des chefs de file que sont Monet ou Renoir, influencée par les théories de Chevreul sur les couleurs complémentaires et les tons divisés. Au contraire, il se distingue par sa science du dessin et de l’agencement. L’essentiel de son œuvre, décrite dans le deuxième catalogue raisonné de Marie Berhaut, révèle un peintre méticuleux. Caillebotte dit lui-même qu’il travaille patiemment à la réalisation de ses tableaux. La grande majorité de ses dessins permet de préparer des œuvres de grandes dimensions.
Caillebotte, bien que très critiqué comme les autres peintres du mouvement, était reconnu pour sa science du dessin et de l’agencement. Il en produit plus de vingt, datés de 1873 à 1880. Dans les pastels, Caillebotte utilise le bleu dont l’usage fréquent fut critiqué, même par ses plus ardents défenseurs, comme Huysmans qui énonce en 1883, à propos du pastel représentant Camille Daurelle dans le parc d’Yerres : « (…) et passant devant un petit panneau « Un Enfant dans un jardin », où le péché du terrible bleu a de nouveau été commis (….).
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Contrairement aux impressionnistes, qui peignent en plein air des scènes sur le vif, Caillebotte cherche aussi ses motifs à l'extérieur, mais réalise des croquis et retravaille ses esquisses à l'atelier. Il pratique de manière scientifique et se montre méticuleux dans la préparation de chaque tableau : faire des dessins ; parfois prendre des photos ; planifier les lignes, leurs convergences ; transférer la scène du papier à la toile dans une technique méthodique, carré par carré. Au point de vue de la finition et de la composition de ses œuvres, on peut dire que Caillebotte est à la première époque de l'impressionnisme ce que Seurat représente pour la seconde période (néo-impressionnisme et pointillisme).
En 1875, son tableau Les Raboteurs de parquet est présenté au Salon. Le sujet heurtant par son extrême quotidien, le tableau est refusé par le Jury, et est aujourd'hui l'une de ses œuvres les plus célèbres présentées au musée d'Orsay. L'élaboration du tableau, appuyé sur force dessins préparatoires, était pourtant académique. Caillebotte allait ainsi incarner, du moins à ses débuts, une tendance plus sage et réaliste du mouvement, plus à même de séduire la critique que la peinture de ses amis. Malgré sa formation académique, loin de s'enfermer dans ce type d'exercice, il en exploite la rigueur afin d'explorer l'univers contemporain de manière inédite. Indépendant de fortune, il n'avait nul besoin de vendre ses toiles pour vivre et n'a jamais réalisé de portrait de commande. Il utilise sa position privilégiée pour capturer la nonchalance et l'ennui de ses modèles d'une manière psychologiquement aiguë, brisant la barrière entre modèle et peintre.
En 1876, Edmond Duranty écrit sur les impressionnistes : « Ce dont nous avons besoin, c'est de la représentation non conventionnelle de l'individu moderne dans ses vêtements et ses coutumes sociales à la maison ou dans la rue ». Caillebotte excelle dans cette voie, comme en témoignent ses grandes toiles urbaines telles que « Rue de Paris, temps de pluie » (Chicago, The Art Institute), Le Pont de l'Europe (Genève, Association des Amis du Petit Palais) ou Peintres en bâtiments (coll. part.), présentées à la troisième exposition impressionniste en 1877. Ces toiles sont tout aussi magistrales par leur composition et leur ambiguïté, à l'instar de la scène du Pont de l'Europe. Anne-Birgitte Fonsmark écrit : « Parmi les impressionnistes, Caillebotte va devenir l'interprète le plus intransigeant de la ville transformée. »
Un Mécène Éclairé et Collectionneur Averti
Artiste, mais aussi mécène, Gustave Caillebotte côtoie et soutient Renoir, Pissarro, Monet. Dès 1874, devenu riche héritier, il fait l’achat de tableaux auprès des peintres Monet, Renoir, Degas : ces achats ont pour premier but d’aider ces peintres rejetés par la critique, boudés par le public. Caillebotte déclare : « Personne n’en veut, j’achète. » Il devient l’un des soutiens les plus fervents des peintres indépendants ; il joue le rôle d’agent artistique pour les expositions organisées en marge du Salon officiel.
Ces peintres eurent leurs détracteurs : les critiques et les membres des Beaux-Arts n’admettaient pas cette nouvelle manière de peindre. Gustave Caillebotte, par ses moyens financiers et sa clairvoyance, eut le courage de s’opposer à ces courants contraires. Il rend possible la troisième exposition impressionniste en 1877 grâce à une coordination, un financement et une publicité minutieuse de l'événement. Il achète des toiles aux artistes, finance les expositions impressionnistes, allant jusqu'à payer le matériel de peinture de Claude Monet.
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Au-delà du mécène et du collectionneur, une amitié durable le lie à la plupart des peintres impressionnistes, comme en témoigne sa correspondance. Il ne cesse d'aider Camille Pissarro qui s'emploie activement à maintenir la cohésion du groupe impressionniste. À la 6e Exposition des Impressionnistes de 1881, Monet, Renoir et Sisley sont absents et à partir de cette date les impressionnistes suivent chacun leur propre chemin. À la dissolution du groupe des impressionnistes en 1887, Caillebotte permet de maintenir les liens entre les différents artistes en maintenant la tradition des dîners, qui réunissaient peintres et littérateurs, d'abord au café Guerbois, puis à la Nouvelle Athènes.
Gustave Caillebotte commence sa collection dès le début de l'Impressionnisme. Il achète plusieurs toiles le 24 mars 1875 à une vente d'impressionnistes à l'hôtel Drouot. Sa première toile de Monet est une œuvre réalisée en 1875 intitulée Un coin d'appartement. Il achète d'autres tableaux de Monet en février 1876. Il choisit avec goût et discernement parmi les peintres impressionnistes, ceux qui devaient par la suite être reconnus comme les maîtres de la peinture de la fin du XIXe siècle. L'examen des peintures acquises par Caillebotte montre que presque toutes appartiennent à la période impressionniste de chaque peintre et représentent ainsi les différents aspects que prit l’impressionnisme de 1874 à 1886.
À sa propre mort, en 1894, son ami Renoir et son autre frère Martial, font exécuter ses volontés (qu’il avait préparées, traumatisé par le décès prématuré de son frère René) en léguant des œuvres de Gustave à l’État. Il lègue sa collection de peintures impressionnistes, réalistes et de dessins à l'État, un legs qui constitua le fonds du futur musée du Luxembourg, puis du musée d'Orsay, et qui fut l'un des plus importants pour la reconnaissance de l'Impressionnisme en France. La composition exacte de la collection est difficile à préciser, en effet la désignation exacte n'en a pas été faite par le donateur.
Les Multiples Facettes d'un Homme de Passion et d'Engagement
Caillebotte se révèle aussi un personnage aux nombreuses facettes. Outre son engagement dans la peinture et le yachting, il pratique la philatélie, l’ingénierie navale, la régate et l’horticulture. Caillebotte et son frère Martial ont réuni patiemment une collection de timbres, allant jusqu’à mettre au point une méthode de classement : ils vendent en 1887 leur collection au philatéliste anglais M. Tapling, pour une somme qui avoisinerait en 2011 les 5 millions d’euros. Ce dernier légua l’ensemble au British Museum.
On a coutume d’associer l’intérêt de Gustave Caillebotte pour le jardin aux séjours dans la propriété d’Yerres. En effet, dès 1860, son père a fait nettement agrandir les jardins d’utilité situés à l’extrémité ouest de la pelouse. La surface est à peu près doublée et portée à 5500 m². Cinq jardiniers sont alors employés à l’entretien général de toute la propriété. Le jeune homme, d’un caractère curieux et enthousiaste, participe sans doute très jeune à l’activité des professionnels. Plus tard, quand il sera chez lui, au Petit Gennevilliers, Gustave Caillebotte aura son jardin et sa serre à orchidées. Son intérêt pour les plantes est confirmé par de nombreux témoignages écrits et des correspondances. Il partage avec son ami Claude Monet la passion de l’horticulture et des plantes rares (pavots, orchidées). Il se consacre ensuite presque exclusivement à l'horticulture (en plus des régates d'été), prétexte à des recherches picturales d'une grande luminosité et passion qui fait l'objet d'une abondante correspondance avec Monet et à des visites réciproques de leurs jardins. Caillebotte agit d'ailleurs comme témoin aux mariages civil et religieux de ce dernier avec Alice Raingo, en juillet 1892, et offre en cadeau de noces aux mariés Chrysanthèmes blancs et jaunes, jardin du Petit Gennevilliers. Pierre-Auguste Renoir fait partie des visiteurs réguliers au Petit-Gennevilliers.
Gustave Caillebotte, qui fut maire-adjoint de Gennevilliers, affectionnait la peinture, le yachting et l'administration de la commune. À partir de 1886, Gustave Caillebotte peint de moins en moins. Il s'adonne à ses passions que sont le bateau et le jardinage notamment à partir de 1887, date à laquelle son frère Martial se marie avec Marie Minoret. La même année, la petite Zoé, représentée dans Le Parc de la propriété d'Yerres et qui fut longtemps son modèle à cette époque, se marie le 17 juin 1887 à Bayeux. Quant à lui, il quitte donc l'appartement qu'il occupait avec Martial et s'installe définitivement, en 1888, dans la propriété achetée au Petit Gennevilliers. Il rachète la part de son frère, agrandit son terrain en faisant l'acquisition des parcelles voisines et peint les alentours du Petit Gennevilliers. Il garde toutefois un pied-à-terre à Paris au 29 boulevard de Rochechouart.
Il fait le portrait de sa compagne Anne Marie Hagen (née à Paris le 12 octobre 1858 dans le 10eme arrondissement et qui se fera appeler Charlotte Berthier) en 1879. Elle apparaît précédemment dans plusieurs de ses tableaux, notamment dans Le Pont de l'Europe en 1876 (Musée du Petit Palais, Genève). C'est le modèle du Nu sur un canapé dans lequel Caillebotte a défié les normes de goût et de morale en vigueur, qui n'acceptaient dans les peintures que la tradition académique des nus idéalisés. En raison de son effronterie, ce tableau n'a été ni exposé ni vendu du vivant de Caillebotte. Le statut d'Anne Marie Hagen est ambigu car la famille de Caillebotte désapprouve qu'il ait une maîtresse. En apprenant son existence, sa belle-sœur refusa de voir le couple. Néanmoins, Anne Marie a peuplé les toiles de Caillebotte au cours de leur relation de près de dix ans.
Le 21 février 1894, le peintre, frappé par une congestion cérébrale, meurt alors qu'il travaillait dans son jardin à un paysage. Il avait quarante-cinq ans. Ses funérailles sont célébrées le 27 février en l'église Notre-Dame-de-Lorette. Il y a tant de monde dans cette église pourtant grande que certains des amis du peintre doivent suivre la cérémonie sous le porche de l'église. Le peintre est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (70e division), non loin de Delacroix, dans la chapelle funéraire familiale. La perte de Caillebotte affecta beaucoup les impressionnistes, qui perdirent à la fois un protecteur et un compagnon. Pissarro écrivit à son fils Lucien : « Nous venons de perdre un ami sincère et dévoué… » Caillebotte laisse derrière lui une œuvre prolifique de quelque 500 toiles.