La natation, discipline sportive fondamentale, occupe une place distincte au sein des épreuves du baccalauréat et, plus largement, dans le parcours éducatif des élèves, comme en témoignent de multiples dispositions et circulaires officielles. Loin d'être une simple activité de loisir, son apprentissage et son évaluation sont encadrés par des textes réglementaires précis qui visent à garantir la sécurité des élèves et à valoriser leurs compétences physiques et techniques.
La Natation au Baccalauréat : Une Épreuve Optionnelle Stratégique
La natation se présente comme une épreuve optionnelle au baccalauréat, offrant aux candidats une opportunité d'accroître leur moyenne générale. Contrairement aux idées reçues, cette épreuve ne peut en aucun cas pénaliser un élève sur sa moyenne. Si un élève nage mal le jour de l'épreuve, il risque seulement de ne gagner aucun point, mais il ne pourra pas en perdre. Cette particularité en fait un choix stratégique pour de nombreux lycéens. Pour aspirer à obtenir des points, il est toutefois impératif de savoir nager correctement en crawl et de suivre un entraînement régulier tout au long de l'année.
L'évaluation de la natation au baccalauréat repose sur plusieurs critères distincts, qui combinent la performance chronométrique et la maîtrise technique. Une première partie, sur 14 points, est dédiée à la performance chronométrique du nageur. La note obtenue dépendra du chronomètre de l'élève, et cette partie est spécifiquement notée sur 12 points selon certaines formulations officielles. Au-delà de la vitesse pure, d'autres éléments techniques et stratégiques sont également évalués avec précision. Le nageur sera ainsi jugé sur la qualité de ses virages culbute, qui comptent pour 2 points de la note finale. La régularité pour effectuer chaque 100 mètres constitue un autre critère important, valorisé également sur 2 points, soulignant l'importance d'une gestion de l'effort constante. La gestion de l'effort elle-même est notée sur 2 points, témoignant de la capacité de l'élève à planifier et à adapter sa nage sur la durée de l'épreuve. Enfin, la qualité de l'échauffement est également prise en compte, attribuant 2 points supplémentaires à la performance globale.
En complément de cette épreuve pratique, une dimension orale est intégrée à l'évaluation. Il s'agit d'un entretien avec un jury, durant lequel le nageur doit exposer ses entraînements, justifier ses choix techniques et tactiques. Il est également attendu de lui qu'il réalise une auto-analyse de sa performance et décrive les progrès réalisés au cours de sa préparation. Cette phase orale demande également à l'élève de savoir identifier ses points faibles et de proposer des pistes concrètes pour les améliorer, démontrant ainsi une réflexion approfondie sur sa pratique.
L'Enseignement de l'Éducation Physique et Sportive (EPS) au Baccalauréat : Cadre Général et Évolutions
L'évaluation de la natation s'inscrit dans le cadre plus large de l'Éducation Physique et Sportive (EPS) au baccalauréat, dont les modalités ont connu des évolutions significatives au fil des ans, comme l'attestent les divers bulletins officiels. La circulaire du 29.12.2020, parue au B.O. n° 21 du 21 mai 2020, a introduit des programmes limitatifs pour l’enseignement de spécialité. Les dispositions permettant la création de l’enseignement de spécialité et de l’épreuve terminale de spécialité Éducation physique, pratiques et culture sportives sont arrêtées. Elles sont entrées en vigueur en classes de première et de terminale générales à compter respectivement des rentrées 2021 et 2022. Ce nouvel enseignement de spécialité, intitulé « éducation physique, pratiques et culture sportives », dépasse le champ strict de la pratique sportive pour englober une dimension plus culturelle et réflexive.
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L'EPS fait partie des épreuves communes de contrôle continu (CCF), selon les modalités prévues par l’arrêté modifié du 21 décembre 2011 relatif au contrôle en cours de formation et à l’examen ponctuel terminal pour l’éducation physique et sportive des baccalauréats général et technologique. Ces modalités d’organisation du contrôle continu ont été précisées à compter de la session 2021 par le B.O. n°30 du 25 juillet 2019. La note obtenue pour chacun de ces enseignements est constituée de la moyenne des notes obtenues lors des différentes épreuves communes, quel que soit leur nombre.
Les modalités de l’évaluation de l’enseignement d’éducation physique et sportive, initialement précisées par la circulaire n° 2012-093 du 8 juin 2012 définissant la liste nationale d’épreuves et le référentiel d’évaluation, ont été modifiées par la circulaire n°2018-067 du 21 juin 2018, parue au B.O. n°25 du 21 juin 2018. Des ajustements ont également été apportés à l'annexe 2, concernant les fiches d’évaluations modifiées, par le B.O. du 27 Avril 2017. Le contrôle en cours de formation en EPS a été étendu aux BEP, CAP, BMA et Bac Pro à partir de la session 2018, selon les indications du B.O. du 20 Avril 2017. L'accès aux formations supérieures a également été concerné par ces réformes : à partir de la session de concours 2021, les candidats peuvent attester d’une qualification en sciences et techniques des activités physiques et sportives par le biais d’une inscription au supplément au diplôme de licence mention STAPS.
L'Aisance Aquatique et le Savoir-Nager en Sécurité : Une Priorité Éducative
Au-delà des épreuves d'examen, la maîtrise du milieu aquatique est une priorité éducative fondamentale. Le « savoir-nager » en sécurité correspond à une maîtrise du milieu aquatique. Son acquisition doit être envisagée dès que possible au cycle 3, c'est-à-dire durant les classes de CM1, CM2 et sixième. Cette maîtrise est essentielle car elle permet d’accéder à toute activité aquatique ou nautique susceptible d’être programmée dans le cadre des enseignements obligatoires ou d’activités optionnelles en EPS, ou à l’extérieur de l’école, notamment pour la pratique des activités sportives mentionnées aux articles A. 322-42 et A. La présente note de service a pour objet de définir les conditions de l’acquisition par les élèves, dès leur plus jeune âge, d’une aisance suffisante pour évoluer en sécurité dans le milieu aquatique et de définir l’enseignement de la natation dans le cadre scolaire, dans le respect de la réglementation en vigueur.
Ainsi, permettre à chacun de pouvoir nager en sécurité, dès le plus jeune âge, est une des priorités de l’enseignement d’éducation physique et sportive. Dans cette perspective, l’École apporte une contribution majeure à l’acquisition de l’aisance aquatique. Celle-ci se définit comme une première expérience positive de l’eau qui fonde la capacité à agir de façon adaptée dans une diversité de situations rencontrées en milieu aquatique. Envisagée comme un continuum ouvert d’acquisitions, l’aisance aquatique est particulièrement visée pour les enfants de moins de 7 ans. Enfin, dans un souci de mise en cohérence des actions scolaires et extra-scolaires visant l’évolution des jeunes en sécurité dans les milieux aquatiques, les dispositions certificatives ont été réorganisées.
Il est attendu des élèves une maîtrise du milieu aquatique permettant de nager en sécurité dans un établissement de bains ou un espace surveillé, qu'il s'agisse d'une piscine, d'un parc aquatique, ou d'un plan d’eau calme à pente douce. Le parcours de formation du nageur sécurisé débute dès l’école maternelle, avec l’objectif d’une première expérience positive de l’eau et l’acquisition par tous d’une aisance aquatique. C’est pourquoi l’identification, le suivi et la validation des compétences nécessaires à une évolution en sécurité dans le milieu aquatique pour tous les élèves font l’objet de toute l’attention nécessaire au long de ce parcours. L’acquisition des connaissances et des compétences liées au savoir-nager s’envisage à travers la programmation de plusieurs séquences d’apprentissage réparties dans les cycles d’enseignement de l’école primaire, du collège et du lycée. Cet apprentissage se fait sous la responsabilité des professeurs, dans le respect des consignes de sécurité.
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Dispositifs d'Évaluation et d'Attestation du Savoir-Nager
L’acquisition du savoir-nager en sécurité est attestée par la réussite au test savoir-nager en sécurité, prioritairement à la fin du cycle 3. Il est important de noter que l’attestation du savoir-nager en sécurité (ASNS) ne représente pas l’intégralité des compétences fixées par les programmes d’enseignement. La réussite des élèves à l’ASNS est obligatoirement renseignée, dès que possible, dans le livret scolaire unique (LSU) qui suit l’élève tout au long de sa scolarité.
Par ailleurs, la réussite au test Pass-nautique, antérieurement désigné « aisance aquatique », permet l’accès aux activités nautiques et aquatiques dans le cadre des accueils collectifs de mineurs conformément aux dispositions des articles A. 322-3-1 et A. Les singularités et les spécificités des obstacles rencontrés par les élèves non-nageurs, y compris les élèves en situation d’aptitude partielle, sont prises en compte dans les formes de groupements et l’organisation du taux d’encadrement, au regard des contextes d’enseignement. En cas d'inaptitude partielle temporaire, la circulaire du 2 avril 2025, parue au BO n°18 du 1er mai 2025, prévoit d'adapter l'épreuve si l'inaptitude est partielle. Les adaptations sont définies par l’établissement à partir des indications fournies par le médecin et transmises pour information à la commission académique.
Organisation Pédagogique et Logistique de l'Enseignement de la Natation Scolaire
L'enseignement de la natation est structuré pour optimiser l'apprentissage et garantir la sécurité. Le parcours de formation de l’élève s’initie dans la perspective d’une aisance aquatique, dès le cycle 1. Il se traduit par des situations de découverte et d’exploration du milieu aquatique. La fréquence, la durée des séances et le temps d’activité dans l’eau sont des éléments déterminants pour assurer la qualité des apprentissages. Dans le cadre d’une séquence d’enseignement, une séance hebdomadaire est considérée comme un seuil minimal. Cependant, des programmations plus massées, de 2 à 4 séances par semaine, voire sous forme de stage sur plusieurs jours consécutifs, peuvent être encouragées. Ces approches peuvent constituer des réponses efficaces dans des contextes particuliers, pour des projets spécifiques ou pour répondre à des besoins ciblés, notamment dans le cadre d'actions de soutien et de mise à niveau.
Au cycle 3, l'enseignement de la natation fera l’objet, si possible, d’une programmation chaque année du cycle. Une évaluation organisée avant la fin du CM2 permet de favoriser la continuité pédagogique avec le collège et notamment de garantir la validation de l’ASNS en proposant aux élèves qui en ont besoin les compléments de formation nécessaires. Au lycée, l’établissement met en place l’enseignement de la natation au regard des objectifs fixés par les programmes d’éducation physique et sportive (EPS), et cet enseignement s’inscrit dans le projet d’établissement et le projet pédagogique d’EPS. La prise en compte des non-nageurs dans les lycées doit être, dans la mesure du possible, une priorité des équipes pédagogiques d’EPS. L’identification des élèves n’ayant pas validé l’ASNS ou pour lesquels le niveau de compétences n’est pas défini doit être un objet de la liaison troisième-seconde, assurant ainsi une continuité du suivi.
Pour l'organisation pratique, une convention passée entre l’inspecteur d’académie-directeur académique des services de l’éducation nationale (IA-Dasen) et la collectivité territoriale ou la structure responsable de l’établissement de bains précise les modalités du partenariat. Ces conventions sont essentielles pour définir le cadre de l'enseignement de la natation scolaire.
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Encadrement et Sécurité des Activités Aquatiques Scolaires
La sécurité est une composante primordiale de l'enseignement de la natation, nécessitant un encadrement rigoureux et conforme aux textes officiels. La natation scolaire exige un encadrement des élèves renforcé dans le premier degré. Le professeur peut être aidé dans cette tâche par des intervenants agréés, qu'ils soient professionnels ou bénévoles (cf. annexe 1). Dans chaque degré d’enseignement, le professeur veille à présenter les enjeux pédagogiques aux intervenants, qu'ils soient professionnels ou bénévoles. Il est crucial de souligner que la présence de personnels de surveillance et d’encadrement au cours de l’enseignement de la natation ne modifie pas les conditions de mise en jeu de la responsabilité des professeurs. Comme pour les professeurs, la responsabilité d’un intervenant professionnel ou bénévole apportant son concours à l’encadrement des élèves durant le temps scolaire peut être engagée si celui-ci commet une faute qui est à l’origine d’un dommage subi ou causé par un élève. Toutefois, l’article L. 911-4 du Code de l’éducation prévoit la substitution de la responsabilité de l’État à celle des membres de l’enseignement à l’occasion de dommages subis ou causés par les élèves.
L'occupation du bassin pendant toute la durée des apprentissages est également réglementée. Elle doit être appréciée à raison d’au moins 4 m² de plan d’eau par élève présent dans l’eau pour les écoliers, et de 5 m² pour les collégiens ou les lycéens. Pour les activités visant l’aisance aquatique chez les écoliers dans un bassin mobile, l’occupation du bassin doit être appréciée à raison d’au moins 3 m² de plan d’eau par élève présent dans l’eau. Dans le cas d’une ouverture concomitante du bassin à différents publics, les espaces réservés aux élèves doivent être clairement délimités, compte tenu des exigences de sécurité et des impératifs d’enseignement. L’enseignement des activités de natation doit obligatoirement être fait sous la surveillance d’un personnel qualifié exclusivement affecté à cette tâche. Les surveillants du bassin sont exclusivement affectés à la surveillance et à la sécurité des activités, ainsi qu’à la vérification des conditions réglementaires d’utilisation de l’équipement et, par conséquent, ne peuvent simultanément remplir une mission d’enseignement. La surveillance des baignades ouvertes gratuitement au public, aménagées et autorisées, doit être assurée par du personnel titulaire d’un des diplômes prévus à l’article A.
L'encadrement, un terme qui s’applique à chaque adulte prenant en charge les élèves du début à la fin de la séance, obéit à des règles de ratio strictes. Le taux d’encadrement ne peut être inférieur aux valeurs définies dans le tableau. Dans le second degré, l’encadrement est assuré par le professeur d’EPS responsable de la classe ou du groupe-classe, comme pour toutes les activités d’EPS. Les professeurs des écoles qui exercent dans le second degré sont soumis aux mêmes règles du taux d’encadrement du premier degré et peuvent être accompagnés du professeur d’EPS. Pour le premier degré, tout en respectant les taux d’encadrement précisés en fonction du niveau de scolarité, la surveillance pourra être assurée, en surplus du taux d’encadrement minimal, par un personnel titulaire d’un des diplômes prévus à l’article A. Dans le premier degré, compte tenu des caractéristiques spécifiques de ces bassins, l’enseignement de l’aisance aquatique peut être mené par le professeur des écoles ou par un intervenant extérieur agréé, professionnel ou bénévole qui intervient sous la responsabilité pédagogique du professeur, conformément aux dispositions de la circulaire interministérielle n° 2017-116 du 6 octobre 2017 relative à l’encadrement des activités physiques et sportives en écoles maternelles et en écoles élémentaires publiques. L’activité se déroule sous la surveillance d’un personnel titulaire d’un des diplômes prévus à l’article A. Pour le premier degré, tout en respectant les taux d’encadrement précisés en fonction du niveau de scolarité, la surveillance pourra être assurée par l’un des membres de l’équipe d’encadrement, qu'il s'agisse du professeur ou d'un personnel titulaire d’un des diplômes prévus à l’article A. Dans tous les cas, un des membres de l’équipe d’encadrement (professeur ou d’un personnel titulaire d’un des diplômes prévus à l’article A. 322-8 du Code du sport) présent sur le bassin devra avoir été formé à l’utilisation du matériel de réanimation et de premiers secours.