Le Départ en Natation : Techniques, Histoire et Phénomènes Hydrodynamiques

La natation, loin d’être une activité récente, trouve ses racines dans les contrées de Mésopotamie au IIIe millénaire avant J-C. Ce sport, qui consiste à effectuer un ensemble de mouvements réguliers et répétitifs dans l’eau pour se mouvoir, était déjà présente dans bon nombre de civilisations et dans les mythologies anciennes, telles qu'égyptienne, grecque et romaine. La natation a toujours été un loisir privilégié des familles royales, et d'ailleurs, la civilisation gréco-romaine considérait que savoir nager était un signe de culture. Au fil des ans, ce loisir s’est transformé en une véritable discipline sportive, marquant la naissance de la natation moderne. L’engouement dégagé autour de la nage va favoriser l’instauration des premières compétitions en terre anglaise dès 1837. La création de la National Swimming Society marquera alors un tournant de la natation moderne, avec l’organisation des premières compétitions de brasse. Aujourd'hui, la Fédération Française de Natation compte plus de 300 000 licenciés, témoignant de la popularité continue de ce sport complet et très doux, où les mouvements propulsifs, favorisés par l’énergie corporelle, permettent au nageur de se déplacer progressivement dans la piscine en sollicitant la majorité de ses muscles inférieurs et supérieurs.

En compétition, pour que le déroulement des épreuves soit le plus fluide possible et dans le respect des horaires de course, tout est parfaitement organisé. Avant le départ d'une épreuve, le nageur doit d'abord se renseigner sur les horaires de passage de chaque course et se rendre à la chambre d'appel plusieurs minutes avant. Un officiel lui remettra une fiche de nage sur laquelle est inscrit son nom, la distance à parcourir, le couloir de nage qui lui est attribué ainsi que son temps d'engagement. Il devra ensuite patienter sur une chaise avant d'être invité par les officiels à se rapprocher de son plot de départ. Le départ est un moment crucial qui peut influencer considérablement la performance globale du nageur. Les règles sont strictes et les techniques varient légèrement selon la nage pratiquée.

Les Fondamentaux du Départ en Natation Compétitive

Pour les nages « ventrales » comme le crawl, la brasse et le papillon, le départ se fait en plongeant à partir du plot de départ. Le processus est rigoureusement orchestré : au premier coup de sifflet, plus long que les suivants, les nageurs se positionnent à côté ou derrière le plot et patientent. Le second coup de sifflet leur indique qu'ils peuvent monter sur le plot et se mettre en position de départ. En revanche, pour le dos et lors d'un relais, le départ se fait directement dans l'eau. Au premier coup de sifflet, les nageurs doivent entrer dans l'eau en sautant ou en plongeant et prendre la position de départ en s'accrochant à l'étrier. En cas de départ anticipé lors d'une compétition importante, le juge laisse la course se dérouler normalement, mais le nageur responsable du faux départ est averti de sa disqualification. Il est donc impératif de maîtriser parfaitement le timing et la technique pour éviter toute pénalité.

Les Techniques de Plongeon : Grab Start et Track Start

Lorsqu'il s'agit de plonger depuis le plot de départ pour les nages ventrales, les nageurs ont le choix entre deux techniques principales : le « Grab Start » et le « Track Start ». Chacune de ces méthodes présente des caractéristiques distinctes et des avantages spécifiques.

Pour le Grab Start, les deux pieds du nageur se trouvent à l’avant du plot. Le poids du corps doit reposer sur l’avant des pieds et non sur les talons, ce qui permet à un léger déséquilibre avant de se faire ressentir. Les mains ainsi que les orteils sont accrochés au bord avant du plot de départ, et la tête est rentrée contre la poitrine. L’impulsion doit ensuite se faire avec les bras et les jambes. Le plongeon Grab Start présente l'avantage de pouvoir prendre une plus grande impulsion avec les jambes, ce qui est souvent recherché pour un départ puissant.

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Le Track Start, ou position de départ avec starting block, implique qu'un seul pied est accroché à l’avant du plot. Le poids du corps repose sur la jambe avant, conférant une stabilité différente. Comme pour le Grab Start, les mains sont accrochées à l’avant du plot. L’impulsion doit se faire ensuite avec les bras et les jambes. Le plongeon Track Start réduit les risques de perte d'équilibre et de départ anticipé, offrant une meilleure réactivité.

Il n’existe pas à proprement parler de technique meilleure que l’autre. Elles dépendent toutes deux du sportif et de son aisance avec la technique. On observe tout de même que, majoritairement, les sprinteurs auront tendance à préférer le Track Start, notamment pour un meilleur temps de réaction, alors que les fondeurs et demi-fondeurs utiliseront le Grab Start, privilégiant un meilleur contrôle aérien. Mais rassurez-vous, c’est moins compliqué que d’apprendre la sténographie et il n’y a rien de secret.

La Phase Aérienne et l'Entrée dans l'Eau : Hydrodynamisme Essentiel

Dans les deux cas, que ce soit après un Grab Start ou un Track Start, la séquence suivant l'impulsion est cruciale pour une performance optimale. La tête se relève, le regard droit vers l'horizon, et les bras viennent ensuite se placer en flèche derrière la tête. Après l'impulsion, le corps du nageur doit être gainé pour permettre une pénétration hydrodynamique dans l’eau. Tout le corps doit passer par le même point d’entrée pour éliminer le maximum de freins. Le nageur doit rentrer dans l’eau avec un angle assez précis, afin d'arriver à combiner long trajet aérien et rapide entrée dans l’eau. Cette phase de transition entre l'air et l'eau est fondamentale pour minimiser la résistance et maximiser la vitesse initiale.

L'Évolution des Nages : De la Brasse au Crawl

Depuis la création de la National Swimming Society, la pratique de la nage a nettement évolué grâce à l’effort d’instructeurs et d’innovateurs. Un personnage clé fut Trudgeon, qui proposa une nouvelle technique de nage du même nom en Europe. Sa technique se résume à un retournement du corps sur un côté, tout en dégageant les bras de façon alternée sur l’eau. Cette méthode fut ensuite reprise et améliorée par Frederick Cavill, alors installé en Australie. En combinant la technique Trudgeon avec d’autres pratiques de nage développées dans ce pays, le Britannique a pu créer le crawl, mot qui signifie « ramper » en anglais. Aujourd'hui, diverses nages sont pratiquées en compétition, chacune avec ses propres règles et spécificités.

La brasse, pratiquée depuis le XIXe siècle en France, est une discipline phare des Jeux Olympiques. Dès l’instauration des premiers Jeux Olympiques d’Athènes, elle fut pratiquée en nage libre, avant d’être l’objet d’une catégorie officielle. En compétition, les courses de brasse ont lieu sur 50, 100 et 200 mètres. La brasse se pratique sur le ventre, en s’appuyant sur la coordination des mouvements des bras et des jambes. Une caractéristique notable de cette nage est que la tête du nageur reste constamment hors de l’eau pendant tout l’exercice. Simple et très pratique pour les nageurs débutants, la brasse reste la technique de natation la plus pratiquée. Concernant le virage, pour éviter la disqualification, le sportif est obligé de toucher le mur avec les deux mains en même temps. Il en va de même pour valider son arrivée.

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Comme la brasse, la nage papillon est un style de natation ventrale. Grâce à la traction exercée par les bras et le mouvement coordonné des jambes, le corps est ainsi propulsé en avant dans l’eau, ce qui permet au nageur d’être en mouvement continu et de progresser efficacement. En compétition, le papillon s’effectue sur 50, 100 et 200 mètres et obéit à des règles très strictes. Tout d’abord, le nageur doit démarrer par un plongeon. Puis, le mouvement doit être parfaitement exécuté tout au long de la course : le corps allongé sur le ventre et les épaules positionnées parallèlement à la surface de l’eau.

La nage sur le dos, également pratiquée sur 50, 100 et 200 mètres, est la seule nage de compétition à se dérouler sur le dos. Cette pratique dorsale s’effectue par flottaison du corps sur l’eau, accompagnée d’une bonne maîtrise de la respiration. Le mouvement alternatif des bras, accompagné du battement régulier et alterné des deux jambes, permet de propulser le corps dans l’eau, faisant progresser le nageur à toute vitesse. Durant la compétition, le sportif doit effectuer un virage culbute pour lequel il est nécessaire de se construire des repères. Ne pouvant voir l’arrivée approcher, il se situe par rapport aux lignes des 5 mètres et au nombre de mouvements de bras.

De manière générale, les nageurs en compétition choisissent le crawl, qui reste une nage très rapide. En effet, cette technique se base sur un mouvement alterné des bras en position avant et en arrière du corps. Celui-ci est accompagné du battement coordonné des deux jambes sur un côté du corps, contribuant à son efficacité et sa vitesse.

Le Langage Spécifique de l'Entraînement en Natation

Dans le monde de l'entraînement en natation, une terminologie spécifique est souvent utilisée pour décrire les exercices et les objectifs. Par exemple, « C5 » signifie « crawl » et indique une série de 5 mouvements. Une variante, « C5A », signifie « crawl en apnée », où le nageur prend une inspiration tous les 5 mouvements et garde cet oxygène sur 3 ou 4 mouvements pour respirer au cinquième mouvement. En général, le « A » n'est pas toujours spécifié dans les consignes. Une autre variante est « C5H », pour « hypoxie ». Contrairement à l'apnée, le procédé est légèrement différent ici : il faut expirer au moins 50% de l'air inspiré dès le premier ou le deuxième mouvement pour finir les trois ou quatre derniers mouvements en apnée, mais avec très peu d’oxygène pour alimenter les muscles.

L'expression « BN », pour « Bien Nagé », peut ressembler à « Ampl », car avoir une bonne amplitude est souvent le signe d’une bonne technique de nage, mais pas toujours, d’où cette précision. Des indications comme « C20/25m » désignent la nage à réaliser, avec la première lettre indiquant le style (ici, C pour crawl) et les chiffres la distance ou le nombre de mètres. Enfin, « Endu. Dé » est un indicatif de départ, comme par exemple dans « 8*(50C Dé=60″) », qui signifie que le nageur doit faire 8 fois 50 mètres en crawl avec un départ toutes les 60 secondes, encadrant ainsi le rythme de l'entraînement.

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Dynamique des Fluides en Natation : Résistance et Aspiration

La compréhension de la dynamique des fluides est essentielle pour optimiser la performance en natation. Lorsqu'un nageur se déplace dans l'eau, il est soumis à plusieurs types de résistances. D'un point de vue physique, il existe la résistance de traînée, qui se manifeste à l'avant du nageur, due au « profil » du nageur et à son hydrodynamisme, tout comme le fameux coefficient Cx des voitures. À l'arrière du nageur, généralement sur les côtés, il y a des remous et des perturbations qui créent des dépressions et donc une aspiration. Cette aspiration est d'autant plus grande que l'arrière est mal profilé, à l'image de la traînée générée lorsque l'on double un gros camion sur l'autoroute. Cette dépression freine également le nageur.

Une autre forme de résistance est la résistance de vague : le nageur, en déplaçant l'eau, crée une pente de liquide qu'il doit remonter, la crête de vague étant plus importante à l'avant qu'à l'arrière. Enfin, la résistance de frottement est présente tout le long de la surface de contact entre le nageur et l'eau. Sur une fine couche le long du corps, l'eau est perturbée et crée des frottements.

La question de savoir si un nageur plus faible peut suivre un nageur plus fort grâce à son sillage d'aspiration est un sujet de discussion fréquent. De l'avis de nombreux nageurs, l'aspiration existe bien en natation. Plusieurs témoignages confirment cette impression : « Moi, j'ai très nettement l'impression d'être aspiré quand je suis vraiment tout juste derrière, quand mes mains tendues touchent quasiment les pieds de l'autre nageur. » et « lorsque je suis derrière un(e) nageur /euse et à +/- la même vitesse de progression : cela me pousse à non pas forcer mais à suivre la progression (un meneur). » Un autre nageur partage cette perception : « j'ai l'impression que l'avancée du premier crawleur crée une sorte de dépression derrière lui qui rend la progression plus facile (on ne fait que rejeter plus en arrière une masse d'eau qui a déjà une impulsion dans le même sens). »

Si l'on suit un nageur, on bénéficie donc de son aspiration, plus ou moins importante suivant sa nage, et peut-être d'une résistance de vague plus faible si l'on arrive à bien surfer sur la vague du nageur devant. La dépression se crée très près du nageur, juste au niveau des pieds, d'où la nécessité d'être tout contre le nageur de devant. L'aspiration permet à un nageur un peu plus faible de "prendre les jambes" d'un bon nageur, avec un écart estimé à pas plus de 5 secondes sur 50 mètres en crawl. Le phénomène d'aspiration ralentit un tout petit peu le nageur qui "aspire", mais la perturbation du nageur suivant doit être vraiment négligeable.

Cependant, d'autres expériences nuancent cette perception. Certains nageurs trouvent que « les battements de ses pieds créent une sorte de contre-courant ce qui - je pense - rend plus difficile ma propre progression. » Cette gêne est également ressentie pour la respiration : « c'est surtout ça qui m'embête, c'est gênant pour prendre sa respiration. Et comme Christophe, j'ai l'impression que ça crée un contre-courant. » L'efficacité de l'aspiration dépend aussi de la distance : « il faut vraiment être tout près pour bénéficier d'une aspiration. » De même, avec un crawleur sur le dos, l'effet d'aspiration est moins prononcé, « notamment parce que l'eau n'est pas propulsée de la même façon. » Et avec un crawleur plus rapide, « on ne sent rien d'autre que "l'effet fusée" ! » Il existe également une aspiration latérale de la ligne et du mur, ainsi que du nageur qu'on dépasse, tous faisant qu'on est attiré et qu'il faut un certain effort pour s'en décoller.

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