Explorer les fonds marins, ses récifs multicolores, nager en apesanteur dans le grand bleu et survoler une épave historique ! La plongée sous-marine vous offre tout cela, une activité qui, lorsqu'elle est pratiquée comme un loisir, est surtout bénéfique pour se détendre et lutter contre le stress de la vie quotidienne. Mais ! Parce qu’il y a un « mais », il est crucial de connaître les contre-indications avant de plonger pour garantir une expérience sûre et agréable. Le milieu dans lequel se déroule la plongée sous-marine demande une bonne condition physique. Ignorer ces contre-indications peut mettre en danger votre santé et votre sécurité sous l’eau.
La plongée sous-marine, bien que fascinante, est une activité comportant des risques de blessures, dont la plupart sont causées par des changements de pression. Ces troubles peuvent aussi affecter les personnes qui travaillent dans les tunnels ou les caissons sous-marins, des structures étanches utilisées pour des travaux de construction sous-marins. Ces structures contiennent de l’air sous haute pression destiné à repousser l’eau. Pour que l’expérience subaquatique reste un plaisir, une compréhension approfondie des interactions entre le corps humain et l'environnement hyperbare est indispensable, particulièrement en ce qui concerne la santé respiratoire. Certaines conditions médicales et physiques peuvent en effet rendre la plongée risquée, et une évaluation préalable s’impose avec rigueur.
Les Lois Fondamentales de la Physique en Milieu Subaquatique : Pression et Gaz
La compréhension des phénomènes physiques sous l'eau est primordiale pour saisir les risques inhérents à la plongée. La haute pression qui règne sous l’eau est provoquée par le poids de la colonne d’eau qui se trouve au-dessus ; il en est de même pour la pression barométrique (atmosphérique) sur terre, qui est déterminée par le poids de l’air se trouvant au-dessus. En plongée, la pression sous-marine est, en général, exprimée en unités de profondeur (pieds ou mètres) ou à l’aide d’unités de mesure appelées atmosphères absolues. La pression exprimée en atmosphères absolues comprend le poids de la colonne d’eau qui, à la profondeur de 10 mètres, est de 1 atmosphère (1,03 kilogramme par centimètre carré) auquel s’ajoute la pression atmosphérique de surface, égale à 1 atmosphère. Ainsi, un plongeur à une profondeur de 10 mètres est soumis à une pression totale de 2 atmosphères absolues, c’est-à-dire 2 fois la pression atmosphérique de surface. Il est essentiel de noter que la pression sous l’eau augmente de 1 atmosphère tous les 10 mètres.
Les gaz sont contenus dans l’organisme sous plusieurs formes : ils peuvent être occlus dans des cavités closes (poumons, sinus par exemple) ou dissous dans les liquides biologiques. Deux lois physiques régissent principalement le comportement de ces gaz et de leurs interactions avec le corps du plongeur. Premièrement, la loi de Boyle-Mariotte stipule que lorsque la pression d’un gaz diminue, son volume augmente et inversement. Cette loi est directement impliquée dans les phénomènes de barotraumatisme. Deuxièmement, la loi de Henry énonce que la quantité de gaz dissous dans un liquide est proportionnelle à la pression qu’exerce ce gaz sur ce liquide. Par conséquent, plus la pression ambiante est importante, plus le liquide sera saturé en gaz. Ces principes fondamentaux expliquent la nécessité de contrôler les variations de pression durant la plongée, tant à la descente qu'à la remontée, pour maintenir l'intégrité physiologique du plongeur.
Les Barotraumatismes : Les Effets Mécaniques des Variations de Pression
Les variations de pression brutales peuvent conduire à des barotraumatismes, qui sont des blessures causées par des déséquilibres de pression entre les espaces aériens du corps et l'environnement extérieur. Chez les plongeurs, les problèmes médicaux qui sont liés à la pression peuvent résulter de la dilatation ou de la compression des espaces remplis de gaz dans l’organisme. L’organe le plus fréquemment touché par les accidents est l’oreille, au niveau du tympan. Les oreilles, les sinus et les poumons peuvent être affectés lors de la descente. Si les mesures préventives ne sont pas respectées pour équilibrer la pression, des douleurs de plus en plus violentes se font sentir au fur et à mesure de la descente. Dans les cas extrêmes, les tympans peuvent se rompre sous la pression de l’eau. La rupture du tympan est ressentie comme un coup de poignard. L’irruption de l’eau froide dans l’oreille interne peut entraîner des vertiges qui empêchent de distinguer le fond de la surface. Si vous ressentez une douleur à l’oreille malgré les mesures préventives, il est impératif de remonter tout de suite de un ou deux mètres et de recommencer la descente plus prudemment.
Lire aussi: Marques d'équipement de plongée sous-marine
Le barotraumatisme peut également toucher d'autres cavités, comme les sinus, ou, de manière plus grave, les poumons. Lorsqu'un plongeur remonte trop vite en bloquant sa respiration, les gaz présents dans ses poumons augmentent de volume, selon la loi de Boyle-Mariotte. Ils font alors gonfler les poumons comme des ballons. Ce phénomène peut entraîner des accidents de surpression pulmonaire, qui sont parmi les plus graves en plongée, et peuvent se manifester par un pneumothorax, soit une perforation tympanique ou un pneumothorax, par exemple. Une remontée contrôlée et une expiration constante sont des précautions essentielles pour prévenir ces risques.
Les Accidents de Décompression : La Gestion des Gaz Dissous
Outre les barotraumatismes, les accidents de décompression représentent un autre risque majeur, et avec l’accident de décompression, c’est l’un des accidents les plus graves en plongée. En plongée, du fait de la forte pression, les gaz respirés, et en particulier l’azote, se dissolvent dans l’organisme en quantité supérieure à celle observée à la surface. Cette dissolution est expliquée par la loi de Henry. Lors d’une remontée trop rapide, la pression diminue rapidement et les gaz dissous ont tendance à redevenir gazeux. Lorsqu’un plongeur remonte trop vite, les gaz dissous n’ont pas le temps d’être éliminés par les poumons et des bulles se forment dans le sang et les organes.
Ces bulles peuvent obstruer la circulation sanguine vers les organes, un phénomène appelé embolie gazeuse artérielle. Les accidents de décompression se produisent aussi en remontée trop rapide : le gaz en excès peut provoquer une interruption de la circulation sanguine médullaire, osseuse ou cochléaire. Le traitement standard pour ces accidents est la recompression en caisson hyperbare. La moitié des accidents de décompression commence dans les trente minutes qui suivent la plongée et la quasi-totalité dans les six heures. La prudence et le respect des procédures de remontée sont donc des éléments cruciaux pour la sécurité du plongeur.
L'Impact des Conditions Respiratoires Chroniques : Asthme et BPCO en Plongée
Les problèmes respiratoires peuvent également empêcher une plongée sécuritaire. L’asthme et la Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) sont des contre-indications relatives qui nécessitent une évaluation médicale approfondie. L’asthme est une pathologie pulmonaire obstructive. Elle est caractérisée par une inflammation des bronches et par un rétrécissement du calibre des bronches au contact de différents éléments. Cela provoque toux, expectorations, sifflements et un essoufflement au repos et à l’effort. L’asthme ne se guérit pas, on traite la symptomatologie, d’une part par un traitement inhalé composé d’une corticothérapie et de bronchodilatateurs.
Pour comprendre les implications de l’asthme en plongée, il faut considérer que si la tuyauterie bronchique est plus petite, l’air met plus de temps à sortir. Ce qui implique deux points importants. Premièrement, il reste forcément moins de place pour remplir les poumons puisqu’ils sont moins vidés et que ça demande plus de travail musculaire. Deuxièmement, lors de la remontée, comme l’air ne sort pas assez vite, il tend à reprendre son volume initial plus rapidement que ce que le plongeur peut expirer. Ce tableau fait partie de la théorie et on comprend tout de suite qu’asthme et plongée ne font a priori pas bon ménage en l'absence de contrôle strict.
Lire aussi: Choisir sa montre de plongée
Les plongeurs asthmatiques doivent faire preuve de prudence. Les crises d’asthme peuvent être déclenchées par l’exercice, le stress ou des irritants dans l’air comprimé. De plus, il faut savoir que toute personne immergée subit une pression qui, dès les premiers mètres, provoque une obstruction et des résistances bronchiques équivalentes à un asthme progressif, réversible à la remontée. L’asthme d’effort, à l’air sec et/ou froid ainsi que l’asthme allergène non contrôlé, c'est-à-dire lorsque le traitement médicamenteux n’élimine pas les symptômes, sont et restent des contre-indications absolues à la pratique de la plongée sous-marine.
Le sous-diagnostic de l’asthme est présent, avec une estimation de 10 à 15% de la population touchée. Il existe une partie de la population plongeuse qui plonge avec les symptômes de l’asthme sans le savoir. On estime cette proportion à 7 à 8%, sans aucune augmentation notable du nombre d’accidents relatés. Néanmoins, la prudence reste de mise. Longtemps considéré comme une contre-indication absolue pour la plongée sous-marine par la FFESSM, l’asthme ne constitue plus une interdiction automatique pour les affiliés à la Fédération française. Selon ce protocole, pour plonger, l’asthme doit être léger ou parfaitement contrôlé. Il ne peut y avoir eu d’antécédents de crises d’asthme modérées à sévères, ni brusques. La fédération nationale anglaise de plongée a été la première à autoriser la pratique sous conditions en 2003. Depuis, du chemin a été parcouru, puisque aujourd’hui presque toutes les fédérations autorisent la pratique sous conditions, reconnaissant les progrès dans la compréhension et la gestion de cette pathologie.
Quant à la BPCO, la Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive est une maladie pulmonaire qui rend la respiration difficile. Cette maladie chronique est quant à elle plus méchante et surtout, contrairement à l’asthme, irréversible. Les patients susceptibles de faire des accidents de surpression ou de décompression, tels que l’emphysémateux, ceux souffrant de pneumopathies interstitielles diffuses chroniques et surtout ceux ayant un antécédent de pneumothorax même opéré, ont une contre-indication absolue à la plongée sous-marine. Ces conditions fragilisent gravement la capacité pulmonaire à gérer les variations de pression.
Bronchite Aiguë et Plongée : Une Contre-indication Temporaire Cruciale
Au-delà des affections chroniques, les infections respiratoires aiguës, comme la bronchite ou la pneumonie, sont des contre-indications temporaires à la plongée. Une bronchite se caractérise par une inflammation des bronches, souvent due à une infection virale ou bactérienne. Cette inflammation peut entraîner une production accrue de mucus et un rétrécissement des voies respiratoires, provoquant toux, essoufflement et sifflements. Plonger avec une bronchite expose le plongeur à des risques accrus de barotraumatisme pulmonaire et auriculaire. En effet, les muqueuses enflammées et l'excès de mucus peuvent obstruer les voies aériennes, rendant l'égalisation des pressions difficile ou impossible. Cette obstruction peut piéger l'air dans certaines zones des poumons, augmentant le risque d'accident de surpression pulmonaire lors de la remontée, car l'air piégé ne peut s'échapper et se dilate excessivement.
De même, l'inflammation et le gonflement des muqueuses des sinus et des trompes d'Eustache peuvent empêcher une bonne égalisation de la pression dans ces cavités, menant à des barotraumatismes des sinus ou des oreilles, y compris des ruptures tympaniques. La capacité respiratoire peut également être compromise par la bronchite, ce qui peut rendre l'effort de la plongée plus difficile et augmenter la consommation d'air. Il est donc impératif d'attendre une guérison complète et l'absence totale de symptômes avant d'envisager de replonger. Une consultation médicale est toujours recommandée pour confirmer l'aptitude à la plongée après une infection respiratoire aiguë.
Lire aussi: Exploration sous-marine
Autres Contre-indications Médicales : Une Approche Systémique de la Sécurité
Les contre-indications à la plongée sont des conditions ou des situations qui peuvent augmenter le risque de complications lors de la plongée. Ignorer ces contre-indications peut mettre en danger votre santé et votre sécurité sous l’eau.
Les problèmes cardiaques sont l’une des principales contre-indications à la plongée. L’hypertension non contrôlée est également une contre-indication temporaire. Si vous avez déjà eu un infarctus, il est essentiel de consulter un médecin avant de plonger. Le froid est vite handicapant sous l’eau et peut devenir source de problèmes, et l’eau froide peut également entraîner des irrégularités du rythme cardiaque, rares mais pouvant être mortelles chez les personnes qui souffrent de maladie des artères coronaires.
Les problèmes ORL peuvent affecter votre capacité à égaliser la pression sous l’eau, ce qui est crucial pour éviter des blessures. L’épilepsie est une contre-indication majeure à la plongée, en raison du risque de crise sous l'eau. Les migraines sévères peuvent être déclenchées par des changements de pression et sont donc aussi un sujet de préoccupation. Les antécédents d’AVC nécessitent une évaluation médicale approfondie avant toute considération de plongée.
Les troubles psychologiques peuvent également influencer la sécurité de la plongée. Les personnes souffrant de troubles de l’anxiété, notamment de crises de panique, doivent faire preuve de prudence, bien que la plongée de Bathysmed soit particulièrement conseillée pour construire une boîte à outils de gestion du stress. La dépression sévère peut affecter la capacité à prendre des décisions éclairées et à réagir de manière appropriée en cas d’urgence. Une évaluation médicale est nécessaire avant de plonger, surtout en début de traitement par antidépresseur. Les fluctuations de l’humeur associées aux troubles bipolaires peuvent rendre la plongée imprévisible et risquée.
Concernant les affections métaboliques, les personnes atteintes de diabète doivent avoir un bon contrôle de leur glycémie pour envisager la plongée. L’obésité sévère peut affecter la capacité à nager et à gérer l’équipement de plongée, augmentant le risque de complications et rendant l'effort physique plus important, tandis que la plongée sur bouteille, contrairement à certaines croyances, est généralement considérée comme un effort équivalent à une marche à 6km/h avec paquetage, un match de tennis en double ou un match de volley de deuxième division.
Risques Environnementaux et Spécifiques : Au-delà de la Pression
D'autres risques potentiels de la plongée ne sont pas directement liés aux variations de pression mais sont importants à considérer pour une sécurité optimale. Plonger en eau froide peut rapidement conduire à l’hypothermie, c'est-à-dire une température corporelle excessivement faible, responsable de maladresse et de diminution de la capacité d’appréciation.
De plus, l’oxygène, surtout lors de plongée avec un mélange enrichi en oxygène comme le Nitrox, peut causer des troubles de la vue, de l’audition et de la respiration, des nausées, des vertiges, des crises épileptiformes, etc. Les gaz tels que l’oxygène et l’azote peuvent également causer des troubles, nommés hyperoxie et narcose à l’azote, lorsqu’on les respire sous haute pression, comme le font les plongeurs de très grande profondeur. Ces risques soulignent l'importance d'une formation adéquate et du respect des limites de profondeur et de temps pour les mélanges gazeux spécifiques.
L'environnement marin lui-même présente des dangers. Des problèmes de peau peuvent également être observés en plongée. Les plus fréquents sont dus à l’environnement : rochers acérés ou organismes marins irritants (poissons venimeux, méduses, anémones de mer, etc.). Les autres risques potentiels de la plongée comprennent la noyade, les morsures et piqûres par certaines espèces marines, les brûlures solaires et troubles provoqués par la chaleur, les coupures et ecchymoses, le mal des transports, ainsi que l’œdème pulmonaire d’immersion (liquide dans les poumons).
Il est également crucial de noter que des médicaments, des drogues ainsi que l’alcool peuvent avoir des effets imprévisibles et nocifs pendant la plongée, tout comme diverses affections médicales. Les blessures liées à la plongée peuvent entraîner la noyade si elles produisent l’un ou l’autre des effets suivants : dégradation des facultés mentales ou somnolence, perte de connaissance, faiblesse, panique, perte de l’équilibre et désorientation. La vigilance constante et l'abstinence de substances altérant le jugement sont donc des règles d'or en plongée.
Stratégies de Prévention : Maîtriser la Descente et la Remontée en Toute Sécurité
Pour prévenir les accidents en plongée, la formation et le respect des techniques de sécurité sont non négociables. Apprendre la plongée avec un moniteur est indispensable : ne plongez jamais sans avoir pris des cours.
Bien entamer une descente en plongée sous-marine est une étape critique. La descente dans les profondeurs, si tentante soit-elle, augmente la pression ambiante. Pour rétablir l'équilibre entre les niveaux de pressions de votre organisme et de votre environnement, vous devrez effectuer la manœuvre de Valsalva. Celle-ci consiste à souffler tout en tenant votre nez pincé et votre bouche fermée. Vous éviterez ainsi le principal risque lié à la descente : le barotraumatisme, qui peut exercer ses effets sur les tympans et les sinus notamment.
Bien remonter à la surface en plongée sous-marine est tout aussi vital que la descente. À la remontée, place à la manœuvre de Toynbee. C'est simple, vous devrez là encore vous pincer le nez mais en déglutissant cette fois. Tous les clubs de plongée vous l'enseigneront, il est impératif de respecter les paliers de décompression établis en fonction de la durée de la plongée et de la profondeur atteinte. L'objectif est d'évacuer l'azote accumulé dans votre organisme. Si en effet vous remontez trop rapidement, l'azote ne sera pas éliminé. Pire, des bulles de gaz, transportées principalement par le sang, risquent de boucher certains vaisseaux, entraînant entre autres des risques de paralysie, de thrombose. Précisons toutefois que ces paliers ne concernent pas les débutants, pour qui des profils de plongée plus conservateurs sont appliqués.
L'Impératif de l'Évaluation Médicale : Votre Santé Avant Tout
Avant de plonger, il est essentiel de consulter un médecin spécialisé en médecine de plongée. Une évaluation médicale approfondie permettra de déterminer si vous êtes apte à plonger en toute sécurité. Cette démarche est d'autant plus cruciale pour les personnes présentant des antécédents médicaux ou des conditions particulières. Il est important de souligner qu'aucun article ni avis sur internet ne prévaut celui de VOTRE médecin ou pneumologue. L'avis d'un professionnel de santé qualifié est indispensable pour une pratique de la plongée en toute sécurité. Si vous souffrez d'une maladie cardiovasculaire ou d'un asthme, ce sport vous sera d'ailleurs totalement contre-indiqué dans certains cas. Dans tous les cas, avant d'envisager votre baptême ou une reprise de la plongée, consultez votre médecin. Le rôle du médecin est de savoir la contre-indiquer chez certains patients car elle peut avoir des conséquences graves.
Le Tabagisme et la Plongée : Un Facteur de Risque Méconnu et Aggravant
Le tabagisme est un facteur de risque significatif pour la santé respiratoire et, par extension, pour la plongée sous-marine. Pourtant, le tabagisme est à l’origine de la deuxième cause de mortalité mondiale depuis 2020, avec la BPCO (Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive). Cette maladie chronique est quant à elle plus méchante et surtout, contrairement à l’asthme, irréversible.
Le plongeur qui fume présente donc les mêmes symptômes que l’asthmatique en raison de l'inflammation bronchique et de la diminution du calibre des voies respiratoires. Cependant, il aggrave sa fonction respiratoire à la sortie de la plongée, contrairement à l’asthmatique dont les symptômes peuvent être réversibles. Le sous-diagnostic de la BPCO atteint lui 30 à 50% de la population. Bien que le tabagisme ne soit pas considéré comme une contre-indication absolue à la plongée sous-marine actuellement, il devrait constituer une contre-indication à la pratique de la plongée, surtout si cet habitus est associé à un asthme préexistant puisqu’il aggrave l’inflammation. La combinaison du tabagisme avec une condition respiratoire préexistante multiplie les risques de complications, notamment les barotraumatismes et les accidents de décompression.
Il est également pertinent de distinguer les problèmes respiratoires liés à des pathologies des réactions de stress. L’hyperventilation de stress est souvent confondue avec l’asthme dans les incidences d’accidents de plongée. Si les symptômes se ressemblent, le fonctionnement d’une crise d’asthme est très différent de celle du stress. Il n'est pas question de faire tout et n’importe quoi lorsque l’on souffre d’asthme et que l’on veut faire de la plongée, mais plutôt d'adopter une approche éclairée et médicalement encadrée.
Plongée et Autres Environnements Hyperbares/Hypobares : Parallèles et Précautions
Les principes physiques et physiologiques qui régissent la plongée sous-marine trouvent des parallèles dans d'autres environnements où les variations de pression sont significatives, comme l'aviation. Une session a notamment abordé les effets respiratoires de la plongée et de l’avion. Les pathologies pulmonaires représentent 12% des urgences en vol. Les décès restent rares et correspondaient à 2000 décès en 2025. Cette session rappelle les risques liés aux différences de pression par rapport au niveau de la mer et les moyens de prévention.
La pression partielle en oxygène est directement liée à la pression barométrique qui diminue lors du vol en altitude. Un compromis doit être trouvé entre ce que la cabine d’avion peut supporter comme pression et ce que l’homme peut supporter comme hypoxie. La cabine pressurisée aura une pression barométrique rétablie qui sera diminuée de 15 à 25% par rapport à sa valeur au niveau de la mer. Pour un sujet sain, cette diminution de la Pression inspirée en oxygène (PiO2) a peu de conséquence sur la pression partielle en oxygène dans le sang et la saturation en oxygène de l’hémoglobine, à la différence d’un sujet ayant une PaO2 inférieure à 70 mmHg qui se retrouvera, en altitude, dans la partie descendante de la courbe de Barcroft. La BTS 2011 recommande une supplémentation en oxygène pour les patients ayant une SpO2 < 92% en air ambiant et de réaliser un test d’hypoxie normobare pour les patients ayant une SpO2 entre 92 et 95% avec facteurs de risques (hypercapnie, VEMS < 50%, troubles ventilatoires restrictifs, cancer pulmonaire, cardiopathie ou AVC).
Les autres risques en avion long courrier (> 5000 km) sont les maladies thrombo-emboliques qui peuvent être prévenues par hydratation non alcoolisée, l’exercice des membres inférieurs, le port de bas de contention chez certains et éventuellement une injection d’anticoagulant préventif pour les patients à haut risque (antécédent de MTEV ou thrombophilie, cancer actif, immobilisation récente). Le risque infectieux est non négligeable, et il est nécessaire de porter un masque en cas de symptômes ou de pandémie. Il est interdit de fumer dans l’avion et l’aérogare, et la prescription de substituts nicotiniques adaptés à la dépendance et à la durée de vol est nécessaire pour les fumeurs. Ces comparaisons mettent en lumière l'importance universelle de la gestion des gaz et des pressions pour la santé humaine dans des environnements variés.