L'encadrement des activités physiques et sportives (APS), en particulier celles pratiquées en milieu scolaire, est un domaine soumis à des exigences rigoureuses, visant à garantir la sécurité des pratiquants tout en favorisant le développement des compétences sportives et personnelles. Le canoë-kayak et les disciplines associées, par leur nature même et la diversité des environnements dans lesquels elles peuvent être pratiquées, requièrent une attention particulière quant à la qualification et à la formation des encadrants. Au cœur de ce dispositif se trouvent des diplômes tels que le Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l'Éducation Populaire et du Sport (BPJEPS), qui préparent les professionnels à maîtriser les aspects techniques, pédagogiques et sécuritaires indispensables à un encadrement de qualité, notamment auprès des publics scolaires.
Les Fondements Législatifs de l'Encadrement des Activités Physiques et Sportives
La législation française encadre strictement la pratique rémunérée des activités physiques et sportives. L'article L212-1 du Code du sport précise que « seuls peuvent, contre rémunération, enseigner, animer ou encadrer une activité physique ou sportive ou entraîner ses pratiquants […] les titulaires d'un diplôme, titre à finalité professionnelle ou certificat de qualification ». Ces qualifications ont pour objectif impératif de garantir la compétence de leur titulaire en matière de sécurité des pratiquants et des tiers dans l'activité considérée et doivent, à ce titre, être enregistrées au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).
Au-delà des impératifs réglementaires propres au domaine sportif, l’encadrement d’activités physiques sportives (APS) est également soumis à l’obligation générale de sécurité édictée par l'article L421-3 du Code de la consommation. Cette disposition renforce la responsabilité des encadrants quant à la protection des personnes qu'ils accompagnent.
Une distinction fondamentale est faite entre les activités pratiquées en "environnement spécifique" (ES) et celles qui ne le sont pas. Le « canoë-kayak et des disciplines associées en rivière de classe supérieure à trois conformément aux normes de classement technique édictées par la fédération délégataire en application de l'art. L311-2 (c. sport) » s'exercent dans un environnement spécifique (ES), impliquant le respect de mesures de sécurité particulières mentionnées à l'article L212-2 du Code du sport. La formation pour encadrer le canoë-kayak en environnement spécifique est hautement spécialisée. À ce titre, seuls les CREPS Auvergne-Rhône-Alpes, CREPS PACA, et CREPS de Toulouse sont les établissements du ministère en charge des sports chargés d’assurer la formation des diplômes pour encadrer le canoë-kayak en environnement spécifique, comme l'indique la note de service du 21 octobre 2021. Ces formations sont organisées dans le respect d’un cahier des charges défini dans l’annexe II-21 du Code du sport.
En revanche, le canoë-kayak pratiqué en dehors de l'environnement spécifique peut être encadré par des personnes titulaires d'un diplôme non spécifique à l'encadrement de la discipline, dit diplôme multiactivité. Parmi ceux-ci figurent des qualifications telles que les DEUG (Licence 2) en Sciences et techniques des activités physiques et sportives : animateur-technicien des activités physiques pour tous, la licence Éducation et motricité filière Sciences et techniques des activités physiques et sportives, ou encore le BPJEPS, spécialité Activités physiques pour tous. Les conditions et limites d'exercice de ces diplômes sont précisément détaillées dans l'annexe II-1 (Art. A212-1 du Code du sport).
Lire aussi: Devenir moniteur nautique : Le BPJEPS en détail
Spécificités de l'Encadrement des Activités Nautiques en Contexte Scolaire
L'encadrement des activités nautiques avec embarcation en milieu scolaire est l'objet de dispositions particulières visant à renforcer la sécurité des élèves. Selon l'annexe 1 de la circulaire interministérielle n° 2017-116 du 6 octobre 2017, relative à l'encadrement des activités physiques et sportives, les activités nautiques avec embarcation nécessitent un encadrement renforcé. Cette vigilance accrue est d'autant plus importante que certaines pratiques, comme le raft et la nage en eau vive, présentant des risques particuliers, ne doivent pas être pratiquées à l'école primaire.
La participation des intervenants extérieurs dans les écoles primaires est strictement régie par la circulaire n° 92-196 du 3 juillet 1992. Celle-ci prévoit deux conditions essentielles : premièrement, l'agrément de l'intervenant par les directeurs académiques des services de l'Éducation nationale (Dasen), agrément qui s'appuie sur la présentation de qualifications ou de diplômes valides ; deuxièmement, la signature d'une convention entre la structure qui rémunère l'intervenant (qu'il s'agisse d'une collectivité ou d'une association) et le Dasen, ou l'inspecteur de circonscription. À compter du 1er septembre 2017, le décret n° 2017-766 du 4 mai 2017 est venu définir les modalités de délivrance de cet agrément, permettant ainsi à des intervenants extérieurs d'apporter leur concours à l'enseignement de l'éducation physique et sportive dans le premier degré public. Il précise notamment que « sont réputées agréées les personnes mentionnées à l'article L.212-1 du Code du sport ».
Un prérequis fondamental pour la pratique et l'encadrement d'activités aquatiques est l'aptitude physique à évoluer en milieu aquatique. Les participants et les encadrants doivent présenter une attestation de 100 mètres nage libre, départ plongé et récupération d’un objet immergé à 2 mètres de profondeur, délivrée par une personne titulaire d’une certification d’encadrement des activités aquatiques conforme à l’article L.212-1 du Code du sport. En milieu scolaire, les publics visés pour les mises en situation pédagogique sont souvent les publics scolaires de l’enseignement secondaire, en plus des publics individuels recrutés sur profils adaptés aux modules de formation.
Le Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l'Éducation Populaire et du Sport (BPJEPS) : Une Qualification Clé
Le Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l'Éducation Populaire et du Sport (BPJEPS) est un diplôme d’État de niveau IV, délivré par la voie des Blocs de compétences. Pour obtenir le diplôme, les 3 blocs de compétences doivent être acquis. Tout candidat a la possibilité de s’inscrire et d'être évalué et certifié pour chacun des Blocs de compétences (BC) indépendamment, validant ainsi chacun des blocs de compétences indépendamment.
Ce diplôme constitue une qualification essentielle pour les futurs éducateurs sportifs. On dénombre un nombre croissant d'éducateur.rice.s sportif.ve.s en France, avec 170 000 recensés en 2023, un chiffre qui augmente de 3 % par an. La majorité de ces encadrant.e.s sont titulaires principalement d’un diplôme d’encadrement généraliste, tel que le BPJEPS MAPS (Métiers de l'Animation, du Sport et du Social), qui remplace le BPJEPS APT (Activités Physiques pour Tous), ou plus anciennement le BAPAAT, voire une Licence STAPS. L’éducateur.rice sportif.ve généraliste (titulaire d'un BPJEPS MAPS, APT, ou d'une Licence STAPS) possède les prérogatives pour encadrer toutes les activités physiques dès lors qu’elles « ne visent pas la pratique compétitive et/ou le perfectionnement sportif » et qu’elles s’exercent en dehors d’un « environnement spécifique » tel que défini à l’article R. 212-7 du Code du sport. Malgré ces limitations, le champ des possibles reste conséquent pour ces professionnels polyvalents.
Lire aussi: En savoir plus sur le BPJEPS Voile Habitable
Le BPJEPS Mention "Activités du Canoë-Kayak et Disciplines Associées" : Un Profil Spécialisé
L'Arrêté du 27 novembre 2024 a entériné la création de la mention spécifique « canoë-kayak et disciplines associées » du BPJEPS spécialité éducateur sportif. Ce diplôme confère à son titulaire un profil professionnel hautement spécialisé et autonome.
Le titulaire du brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport spécialité « éducateur sportif » mention « activités du canoë-kayak et disciplines associées en mer » exerce son activité de manière autonome, seul ou en équipe, en cohérence avec le projet global de la structure et/ou la politique fédérale. Il est autonome quant à ses choix pédagogiques. C'est un professionnel du sport qui exerce son métier en autonomie dans les activités nautiques en milieu naturel en canoë-kayak, ainsi qu’à d’autres disciplines associées comme le stand-up paddle, le rafting ou encore le wave-ski.
Sa particularité est qu’il peut exercer dans tous les types de milieux : eau vive, eau calme, mer, lacs, rivières, et océans. Cela lui permet de diversifier ses activités en fonction des environnements naturels disponibles. Il organise et supervise des sorties en canoë-kayak et autres disciplines dans divers milieux naturels. Il peut intervenir aussi bien sur des rivières en eau calme, en eau vive, sur des plans d’eau, ou en milieu maritime. Il s’adapte aux caractéristiques du lieu et aux niveaux des participants, qu'il s'agisse de débutants, de confirmés, de publics scolaires ou de touristes.
Ce professionnel adopte une démarche pédagogique en prenant en compte les techniques de pagaie, les manœuvres et les comportements à adopter en fonction des milieux pour que les pratiquants maîtrisent leur embarcation et puissent évoluer de manière autonome et sécurisée. Travaillant dans des milieux divers, parfois imprévisibles comme les océans ou les rivières à fort courant, il doit savoir évaluer les conditions météorologiques, les risques spécifiques à chaque environnement (vagues, courants, obstacles naturels), et mettre en place des mesures de sécurité adaptées. Une maîtrise des gestes de premiers secours et du sauvetage aquatique est donc essentielle à son profil.
En plus de ses missions d’encadrement, il gère l’entretien et la logistique du matériel nautique. Le titulaire du BPJEPS est responsable du bon entretien du matériel nautique (canoës, kayaks, pagaies, gilets de sauvetage, etc.) et de sa gestion logistique, notamment en transportant et préparant le matériel pour les sorties en milieu naturel, souvent éloignées des structures fixes. Il peut être amené à organiser des événements sportifs, des stages, ou des excursions, pour promouvoir le canoë-kayak et les disciplines nautiques. Cela peut aussi inclure la sensibilisation des pratiquants à l’environnement naturel et la protection des écosystèmes aquatiques.
Lire aussi: Formation professionnelle en voile : Le BPJEPS UCPA
Le titulaire du BPJEPS Canoë-kayak et disciplines associées peut travailler dans une grande variété de structures. À titre d’exemple, on peut citer les bases nautiques (en mer, en lac, ou sur rivière) ; les associations sportives spécialisées dans les sports de pagaie ; les structures de tourisme sportif (organisateurs de séjours ou d’activités de plein air) ; les écoles ou clubs de sports nautiques. Il peut également exercer en tant qu'indépendant, en organisant ses propres activités et stages. Ses employeurs potentiels incluent aussi les collectivités territoriales, des associations notamment sportives mais également socioculturelles, les établissements privés, ainsi que toute structure promouvant les activités nautiques canoë-kayak et disciplines associées (bureau des guides, structures de vacances, bases de loisir, hôtellerie de plein air, comités d’entreprise, centres de formation, structures culturelles ou de loisirs). L’exercice professionnel peut être envisagé sous statut salarié du secteur public ou privé auprès d’un ou plusieurs employeurs. Ce professionnel est ainsi capable d’offrir une expérience riche et variée dans le domaine des sports nautiques, tant pour les amateurs de découverte que pour les passionnés de sensations fortes.
Prérogatives des Diplômes d'Encadrement du Canoë-Kayak
L'annexe II-1 de l'article A212-1 du Code du sport détaille précisément les prérogatives associées à différents diplômes d'encadrement en canoë-kayak.
Pour la Licence mention « STAPS : entraînement sportif » -canoë-kayak, discipline mentionnée à l'annexe descriptive au diplôme visée à l'article D, le titulaire est habilité à l'encadrement, l'animation et la conduite de cycles d'apprentissage jusqu'au premier niveau de compétition fédérale en eau calme et en eau vive, concernant les activités du canoë-kayak et disciplines associées, sur tout support ou embarcation propulsée à la pagaie ou à la nage. Cette qualification inclut également l'encadrement et l'animation du stand up paddle.
La Licence professionnelle mention « animation, gestion et organisation des activités physiques ou sportives » -canoë-kayak, discipline mentionnée à l'annexe descriptive au diplôme visée à l'article D, permet l'encadrement, l'animation et la conduite de cycles d'apprentissage jusqu'au premier niveau de compétition fédérale en eau vive jusqu'à la classe III incluse, ainsi qu'en eau calme et en mer par vent de force 4 Beaufort maximum sur le site d'évolution. Cela concerne les activités du canoë-kayak et disciplines associées, sur tout support ou embarcation propulsée à la pagaie ou à la nage. L'encadrement et l'animation du stand-up paddle sont également inclus dans ses prérogatives.
Ces qualifications offrent des possibilités d'encadrement pour tout public, en eau calme et en mer, dans la limite de la navigation en 6e catégorie sur des parcours connus et reconnus, au maximum par vent de force 4 sur le site d'évolution. En rivière, l'encadrement est autorisé jusqu'à la classe 2, sur des parcours connus et reconnus. Il est précisé qu'en cas de nuitée en camping ou refuge dans des sites facilement accessibles, une communication quotidienne doit être établie avec le directeur d'établissement. Il est important de noter que ces prérogatives s'exercent à l'exclusion du raft et jusqu'à 1 mille d'un abri. Pour consulter la liste des certifications antérieurement inscrites à l'annexe II-1 de l'article A.212-1, il convient de se référer à l'arrêté du 9 mars 2020. Le canoë, le kayak et activités assimilées et la nage en eau vive font partie des activités physiques nécessitant des conditions particulières d'encadrement, d'effectif et de pratique dans les séjours de vacances, les accueils de loisirs et les accueils de scoutisme prévues par l'article R227-13 du Code du sport.
Le Processus de Formation et de Certification du BPJEPS Canoë-Kayak
La formation BPJEPS mention « canoë-kayak et disciplines associées » vise à préparer aux métiers de l'encadrement dans ces disciplines et à développer les compétences nécessaires à la réussite des certifications. Les objectifs principaux de la formation sont d'être capable de concevoir et mettre en œuvre des projets d’animation dans le cadre de l’organisation de travail d’une structure du champ du sport ou de l’animation ; d'être capable de valoriser les activités et les projets d’une structure du sport ou de l’animation ; et enfin, d'être capable de concevoir, de conduire en sécurité et d'évaluer des séances et des cycles de séances de découverte, d’initiation et d’apprentissage en canoë-kayak et disciplines associées dans tous milieux dans le cadre du projet et de l’organisation de travail de la structure. Ces compétences sont réparties en 3 blocs de compétences (BC), dont les BC 1 et 2 sont dits transversaux et sont communs à tous les BPJEPS.
Avant d'entamer la formation, les candidats doivent satisfaire aux Tests d’Exigences Préalables (TEP), qui sont obligatoires. Ces tests se présentent sous la forme de plusieurs épreuves : six parcours complets en bateau manœuvrier avec une consigne différente à chaque fois ; une épreuve de natation et de récupération de son matériel de navigation ; et la capacité à suivre une trajectoire imposée pour franchir un rapide de classe II. Les épreuves des TEP et Tests de sélection sont mises à jour régulièrement, la dernière en date étant du 17/12/2025.
Cependant, certains candidats sont dispensés des TEP. C'est le cas des sportifs de haut-niveau en canoë-kayak, inscrits ou ayant été inscrits sur la liste ministérielle mentionnée à l'article L. 221-2 du Code du sport. Sont également dispensés les titulaires des UC 3 et 4 du BPJEPS spécialité « éducateur sportif » mention « activités du canoë-kayak en eau vive » (RNCP 28573), ou mention « activités du canoë-kayak en eau vive classe III » (RNCP 28573), ou encore mention « activités du canoë-kayak en mer » (RNCP 28573). La possession d'une Pagaie couleur bleue dans une discipline d'eau vive ou en mer, délivrée par la fédération française de canoë-kayak et sports de pagaie, confère également cette dispense. Le détail des épreuves des tests de sélection est décrit ci-dessus dans la rubrique "LE TEST D'EXIGENCES PREALABLES (T.E.P)".
Les épreuves certificatives des Blocs de Compétences (BC) sont structurées comme suit :La situation d’évaluation certificative du bloc de compétences commun 1 (BC 1) est réalisée au moyen de la production d’un document écrit personnel et d’un entretien. Au plus tard quinze jours ouvrés avant la date de l’épreuve, le candidat transmet à son organisme de formation un document écrit personnel de vingt-cinq pages maximum explicitant la conception, la mise en œuvre et la réalisation d’un projet d’animation s’inscrivant dans celui de la structure d’alternance pédagogique. Ce document constitue le support de l’entretien qui permet de vérifier l’acquisition des compétences constitutives du bloc de compétences transversales 1 (BC1). L’entretien se déroule en deux temps : une présentation orale par le candidat d’une durée de vingt minutes au maximum ; et un échange avec les évaluateurs d’une durée de trente minutes au maximum.
Pour les épreuves certificatives du BC2, la situation d’évaluation certificative du bloc de compétences commun 2 (BC 2) est réalisée au moyen de la production d’un ou plusieurs supports personnels et d’un entretien. Au plus tard quinze jours ouvrés avant la date de l’épreuve, le candidat transmet à son organisme de formation un ou plusieurs supports de son choix présentant deux actions de valorisation d’activité ou de projet qu’il a mis en œuvre au sein de la structure d’alternance pédagogique, auprès de deux publics différents. Le ou les supports comprennent notamment les outils de communication utilisés et constitue(nt) le support de l’entretien qui permet de vérifier l’acquisition des compétences constitutives du bloc de compétences commun 2 (BC2). L’entretien se déroule en deux temps : une présentation orale illustrée par le candidat d’une durée de dix minutes au maximum ; et un échange avec les évaluateurs d’une durée de quinze minutes au maximum.
Le BC3, spécifique aux activités du canoë-kayak, a des prérequis techniques rigoureux. Peuvent se présenter aux épreuves certificatives du bloc de compétences 3 les candidats ayant validé des démonstrations techniques incluant des exercices de sécurité : en canoë-kayak en rivière de classe III ; en kayak de mer jusqu’à 5 Beaufort ; en rafting, en rivière de classe III ; et en nage en eau vive en rivière de classe III. Le candidat doit valider trois supports/disciplines sur quatre, dont impérativement les deux épreuves de canoë-kayak. L’ensemble des critères doit être validé. Au plus tard quinze jours ouvrés avant la date des démonstrations techniques concernées, le candidat communique les disciplines/supports sur lesquels il souhaite être évalué à l’organisme de formation en charge de leur organisation.
L'épreuve certificative du BC 3 est ensuite réalisée au moyen d’une mise en situation professionnelle en structure d’alternance. Au plus tard quinze jours avant la date de la mise en situation professionnelle, le candidat transmet à l’organisme de formation un document écrit personnel décrivant la conception d’un cycle de séances de découverte, d’initiation ou d’apprentissage en canoë-kayak et disciplines associées, dans la discipline ou le support de son choix, réalisées dans la structure d’alternance pédagogique, et composé de quatre à six fiches de séances minimum. Le jour de l’épreuve, le candidat conduit une séance de quarante-cinq minutes minimum de découverte, d’initiation ou d’apprentissage pour un public d’au moins quatre pratiquants, séance issue du cycle présenté dans le dossier susmentionné.
Les formations sont souvent dispensées sur différents sites. Par exemple, le site de Vallon-Pont-d'Arc (07) est utilisé, ainsi que d'autres sites en France en fonction des modules pratiques (Méditerranée, Atlantique, Alpes). Ces sites sont dotés d'un parc de matériel spécifique important, incluant kayaks, SUP, pirogues, et Équipements de Protection Individuelle (EPI) conformes à la norme AFNOR. Les compétences sont attestées par les expériences ou les diplômes antérieurs des candidats. Il est possible d'obtenir des devis non-contractuels avant l'entretien de parcours. L’entrée en formation sans employeur est également possible sous réserve de validation de l'organisme de formation partenaire.
L'Approche Pédagogique des Formations Généralistes (Exemple du BPJEPS MAPS CEMEA)
Les formations BPJEPS généralistes, comme le BPJEPS MAPS (ex-APT), souvent dispensées par des organismes tels que les CEMEA, adoptent des approches pédagogiques spécifiques pour préparer les futurs éducateurs sportifs. Ces formations se déroulent généralement sur 13 mois en alternance, avec des journées de formation (par exemple, les lundis et mardis) et les autres jours, ainsi que les vacances scolaires, passés en structure d’alternance. Les stagiaires sont souvent assez jeunes et ont majoritairement une pratique d’activités de sports collectifs (foot, basket, volley, handball).
Le défi majeur réside dans la manière dont, en 600 heures de formation, il est possible d'accompagner les stagiaires à avoir une compréhension approfondie du métier et de sa structure, à réaliser des diagnostics de différents publics, ou encore à concevoir et à animer des séances et des cycles dans une multitude d’activités. Face à cela, une démarche pédagogique spécifique est mise en œuvre.
Le premier grand principe est de pratiquer ces activités, d’apprendre à les aimer et d’en révéler leur pouvoir éducatif. Il s’agit d’acquérir de l’expérience de pratiquant.e et de se poser les questions de ce qui se joue pour un.e débutant.e en terme affectif et des difficultés d’apprentissages. Les CEMEA, à titre d'exemple, proposent au minimum deux jours de pratique et de réflexions sur quatre Activités Physiques de Pleine Nature (APPN) : escalade, voile, kayak, VTT. Les pratiques se déroulent à toutes les saisons et les lieux de pratiques changent systématiquement (forêt, chemins avec du dénivelé, voies artificielle, falaises, rivière, mer, lac). L'objectif est de faire vivre des aventures mémorables, des expériences qui marquent et transforment les stagiaires.
Le deuxième grand axe passe par l’apprentissage des techniques d’encadrement avec deux enjeux prioritaires : organiser logistiquement et sécuriser l’activité. Dans les APPN, l’organisation logistique et les aspects de sécurité sont tellement considérables qu’ils précèdent la prise en compte des publics et les apprentissages. En d’autres termes, si la vérification du matériel, son acheminement, leur préparation, leur attribution au public, l’explication des règles de sécurité, ou les consignes de départ sont défaillantes, la séance est directement compromise. C’est pourquoi les stagiaires sont placé.e.s en situation d’encadrement et accompagné.e.s. L’enjeu étant d’être capable d’évaluer les risques liés à l’encadrement de ces différentes activités en situation, c’est-à-dire dans un contexte particulier (météo, lieu de pratique, nombre et capacités des pratiquant.e.s). Cette évaluation des risques doit aboutir à une prise de décision sur la tenue ou non de l’activité. Savoir renoncer quand on ne le sent pas est une qualité essentielle d’encadrant.e. Cette démarche s’inscrit tout au long de l’année, et en écho aux autres contenus, participant à la prise de conscience du rôle de l’éducateur.rice sportif.ve dans la société. Si les éducateur.rice.s sportif.ve.s ont un statut social parfois peu reconnu, leur rôle n’en est pas moins déterminant. Les formations BPJEPS MAPS des CEMEA s’évertuent à renforcer le rôle de l’éducateur.rice, en mettant de l’importance dans la manière dont chacun.e incarne son métier, dans la volonté d’être exigeant envers soi-même pour améliorer ses interventions.