La navigation, qu'elle soit une passion ancestrale ou une découverte récente, est une activité qui éveille l'esprit d'aventure et la connexion avec la nature. Cependant, au-delà de l'appel du large, elle implique une compréhension approfondie des pratiques de sécurité et de l'équipement nécessaire pour garantir des sorties en mer sereines et conformes à la réglementation. De l'équipement individuel de flottaison aux systèmes de communication avancés, chaque élément joue un rôle crucial. Parallèlement à ces impératifs techniques, une dimension humaine et collaborative s'est développée, notamment à travers la co-navigation, offrant de nouvelles manières de partager l'expérience maritime et d'accéder au monde nautique.
Les Accessoires de Sécurité Nautique : La Division 240 et l'Équipement Obligatoire
La sécurité en mer est régie par des réglementations strictes, dont la Division 240 en France, qui définit l'ensemble d'équipements de sécurité obligatoire à posséder à bord du navire de plaisance de moins de 24 mètres. Ces exigences varient considérablement en fonction de l'éloignement d'un abri, catégorisant la navigation en plusieurs zones : basique, côtière, semi-hauturière et hauturière. Avant de détailler ces impératifs, il est essentiel de rappeler quelques notions et termes fondamentaux pour la sécurité en mer ou en eau douce, afin d'assurer une compréhension complète des règles qui suivent.
Notions Fondamentales pour la Sécurité en Mer
Un « abri » est défini comme un « Endroit de la côte où tout engin, embarcation ou navire et son équipage peuvent se mettre en sécurité en mouillant, atterrissant ou en accostant et en repartir sans assistance. » Cette définition est cruciale car elle détermine les équipements requis en fonction de la distance à laquelle on s'éloigne d'un tel refuge. Le « Chef de bord », quant à lui, est le membre d’équipage responsable de la conduite du navire, de la tenue du journal de bord, du respect des règlements et, surtout, de la sécurité des personnes embarquées. Il porte une responsabilité primordiale dans toutes les situations. L'« EIF » (Équipement Individuel de Flottaison) est un dispositif qui permet à une personne de flotter plus facilement en cas de chute dans l'eau. Il permet de conserver la tête hors de l'eau et assure le retournement pour une personne inconsciente, étant ainsi un accessoire de sécurité fondamental.
Les zones de navigation sont clairement délimitées par des distances par rapport à un abri :
- Basique : Jusqu'à 2 milles d'un abri.
- Côtière : De 2 à 6 milles d'un abri.
- Semi-hauturière : De 6 à 60 milles d'un abri.
- Hauturière : Au-delà de 60 milles d'un abri.
Il est fortement recommandé de situer les éléments de sécurité avec chaque passager (gilet de sauvetage, trousse de secours, extincteurs, plan de sécurité, etc.) à bord du bateau pour une bonne mise en œuvre en cas d’urgence, un conseil précieux de H2R Equipements avant chaque départ.
Lire aussi: Nouvelle Ère de la Voile
Équipement Indispensable pour la Navigation Basique (Jusqu'à 2 Milles d'un Abri)
Pour une navigation basique, la Division 240 impose un matériel d’armement et de sécurité spécifique, s'appliquant aux navires et véhicules nautiques à moteur.
- L’Équipement Individuel de Flottabilité (EIF) : Indispensable pour chaque personne à bord, l’EIF est à sélectionner selon la morphologie de la personne embarquée et de son poids. En fonction du type de navigation, il faudra respecter la flottabilité exprimée en Newton pour choisir son gilet de sauvetage, garantissant ainsi son efficacité en cas d'immersion.
- Le Dispositif Lumineux Individuel : Un éclairage individuel, tel qu'un Cyalume ou une lampe flash, est obligatoire pour chaque personne dans tout type de navigation. Cette lampe torche, étanche et disposant d’une autonomie d’au moins 6 heures, complète l'EIF et est vitale pour la visibilité et le repérage en cas de chute à l'eau, notamment la nuit.
- Le Dispositif d'Assèchement Manuel : Que ce soit une écope, un seau ou une pompe manuelle, ce dispositif doit être approprié au volume du navire. Ce dispositif peut être fixe ou mobile pour les navires marqués « CE », permettant d'évacuer l'eau qui pourrait s'infiltrer à bord.
- Les Moyens Mobiles de Lutte contre l'Incendie : Un ou plusieurs moyens mobiles de lutte contre l’incendie doivent se trouver sur votre navire. Ils doivent être conformes aux préconisations du fabricant reprises dans le manuel du propriétaire dans le cas des navires marqués « CE » ou aux exigences applicables de la réglementation nationale dans les autres cas. Une couverture anti-feu doit également être conforme à la norme EN 1869, ajoutant une couche de protection essentielle contre les départs de feu.
- Le Dispositif de Remorquage : Un taquet d’amarrage fixé sur le pont et un bout de remorquage adapté au bateau sont requis, permettant le remorquage du navire en cas de panne ou d'avarie.
- La Ligne de Mouillage (Si masse lège > 250 kg) : Une ligne de mouillage appropriée au bateau est obligatoire si la masse lège du navire dépasse 250 kg. Votre navire est dispensé de ce dispositif si son déplacement lège est inférieur à 250 kg et si la puissance propulsive du moteur est inférieure ou égale à 4,5 kW. Les véhicules nautiques à moteur sont également dispensés de ce dispositif, sous la responsabilité du chef de bord.
- Les Horaires et Coefficients de Marée : Sur le bateau, vous devez avoir un moyen de connaître les heures et coefficients de marée du jour et de la zone considérée, sauf en Méditerranée où les marées sont moins prononcées.
- Le Pavillon National (hors eaux territoriales) : Il doit être proportionnel à la taille du bateau.
Renforcer la Sécurité pour la Navigation Côtière (De 2 à 6 Milles d'un Abri)
En plus du matériel de sécurité exigé en zone de navigation basique, il faudra compléter l'équipement à bord de votre bateau pour la zone côtière.
- 3 Feux Rouges à Main : Ces feux doivent être conformes aux dispositions de la division 311 du règlement et il est impératif d'être vigilant quant à leur date de péremption, car leur efficacité diminue avec le temps.
- Dispositif de Repérage et d’Assistance pour Personne Tombée à l’Eau : Jusqu’à 6 milles d’un abri, ce dispositif est obligatoire. Il n’est cependant pas obligatoire si vous portez un équipement individuel de flottabilité conforme et muni d’un dispositif lumineux, ce qui souligne l'importance de l'EIF bien équipé.
- Compas Magnétique : Il doit être étanche et conforme aux normes ISO, ou vous pouvez utiliser un système de positionnement satellitaire étanche faisant fonction de compas, pour maintenir le cap.
- Carte(s) de Navigation : Elle(s) couvre(nt) les zones de navigation fréquentées, que ce soit sous support papier ou électronique, offrant une vue essentielle sur la topographie marine et les dangers potentiels.
- Règlement International pour Prévenir les Abordages en Mer (RIPAM) : Un document fixant des règles de « priorité » entre les navires est indispensable pour éviter les collisions en mer.
- Balisage : Un document sous forme de plaquettes autocollantes ou sur support électronique et son appareil de lecture est requis pour comprendre la signalisation maritime.
Naviguer en Semi-Hauturier : Équipements Complémentaires (De 6 à 60 Milles d'un Abri)
Le matériel d’armement et de sécurité pour la navigation semi-hauturière doit être complété par rapport à celui de la navigation côtière.
- Précisions sur le Compas Magnétique : Bien que défini au point précédent, en semi-hauturier, le compas magnétique ne peut être remplacé par un dispositif de positionnement satellitaire pouvant faire fonction de compas, insistant sur la fiabilité du compas traditionnel.
- Un Harnais et une Longe : Un harnais et une longe sont exigés par personne à bord d’un voilier, ou un point d’accroche préconisé par le fabricant. Pour les navires autres que les voiliers, un harnais et une longe par navire sont nécessaires, ou un point d’accroche préconisé par le fabricant. Ces accessoires sont cruciaux pour la sécurité des personnes évoluant sur le pont.
- 3 Fusées à Parachute et 2 Fumigènes ou VHF Fixe ASN : Depuis le 1er janvier 2017, les 3 fusées parachutes et les 2 fumigènes ne sont plus obligatoires si vous avez une VHF fixe ASN (Appel Sélectif Numérique) couplée à un GPS, qui permet une alerte rapide et localisée en cas de détresse.
- Dispositif Lumineux pour la Recherche et le Repérage de Nuit : Sur le bateau, vous devez avoir un dispositif lumineux portatif ou fixe, étanche. Il doit être adapté pour rechercher un homme à la mer en pleine nuit, renforçant les capacités de sauvetage.
- Radeau(x) de Survie : Un ou plusieurs radeaux de survie conformes sont requis selon le nombre de passagers à bord du navire et le type de navigation. Il est essentiel de connaître la réglementation du radeau et son utilisation.
- Matériel de Prévisions Météorologiques Marines : Vous devez avoir le matériel nécessaire permettant de recevoir les prévisions météorologiques sur les canaux 16, 79 et 80, afin d'anticiper les changements climatiques et d'adapter la navigation en conséquence.
- Trousse de Secours : Fortement conseillée dans tous les types de navigation et sur tous les bateaux, elle devient obligatoire pour la navigation semi-hauturière. Elle doit être conforme à l’article 240-2,16. Le chef de bord peut la compléter selon les risques qu’il évalue à sa navigation, en consultant la liste des produits de premiers secours qui doivent composer le contenu de la trousse de secours.
- VHF Fixe : Avec une portée allant jusqu’à 50 milles, la VHF fixe est un moyen de communication essentiel pour le contact avec d'autres navires et les stations côtières.
- Livre des Feux : Ce document, disponible également sous forme de support électronique, fournit des informations cruciales sur les phares et balises.
- Journal de Bord : Il doit contenir les éléments importants pour le suivi de la navigation et la sécurité du navire, servant de registre des événements et des décisions prises.
L'Équipement pour la Navigation Hauturière (Au-delà de 60 Milles d'un Abri)
Le matériel d’armement et de sécurité hauturier doit être un complément à celui du semi-hauturier, compte tenu des exigences accrues liées à l'éloignement des côtes.
- Radiobalise de Localisation des Sinistres : C’est un transmetteur qui émet un signal dans la bande de fréquences 406 MHz en numérique en cas de détresse, d’urgence, pour donner l’emplacement d’un navire. Il s’agit des balises de détresse EPIRB, pouvant être dotées, ou non, d’un émetteur AIS (Automatic Identification System), permettant une localisation précise par les secours.
- VHF Portative : Étanche et conforme aux exigences de l’article 240-2.17, la VHF portative offre une flexibilité de communication supplémentaire en cas d'urgence, même loin du poste de barre principal.
Tableau Récapitulatif du Matériel d'Armement et de Sécurité Obligatoire (représenté textuellement pour fluidité)
Pour la zone basique (jusqu'à 2 milles), sont requis :
Lire aussi: L'essentiel sur le mât de planche à voile
- Un équipement individuel de flottabilité (EIF)
- Un dispositif lumineux
- Un dispositif d'assèchement manuel
- Des moyens mobiles de lutte contre l'incendie
- Un dispositif de remorquage
- Une ligne de mouillage (si masse > 250 kg)
- L'annuaire des marées ou équivalent (sauf en Méditerranée)
- Le pavillon national (hors eaux territoriales)
Pour la zone côtière (entre 2 et 6 milles), s'ajoutent aux précédents :
- 3 feux rouges à main
- Un dispositif de repérage et d'assistance pour personne tombée à l'eau
- Un compas magnétique
- Des cartes de navigation
- Le Règlement International pour Prévenir les Abordages en Mer (RIPAM)
- Le balisage
Pour la zone semi-hauturière (de 6 à 60 milles), s'ajoutent aux précédents :
- Un harnais et une longe par personne à bord d'un voilier
- Un harnais et une longe par navire (pour les non-voiliers)
- 3 fusées à parachute et 2 fumigènes ou une VHF ASN
- Un dispositif lumineux pour la recherche et le repérage de nuit
- Un radeau de survie
- Le matériel permettant de recevoir les prévisions météorologiques marines à bord
- Une trousse de secours
- Une VHF fixe
- Le livre des feux
- Un journal de bord
Enfin, pour la zone hauturière (au-delà de 60 milles), s'ajoutent aux précédents :
- Une radiobalise de localisation des sinistres
- Une VHF portative
La Trousse de Secours en Mer : Un Impératif de Sécurité
La trousse de secours est indispensable à la sécurité des passagers et du chef de bord. Il en va de soi qu’elle est fortement recommandée en navigation côtière, même si elle n'est pas strictement obligatoire. Bien entendu, le bon sens et la responsabilité du chef de bord sont de mise pour l’ajuster selon l’équipage (santé, âge, etc.). La trousse de premier secours devient obligatoire pour la navigation semi-hauturière et hauturière, soulignant son importance vitale dans ces zones éloignées.
Le contenu de la trousse de secours, conforme à l’article 240-2.16, doit inclure :
Lire aussi: Activités et politique nautique en Loire-Atlantique
- Bande auto-adhésive (10c) : Rouleau de 4m, type Coheban.
- Compresses de gaze stériles : Paquet de 5, de taille moyenne.
- Pansements adhésifs stériles étanches : 1 boîte, assortiment de 3 tailles.
- Coussin hémostatique : À l'unité, type CHUT.
- Sparadrap : Rouleau.
- Gants d'examen non stériles : 1 boîte.
- Gel hydroalcoolique : Flacon de 75ml.
- Couverture de survie : À l'unité.
- Chlorhexidine : Solution locale - 5ml 0.05%.
Le chef de bord est encouragé à compléter cette liste en fonction des spécificités de la navigation et des besoins de l'équipage.
Équipements Spécifiques pour les Engins Nautiques de Loisirs
La Division 240 a été mise à jour en 2019 pour prendre en compte d’autres engins comme les planches à voile, planches aérotractées (Kite surf), planches nautiques à moteur et embarcations propulsées par l’énergie humaine. Outre ces recommandations et obligations imposées par la DIV-240, le bon sens marin doit guider chacune de vos sorties sur l’eau. Une attitude prudente, selon le principe « mieux vaut prévenir que guérir », comme le port d'un gilet, limite considérablement les risques de noyade. Équipez-vous, surtout lorsque vous naviguez seul !
Règles Générales et Bon Sens Marin pour les Embarcations Légères
Quelques règles de base pour votre sécurité à bord des embarcations légères sont primordiales :
- Toujours prendre connaissance de la réglementation en vigueur.
- Analyser le plan d’eau avant de s'engager.
- Toujours prévenir une personne avant de partir de son itinéraire.
- Naviguer de préférence à plusieurs ou être visible avec un moyen lumineux.
- Porter un gilet de sauvetage en tout temps.
Engins de Glisse Tractés
La pratique des engins de glisse tractés est encadrée par la DIV-240 et doit se pratiquer dans une bande allant de 300 m à moins de 2 milles d’un abri. Le bateau tractant doit arborer une flamme (pavillon) de couleur vive d'au moins 2 mètres et disposer d'un système de largage rapide. La corde de remorquage doit être flottante et de couleur vive pour être facilement repérable. Il y a l’obligation d’être au minimum deux à bord du bateau tracteur : un pilote et un observateur du rider, assurant une surveillance constante. Le pratiquant doit quant à lui être équipé d'un gilet de flottabilité de 50 N au minimum, assurant sa sécurité immédiate en cas de chute.
Véhicules Nautiques à Moteur (Motos Jets Aquatiques)
Les véhicules nautiques à moteur au minimum 2 places peuvent naviguer jusqu’à 6 milles d’un abri, tandis que les autres restent limités à 2 milles.Pour une navigation jusqu’à 2 milles, les exigences sont :
- Permis de conduire requis.
- Un équipement individuel de flottabilité par personne ou une combinaison portée.
- Un moyen de repérage lumineux individuel, étanche, d’au moins 6 heures d’autonomie.
- Un dispositif de remorquage.
- 1 écope, seau ou pompe à main.
- 1 moyen de connaître les heures et coefficients de marée.
- Pavillon national en dehors des eaux territoriales.
- Un coupe-circuit.Pour une navigation jusqu’à 6 milles d’un abri, ce sont les mêmes règles définies par la Division 240 pour les navires de plaisance qui s'appliquent.
Kayaks, Canots, Stand Up Paddle, Pirogues
Au-delà de 300 mètres des côtes, le kayak doit être homologué et la longueur de l’embarcation doit être supérieure à 3,50 mètres. Une navigation de jour est autorisée et jusqu’à 2 milles nautiques d’un abri. Un dispositif doit permettre au pratiquant de rester en contact du flotteur, de remonter sur l’embarcation et de repartir seul ou avec un accompagnant. Un équipement de flottabilité par personne d’au moins 50 Newtons est obligatoire, de même qu'un moyen de repérage lumineux (lampe flash ou torche ou Cyalume) assujetti à l’EIF. La carte de circulation ou une copie est également requise si vous pratiquez la pêche.
La Co-navigation : Une Bourse aux Équipiers Modernisée
Au-delà des équipements et de la réglementation, l'accès à la mer et aux embarcations a évolué grâce à des concepts innovants comme la co-navigation. Conviviale, économique, pédagogique, la co-navigation ne manque pas d'adjectifs pour décrire cette pratique de partage. En partenariat avec Vogavecmoi, Tribord partage l'essentiel de ce qu'il y a à savoir sur ce mode de navigation, qui permet de se lancer dans le grand bain des expériences maritimes.
Qu'est-ce que la Co-navigation ?
Le principe de la co-navigation est exactement le même que pour le covoiturage, mais… avec un bateau. Il faut dire que cette nouvelle façon de naviguer n'est pas si récente. Depuis déjà plus d'une décennie, Internet a permis de démocratiser ce concept qui fait de plus en plus d'adeptes chaque année. Il s'agit concrètement d'une mise en relation de plaisanciers et d'équipiers via internet, basée sur une certaine éthique, offrant une expérience de navigation unique et partagée.
L'Expérience du Skipper : Au-delà de la Réduction des Frais
Pour un·e skipper, la co-navigation est bien plus qu'une façon de réduire les frais de sa sortie en mer. C'est avant tout une façon efficace de trouver un équipage avec qui il prend du plaisir et à qui il ou elle apprend les bases pour manœuvrer un bateau. Proposer son embarquement sur une bourse d'équipiers, c'est offrir une expérience de navigation unique à de jeunes équipiers et équipières. Mais pas seulement. C'est aussi se lancer dans une expérience humaine singulière, loin de la terre ferme. C’est d’offrir la chance à de nombreuses personnes de vivre un périple inédit et de se découvrir des ressources encore insoupçonnées avant d'embarquer. C'est participer et entretenir l'esprit de fraternité et de sororité qui lient les êtres humains autour de la mer.
Les Motivations de l'Équipier : Apprendre et Découvrir
À l'inverse, les raisons qui motivent les équipiers à s'inscrire dans une bourse d'équipiers ne manquent pas. Certain·es sont débutant·es et cherchent à parfaire leurs techniques en buvant les paroles de skippers aguerri·es. D'autres ont plus d'expérience et veulent simplement profiter d'une sortie en bateau avec un nouveau coéquipier ou une nouvelle coéquipière. En somme, la co-navigation reste une méthode très efficace pour apprendre et découvrir le monde nautique.
Un Concept Salué par Tous : Le Succès de la Co-navigation
Qu'importe la motivation, les témoignages des personnes ayant goûté à la co-navigation sont unanimes : chaque expérience est un franc succès. Que ce soit pour une journée, quelques jours ou plusieurs semaines, skippers et équipiers en ressortent à chaque fois ravis et n'attendent plus qu'une chose : réitérer l'expérience. Le site Vogavecmoi, premier service de co-navigation en France, met en relation plus de 78 000 membres animés par la même passion, que ce soit pour la voile, la régate, la pêche ou la navigation à moteur.
L'Évolution du Concept : De la Bourse aux Équipiers à la Co-navigation
Le terme de co-navigation lui-même a une histoire récente et significative. Antoine Penot, fondateur du site VogAvecMoi.com, a inventé le terme de co-navigation en 2011 pour désigner son activité de bourse aux équipages en ligne. Ce concept visait à mettre en relation des plaisanciers et des équipiers via internet, basée sur une certaine éthique.
Invention du Terme et Modernisation
Pour mémoire, le site VogAvecMoi a vu le jour le 1er février 2010 en proposant un service de bourse aux équipiers inspiré des sites de rencontres amoureuses de l'époque. Antoine Penot était alors persuadé qu'il fallait trouver un nouveau concept, plus moderne et attractif. Début 2011, après plusieurs séances de brainstorming personnel, il s'est arrêté sur le terme "co-navigation", estimant que les gens commençaient à connaître la collocation et que le covoiturage commençait à faire parler de lui. Ce nouveau terme lui paraissait suffisamment évocateur : le partage d'un bateau pour une navigation.
Antoine Penot a inventé le terme "co-navigation" pour rendre le concept de bourse aux équipiers plus "sexy" pour les médias et tous ceux qui n'en avaient jamais entendu parlé, notamment les jeunes. Par ailleurs, cette rénovation conceptuelle allait très bien avec l'évolution des besoins des propriétaires de bateaux. Dans les bourses aux équipiers de "jadis", l'équipier était embarqué pour sa participation élémentaire aux manœuvres éprouvantes de la navigation à voile. Depuis ces 30 dernières années, les voiliers ont beaucoup évolué dans le sens de la simplification et de la facilitation, grâce à des innovations telles que le guindeau électrique, les voiles sur enrouleur, la cartographie électronique et les GPS. Ainsi, les propriétaires de bateaux n'ont plus un besoin d'équipiers au sens technique du terme puisqu'ils sont capables de les manœuvrer seuls. La motivation essentielle sur des plateformes comme VogAvecMoi est donc le plaisir de partager son bateau.
La Distinction Cruciale avec la Location Commerciale
Il est crucial de bien distinguer la co-navigation de certaines activités commerciales. Sur VogAvecMoi, les équipiers ne sont pas locataires du bateau. Ils sont tout simplement équipiers, c'est-à-dire inscrits comme tels sur le livre de bord. Ils participent aux manœuvres et à la vie du bord, incluant l'avitaillement, la préparation des repas et le ménage du bateau. Or, la location d'un bateau avec skipper est une activité réglementée. Le skipper doit alors avoir une assurance responsabilité civile professionnelle et un diplôme spécifique. C'est pourquoi Antoine Penot dénonce le détournement et le dévoiement du terme de co-navigation par des services proposant notamment de la location de bateaux de particuliers avec skippers - leurs propriétaires - constituant une concurrence déloyale aux sociétés de location et aux skippers professionnels, à l'instar de feu Uber Pop dans l'automobile.
Antoine Penot souligne que les propriétaires sont libres de demander une participation aux frais ou non sur sa plateforme. Chaque annonce est modérée manuellement, ce qui permet d'exercer un contrôle exhaustif. La co-navigation rend aujourd'hui un vrai service aux propriétaires de bateaux qui trouvent ainsi une véritable raison de naviguer plus souvent quand la famille et les amis ne sont pas disponibles ou parfois récalcitrants.
Protéger la Pratique : L'Appel à la Vigilance
VogAvecMoi souhaite faire cesser l’amalgame entre la co-navigation telle qu'elle est pratiquée sur sa plateforme et toutes les initiatives visant à contourner les réglementations existantes en utilisant ce même terme. Ces sites ternissent l’image de la co-navigation, et les plaisanciers sont invités à ne pas les fréquenter afin de se protéger et de protéger cette pratique authentique.