Hautement symbolique, le voile de la mariée fait partie intégrante de sa tenue. Le but est de la dissimuler et de la cacher de tous les regards. Le voile était fait dans une étoffe opaque, qui pouvait s’assimiler à un drap pour couvrir intégralement la mariée. Le voile existe depuis la nuit des temps. On en trouve les premières traces dans l’Énéide de Virgile. Les hommes doivent porter le voile devant les dieux, en signe d’oblation, c’est-à-dire que l’homme s’offre aux divinités. Chaque mariée porte un voile. D’ailleurs, le mot latin « nubere » qui signifie voiler est synonyme de se marier pour les jeunes filles romaines. Ce dernier est symbole d’engagement total et de soumission à son mari. En Mésopotamie, le voile tient son origine du culte à la déesse Ishtar, qui est une prostituée sacrée (appelée également hiérodule), représentée voilée. Le voile est hautement symbolique en Mésopotamie. À partir du moment où l’on pose le voile sur la mariée, elle doit obéissance à son mari, qui devient son baal, c’est-à-dire son seigneur.
L'évolution historique du voile
En Grèce, le voile de la mariée, le flammeum ne lui couvre que la moitié du visage. Rouge ou orange, il symbolise la joie et la fécondité. Au Moyen-âge, le voile est un porte-bonheur, qui préserve la mariée du mauvais œil, des esprits maléfiques et de la malchance. Le mariage était arrangé par les pères de famille, qui souhaitaient faire une alliance familiale. Le voile servait à cacher la mariée des yeux de son mari, qui ne la découvrait qu’au moment de la nuit de noces.
Dans la culture chrétienne, la Bible composée de l’Ancien et du Nouveau Testament est la référence pour les croyants. C’est dans l’Évangile de Saint Paul que l’on mentionne que la femme doit être voilée pour la prière, en tant que marque de dévotion. Vu que le mariage est célébré dans un lieu de culte en présence d’un représentant de Dieu, la femme se doit donc d’être voilée par mesure de respect. En fonction des modes, le voile ne sera pas forcément une pièce indispensable dans la tenue de la mariée. Entre la fraise et la collerette, il va être laissé de côté. Le judaïsme n’impose pas le voile pour les femmes. Il n’est pas mentionné dans la Torah, texte fondateur de la religion. Néanmoins, on sait que les femmes le portaient, car lors de son mariage, Jacob pensait avoir épousé Rachel. Au moment de la nuit de noces, il retire le voile et découvre Léa. Aujourd’hui, en fonction des personnes, le voile n’est pas une obligation pour le mariage. Il reste une coutume. Plus ancrée, la célébration et la bénédiction de la cérémonie se déroule sous la houppa juive ou dais.
Le voile islamique : Significations et controverses
Au cœur de nombreuses polémiques, le voile islamique est une question difficile à traiter. Le voile est évoqué dans les textes. Ainsi, comme le mentionne l’historien dans un article sur le site Croire, les femmes doivent rabattre le voile sur leur poitrine. On distingue 3 types de voiles. La burqa couvre tout le visage et dissimule les yeux derrière une grille. Les femmes la portent essentiellement au Pakistan et en Afghanistan. Le hijab est le voile le plus fréquent pour les mariages. Il couvre les cheveux et le cou, tout en laissant apparent le visage. Il vient de l'arabe hajab, qui signifie soustraire à la vue. On trouve des hijabs blancs avec ornements de strass, de sequins ou de perles. Dans les pays européens, le voile est aujourd’hui une pièce de tulle synthétique ou en soie, que l’on accroche au chignon ou que l’on place sur la tête, avec un diadème. Léger et aérien, la mariée le garde tout au long de la cérémonie et de la fête, sauf en Pologne, où la mariée jette son voile à minuit aux célibataires invitées.
Le khimar : Un voile islamique spécifique
Le khimar est un vêtement islamique qui couvre la tête, les épaules et la poitrine de la femme musulmane. C’est un type de voile plus couvrant que le simple hijab. Contrairement à ce que beaucoup pensent, le khimar n’est pas un simple foulard ! C’est un vêtement complet qui, une fois enfilé, protège la modestie de la femme en couvrant tout le haut du corps. De plus, il existe des khimars avec bonnet intégré qui permettent de bien fixer le voile sur ta tête sans avoir à utiliser d’épingles.
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Traditions culturelles autour du voile
Dans la culture asiatique, le voile est coloré. La couleur de prédilection est le rouge, qui représente le positif et que l’on associe à la chance, au bonheur, à la santé et au succès. En Inde, le port du voile est culturel. S’il peut être lié à la religion musulmane, le voile est un accessoire indispensable à la tenue que l’on coordonne à sa tenue, pour couvrir les cheveux. En fonction de la région de l’Inde, la femme peut être soumise à la coutume de purdah, qui désigne également le mot voile. Traditionnellement, en Inde, le saree de la mariée est rouge. Elle porte donc un voile rouge avec des broderies d’or et des perles, qui lui couvre le visage intégralement. Néanmoins, au moment de la cérémonie autour du saptapathy, feu sacré, elle doit revêtir un voile rouge.
La légende de la cascade du voile de la mariée à la Réunion
À la Réunion, un lieu idyllique porte le nom de cascade du voile de la mariée. Ce nom est lié à une histoire sombre qui donne tout son mystère au lieu. M. Armand est un homme courageux, qui travaille sans relâche. Il épouse une femme très belle et en tombe immédiatement amoureux. Ils ont une fille, Amanda. Les années passent et Amanda devient une jeune fille belle, tout le portrait de sa mère. Un jour, un jeune homme Henrio vient pour proposer ses talents de jardinier à M. Armand. Ce dernier l’engage. Une idylle naît entre Amanda et le jardinier, qu’is laisse secrète. Au bout d’un certain temps, ils décident d’en parler à M. Armand. Amanda parvient à s’échapper et programme, avec Henrio, un mariage en secret. M. Armand découvre vite que sa fille s’est enfuie et court à l’église, en hurlant. Sa fille apeurée se met à courir. À cause de son voile de mariée, elle ne voit pas devant elle et se jette dans un précipice. M. La cascade symbolise les larmes de M.
Le voile de mariée à travers les mariages royaux
Pile dans la tendance des années 20, la Reine Mère d’Angleterre porte un voile qui couvre les cheveux, avec une robe fluide, pour son mariage avec le Prince Albert. La Reine Elizabeth renoue avec la robe de mariée traditionnelle façon reine Victoria. Le voile de 4 mètres de long est richement décoré de broderies en forme de fleurs et de perles. Toutes les broderies donnent un style chargé. Le voile de Lady Di reste une référence et un record historique du plus long voile porté lors d’un mariage royal, aves ses 12 mètres. En 2004, le prince Frederik se marie avec une roturière australienne, Mary Donaldson. Elle porte un voile qui fait partie du patrimoine de la famille royale et qui date de 1905. En dentelle irlandaise, il est porté par toutes les reines (ou futures), le jour de leur mariage. En 2008, la journaliste star de l’Espagne Letizia Ortiz épouse le fils du roi Juan Carlos. Elégante et distinguée, elle fait partie des femmes les mieux habillées du pays. Lors de son mariage, elle porte un voile ivoire en tulle de soie de 3 mètres de long. Même année, la Belgique fête le mariage de l'archiduchesse Marie-Christine d'Autriche, avec le comte Rodolphe de Limburg-Stirum. Le voile est l’une des pièces maîtresses de sa tenue. C’est une pièce historique, dans le sens où en 1853, Eugénie de Montijo porte ce voile, pour son mariage avec l'empereur Napoléon III.
Angelina Jolie a créé la sensation, avec une robe signée Vivienne Westwood et un voile brodé des dessins de ses enfants. Hautement symbolique, elle a souhaité associer activement ses enfants au projet de mariage. Bon nombre de personnes ont trouvé que ce voile peu commun était inesthétique.
Le Mariage Rebeu : Traditions Maghrébines
On se concentrera notamment sur sa variante maghrébine, le mariage rebeu, tel qu’il est pratiqué au bled, en Algérie, au Maroc et en Tunisie. C’est quand toute la smala du marié, ses parents, frères, sœurs, tantes, cousines … débarque chez celle de sa chérie pour demander sa main (à son père). Et c’est aussi l’un des moments les plus redoutés du couple qui espère que les familles vont “matcher”. En pratique, les amoureux se fréquentent déjà et ils ont pris la décision de s’unir. Chacun en a discuté avec ses proches de son côté. Ainsi, le couple s’accorde pour fixer la date de la Khotba, en fonction des disponibilité des familles. En résumé, la Kohtba revêt une dimension symbolique de respect et d’engagement.
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Rituels et Préparatifs
Comme en Occident, la mariée aussi profite de ses derniers jours de célibat pour se détendre et profiter de moments privilégiés avec ses proches. La semaine précédent la cérémonie, la mariée et sa bande se rendent au hammam, privatisé à l’occasion, pour faire peau neuve et se détendre. Et, pour en arriver là, mesdames vont endurer les chaleurs extrêmes et la torture du kessa, le gant de gommage traditionnel. Le hammam est issu des civilisations romaines, grecques et ottomanes (les fameux bains turques). Le terme Hammam signifie source de chaleur. Le savon noir marocain, “saboun el-beldi” (savon du pays), est composé d’huile d’olives, d’olives noires broyées et macérées et de potasse. Le Rhassoul (Rassoul ou encore ghassoul) est un adoucissant à base d’argile et hypoallergénique qui convient à tous types de peaux. Il s’applique sur le visage, le corps et les cheveux. Le rituel du tatouage au Henné, de l’arabe Hena, apporte à la mariée la Baraka (bénédiction) et une protection contre le mauvais œil. Aussi, il arrive que le rituel du henné soit célébré le soir du mariage, après le repas, dans le lieu de réception. Les époux se font boire mutuellement le lait et les dates. Cet acte est le symbole d’une vie pure et prospère, d’un engagement de fidélité. Après le rituel du henné, la mariée reçoit de la part de ses invités, de sa belle famille et du marié des cadeaux présentés dans des “taifours”, plats coniques en cuivre : robes, parfums, bijoux et aliments symboliques.
Déroulement du Mariage
Le mariage oriental est généralement célébré en été, à partir du jeudi, puis le jour de prière soit le vendredi. Il dure 7 jours. À noter, l’été est la saison des mariages et les prix des prestataires atteignent leur apogée. La mariée se prépare au salon de beauté ou chez elle, parmi ses proches. Shérazade est maquillée et coiffée par une professionnelle, la Ziana tandis que la Negafa va l’aider à s’habiller. Les proches entonnent alors des youyous (zagharit), ainsi que des louanges, le Slaa o Slam, un chant qui est répété par les femmes pour bénir et protéger la mariée quand elle se dévoile aux invités et à son mari. C’est aussi à ce moment que l’orchestre traditionnel de Dakka Marrakchia fait son entrée. Le couple et ses invités se livrent alors à quelques pas de danse. Un orchestre de Dakka Marrakchia est composé de 3 à 7 musiciens.
Les mariés se présentent au Maire en habits occidental, le costume pour Monsieur et la robe blanche traditionnelle pour Madame. Munis de l’acte de mariage, les jeunes mariés qui le souhaitent, peuvent enchaîner avec le mariage musulman à la mosquée. Pour un mariage de rêve, l’idéal reste le domaine ou le château. Il existe aussi des lieux chaleureux et originaux tels que des fermes et auberges. Pour la décoration, privilégiez les objets en pierre forgé (luminaires, supports bougies …) et les couleurs chaudes : l’orange, le jaune et le rouge agrémentés ici et là de doré. Traditionnellement, le lieu de réception comporte deux espaces séparés, l’un pour les femmes et l’autre pour les hommes. Néanmoins, cette pratique reste minoritaire et les nombreux mariages orientaux auxquels j’ai assisté ces dernières années disposaient généralement d’un seul espace, « mélangé », sans distinction de sexe. Les invités rejoignent le lieu de réception vers 20h00. Vers 23h00, lorsque les invités sont bien installés, les mariés font une entrée majestueuse dans des palanquins au style baroques, blanc ou dorés. Jasmine est parée de bijoux et porte une robe blanche, keftan ou takchita tandis qu’Aladin est vêtue, lui aussi, d’un jabador. Un trône capitonné est disposé sur une estrade dans la salle de réception. Il est réservé aux mariés. Après le repas, la mariée défile parmi ses convives en habits traditionnels. Selon la coutume, les festivités durent 7 jours durant lesquels la mariée porte chaque jour une robe différente. Pendant la soirée, la mariée change ainsi 7 fois de robes, kafeta, caftan, burnous. La première robe symbolise la pureté et les autres une région de son pays d’origine : la robe kabyle, la constantinoise … pour l’Algérie par exemple. Néanmoins, aujourd’hui, la cérémonie ne dure plus qu’une journée et qu’il est difficile de porter chacune des 7 robes ce même jour.
La Negafa : Orchestratrice de la cérémonie
La negafa est un peu l’équivalent de la weeding planner : elle va notamment gérer les robes, le maquillage et la coiffure de la mariée qu’elle va suivre toute la journée et spécialement pendant la soirée. Elle dispose d’un carnet d’adresse qui lui permettra de proposer d’autres prestataires aux mariés : traiteur, orchestre, DJ… Elle dispose de multiples compétences. Aujourd’hui, toutes les cultures intègrent dans leur cérémonial de noces des rituels issus d’autres civilisations.
Le lancer de bouquet : Une tradition nuptiale universelle
Qui ne frémit pas d'excitation au moment où la mariée se retourne, bouquet en main, prête à le lancer ? Découvrez l'histoire fascinante et les significations cachées derrière cette tradition nuptiale, autrefois considérée comme un geste antique pour éloigner le mauvais œil, devenue un acte moderne de partage, de bonheur et d'espérance.
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Entamer une plongée dans l'histoire du lancer de bouquet sans évoquer la scène mythique du mariage de Lady Di pourrait s'apparenter à un oubli regrettable. Le 29 juillet 1981, devant des millions de téléspectateurs émerveillés, Lady Diana Spencer, devenue princesse de Galles, a immortalisé l'une des traditions nuptiales les plus envoûtantes. Après une cérémonie royale, elle a lancé son bouquet de mariée, un somptueux assemblage de fleurs blanches, vers une foule de jeunes femmes espérant toutes attraper un morceau de ce conte de fées moderne. Cet instant, figé dans les annales de l'histoire, illustre parfaitement la magie et l'importance culturelle du lancer de bouquet, transformant un simple geste en symbole d'espoir et de continuation des rêves d'amour et de bonheur conjugal.