Comme dans tous les sports, vous avez bien pu comprendre que les surfeurs utilisent un langage bien particulier. Les termes techniques en surf sont particulièrement difficiles à comprendre lorsqu'on est surfeur débutant. Toute personne ne connaissant pas le surf est au moins une fois dans sa vie tombée par hasard sur une discussion de surfeurs. En les écoutant baragouiner des mots en français et anglais, nous laissant totalement dans le brouillard, la première réflexion que l'on se fait c'est : "Qu'est-ce qu'ils peuvent se la péter ceux-là!". On a vraiment l'impression que le surf est un sport de frimeurs. Mais tout ceci va changer avec cet article car plus tard, vous passerez également pour un frimeur aux yeux des autres car vous utiliserez vous aussi ce langage spécifique. Et vous en serez bien obligés car, comme dans tous sports, l'intégration se fait notamment par la communication et la compréhension du langage technique. Vous remarquerez que beaucoup de mots n'ont qu'à être traduit en anglais pour paraitre connaisseur.
Le lexique essentiel du surfeur
Aloha : ce mot Hawaïen a beaucoup de sens comme bonjour, au revoir, bienvenue, amour, compassion, affection, pitié. Air, Aérial : figure qui consiste à décoller au dessus de la vague avec sa planche. Le surfeur utilise la vague comme rampe de lancement. Aileron : élément de la planche située dessous et à l’arrière de celle-ci qui sert à donner une direction à la planche. Alley-Oop : Figure aérienne très esthétique et très technique consistant à faire une rotation complète sous forme de boucle en faisant face à la vague. Backwash : vague allant en sens inverse des vagues (du bord vers le large). Backdoor : on dit partir "backdoor" lorsque le surfeur démarre derrière le peak pour s'offrir un tube. Barre : Zone où les vagues déferlent en forme de longue barre, souvent difficile à traverser. Barrel (tube) : C'est la manoeuvre reine du surf qui consiste à se faire recouvrir intégralement par le déferlement de la vague. Beach break : Vague déferlant sur une plage sur fond sableux. Board : Planche de surf en anglais. Bodyboard : planche courte permettant de glisser sur les vagues en restant allongé. Bodysurf : Glisser sur une vague uniquement à l'aide de son corps. Bombe : la bombe est une vague de dingue. Bouillon : c'est la zone de mousse, la zone d'impact. Bowl : partie de la vague qui forme une sorte de creux arrondit. Braquer : partir sur une vague d'un autre surfeur qui a la priorité. Clean : terme désigné pour qualifié le plan d'eau. Creux / Curl : partie de la vague qui devient verticale sous forme de creux concave avant de déferler. Canard (duck-dive) : technique permettant de passer sous une vague avec sa planche. Elle n'est possible qu'avec une planche avec un litrage faible. Clé FCS : Clé allen servant à dévisser les vis des boitiers de dérives amovibles. Cut-back : une des manoeuvres principales du surf. Facilement reconnaissable de part sa trajectoire horizontale en forme de demi tour. Carve : Manoeuvre radicale qui consiste à "couper" la vague en deux. Côtes : les dimensions de vôtre planche. CT : Le Championship tour est le tour mondial de surf. Droite : sens du déferlement d'une vague qui part vers la droite lorsqu'on la surfe. Drop : le drop est un take-off très vertical. Droper : Synonyme de taxer, braquer mais plus précisément le fait de taxer un autre surfeur en lui tombant pratiquement dessus. Evolutive : planche de surf entre les planches de surf débutants et les planches pour bon surfeur. Épaule de la vague : partie de la vague située à l'extrémité du point de déferlement. Forecast : Ce sont les prévisions météo. Fat : =gros, on utilise ce terme quand les vagues sont grosses! Fish : Type de planche en forme de poisson. Foil : Sorte d'aile qui ressemble à une aile d'avion que l'on place sous une planche et qui permet de décoller au-dessus de l'eau. Floater : manoeuvre en surf consistant à surfer le dessus de la vague lorsque celle-ci déferle. Gnarly : Expression qui désigne quelque chose de spectaculaire, excitant, extraordinaire et au contraire qui peut être dangereux, dégoutant. Goofy foot: Stance / position du surfeur sur sa planche ayant le pied droit devant et le pied gauche derrière. Glassy : terme utilisé pour désigner un plan d'eau lisse, une mer d'huile. Gun : non ce n'est pas une arme! Bien que son nom l'indique! Grab / grab rail : le fait de venir attraper le rail de sa planche avec ses mains. Hang-Ten : technique où le surfeur s'avance en positionnant ses 10 orteils au bout du nose de sa planche. Home spot : Spot de surf qui se trouve à deux pas de chez vous. Houle : C'est l'onde qui se propage tout le long des océans et qui vient s'échouer sur les rivages. Inside : = intérieur, on l'utilise pour qualifier les vagues qui déferlent dans la zone plus proche du bord. Intégrale : Nom abrégé d'une combinaison Néoprène intégrale. Interférence : terme utilisé en compétition pour désigner une faute sur un autre surfeur. Kick-Out : technique où le surfeur sort de la vague en sautant par dessus celle-ci. Kooks : terme péjoratif utilisé par les bons et très bons surfeurs pour désigner les novices faisant des gaffes et des inattentions. Late take-off : Take-off en retard. Line-up : Zone où les surfeurs attendent les vagues. Lay-back : Virage poussé à l'extrême qui oblige le surfeur à coucher son dos sur la vague et se relever. Lèvre / Lip : C'est la partie de la vague qui créée son déferlement. Leash : Leash = laisse, en gros on tient sa planche en laisse afin de ne pas la perdre. Latte : partie centrale de votre board. Mou : on dit d'une vague qu'elle est molle lorsqu'elle est plate. Mousse : Cela peut être la mousse de la vague, ou un type de planche en mousse. Mushy : Lorsque les vagues sont détériorées par le vent et beaucoup de courant. Mur : C'est la partie de la vague qui se situe devant vous et vous allez surfer en glissant sur elle. Manoeuvre / Move : en surf on parle de manoeuvre pour désigner une figure, une technique. Morning Sickness : on utilise ce terme pour désigner de mauvaises conditions matinales. Nose : partie avant de la planche. Nose-riding : Style de surf qui consiste à surfer sur l'avant de la planche, le nose. On-shore : Le vent on-shore est un vent qui vient de la mer et qui souffle vers la terre. Off-shore : vente venant de la terre qui souffle vers la mer, donc face aux vagues et qui lisse la mer. Overhead : Lorsque les vagues vous dépassent on dit qu'elles sont overhead. Pet / ding : Un "pet" veut dire un trou sur une planche de surf. Paddle Out : cérémonie hawaïenne en hommage à un surfeur décédé. Prio (priorité) : les priorités en surf ont été créées afin de codifier l'activité. Pain de mousse : C'est le bloc de mousse que le shaper possède avant de donner une forme finale à votre planche. Période : en surf, quand on parle de période, on fait référence à la période entre deux vagues. Peak : C'est l'endroit où la vague démarre. Plug : boîtiers incrustés dans la planche. Quattro : planche de surf avec quatre dérives. Quiver : panoplie de planches de surf allant de la plus petite à la plus grande. Rail to rail : technique où le surfeur passe d'un rail à l'autre afin de générer de la vitesse. Ragasser : un surfeur qui entre à l'eau et qui essaie de prendre toutes les vagues. Ramer : un surfeur rame, il ne pagaie pas! Rack : support où l'on dépose ses planches. Rail : les bords de votre planche. Reverse : c'est un 3-6 à l'envers. Re-entry : manoeuvre qui s'effectue lorsqu'une section de la vague déferle vers lui. Roller : manoeuvre la plus répandue en surf. Rocker : les boards ne sont pas plates, elles sont incurvées vers le haut. Shaka : signe des surfeurs laissant uniquement le pouce et l'auriculaire tenus. Skimboard : Petite planche de surf que l'on utilise sur le bord. Session : temps passé à l'eau à surfer. Section : Partie de la vague qui creuse devant soi. Série / Set : c'est lorsque l'on voit à l'horizon un nombre de vagues plus grosses que les autres arriver. Snaker : le fait de se placer plus à l'intérieur qu'un autre surfeur.
La maîtrise du passage de barre
Passer la barre est une compétence primordiale pour progresser en surf. Passer la barre permet de sortir de l’inside, la zone où les vagues déferlent, vers l’outside, là où les vagues avancent sans casser. C’est la terre promise, un endroit où on peut s’asseoir sur sa planche, prendre le temps d’analyser les vagues qui approchent avant de se décider à ramer pour en surfer une. Il faudra alors bien se placer, au peak, là où la vague va commencer à déferler. Effectuer un bon take off puis profiter de cette merveille que nous offre dame nature en enchaînant les virages pour tracer une trajectoire parfaite.
Le passage de la barre n’est en réalité pas une compétence particulière mais la combinaison de plusieurs techniques : une bonne lecture, une bonne rame, une bonne technique de push through, de turtle roll ou de canard. Certains spots permettent d’éviter le passage de la barre grâce à un canal, une zone calme à côté des vagues par laquelle on peut remonter pour se placer au peak. C’est évidemment hyper agréable car cela permet de moins se fatiguer, de ne pas se faire lessiver et nettoyer les sinus. Mais ces spots sont un luxe et il ne faudrait pas trop s’y habituer, surtout que ce canal peut lui aussi saturer à certains moments suivant la taille de la houle. C’est de plus une compétence primordiale en surf : être capable de gérer sa planche dans toutes les situations. Pour soi-même mais surtout aussi pour ne pas blesser les autres. C’est d’ailleurs une bonne règle pour déterminer si tu es sur le bon spot ou non.
Lorsqu’on s’imagine un surfeur qui passe la barre, on le voit couler sa planche avant l’arrivée de la vague, passer ensuite sous la vague et ressortir très rapidement derrière sans avoir reculé d’1m (le canard). Malheureusement, les planches des apprentis surfeurs sont trop volumineuses pour être coulées de la sorte. Nous devons donc passer par des techniques moins gracieuses et efficaces mais qui ont le mérite de nous maintenir en sécurité. Avant de parler de technique, il est très important de parler de l’état d’esprit. Comme tu le sais, les vagues arrivent en séries. Tu ne commences donc pas à ramer vers le large à n’importe quel moment. D’abord tu regardes au loin. Un vague déferle ? En vois-tu d’autres derrière ? C’est la fin d’une série ? Feu ! C’est le moment de ramer !
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Une fois lancé il faut continuer à observer les vagues qui arrivent face à toi. Ton objectif est clairement d’éviter de passer par l’endroit où la vague est la plus puissante, et donc l’endroit où elle déferle. Il te faut ensuite de la détermination. Une fois parti, tu es en mission ! On ne s’arrête pas de ramer entre deux vagues, pour se reposer. Ces quelques secondes perdues pourraient faire toute la différence et faire que tu vas prendre une nouvelle série sur la tête ! On se remet aussi à ramer tout de suite après le passage d’une vague.
Techniques de franchissement : Push Through et Turtle Roll
Lorsqu’on voit une vague arriver, notre instinct nous dit de nous arrêter ou de faire demi-tour. Mais en réalité, c’est l’inverse qu’il faut faire et ramer de plus belle. Pour que ces deux techniques se déroulent sans encombre il est indispensable d’arriver bien perpendiculairement à la vague.
La technique est très similaire au take off version « pompage ». Tu rames en direction de la vague et lorsqu’elle est à environ 2m de toi, tu places les mains à plats sur la planche à hauteur de tes épaules, si la vague est grosse, tu peux carrément attraper les rails de ta planche sur les côtés. Tu pousses alors sur les bras pour créer de l’espace entre toi et ta planche, en faisant un pompage. La majeure partie de l’énergie de la vague va ainsi passer dans cet espace ce qui va l’empêcher de te retourner ou de t’arracher de la planche. Pour t’équilibrer et mettre davantage de poids sur l’avant de ta planche tu peux aussi lever une de tes 2 jambes en l’air. La limite à cette technique est bien entendu la taille de la vague.
Le « Turtle Roll », parfois appelé « Eskimo Roll », est la meilleure technique pour passer à travers de plus grandes vagues qui sont trop puissantes pour la méthode du « Push Through ». Marchez vers le large dans l’océan jusqu’à ce que vous ayez de l’eau jusqu’à votre poitrine. Vous devez tenir la planche de surf par son nose et la garder perpendiculaire aux vagues. Lorsque vous arrivez à des eaux plus profondes, regardez à l’horizon. Environ 2 mètres avant que le « white water » arrive sur vous, saisissez les « rails » à la hauteur de vos pectoraux et tournez à l’envers (la planche ainsi que votre corps). Sous l’eau, laissez un espace entre votre corps et la planche et assurez-vous que le « nose » de la planche est coulé dans l’eau. Vos bras devraient être légèrement pliés, votre tête ne devrait pas être proche de la planche et votre surfboard devrait être scellée à l’eau, sans espace entre la surface de l’eau et la planche. Lorsque le white water arrive, votre planche de surf doit être 100% perpendiculaire à la vague. Pour faire pivoter la planche à l’endroit, tirez un « rail » d’une main et poussez l’autre « rail » avec votre autre main.
L’innovation du Surf Foil
Le Surf-Foil est apparu dans les années 2000. Parmi les précurseurs, on compte de grands noms comme Laird Hamilton, Dave Kalama ou encore Paolo Rista. À l’origine, ce n’était qu’une manière de voler au-dessus de l’eau en surf-tracté, dans de grandes ondes de houle. En 2016, c’est Kai Lenny qui fait exploser le nombre de pratiquants. Le mât est attaché perpendiculairement à la planche et au fuselage. Ainsi, les ailes sont parallèles à la planche. L’ailette avant a une partie supérieure bombée (extrados) et une partie inférieur plus plate (intrados).
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Le principe de fonctionnement d’un foil de surf relève de la dynamique des fluides. L’aile avant est tirée vers le haut lorsqu’elle avance, car les molécules d’eau qui passent sur l’extrados de l’aile avant accélèrent pour rattraper les molécules d’eau passées sur l’intrados. L’accélération des molécules sur la partie supérieure de l’aile crée une dépression et le ralentissement de celles sur la partie inférieure crée de la surpression. La conséquence est un effet d’aspiration vers le haut. On peut aisément comparer le fonctionnement d’un Foil à celui d’un avion qui reprend sensiblement la même forme si on oublie le mât et la planche. La vitesse de déplacement croit une portance et permet de décoller. Pour changer les angles d’incidence du foil, le rider peut par pression alternée sur le pied avant ou arrière faire monter ou descendre le foil.
Lorsque l’on touche à la dynamique des fluides, le moindre détail ou changement apporté au Foil a son importance et influe sur ses caractéristiques. La portance du Foil varie principalement selon la taille de l’aile avant, son épaisseur, sa forme de profil et l’angle d’incidence de celui-ci. Plus la surface d’une aile est grande avec de l’épaisseur et plus elle génère de portance. Plus l’angle d’incidence est positivement élevé et plus celui-ci génère de portance mais freine le foil. Une aile avec moins de corde et donc plus d’envergure sera plus rapide. L’aile arrière (stabilisateur) joue pleinement son rôle pour stabiliser le Foil. Les facteurs externes influant sur la stabilité du Foil sont forcément le poids du pratiquant et ses aptitudes techniques mais aussi le type de plan d’eau sur lequel le Surf Foil est pratiqué. L’élément majeur concernant la maniabilité reste la forme de l’aile avant, à savoir notamment la courbe latérale, qui accentuée permet de tourner plus facilement avec le Foil.
La longueur de la planche va influer de deux manières sur votre pratique du Surf Foil. Une planche plus longue avec du volume permet de prendre plus facilement les vagues pour décoller. La largeur de la planche peut, tout comme la longueur, faciliter la prise de vagues à la rame pour le décollage. Le poids de la planche influe négativement sur la portance de la planche. Plus la planche est lourde, plus la portance du foil sera contrée. On peut imaginer à juste titre que le shape de la planche importe peu une fois en l’air, mais plusieurs détails permettent d’améliorer l’expérience de vol : le rocker à l’avant et le biseau à l’arrière et sur les côtés pour ne pas toucher l’eau une fois en vol.
Fabrication et Matériaux : De la mousse au shape
Depuis les années 1950, la très grande majorité des planches de surf est fabriquée avec un noyau en mousse polyuréthane (PU). Pour plus de résistance, le pain de mousse PU est renforcé avec une latte centrale en bois appelée « stringer ». Le principe consiste à découper le pain de mousse en deux, placer le stringer entre les deux parties puis les recoller. Le choix du stringer n’est pas à négliger car en fonction des propriétés du bois sélectionné, la planche sera plus ou moins flex. Une fois renforcé et shapé, le pain de mousse passe à l’étape de stratification. La résine polyester (utilisée pour les planches PU) n’est pas compatible avec le polystyrène.
Le noyau des planches de surf époxy est composé de mousse EPS (polystyrène expansé). Contrairement aux pains de mousse PU, les pains de mousse EPS sont fabriqués à l’aide d’un moule aux dimensions des shapes souhaités. Les billes de polystyrène fusionnent ensemble sous l’effet de la pression obtenue par injection de vapeur. À la grosse différence des pains de mousse PU, les pains de mousse EPS sont recyclables. Malheureusement, il n’existe pas, à ce jour, de véritable filière de recyclage des planches de surf EPS. L’étape de délamination pour isoler la mousse EPS du composite fibre de verre + résine doit être réalisée manuellement ce qui représente un frein en terme de rentabilité économique.
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Les résines polyester et époxy diffèrent dans leur mode de fabrication mais également dans la performance obtenue et le feeling ressenti par le surfer. Pour résumer on peut dire qu’une planche époxy sera plus solide, plus légère, plus nerveuse et dynamique alors qu’une planche polyester sera plus flex, plus stable (car un peu plus lourde) et donc plus tolérante notamment dans le clapot. La planche époxy offre également plus de flottabilité compte tenu de sa plus faible densité. La plus grande solidité des planches époxy est principalement due à l’utilisation de résine époxy qui dispose de caractéristiques plus résistantes. Les planches époxy absorbent mieux les chocs et présentent également beaucoup moins d’enfoncements. Il faut tout de même nuancer cet aspect durabilité car en cas de gros « pet », la planche époxy va présenter des faiblesses. La mousse EPS absorbe l’eau beaucoup plus vite que la mousse polyuréthane. Il faudra donc être rigoureux sur l’entretien et réparer le plus rapidement possible sa planche pour éviter les infiltrations d’eau.
L’étape de fabrication du shape consiste à transformer ton bloc de mousse pour faire apparaître progressivement les lignes que tu avais imaginé. La première consiste à former le rocker grâce à des gabarits que tu vas venir coller de chaque côté de ton pain de mousse. Puis tu vas découper ta mousse en suivant les gabarits à l’aide d’un « fil chaud ». Une fois le rocker réalisé, tu découperas ensuite l’outline de ta planche à l’aide d’une scie. Pour t’aider, tu auras au préalable tracé l’outline sur ta mousse EPS avec un feutre et un patron en papier.
Analyse hydrodynamique : Outlines et comportement
L’outline d'un surf représente la forme du périmètre de la planche, les termes équivalents sont la forme en plan et le Template. La position de cette largeur maximale (wide point) par rapport au centre de la longueur de la planche est déterminante. Une grande surface permet donc une grande flottaison. La force de trainée s’opposant au déplacement du rameur est composée de 2 principales composantes : La trainée de frottement et la trainée de forme. Aux vitesses de la rame, la trainée de frottement reste négligeable et la trainée de forme est prédominante. Elle est causée par les changements de directions et de vitesses, contraints par les formes non parallèles au déplacement.
Ramer avec une planche de surf, dont le volume de flottaison maintient la totalité du corps du surfeur hors de l’eau, est donc plus facile qu’avec une petite planche laissant couler une partie du corps du surfeur, car la surface frontale est moins importante. La flottaison permet donc de mieux utiliser son énergie de rame et d’atteindre des vitesses plus élevées. Une longue planche trouvera sa place dans une grande vague et/ou une faible courbure, mais elle enfournera si la vague est creuse et de petite taille. En considérant uniquement l’aspect dynamique des inerties, sans entrer dans l’hydrodynamique, une longue planche demande plus d’énergie pour être mise en rotation car elle est plus lourde mais aussi à cause de la distance entre le point de pivot (que nous supposerons ici au niveau des ailerons) et le centre d’inertie de la planche.
Le surf de grosses vagues, l’origine de son nom “Gun” tiendrait d’une réflexion faite en 1956 a un shaper travaillant sur une forme destinée aux grosses vagues : « On ne chasse pas l’éléphant avec un pistolet pour enfant, on utilise un fusil à éléphant ! ». Donc ce fusil à éléphants est très fin à l’arrière et étroit, cette faible largeur offre très peu de surface frontale, ceci permet d’atteindre de grandes vitesses. L’outline étroit permet de passer de rail a rail facilement et d’enfoncer le rail profondément. Un seul aileron central permet d’avoir un appui centré augmentant l’enfoncement du rail et l’exploitation du rocker dans les courbes coupées.
Le longboard représente le surf des origines, importé par Duke en Californie avec le surf, il a été délaissé à la révolution du shortboard, mais est revenu en force depuis 1990 avec une légèreté et des qualités hydrodynamiques qui le rendent plus facile à surfer qu’aux origines. Un large nose arrondis le distingue nettement du Gun. Sa largeur procure la flottaison et la surface de planing lui apportant respectivement, une rame plus rapide, et la possibilité de surfer de faibles pentes. Sa flottaison interdit le canard, mais lui permet de prendre les vagues en avance sur le pic avec peu d’efforts.
Le shortboard est une planche entre 1.5 et 2.2 mètres, c’est la planche la plus répandue depuis la révolution du shortboard initiée en 1966. Plus difficile à ramer à cause de sa faible flottaison, sa faible inertie et sa faible surface la rende très manœuvrable sans effectuer de déplacement sur la planche. Les canards sont faciles à plonger grâce à un nose pointu et un volume réduit, mais sa faible portance implique une constante recherche de vitesse et des enchainements très rapides pour qu’elle ne s’enfonce pas dans les points morts.
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