La Bouée de Sauvetage Stylisée : Innovations, Fonctions et Techniques d'Intervention en Milieu Aquatique

Dans le domaine du sauvetage, il est primordial de disposer des bons outils pour intervenir rapidement et avec efficacité. Le matériel de sécurité est un sujet essentiel. L’imaginaire collectif place assurément l’homme à la mer en tête des dangers majeurs auxquels on est susceptible d’être confronté en mer. Il est donc impératif de se préparer à une telle éventualité. Ainsi, les réglementations imposent le plus souvent d’avoir à bord une "bouée de sauvetage" ou un dispositif d’assistance équivalent.

À bord, le bon sens impose de tout mettre en œuvre pour ne pas passer par-dessus bord. Souvent, les bateaux sont équipés de lignes de vie, et les équipages portent harnais et gilet de sauvetage, ce qui rend l'équipage a priori bien préparé. Cependant, si un incident survient et qu'une personne tombe à l’eau, par exemple lors d’une manœuvre comme l’empannage, il faut pouvoir réagir et sauver cette personne. Il vous faut donc disposer à bord d’une solution efficace pour récupérer l’homme à la mer, parfois appelé MOB, de l'anglais "man overboard". C’est une évidence indiscutable. Cette solution nécessaire présente deux volets distincts. D’une part, il est impératif d'avoir à bord le bon matériel, c’est ce qui est préconisé avec force par la réglementation en vigueur. D’autre part, il est tout aussi crucial de savoir se servir de ce matériel. Cela a peut-être été enseigné ou transmis à certains, mais ce n’est pas toujours le cas pour tous les marins.

Les Impératifs Réglementaires et les Bouées Traditionnelles

Les législateurs recommandent ou imposent donc d’avoir à bord le matériel adapté, comme nous l’avons vu. Des réglementations spécifiques encadrent l’équipement de sécurité. L’administration fédérale impose, pour naviguer dans les eaux suisses, d’avoir à bord un "engin de sauvetage approprié pouvant être jeté à l’eau". Cet engin doit présenter une poussée hydrostatique d’au moins 75 N. La Division 240, qui porte sur les réglementations en vigueur dans le monde du nautisme, impose de naviguer avec "un dispositif de repérage et d’assistance pour personne tombée à l’eau type « bouée fer à cheval » ou « bouée couronne » ou tout autre dispositif équivalent". Ce dispositif doit avoir une flottabilité d’au moins 142 N, et être d’une forme et d’une couleur facilement repérable de jour. Il est important de noter que le dispositif devra être complété d’un système lumineux étanche pour assurer une visibilité de nuit.

Certains font référence à des dispositifs plus anciens, parfois qualifiés de "grand-papa", tels que la bouée couronne ou la bouée fer à cheval. Une bouée couronne est un équipement de sécurité obligatoire en vertu de la convention SOLAS et de la Division 240. Il s'agit d'un objet flottant facilement identifiable, conçu pour pouvoir supporter le poids d'un homme à la mer. La Division 240 rend obligatoire la possession d'un équipement permettant de localiser et d'aider une personne en mer. Plus précisément, une bouée en fer à cheval s’utilise dans tout bateau qui se trouve à plus de 2 milles d'un abri. Une bouée couronne, quant à elle, s’utilise pour les bateaux qui se trouvent à moins de 1 mille d'un abri. Ce sont les deux types de bouées de sauvetage obligatoires, reconnues comme des éléments de sécurité bateau les plus représentatifs du sauvetage en mer. Une bouée en fer à cheval est un type de bouée qui ressemble à un fer à cheval et qui est utilisée en complément d’une perche IOR. Un autre type de bouée, qui a la forme d'une couronne, est utilisé de la même façon. La bouée couronne Solas est largement reconnue comme la bouée de sauvetage la plus répandue dans le monde. Ces bouées traditionnelles, qu'il s'agisse de la bouée fer à cheval ou de la bouée couronne, ne sont en définitive que des aides à la flottabilité. Cependant, elles n’ont souvent pas la résistance suffisante pour aider le naufragé à remonter à bord de manière efficace.

L'Émergence de la Bouée Tube : Une Solution Polyvalente

La bouée tube est un outil de sauvetage indispensable, tant pour les débutants que pour les professionnels cherchant à parfaire leur technique. Elle est utilisée dans de nombreuses situations de sauvetage, intervenant lorsque la rapidité et la simplicité d’utilisation sont essentielles pour sécuriser une personne en danger. Le sauvetage à l’aide d’une bouée tube présente plusieurs avantages significatifs. Un avantage majeur est sa capacité à faciliter le remorquage de la victime, grâce aux multiples possibilités de prises qu'offre la bouée tube.

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Pour optimiser l’efficacité de la bouée tube, il est essentiel de la combiner avec d’autres outils et accessoires adaptés. Cette approche intégrée renforce la capacité d'intervention. Pour résumer, l'utilisation de la bouée tube est justifiée par la nécessité d'une intervention rapide et efficace, avec des bénéfices notables en termes de remorquage et de facilité de prise pour la victime.

La Silzig : Une Bouée Stylisée pour le Sauvetage Moderne

Sur bon nombre de bateaux, la Silzig est un dispositif qui vient remplacer l’antique bouée fer à cheval, marquant ainsi une évolution dans le matériel de sécurité. La Silzig se présente sous la forme d’un long boudin mesurant environ 2 m de long. Ce design est à la fois innovant et pratique. Sous sa housse orange fluo, qui est particulièrement visible et solide, avec un grammage de 650 g/m², se trouve le flotteur en mousse imputrescible. Ce flotteur répond aux normes internationales en vigueur, garantissant ainsi sa fiabilité et sa performance. En fait, c’est une véritable "frite", similaire à celles que l’on retrouve habituellement dans les piscines ou sur les plages, mais conçue pour être très résistante, adaptée aux rigueurs de l'environnement marin.

Une sangle mère ultra-solide traverse la Silzig sur toute sa longueur. Cette conception robuste permet de supporter le poids d’une personne en détresse, un atout majeur pour le sauvetage. À l’extérieur de la bouée, deux grosses poignées sont intégrées, permettant à l’homme à la mer d’attraper facilement la bouée et de s'y maintenir. Ces mêmes poignées permettent également aux sauveteurs de la saisir fermement pour remonter la personne à bord, offrant une prise sûre et efficace.

La bouée Silzig est distribuée chez les bons shipchandlers et accastilleurs, s'adressant aussi bien au monde de la plaisance qu'au domaine maritime professionnel. Cependant, il est parfois difficile de remonter à la source concernant la Silzig, car elle semble souvent affublée de marques diverses et variées. Après une petite enquête approfondie, il s’avère que c’est la société Océanplus qui les fabrique à Brest, garantissant ainsi une origine et une qualité spécifiques. En vous équipant de la sorte, avec une bouée Silzig, vous œuvrez donc sur tous les tableaux, car ce choix va au-delà de la simple acquisition de matériel. Non seulement vous faites l’acquisition du dispositif le plus performant et le plus résistant, un outil qui maximise les chances de sauver la personne tombée à l’eau, comme on le constatera. Mais en plus, vous soutenez une entreprise locale, européenne, française et bretonne, contribuant ainsi à l'économie locale. Enfin, il est important de noter que l’entreprise et le groupe dont elle fait partie sont engagés dans une démarche d’insertion professionnelle. Vous participez donc, indirectement, à former et à qualifier des salariés qui, au détour de la vie, se sont retrouvés exclus, ajoutant une dimension sociale à cet achat de sécurité.

L’inventeur de la bouée Silzig, Alain Daoulas, a une expérience considérable, ayant été maître voilier et officier de la Marine Nationale, et ayant formé des centaines d’élèves de l’École Navale. Il résume bien les avantages de la Silzig en soulignant qu’il s’agit d’un dispositif de sauvetage "trois en un". Cette bouée est à la fois un flotteur efficace, un outil de traction puissant et un harnais robuste, facilitant grandement l'action de hisser la personne à bord. Contrairement aux traditionnelles bouées fer à cheval ou bouées couronnes, qui ne sont en définitive que des aides à la flottabilité, la Silzig offre une polyvalence supérieure. Les bouées traditionnelles n’ont pas la résistance suffisante pour aider le naufragé à remonter à bord, une limitation que la Silzig vient résoudre de manière innovante et efficace.

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Maîtriser l'Intervention avec la Bouée Tube et la Silzig

Maintenant que nous avons fait connaissance avec la bouée Silzig, il nous faut désormais apprendre à opérer un sauvetage avec ce dispositif moderne. La manœuvre à réaliser est devenue relativement classique dans les formations modernes de sécurité en mer. Le processus d’utilisation de la bouée tube, ou Silzig, implique plusieurs étapes cruciales, qui débutent bien avant l'approche de la victime.

Évaluation de la situation : Dès que vous constatez une personne en détresse, il est impératif d'analyser rapidement le contexte environnant et les risques potentiels. Cela inclut l'identification des courants marins, la présence d'obstacles divers, et les particularités de l'environnement dans lequel l'intervention doit avoir lieu.

Préparation de l’intervention : Avant toute action, assurez-vous que la bouée tube est en parfait état de fonctionnement. Une vérification préalable garantit l'efficacité du matériel au moment critique.

Approche et déploiement : Une fois les vérifications effectuées, approchez-vous de la victime en maintenant toujours une distance sécurisée. Cette précaution est essentielle pour la sécurité de l'intervenant et de la personne à secourir. La bouée de sauvetage est déployée en la tractant au bout d’un filin flottant, lequel doit être suffisamment long et solide (il n'est généralement pas inclus avec la bouée elle-même). Ce filin fait partie intégrante du dispositif de sauvetage et doit être prêt à l’usage sans s’emmêler, ce qui est une condition sine qua non pour une intervention rapide. Il est conseillé de l’arrimer solidement sur un taquet du tableau arrière, à l’instar de ce qui est pratiqué dans le cas du Lifesling. La bouée Silzig, par exemple, peut être attachée au balcon arrière par des mousquetons à largage rapide, permettant une mise à l'eau immédiate en cas de besoin.

Une fois revenu sur l’homme à la mer, il s’agit de tourner autour de lui le plus près possible. L'objectif est d'entourer au maximum la personne à l’eau avec le bout flottant. L’objectif principal est que la victime puisse se saisir du filin, au bout duquel se trouve la Silzig ou la bouée tube. Elle pourra alors l’agripper facilement avec ses deux grosses poignées, qui sont conçues pour une prise aisée. Cela facilitera grandement le maintien du contact entre la ligne et le naufragé, même si le bateau ne parvient pas à s’arrêter complètement ou si les conditions sont difficiles.

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Contrairement à l’utilisation du Lifesling, qui demande à l’homme à la mer de se glisser dans le flotteur (ce qui peut s’avérer difficile, surtout avec un ciré et un gilet gonflé), ici, le naufragé n’a qu’une seule action relativement simple à réaliser : fermer la Silzig autour de lui grâce au mousqueton intégré. Cette simplification de la manœuvre est un avantage considérable dans des situations stressantes.

Assistance et stabilisation : Placez la bouée tube de façon à soutenir efficacement la victime. L'objectif est de lui permettre de se maintenir en surface sans effort excessif. La solidité de la sangle qui traverse la Silzig permet, si besoin, de tracter le naufragé vers le bateau. On peut, si nécessaire, wincher afin de le ramener le long du bord du navire. Une fois la personne à proximité du bateau, la suite de l'opération dépendra alors des conditions de mer rencontrées et/ou de l’état d’hypothermie potentiel de la victime.

Transfert en lieu sûr : Une fois la victime stabilisée et ramenée le long du bord, procédez au transfert vers un lieu sécurisé. Cela peut être un quai, un embarcadère, ou le bord de la piscine en contexte d'entraînement. Si la personne n’est plus capable de remonter à bord par ses propres moyens, on peut toujours utiliser une drisse pour la hisser à bord. Une drisse est un cordage qui permet de hisser une voile, mais également une vergue ou un pavillon. Généralement, les drisses sont pré-étirées afin d'éviter le relâchement de la tension au fil du temps, garantissant ainsi leur fiabilité lors d'une manœuvre de hissage. Une fois fermée grâce à son mousqueton, la bouée Silzig entoure solidement l’homme à la mer, offrant un soutien essentiel pour le hissage. Vous avez ainsi récupéré le MOB, et il faut espérer qu’il y aura eu plus de peur que de mal.

Optimisation, Entraînement et Adaptation

Les avantages de la Silzig sont nombreux, comme nous venons de le voir. Ce n’est pas un hasard si elle équipe aujourd’hui la quasi-totalité des bateaux de course au large, attestant de sa performance et de sa fiabilité en conditions extrêmes.

Pratique régulière : La répétition des exercices d’intervention avec des dispositifs tels que la bouée tube ou la Silzig permet de gagner en confiance et d’améliorer la réactivité essentielle en situation réelle de sauvetage.

Retour d’expérience et débriefing : Après chaque intervention, qu'elle soit réelle ou simulée, il est crucial de prendre le temps de discuter avec vos collègues des actions réalisées. Ce débriefing permet d'apprendre et d'améliorer les procédures futures.

Vérification technique post-intervention : Inspectez la bouée tube après chaque utilisation afin de détecter d’éventuels signes d’usure ou de dégradation. Une maintenance régulière assure la durabilité et la sécurité du matériel.

Adaptation aux conditions environnementales : En fonction des conditions spécifiques de l'environnement, qu'il s'agisse d'eau calme ou agitée, de la température de l'eau, ou de la visibilité, il est nécessaire d'ajuster votre technique d’intervention. Cette adaptabilité est une marque de professionnalisme.

Gestion et Stockage de la Bouée Silzig

La bouée Silzig ne se distingue pas seulement par ses performances en situation de sauvetage, mais aussi par sa praticité au quotidien. Là où la bouée fer à cheval était souvent encombrante à stocker, la Silzig se montre au contraire ultra-pratique le reste du temps, que ce soit en navigation ou à l’escale. Sa forme longiligne est un atout majeur, permettant de la ranger facilement sur une bannette, ou dans les mêmes espaces où vous stockez habituellement la gaffe, les voiles, ou d'autres équipements.

Lorsque vous appareillez, il est simple d’amarrer la Silzig dans les filières latérales. En régate, il est même noté que la Silzig y rend le rappel plus confortable pour l'équipage. Alternativement, elle peut être fixée sur le tableau arrière du bateau. Si vous disposez d'un bimini, la Silzig trouve même sa place juste en dessous, ce qui est très commode. Il suffit alors de confectionner des attaches rapides en velcro pour pouvoir la déployer rapidement en cas d'urgence. La bouée Silzig peut même être rangée sous le bimini en navigation, comme cela a été observé au départ de Capetown.

Il a été constaté qu'il était courant de naviguer avec la traditionnelle bouée couronne ou fer à cheval, laquelle s'avérait souvent encombrante à bord, avec un support qui avait tendance à se tordre, et parfois la bouée elle-même avait tendance à tomber à l’eau toute seule. Un net progrès avait été observé avec le passage au Lifesling. Pour autant, la Silzig résout des problèmes persistants, comme ceux de la moisissure d’un dispositif textile ensaché, continuellement soumis aux éléments marins. Bien que l’opportunité de l’utiliser "pour de vrai" n'ait pas toujours été nécessaire, la Silzig a eu l’occasion d’être testée en conditions réelles, notamment par 35 nœuds de vent au mois de novembre, lors d’une formation à la sécurité et à la survie en mer, convainquant ainsi de son efficacité.

Procédures Essentielles en Cas d'Homme à la Mer (MOB)

Revenir sur l’homme à la mer est un autre sujet crucial et demande une procédure ordonnée pour maximiser les chances de succès.

  1. Larguer un repère visuel : Il faut larguer un repère visuel, si possible lumineux et haut sur l’eau. Idéalement, il s'agit d'une perche IOR, ou "danbuoy" en anglais. Cela permettra ensuite de revenir au plus près de la personne en détresse, servant de point de référence.
  2. Marquer la position GPS : Il est impératif de marquer la position GPS (Global Positioning System) en appuyant sur la fonction MOB. Le GPS est un système de positionnement par satellite à couverture mondiale, permettant de déterminer non seulement sa latitude et sa longitude, mais également son cap et sa vitesse. Cette action permettra de revenir “sur zone”, c’est-à-dire suffisamment près du repère visuel précédemment largué.
  3. Déclencher l’appel de détresse : Il faut déclencher l’appel de détresse. C’est une action facile et rapide si l’on dispose bien de l’ASN (Automatic Identification System, ou DSC en anglais), puisque cela ne nécessite pas de rester devant sa VHF (Very High Frequency). La VHF est une bande de fréquence d'ondes radio, et par extension, les postes de radio maritime les plus répandus, fonctionnant sur une série de canaux prédéterminés entre 156 et 174 MHz, et ayant une portée de quelques milles à quelques dizaines de milles.

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