L'environnement marin, bien que majestueux, présente des défis inhérents où la sécurité de l'équipage et des passagers est primordiale. L’imaginaire collectif place assurément l’homme à la mer en tête des dangers auxquels on est susceptible d’être confronté en mer. Cette situation critique exige non seulement une préparation adéquate en termes d'équipement, mais aussi une connaissance approfondie des procédures à suivre. Les réglementations imposent le plus souvent d’avoir à bord une bouée de sauvetage ou un dispositif d’assistance équivalent, soulignant l'importance capitale de ces équipements. La chute d'un équipier à la mer est, en effet, l'une des situations les plus critiques en navigation, où chaque seconde compte. Pour maximiser les chances de récupération, la détection rapide, la localisation et le repérage visuel sont essentiels, complétés par une communication efficace avec les secours.
Les Bouées de Sauvetage Traditionnelles : Fer à Cheval et Couronne
Parmi les dispositifs de sauvetage fondamentaux, la bouée fer à cheval est un équipement de sécurité indispensable à bord de tout voilier ou bateau moteur. Comme son nom l'indique, elle est un dispositif de sauvetage en forme de fer à cheval, généralement fabriquée en matériau flottant et munie de bandes réfléchissantes pour une meilleure visibilité, même dans des conditions de faible luminosité ou de nuit. Cet équipement peut être rapidement lancé à un individu en difficulté dans l'eau, offrant ainsi un point d'appui solide pour le maintenir à flot en attendant une assistance. Elle est particulièrement utile en cas d'homme à la mer ou de nécessité de secourir un membre d'équipage en difficulté.
L'utilisation d'une bouée fer à cheval est relativement simple en cas d'urgence. Il suffit de la saisir, de viser soigneusement la personne en difficulté, et de la lancer avec précision pour qu'elle flotte à proximité. Des marques comme Plastimo proposent des modèles spécifiques, à l'instar de la bouée fer à cheval Rescue Boy. Cette bouée spécifique, fabriquée par la marque Plastimo, est conçue pour être jetée à la mer en cas d'urgence pour venir en aide à une personne en difficulté dans l'eau. Elle se présente sous la forme d'un fer à cheval en matériau flottant, généralement en plastique, avec des bandes réfléchissantes pour une meilleure visibilité de nuit. La bouée fer à cheval Rescue Boy Plastimo est un équipement indispensable pour la sécurité à bord de bateaux, permettant de prévenir les accidents en mer et de sauver des vies.
D'autres bouées répondent également à des normes strictes. La bouée de sauvetage Lalizas, par exemple, est un équipement de sécurité essentiel à bord, conforme à la Division 240. Grâce à sa flottabilité minimale de 142N, elle offre une protection optimale en cas d'urgence en mer. Cette bouée de sauvetage Lalizas est disponible en deux coloris, jaune ou orange, et est conçue pour résister aux conditions les plus exigeantes en mer. Fabriquée à partir de mousse de polyéthylène de haute qualité, elle offre une fiabilité inégalée. De plus, sa housse est spécialement conçue pour résister aux éléments. Composée de tissu en polyester et PVC, elle est imperméable et résistante aux rayons UV, garantissant une durabilité accrue même dans les environnements marins les plus rigoureux.
Un système de sauvetage complet intégrant une bouée fer à cheval peut également inclure d'autres composants. Le principe est simple : relier une bouée fer à cheval homologuée à un bout correctement lové, facilement déroulable, et prêt à l'emploi. Un tel ensemble est généralement composé d'une bouée couronne avec housse fixable sur balcon (barre), d'un feu à retournement SOLAS et d'un filin jaune flottant. La bouée fer à cheval elle-même offre une flottabilité de 15 kg (homologuée par la Marine Marchande 9609.0198 ESPL). Le filin jaune flottant, d'une longueur de 40 mètres, présente une résistance de 400 kg. L'ensemble est souvent complété par une housse en toile enduite, résistante aux UV, avec des pattes d'accrochage pour le balcon. Les dimensions typiques pour une telle bouée sont une hauteur de 60 cm, une largeur de 65 cm et une épaisseur de 14 cm. Il est important de noter, cependant, que les traditionnelles bouées fer à cheval ou bouées couronnes ne sont en définitive que des aides à la flottabilité. Elles n’ont pas toujours la résistance suffisante pour aider le naufragé à remonter à bord.
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L'Innovation au Service du Sauvetage : La Bouée Silzig
Face aux limites des dispositifs traditionnels, des innovations ont vu le jour pour améliorer les chances de récupération en mer. Sur bon nombre de bateaux modernes, la Silzig vient remplacer l’antique bouée fer à cheval. La Silzig se présente sous la forme d’un long boudin mesurant environ 2 mètres de long. Sous sa housse orange fluo, particulièrement visible et solide avec ses 650 g/m², se trouve un flotteur en mousse imputrescible qui répond aux normes internationales. C’est en fait une véritable “frite”, que l’on retrouve habituellement dans les piscines ou sur les plages, mais conçue pour être très résistante en milieu marin. Une sangle mère ultra-solide traverse la Silzig sur toute sa longueur, ce qui permet de supporter le poids d’une personne. À l’extérieur, deux grosses poignées permettent à l’homme à la mer d’attraper facilement la bouée, mais aussi aux sauveteurs de la saisir fermement pour remonter la personne à bord.
La bouée Silzig offre de multiples avantages, notamment son système de sauvetage 3 en 1 qui comprend l'aide à la flottaison, le remorquage de la victime jusqu'au bateau et la remontée à bord. Elle répond aux normes internationales avec ses 145N de flottabilité. Sa forme cylindrique permet une utilisation aisée, même par mauvais temps, et facilite le tractage sans besoin d'échelle ou de palan. Elle est équipée de poignées robustes et de sangles pour une prise en main solide, ainsi qu'un mousqueton résistant pour sécuriser la remontée.
L'inventeur de la bouée, Alain Daoulas, un ancien maître voilier et officier de la Marine Nationale ayant formé des centaines d’élèves de l’École Navale, résume bien les avantages de la Silzig. Il souligne qu’il s’agit d’un dispositif de sauvetage trois en un : c’est à la fois un flotteur, un outil de traction et un harnais pour hisser la personne à bord. Contrairement aux bouées fer à cheval ou bouées couronnes, qui sont principalement des aides à la flottabilité, la Silzig offre une résistance suffisante pour faciliter la remontée du naufragé à bord.
La manœuvre de sauvetage avec la Silzig est devenue relativement classique dans les formations modernes. On déploie la bouée de sauvetage en la tractant au bout d’un filin flottant suffisamment long et solide (non inclus avec la bouée seule mais partie intégrante du dispositif de sauvetage complet). Ce filin doit être prêt à l’usage sans s’emmêler et doit être arrimé solidement sur un taquet - une pièce d'accastillage servant à arrêter ou bloquer un cordage, qui à l'origine est composée d'ergots fixes autour desquels tourne le cordage, mais qui en plaisance inclut des taquets pour coincer et décoincer les cordages plus rapidement - du tableau arrière, à l'image du Lifesling. La bouée Silzig peut être attachée au balcon arrière par des mousquetons à largage rapide pour un déploiement instantané.
Une fois revenu sur l’homme à la mer, il s’agit de tourner autour le plus près possible, de façon à entourer au maximum la personne à l’eau avec le bout flottant. L’objectif est qu’elle puisse se saisir du filin, au bout duquel se trouve la Silzig. Elle pourra alors l’agripper facilement avec ses deux grosses poignées, ce qui facilitera le maintien du contact entre la ligne et le naufragé si jamais le bateau ne parvient pas à s’arrêter complètement. Contrairement à l’utilisation du Lifesling, qui demande à l’homme à la mer de se glisser dans le flotteur (ce qui peut être difficile avec un ciré et un gilet gonflé), ici le naufragé n’a qu’une seule action à réaliser : fermer la Silzig autour de lui grâce au mousqueton. La solidité de la sangle permet, si besoin, de tracter le naufragé, et l'on peut même wincher pour le ramener le long du bord. Une fois à proximité, tout dépend des conditions de mer et/ou de l’hypothermie. Si la personne n’est plus capable de remonter à bord par ses propres moyens, on peut toujours utiliser une drisse - un cordage qui permet de hisser une voile, mais également une vergue ou un pavillon, généralement pré-étirée pour éviter le relâchement de la tension - pour la hisser à bord. Une fois fermée grâce à son mousqueton, la bouée Silzig entoure solidement l’homme à la mer, permettant une récupération sécurisée.
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La bouée Silzig présente de nombreux avantages à l’utilisation. Là où la bouée fer à cheval était encombrante à stocker, la Silzig se montre ultra-pratique le reste du temps, que ce soit en navigation ou à l’escale. Sa forme longiligne permet de la ranger sur une bannette, ou là où l'on stocke gaffe, voiles, etc. Lors de l'appareillage, il est simple de l’amarrer dans les filières latérales - en régate, une course de bateaux à voile, la Silzig y rend le rappel plus confortable - ou sur le tableau arrière. Si le bateau est équipé d'un bimini, la Silzig trouve même sa place juste en dessous, il suffit de confectionner des attaches rapides en velcro pour pouvoir la déployer rapidement. De plus, la Silzig résout les problèmes de moisissure d’un dispositif textile ensaché continuellement soumis aux éléments.
La fabrication de la bouée Silzig est assurée par la société Océanplus à Brest. En s'équipant de la sorte, les navigateurs font non seulement l’acquisition d’un dispositif performant et résistant qui maximise les chances de sauver la personne tombée à l’eau, mais ils soutiennent également une entreprise locale, européenne, française et bretonne. De surcroît, l'entreprise et le groupe dont elle fait partie sont engagés dans une démarche d’insertion professionnelle, participant ainsi à former et à qualifier des salariés qui, au détour de la vie, se sont retrouvés exclus.
La Prévention et les Systèmes Avancés de Récupération de l'Homme à la Mer (MOB)
À bord, le bon sens impose de tout mettre en œuvre pour ne pas passer par-dessus bord. C'est pourquoi les bateaux sont équipés de lignes de vie, et les équipages portent harnais et gilets de sauvetage. Cela représente une bonne préparation initiale. Cependant, si une chute devait survenir, par exemple lors d’une manœuvre telle que l’empannage, il est crucial de pouvoir réagir et sauver la personne tombée à l’eau, parfois appelée MOB (Man Overboard en anglais). La solution à cette éventualité présente deux volets : disposer du bon matériel, préconisé par la réglementation, et savoir s'en servir.
Les législateurs recommandent ou imposent d’avoir à bord le matériel adapté. Par exemple, l’administration fédérale impose, pour naviguer dans les eaux suisses, d’avoir à bord un “engin de sauvetage approprié pouvant être jeté à l’eau, dont la poussée hydrostatique est d’au moins 75 N et dont la drisse (cordage permettant de hisser une voile, une vergue ou un pavillon) est généralement pré-étirée afin d'éviter le relâchement de la tension au fil du temps. La Division 240, quant à elle, impose de naviguer avec “un dispositif de repérage et d’assistance pour personne tombée à l’eau type « bouée fer à cheval » ou « bouée couronne » ou tout autre dispositif équivalent”, d’une flottabilité d’au moins 142 N, et d’une forme et couleur facilement repérable de jour. Il est également à noter que le dispositif devra être complété d’un système lumineux étanche.
De nos jours, plusieurs équipements permettent d'améliorer considérablement la sécurité à bord en situation d'homme à la mer. Ceux-ci incluent les systèmes MOB, les balises AIS, les perches et les bouées de sauvetage. Les systèmes MOB (Man Overboard) sont conçus pour détecter instantanément la chute d'un équipier et alerter le bateau. Certains dispositifs fonctionnent avec des bracelets ou balises sans fil portés par l'équipage. Le pack bracelet Exposure OLAS, par exemple, fonctionne grâce à des bracelets connectés en Bluetooth. Lorsqu'un bracelet perd le signal avec le bateau, une alarme se déclenche sur l'application ou le boîtier dédié, indiquant immédiatement qu'une personne est passée à la mer. Le système Garmin OnBoard va encore plus loin : il associe sécurité MOB et coupe-circuit moteur sans fil. Chaque balise peut être portée au poignet ou accrochée à l'équipement de l'équipier. En cas de chute du capitaine, une alarme se déclenche immédiatement, un waypoint MOB est enregistré automatiquement et le moteur peut s'arrêter automatiquement pour éviter l'éloignement du bateau.
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Une fois la chute détectée, la localisation rapide est essentielle. Les balises AIS MOB sont conçues pour être intégrées au gilet de sauvetage. La balise MOB AIS émet un signal de détresse AIS et DSC (Digital Selective Calling) reçu par tous les navires équipés d'un récepteur AIS à proximité et/ou d'une VHF ASN (Appel Sélectif Numérique). Une fois la personne localisée, il est important de marquer visuellement la zone et de faciliter la récupération. La perche IOR permet de signaler clairement la position de l'homme à la mer. La bouée de sauvetage reste l'équipement de base à bord et doit être accessible immédiatement depuis le cockpit afin d'être lancée sans délai.
La Communication d'Urgence et la Stratégie de Récupération
En parallèle des actions de détection et de localisation, il est impératif d'alerter les secours le plus tôt possible. L'appel MAYDAY est à utiliser en cas de danger immédiat pour la vie. Les VHF modernes disposent d'une fonction ASN (Appel Sélectif Numérique) qui permet d'envoyer automatiquement un message de détresse numérique. Ce message inclut l'identité du bateau (MMSI), la position GPS (Global Positioning System) si la VHF est connectée au GPS, et la nature de la détresse. La touche MOB d'un traceur de carte est le complément indispensable de la VHF et de l'ASN. C'est un repère clé, surtout si la victime est perdue visuellement, de nuit ou par mer formée.
La stratégie de récupération d'un homme à la mer implique plusieurs étapes clés. Premièrement, il faut larguer un repère visuel, si possible lumineux et haut sur l’eau, idéalement une perche IOR, ou danbuoy en anglais. Cela permettra ensuite de revenir au plus près de la personne. Deuxièmement, il est crucial de marquer la position GPS (en appuyant sur MOB), ce qui permettra de revenir “sur zone”, c’est-à-dire suffisamment près du repère visuel. Troisièmement, il faut déclencher l’appel de détresse. C’est une démarche facile et rapide si l’on dispose bien de l’ASN (DSC en anglais), puisque cela ne nécessite pas de rester devant sa VHF (Very High Frequency), bande de fréquence d'ondes radio utilisée par les postes de radio maritime. Face à une chute à la mer, chaque seconde compte. La sécurité repose sur une combinaison d'équipements : un système MOB pour détecter la chute, une balise AIS pour localiser la victime, une perche et une bouée pour faciliter le repérage et la récupération, une VHF pour alerter les secours via l'ASN ou un MAYDAY, et un traceur pour enregistrer la position exacte de la chute.