Le mouillage, qu'il soit temporaire ou permanent, fait partie du quotidien de nombreux plaisanciers et constitue une manœuvre incontournable en navigation. Face à l’augmentation du nombre d’usagers de la mer, la gestion des zones de mouillage est devenue un enjeu économique, mais aussi environnemental, pour les communes littorales. Une attention particulière est désormais portée à l'impact des systèmes d'ancrage sur les écosystèmes sous-marins fragiles, ce qui a conduit à l'évolution des réglementations et à la promotion de pratiques plus respectueuses. Choisir le bon type de mouillage, bien s'équiper, respecter la réglementation et adopter les bons réflexes est indispensable pour naviguer l'esprit tranquille, assurer sa sécurité et celle des autres usagers, tout en préservant le milieu marin.
Comprendre les Systèmes de Mouillage : Libre ou sur Corps-Mort
Il existe deux grands types de mouillages en dehors des ports. Le premier est le mouillage libre, le plus courant, où le plaisancier jette l’ancre directement depuis son bateau, dans une zone autorisée. Le second est le mouillage sur corps-mort, où, au lieu de jeter l’ancre, le bateau s’attache à une bouée flottante reliée à un système fixe au fond.
Un corps-mort, aussi appelé bouée de mouillage ou anneau de mouillage, est un dispositif immergé ancré au fond de l’eau. Il est généralement fixé au moyen d’un gros objet lourd, comme un bloc de béton, une bouée en béton, une ancre enfouie, ou un objet similaire. Les corps-morts sont utilisés pour l’amarrage ou le mouillage temporaire, ou à l’année, des bateaux, navires ou embarcations. Ils permettent à ces embarcations de rester en place dans un plan d’eau donné sans avoir à jeter l’ancre traditionnelle.
Le corps-mort en tant que tel est cet objet lourd et généralement immobile, relié au bateau par une chaîne solide et une ligne d’ancrage (aussi appelée la ligne d’amarrage), une longue corde ou un câble. Le rôle principal du corps mort est d’offrir un point d’ancrage fixe au fond de l’eau, évitant ainsi que le bateau ne dérive sous l’effet du vent, du courant ou des marées. Contrairement à une ancre classique, le corps mort reste en place de façon durable et nécessite moins de manipulations lors des manœuvres d’amarrage.
Le choix d’un corps mort adapté dépendra de plusieurs critères, comme le type de bateau, la nature du fond de l’eau, ou encore la réglementation en vigueur dans la zone de mouillage. En secteur de chantier naval, on distingue généralement le corps mort en béton, la version la plus répandue pour l’amarrage de bateaux de plaisance ou de travail grâce à sa masse importante assurant une excellente tenue, et le corps mort en acier, plus compact et offrant une grande résistance à la corrosion marine. Le coffre d’amarrage est un autre système, souvent utilisé pour amarrer plusieurs bateaux, combinant plusieurs bouées reliées à un même point d’ancrage. Le choix entre ces différents modèles dépendra de la taille du bateau, de la durée du mouillage (temporaire ou permanent), des conditions locales (courants, profondeur, nature du fond) et de la législation relative aux zones de mouillage. Un corps mort ne fonctionne jamais seul, mais bien en synergie avec l'ensemble de ses composants.
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Les Impératifs Environnementaux et les Mouillages Écologiques
Dans l’objectif d’une meilleure protection des fonds marins, les systèmes d’ancrage écologiques sont à privilégier par rapport au système de corps mort en béton pour pouvoir fixer le système de mouillage sur le sol de la mer. Ces systèmes écologiques sont différents selon les types de sols rencontrés. Quelle que soit la nature de ces derniers, l’ancre ne repose pas sur le fond ; elle pénètre le sol verticalement jusqu’à parfait affleurement. Le poids n’est donc plus un facteur de tenue. La résistance mécanique du sol conditionne chaque type d’ancre ainsi que son dimensionnement.
Ces ancres sont les seules à pouvoir accepter, sans aucune déformation et quelle que soit l’orientation de la traction, un effort vertical ainsi qu’un effort horizontal très élevé. Ce système est en accord avec son environnement faune et flore. Il est équipé d’un ancrage à vis respectant les fonds marins. Un flotteur intermédiaire maintient en suspension un premier bout annulant l’effet râclant. L’ancre à ellipses ou vis à sable est à privilégier dans certains contextes. Il s’agit d’un pieu en acier spécial galvanisé à chaud, doté d’un ou deux étages de spires hélicoïdales de diamètre adapté. Il est vissé verticalement dans le sol. La tige, extrêmement rigide, est un tube de 60 mm de diamètre.
Toutefois, une attention particulière est requise dans les zones où la "matte" de posidonie, morte ou vivante, est présente. La posidonie est une espèce protégée et constitue un substrat tout à fait particulier qui nécessite un ancrage particulièrement adapté afin qu’il n’y soit pas porté atteinte. La matte est un ensemble très compact, constitué par un lacis très dense de rhizomes et par le sédiment qui les entoure. C’est l’ensemble de ce réseau très enchevêtré de rhizomes qui donne à ce sol particulier une résistance mécanique très élevée.
Il faut donc s’ancrer dans la matte, sans la fragiliser, pour conserver son intégrité biologique et ses caractéristiques physiques. Dans ces zones, seul un dispositif d’ancrage spécifique est admis : l’ancre hélicoïdale. Un enroulement hélicoïdal d’acier spécial pénètre par vissage, sur toute sa longueur. Le fil très rigide (30 mm de diamètre), de ce « tire-bouchon » géant crée son propre passage à travers ce réseau sans couper, ni broyer, ni déstructurer les éléments constitutifs de la matte. La pose d’un enroulement n’affecte ni les feuilles, ni les rhizomes de la plante. À la traction, l’enroulement mobilise un énorme volume de sol autour de lui-même, car les efforts se répartissent sur l’ensemble du réseau ambiant resté intact.
Dans les herbiers de posidonies, le corps mort et la vis à sable ne sont pas permis car ils conduisent à la destruction de la matte morte ou vivante. Une vis à sable ne doit pas être implantée dans un herbier car, introduite dans la matte, elle provoque par la rotation de son disque l’arrachement des faisceaux de feuilles et, sur toute la hauteur de son passage, les rhizomes sont déchirés et broyés. L’impact est destructeur et la résistance de la matte est nettement affaiblie par la destructuration de ses éléments. Un corps mort traditionnel ne peut être admis que sur un fond sableux.
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Réglementation Générale et Zones de Mouillage Organisées (ZMEL)
La réglementation autour des corps morts pour bateau est stricte, car elle vise à garantir la sécurité des bateaux, des équipages et de l’environnement marin. De nombreuses zones de mouillage proposent des corps morts. On retrouve souvent ces mouillages réglementés en Bretagne, par exemple. Enfin, certaines zones, très touristiques et protégées, proposent des mouillages sur bouées pour s’amarrer, afin de canaliser le flux de bateaux. Cela peut être le cas dans des zones situées dans des espaces marins protégés, où il est alors interdit de mouiller son ancre et où il est impératif de laisser l’ancre du bateau dans la baille à mouillage.
Les ports français sont globalement bien équipés et protégés. Cependant, si les marinas affichent toutes complet, il existe aussi des zones de mouillage, sur corps mort. Au-delà, les occasions de prendre un corps mort sont nombreuses, le plus souvent il s'agit du mouillage permanent d'un bateau dans un port de plaisance municipale ou dans une zone de mouillage gérée par une association.
Il existe deux grands types de mouillages en dehors de ports : le mouillage individuel et le mouillage collectif ou organisé. Les Zones de Mouillage et d'Équipements Légers (ZMEL) ont vocation à participer au développement durable des zones côtières, en conciliant les intérêts de la navigation de plaisance, la sécurité et la protection de l'environnement. Elles proposent aux plaisanciers des équipements plus légers que dans les ports traditionnels, permettant une gestion et un contrôle des zones d'amarrage, tout en évitant la prolifération incontrôlée de mouillages dits sauvages. La capacité offerte par les ZMEL, bien qu'importante, est toutefois souvent insuffisante face à une demande particulièrement vive.
L'autorisation de création d'une ZMEL est délivrée par décision du préfet de département prise conjointement avec le préfet maritime. Cette autorisation prend la forme d'une convention négociée et conclue entre le porteur de projet et l'État, impliquant le paiement par le gestionnaire de la zone d'une redevance domaniale en contrepartie de l'utilisation du Domaine Public Maritime (DPM). Un règlement de police définit les règles de navigation dans la ZMEL, les mesures à prendre pour son balisage, les règles à respecter en matière de sécurité des personnes et des biens, de prévention et de lutte contre les accidents et les incendies et contre les pollutions de toute nature. L’ensemble de ces consignes est porté à la connaissance des usagers notamment par voie d’affichage. Concernant les impératifs de protection de l’environnement, les règles juridiques en vigueur s’appliquent à la zone de mouillage organisé. Le règlement de police peut par exemple interdire l’accès de la zone aux bateaux non propres (non équipés de cuves de stockage ou de traitement des eaux grises ou noires), lorsque le site concerné est fragile. Il peut également interdire certaines activités à proximité de la zone de mouillage (carénage sur l’estran par exemple).
L’usage de la zone est réservé aux navires de pêche et de plaisance. L’accès aux zones de mouillages s’effectue conformément aux dispositions générales de la réglementation de la navigation maritime, notamment celles prévues par le règlement international pour prévenir les abordages en mer. En cas d’incendie dans la zone ou à proximité, tous les navires doivent prendre les mesures de précaution qui leur seront prescrites par les agents chargés de la police de la zone.
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Gestion et Maintenance des Mouillages Organisés
Le corps-mort devra avoir la forme d’un parallélogramme. La surface de sa base devra être suffisante pour permettre une bonne adhérence au sol (effet ventouse). Tout navire séjournant dans la zone doit être maintenu en bon état d’amarrage, d’entretien, de flottabilité et de sécurité. Si les agents chargés de la police de la zone constatent qu’un navire est dans un état tel qu’il risque de couler ou de causer des dommages aux navires ou aux ouvrages environnants, ils mettent en demeure le propriétaire de procéder à la remise en état ou à l’enlèvement du navire.
La gestion des mouillages organisés repose sur le rôle central du gestionnaire. Ce dernier diligente le positionnement des corps-morts des bénéficiaires, contrôle le bon entretien des installations et exige du bénéficiaire la réalisation des travaux de remplacement nécessaires. Toute cession ou location est interdite sans l’accord exprès du gestionnaire et aux conditions fixées par lui.
Des inspections régulières sont planifiées pour garantir la sécurité et la conformité des installations. Tous les deux ans, une visite des mouillages est effectuée par une entreprise subaquatique, à l’initiative du gestionnaire. Parallèlement, une visite annuelle est effectuée par le gestionnaire, ayant pour but la vérification et l’entretien de la partie haute du mouillage (nettoyage et vérification des éléments du mouillage). Le gestionnaire remet au bénéficiaire une copie du procès-verbal de visite mentionnant les éventuels travaux à réaliser.
Le marquage des bouées est également obligatoire : chaque titulaire de mouillage a l’obligation de marquer son nouveau numéro d’identification sur sa bouée. Au début de l’été, un contrôle sera effectué. À l’expiration du contrat, le bénéficiaire devra procéder, à ses frais, à l’enlèvement du matériel de mouillage.
Le contrat d’occupation est accordé pour l’année civile. Le bénéficiaire qui libère son mouillage, pour une période supérieure à 48 heures, doit en aviser le gestionnaire, en indiquant la date probable de son retour. Un conseil assistera le gestionnaire et sera chargé notamment d’émettre un avis (simple) sur le montant des redevances.
La gestion des places inclut des listes d’attente qui rassemblent les demandes d’emplacement qui ne peuvent être satisfaites dès leur dépôt. Les modalités d’inscription nécessitent de remplir un formulaire prévu à cet effet, sur demande auprès du gestionnaire, une seule fois. Le renouvellement se fait chaque année, début septembre, le gestionnaire adresse un formulaire de renouvellement à retourner dans un délai imparti. L'affichage de la mise à jour des listes d’attente est faite une fois par an, en début d’année, après l’attribution des places vacantes par le gestionnaire. La copropriété porte sur le navire et non sur la place d’occupation qui reste toujours attribuée au titulaire, seul responsable vis-à-vis du gestionnaire.
La Bouée de Corps-Mort : Équipement Essentiel et ses Caractéristiques
La bouée de corps-mort est un équipement essentiel pour un mouillage serein. En tant que plaisancier averti, il est crucial de comprendre l’importance d’un amarrage fiable. Utiliser un corps-mort bien dimensionné avec une bouée adaptée facilite la prise, améliore la sécurité et évite de jeter l’ancre à tout moment. Une bouée de corps-mort est un point de jonction visible entre la ligne de mouillage et votre bateau, assurant flottabilité et repérage.
Ses fonctions principales sont la flottabilité maîtrisée, car la bouée supporte la ligne ou le câble, reste visible en surface et réduit les tensions brusques sur le corps-mort. Elle assure également la visibilité et le repérage ; les formes biconiques ou cylindriques, souvent orange ou jaune, permettent un repère clair pour l’accostage ou l’amarrage. Les matériaux utilisés pour sa fabrication sont adaptés à l'usage marin, généralement du plastique rotomoulé, résistants aux UV et à l’eau salée, garantissant durabilité et entretien allégé.
Choisir une bouée de corps-mort adaptée implique de vérifier la taille, la flottabilité, la couleur et la compatibilité avec votre ligne de mouillage. Il est primordial de s'assurer que l’ensemble est dimensionné pour votre bateau, les conditions de vent, de courant et de fond marin. Par exemple, pour un bateau de 8 mètres, il faut estimer la charge que devra supporter la bouée (ligne + câble + ressort éventuel) et choisir une flottabilité clairement supérieure. Certains modèles indiquent des charges « en charge » (ex : 12 kg pour Ø 32 cm) selon le fabricant. Pour des critères techniques de sélection, il convient de considérer la flottabilité et les dimensions (par exemple l’un des modèles biconiques indique : hauteur 54 cm, diamètre 22 cm, flottabilité max 5,5 kg), la couleur et la visibilité (jaune vif ou orange, pour repérage rapide à distance), la compatibilité ligne/corps-mort (vérifiez que la bouée se connecte aisément à la chaîne ou au câble, avec manille ou émerillon, et que l’ensemble respecte les normes locales), et le matériau et l'environnement marin (plastique « rotomoulé », mousse interne possible, traitement anti-UV/sel pour longue durée).
L’installation et les bonnes pratiques impliquent de prévoir l’arrivée sur le corps-mort face au vent/courant ou en marche arrière selon les conditions. Il faut fixer la bouée entre la ligne de mouillage et le corps-mort, en s'assurant que la manille/émerillon sont adaptés et sans jeu. Avant usage intensif, il est recommandé de s'assurer que la bouée flotte nettement et est visible lors de l’amarrage. Bien qu'il soit possible d'utiliser certaines bouées pour le balisage ou le mouillage léger, pour l’amarrage permanent d’un bateau, il faut un modèle et une ligne de mouillage conçus spécifiquement pour cet usage.
L’entretien et la longévité de la bouée sont primordiaux. Il convient de la rincer après usage en eau salée pour éviter l’accumulation de sel et d'effectuer une inspection visuelle de la surface. Vérifiez régulièrement l’attache (manille, chaîne, câble), le matériau (fissures, UV), la flottabilité et remplacez la bouée si elle est détériorée. Remplacez-la si la flottabilité a fortement diminué, si des fissures apparaissent, si la fixation montre du jeu ou un signe d’usure, ou si la visibilité est altérée. Lors du stockage hors saison, gardez la bouée à l’abri pour préserver le matériau et la visibilité. En résumé, une bonne bouée de corps-mort, une installation soignée et une maintenance régulière sont synonymes de tranquillité durant vos escales. Sans bouée de corps-mort adaptée, l’amarrage peut devenir laborieux, la prise difficile ou la bouée mal visible. Pour le plaisancier malin, une bouée bien choisie est synonyme de sécurité, de gain de temps et d’efficacité lors de vos sorties.
Techniques de Manœuvre pour la Prise de Mouillage
La manœuvre de prise de corps mort exige anticipation et préparation. Vous devez avoir, sous la main, la gaffe et une amarre. Dans l’absolu, arriver sur un corps mort, face au vent, est la manœuvre la plus logique.
Si vous êtes seul ou en famille avec des petits enfants, préparez une amarre qui est prise sur l’avant du bateau et qui revient dans le cockpit par l’extérieur du gréement et des chandeliers. Lorsque vous arrivez à la bouée, vous pourrez passer l’amarre sur la bouée sans bouger du cockpit. Une autre solution, souvent conseillée par des marins expérimentés, consiste à arriver sur la bouée en marche arrière. Votre bateau est donc toujours bout au vent et vous allez présenter le tableau arrière à la bouée. Dès que vous arrivez sur celle-ci, vous présentez un bout (installé de la même manière que ci-dessus) que vous passerez dans l’anneau de la bouée.
Dans le cas où ce corps mort est le vôtre, une astuce existe. Dans la grande majorité des cas, un bateau est relié à la bouée par deux amarres. Une des amarres est passée sur un des deux taquets de façon classique. L’autre amarre se termine par une boucle (épissure ou nœud de chaise) frappée sur un des deux taquets et équipée d’une petite bouée à anneaux ou objet flottant. Quand vous quittez votre mouillage, vous accrochez l’amarre libre sur cette boucle ou directement sur la petite bouée. Vous pouvez même y amarrer l’annexe qui restera au mouillage. À cet instant, il ne reste plus que l’amarre avec l’épissure qui reste au taquet du bateau, et qui pourra être libérée en 2 secondes, ce qui est très pratique à larguer et plus rapide pour revenir à la barre. Le gros avantage de cette astuce est pour le retour et pour prendre le corps mort : quand vous arrivez à la bouée, ce n’est plus un anneau que vous devez prendre, mais un bout qui flotte sur 1 ou 2 mètres avec une bouée, que vous remontez à l’aide d’une gaffe.
Que ce soit dans un port d’échouage ou dans une zone de mouillage, il peut arriver que les corps morts soient situés dans des zones à forts courants, comme dans le Golfe du Morbihan ou les rias du sud Finistère (Odet, Aven). Dans ce cas, la manœuvre pour prendre votre bouée sera plus complexe. La prise de coffre ne consistera plus à arriver face au vent, mais face au vent et/ou au courant. Prendre en compte le courant et l’anticiper permettra d’éviter les fausses manœuvres et un moment d’énervement. En soi, prendre un corps mort dans une zone de courant n’est pas très compliqué, il faut juste anticiper. La première chose à faire est d’observer son environnement pour comprendre l’incidence du courant sur le mouillage et l’importance du courant par rapport au vent. C’est ce qu’on appelle le « fardage vent et le fardage courant ». Dans un deuxième temps, quand ce fardage vent et courant est déterminé, il faut estimer la vitesse à laquelle arriver sur la bouée. Pour cela, arrivez d’assez loin afin d’ajuster votre vitesse. Enfin, arrivé à la bouée, et suivant la puissance du courant, mettez-vous au point mort, juste en arrivant sur la bouée. Cela vous permettra de dépasser la bouée au niveau du cockpit si vous êtes seul à la manœuvre, et de passer l’amarre plus facilement. En effet, pensez au fait que la bouée sera difficile à garder avec une gaffe. Il est nécessaire de compenser la vitesse du courant, et de se positionner à côté de la bouée en neutralisant la vitesse du courant. Pour quitter le mouillage, le principe est le même : l’observation et l’anticipation. Il faut prévoir le temps que vous retourniez dans le cockpit, et utiliser le moteur, car il est fortement déconseillé de tenter de prendre un corps mort à la voile dans de telles conditions.
Choisir et Entretenir son Équipement de Mouillage
Le mouillage ne s’improvise pas. Il est indispensable de bien connaître les principes de base. Une ancre, une chaîne ou un guindeau mal entretenus peuvent entraîner des défaillances en mer. L’ancre est votre point d’attache et son choix dépendra de la nature des fonds marins. L’ancre plate est surtout utilisée pour des mouillages occasionnels sur des fonds sableux ou vaseux. L’ancre charrue (type Delta) est conçue pour se bloquer dans le sable ou la vase et a l’avantage de rarement déraper. L’ancre grappin est recommandée sur les fonds rocheux ou recouverts d’algues. L’ancre à soc ressemble à l’ancre charrue, mais son soc articulé lui permet de mieux suivre les mouvements du bateau et de se repositionner efficacement.
Mouiller, oui, mais pas n’importe où ! Certaines zones sont strictement interdites, notamment pour protéger les herbiers de posidonies, les réserves naturelles ou encore les aires marines protégées. Pour éviter les mauvaises surprises, appuyez-vous sur les cartes marines, les arrêtés préfectoraux ou encore les applications de navigation. Mais être dans une zone autorisée ne suffit pas. Encore faut-il choisir le bon spot pour mouiller en toute sécurité : privilégiez les fonds marins favorables comme le sable ou la vase.
Des équipements de signalisation sont obligatoires : de jour, installez une boule de mouillage noire (obligatoire, même si elle n’est plus listée dans l’inventaire de sécurité) ; de nuit, allumez un feu blanc visible à 360°.
Les bonnes pratiques pour un mouillage sûr et respectueux sont essentielles. Avant même d’arriver sur zone, assurez-vous que votre ancre, votre chaîne et votre guindeau sont prêts à l’usage. Observez la profondeur, la nature des fonds (sable, vase, roches), le vent, le courant et la proximité d’autres bateaux. Assurez-vous d’avoir un espace de giration suffisant en cas de changement de vent. On recommande généralement une longueur de mouillage équivalente à 3 à 5 fois la hauteur d’eau. Reculez lentement pendant que vous laissez filer la chaîne. Cela permet à l’ancre de s’enfouir correctement dans le fond. Gardez un œil sur les repères à terre ou utilisez une application de mouillage pour vérifier que vous ne dérivez pas. Avant de repartir, rangez votre ligne de mouillage avec soin pour éviter les nœuds ou les blocages. Ces bonnes pratiques permettent d’éviter certaines situations délicates au mouillage.
Le mouillage demande de l’attention, un peu de technique et beaucoup de bon sens. En respectant la réglementation et l’environnement, vous profitez pleinement de vos sorties en mer.
L’entretien d’un corps mort pour bateau ne doit jamais être négligé. Un contrôle régulier est essentiel pour garantir la sécurité de l’amarrage et la longévité de l’équipement. La fréquence des vérifications dépend de plusieurs facteurs : type de mouillage, exposition aux courants, nature du fond de l’eau, et modèle du corps mort utilisé. Pour garantir la sécurité du mouillage corps mort, il est recommandé de remplacer sans attendre les éléments usés ou endommagés. Les pièces les plus sollicitées sont la chaîne, le bout et les accessoires de liaison. Tenir un carnet d’entretien avec les dates de vérification, les interventions réalisées et les pièces remplacées permet de suivre l’évolution du corps mort pour bateau.