La question de l’équipement du marin, et plus particulièrement du choix des bottes, demeure un sujet central pour tout passionné de nautisme. En croisière comme en régate, les bottes trônent en bonne place dans l’équipement du marin. Le marché se résume à deux familles de produit, caoutchouc ou membrane respirante, qui ont chacune leurs aficionados. Ce vieux débat qui consisterait à opposer systématiquement bottes en caoutchouc à celles dite à membrane est-il encore d’actualité ? Si les bottes en caoutchouc ont pour elles la garantie de l’étanchéité dans le temps, la robustesse et la facilité de chausse, elles sont en revanche généralement plus lourdes, moins confortables et surtout elles ne permettent pas la respiration du pied.
La technicité au cœur du choix : membranes versus caoutchouc
Pour comprendre les enjeux, il convient d'analyser les différences structurelles. Les « respirantes » se composent d’un support (cuir ou matière synthétique) à l’extérieur, d’une membrane dite imper-respirante au milieu et d’une doublure à l’intérieur. À l'opposé, les modèles en caoutchouc sont beaucoup plus traditionnels. Afin de comparer les différents modèles au sein de chaque famille, un comparatif rigoureux a été mené. Ce comparatif s’est déroulé en trois temps. Ensuite, nous avons enchaîné avec le test d’adhérence en utilisant un capot de First 31.7 revêtu d’un antidérapant, le même que celui présent sur le pont. Deux pontets rajoutés par nos soins ont permis de donner de la pente en l’accrochant par des garcettes à l’étrave d’un voilier trouvé au hasard sur un ponton du port du Crouesty. Pour assurer la bonne adhérence même en cas de forte humidité sur le pont, nous avons ensuite mouillé le capot. Enfin, nous avons recommencé la manœuvre sur la passerelle en bois, arrosée à grande eau, menant au catway au moment de la marée basse pour obtenir une inclinaison suffisante.
L'héritage d'Aigle et la montée en puissance de nouveaux acteurs
La célèbre botte bleue en caoutchouc d’Aigle va bientôt fêter ses 40 ans ! Créée pour les Jeux Olympiques de Munich de 1972, en collaboration avec le navigateur Marc Pajot, elle est devenue un incontournable des garde-robes des marins, qu'ils soient d'eau douce ou d'eau salée. La marque profite de cet anniversaire pour proposer une expo, avec différents modèles (du classique au plus original) et des affiches retraçant l'histoire de Aigle. Dans la botte géante, les enfants sont invités à dessiner leur chaussure idéale avec des crayons de couleur.
Dans cette lignée, d'autres marques s'imposent. Rouchette, spécialiste de la botte en caoutchouc, vous invite à découvrir sa gamme innovante de bottes maritimes. Fabriquées en caoutchouc naturel, elles séduisent les passionnés de bateau, en mer comme en quai, de pêche et de balades en bord de mer. Encore peu connue du grand public la marque française Rouchette existe pourtant depuis 1990. En 2020, la société basée dans le Maine-et-Loire développe une gamme « mer » (Régate et Pro Skipper) qui ambitionne de rivaliser avec Le Chameau. La guêtre, bien couvrante, se règle via un élastique tandis qu’un textile perforé à l’arrière de celle-ci autorise un drainage efficace de l’eau. Côté résistance au froid, la doublure en néoprène joue bien son rôle d’isolation. Quant à la semelle intérieure en polyuréthane qui épouse au mieux les formes du pied, elle apporte un grand confort à son utilisateur.
Analyse des modèles en caoutchouc : robustesse et tradition
Les bottes en caoutchouc conservent une place privilégiée par leur longévité. Indémodables, les bottes en caoutchouc ont pour elles la garantie de garder les pieds au sec. La Tribord, par exemple, d’allure on ne peut plus traditionnelle, s’affiche comme une entrée de gamme honnête. Sauf à se munir de grosses chaussettes, ce modèle sera donc plus approprié aux navigations printanières et estivales et en aucun cas pour une utilisation intensive. Pour autant, il reste très agréable à porter et toujours facile à chausser. La semelle micro-striée est certes non marquante mais sa capacité d’adhérence ne nous a pas vraiment convaincus lors de nos tests. Mais la Tribord est de loin la moins chère de notre comparatif.
Lire aussi: Bottes de voile pour homme : le guide d'achat
La botte Helly Hansen, volontairement basse et légère, garantit un confort d’utilisation appréciable à condition de la porter dans des conditions météorologiques acceptables à cause de sa tige de petite hauteur. Cette structure renforcée permet en outre une bonne tenue de la tige et une sensation de tenue de pied rassurante. La semelle extérieure plate striée, assez fine pour garder une bonne stabilité lors des déplacements sur le pont, apporte en plus une excellente adhérence sur l’antidérapant comme sur le bois mouillé d’un ponton. De plus, la présence d’un revêtement de caoutchouc épais autour de la semelle devrait lui permettre une belle longévité. Question chaleur, sa doublure intérieure en néoprène s’est avérée efficace.
Aigle reste la référence des bottes en caoutchouc et son modèle Goéland fabriqué en France, reconnaissable à ses deux bandes blanches emblématiques, reprend toutes les bonnes recettes de la marque française. Enfin, la semelle extérieure en caoutchouc crantée assure, quant à elle, amorti et accroche même si cette dernière ne s’est pas révélée extraordinaire lors de nos essais. Précisons que ces bottes sont renforcées à l’avant et au niveau du talon. Malgré leur apparence massive, leur confort de chausse est indéniable, du moins sur le pont d’un voilier.
Fabriquées en caoutchouc naturel, les Marinord Evo Le Chameau sont conçues pour résister à toutes les conditions météorologiques, et sont donc parfaitement adaptées à un usage intensif. Et cela s’est vu lors de notre essai « les pieds dans l’eau » en comparaison avec les modèles réservés à un usage côtier. Sa semelle un tantinet imposante, non marquante et antidérapante, se caractérise par de larges ventouses et des rainures profondes qui permettent l’évacuation de l’eau pour gagner en stabilité lors des déplacements sur support humide. Ces bottes possèdent en outre une série de renforts de protection au niveau de la tige et du cou-de-pied qui apportent un meilleur équilibre de marche.
Une mention spéciale revient à la botte à l’allure futuriste développée par la marque australienne Zhik et distribuée depuis peu par Plastimo. Sa conception mêlant le néoprène pour la tige, le caoutchouc renforcé pour le chausson et un mix laine mérinos/polyester pour la doublure intérieure protège bien du froid et apporte un confort certain. Seul bémol, la difficulté pour la chausser du fait de l’étroitesse de la botte au niveau de la cheville.
Lire aussi: Confort et style avec les boots Nike neige
Lire aussi: explorer les pads antidérapants