La quête du bodyboard parfait est un cheminement complexe pour de nombreux passionnés, impliquant une compréhension nuancée des matériaux, des formes et des dimensions. Choisir la bonne planche n'est pas seulement une question de préférence personnelle, mais aussi d'adaptation aux conditions de vagues, à la température de l'eau et au style de glisse. Cet article se propose d'explorer ces dynamiques, en s'appuyant sur des retours d'expérience concrets de riders, afin d'offrir une perspective éclairée sur l'univers du bodyboard, avec une attention particulière portée au modèle Drag Sam Bennett 41" en PP.
Les Matériaux du Core : Le Cœur de la Performance
Au cœur de chaque bodyboard se trouve son core, le matériau principal qui détermine la flexibilité, la durabilité et la réaction de la planche dans l'eau. Les deux matériaux les plus courants sont le Polypropylène (PP) et le Polyéthylène (PE), chacun ayant des caractéristiques distinctes qui influencent l'expérience de glisse.
Le Polypropylène (PP) est réputé pour sa rigidité et sa légèreté. Ces propriétés confèrent aux planches en PP une excellente projection et une vitesse accrue, en particulier dans les vagues creuses et rapides. Cependant, cette rigidité peut devenir un inconvénient dans certaines conditions. Comme l'a noté un rider, une Hubboard Dubb Pro avec un core PP en eau froide, spécifiquement dans une eau à 13 degrés, s'est avérée être une "vraie planche de bois". Cette sensation de raideur excessive rendait la planche "peu maniable et très rigide", impactant directement le confort et la performance. La perception d'une "planche de bois" est un retour fréquemment rencontré pour les cores PP dans les eaux plus froides, car le matériau a tendance à se durcir davantage avec la baisse de température. Cette caractéristique, qui peut être un atout pour la vitesse dans des eaux chaudes et puissantes, se transforme en un désagrément dans des conditions où une certaine flexibilité est souhaitée pour absorber les chocs et faciliter les manœuvres.
À l'opposé, le Polyéthylène (PE) est plus souple et plus lourd que le PP. Sa flexibilité lui permet d'offrir une meilleure absorption des chocs et un meilleur contrôle dans les vagues moins parfaites ou plus hachées, ainsi qu'une sensation plus "connectée" à la vague. Il est souvent privilégié dans les eaux plus froides où sa souplesse naturelle est maintenue. Un rider a par exemple mentionné que les boards en PE / EFC de DK sont plus rares que les boards en PP, soulignant une tendance des riders de Drop Knee à rechercher une certaine rigidité. Cependant, il a également exprimé une préférence personnelle pour les boards flexibles, même en DK, déclarant : "Moi personnellement j'aime les boards flexibles même en DK, mais je fais un peu exception et surtout je suis pas très bon. Si c'était moi, ça serait roach limited PE 2 stringers." Cela illustre la diversité des préférences individuelles et la complexité du choix. Un autre point soulevé concernant le PE est son poids. Un utilisateur a ainsi pu commenter : "Tu pourrais trouver le PE lourd." C'est une considération importante pour les riders qui recherchent une planche plus légère pour la maniabilité ou le transport.
D'autres types de cores émergent également pour offrir des compromis intéressants, tels que l'EFC (Expanded Foam Core), le NRG (Non-Reactive Gel), le 3D ou le Quadricore. Ces technologies visent à combiner les avantages du PP et du PE, en offrant un équilibre entre flexibilité, légèreté et durabilité. Pour une meilleure maniabilité en eau froide, l'idée de privilégier un core EFC ou un core 3D/NRG/Quadricore est une piste à explorer, cherchant à éviter l'effet "planche de bois" du PP dans ces conditions.
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L'ajout de stringers (barres de carbone ou de fibre de verre intégrées dans le core) ou de mesh (treillis en polymère sous le slick) modifie également la rigidité et la durée de vie de la planche. Les stringers augmentent la rigidité longitudinale, ce qui peut améliorer la projection et la vitesse, tandis que le mesh renforce la durabilité et la réponse globale de la planche sans la rendre excessivement rigide. Un rider mentionnant l'expérience avec une "SNIPER AL PP en 42"", qui était une "planche de bois" super raide même après plus d'un an de sessions et ce malgré la présence de deux stringers, met en évidence que la combinaison des matériaux et de la conception globale est primordiale. Il a jugé la planche "rapide par contre mais inconfortable au possible", soulignant l'importance de l'équilibre entre vitesse et confort. Il a par ailleurs exprimé sa surprise qu'une planche puisse être "aussi dure alors que je ride en PP + 2 stringers !", indiquant que même avec des renforts, la flexibilité perçue peut varier considérablement.
La question de savoir si "les eaux vendéennes sont plus adaptées pour le pp, le pe, le nrg, ou autre core" illustre la nécessité de considérer l'environnement de glisse. Les conditions spécifiques d'une région, qu'il s'agisse de la température de l'eau, de la puissance des vagues ou de leur forme, doivent guider le choix du core pour optimiser la performance et le plaisir.
L'Influence Cruciale du Shape et de la Taille
Au-delà du core, le shape (forme) et la taille du bodyboard jouent un rôle déterminant dans son comportement sur la vague. Chaque aspect, de la largeur (wide-point) à la courbure du nose et du tail, est conçu pour répondre à des besoins spécifiques en termes de maniabilité, de flottaison et de stabilité.
La taille d'une planche est souvent le premier critère après le type de core. Elle est généralement choisie en fonction du poids et de la taille du rider. Un bodyboard trop petit manquera de flottaison, rendant le take-off difficile et limitant la vitesse, tandis qu'un bodyboard trop grand sera difficile à manœuvrer. Pour un rider mesurant 1m81 pour 80kgs, la Hubboard Dubb Pro - PP - 42" a été jugée "trop étroite, et avec un wide-point trop bas". Cette configuration a créé des difficultés, notamment un "positionnement lors des take-off en DK a souvent été trop haut sur la board, du coup mon pied d'attaque se posait au niveau du nose (étroit) et je finissais par piquer du nez 1 fois sur 2 avant de couler à pic sans vitesse sur la vague au moment du take-off". Cet exemple illustre parfaitement comment une taille ou un shape inadapté peut compromettre l'efficacité du take-off et la capacité à "rider" la vague. Le rider cherchait donc à acquérir une planche plus adaptée sur trois points essentiels : plus de flex, une forme "ronde" pour plus de confort en DK, et une taille plus grande, de 42.5" à 43", pour une "bonne flottaison dans l'eau".
La notion de shape "tendu" versus "rond" est également fondamentale. Un shape "tendu", c'est-à-dire plus droit et plus étroit, comme celui de la Hubboard Dubb Pro, est souvent conçu pour la vitesse et la réactivité dans des vagues creuses et rapides. Il offre une grande vivacité et permet des trajectoires précises. Cependant, il peut être plus exigeant techniquement et moins tolérant, surtout pour le Drop Knee (DK), où la stabilité est primordiale lors du take-off et des transitions. Le rider a d'ailleurs noté qu'un shape trop tendu rendait la planche difficile à contrôler, surtout en DK. Un shape "rond", à l'inverse, offre plus de surface et de volume, ce qui se traduit par une meilleure flottaison, une plus grande stabilité et un confort accru, en particulier pour les take-offs et les manœuvres en Drop Knee. Le wide-point, la partie la plus large de la planche, est également critique. S'il est "trop bas", il peut affecter la stabilité longitudinale et le pivotement de la planche.
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L'expérience d'un autre rider avec la Drag Sam Bennett 41" PP offre un contraste intéressant. Pour ce rider, mesurant 1m77 pour 65 kilos, et ayant déjà surfé des planches de 40.75" pendant 7 ans, le choix d'une 41" a été fait après avoir hésité entre 41 et 41.5. Cette planche, par son shape, lui faisait "vraiment penser à une PLC", un modèle qu'il avait surfé depuis 2009, notamment en version PE VS 2009 et Pride 2012. Cette référence à un shape familier et apprécié indique l'importance de la mémoire musculaire et de l'habitude du rider avec certaines configurations de planche. Le shape, lorsqu'il est bien adapté, contribue à la sensation de "fusée" et à l'hyper polyvalence de la planche.
Étude de Cas : La Hubboard Dubb Pro - Un Défi Technique
L'expérience de "korossol" avec sa Hubboard Dubb Pro - PP - 42" est un exemple éloquent de la manière dont une planche, aussi performante soit-elle, peut ne pas convenir à tous les riders ou à toutes les conditions. Le résultat a été pour lui "plutôt frustrant et décevant". Il a rapidement constaté que cette board était "trop technique pour moi et je n'ai pas un assez bon niveau pour la rider, surtout en DK". Cette observation met en lumière l'importance de faire correspondre le niveau de compétence du rider aux caractéristiques techniques d'une planche.
La rigidité du core PP en eau froide (13 degrés) a été un facteur majeur de cette déception. La planche est devenue une "vraie planche de bois", "peu maniable et très rigide". Cette rigidité accrue, si elle peut offrir de la vitesse et de la projection dans des conditions idéales et pour un rider expérimenté, s'est avérée être un obstacle à la progression et au plaisir pour "korossol". Le shape de la planche a également posé problème. Il l'a trouvé "trop tendu pour mon gabarit (1m81 pour 80kgs)", le décrivant comme "trop étroite, et avec un wide-point trop bas". Ces caractéristiques ont eu des conséquences directes sur sa technique de take-off en Drop Knee. Son "positionnement lors des take-off en DK a souvent été trop haut sur la board, du coup mon pied d'attaque se posait au niveau du nose (étroit) et je finissais par piquer du nez 1 fois sur 2 avant de couler à pic sans vitesse sur la vague au moment du take-off". Cette description précise des difficultés rencontrées illustre les implications pratiques d'un shape et d'une rigidité mal adaptés.
Après avoir testé les boards de ses amis, "korossol" est arrivé à la conclusion que cette Hubboard n'était pas faite pour lui. Il envisageait de la revendre pour acquérir une planche plus appropriée, répondant à trois critères clés : plus de flex pour la maniabilité en eau froide (privilégiant un core EFC, 3D/NRG/Quadricore), une forme plus "ronde" pour le confort en DK (notamment lors du take-off et pendant le ride), et une taille plus grande (42.5" à 43") pour une meilleure flottaison. Cette démarche met en évidence la nécessité d'une démarche d'évaluation personnelle et d'une volonté d'adapter son équipement à ses besoins réels.
La comparaison avec sa Manta Volatile Mystic, utilisée pendant son adolescence, a aussi été révélatrice. Il a eu l'impression, en regardant sa Mystic, d'avoir "longtemps fait du DK sur une board … de prone !", soulignant une évolution dans les shapes et les designs des planches dédiées à chaque style de glisse.
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Le Drag Sam Bennett 41" PP : Une Planche Polyvalente et Efficace
En contraste avec l'expérience frustrante de "korossol", le retour sur le Drag Sam Bennett 41" en PP stringer sans mesh est résolument positif et met en lumière les qualités d'une planche bien adaptée à son rider et aux conditions. Ce modèle est décrit comme "une vraie petite fusée !" par son propriétaire, qui l'a acheté en Australie à La Stoke Factory pour $AUD 390, soit environ 255€.
La taille de 41" s'est avérée être un choix judicieux pour le rider (1m77 pour 65 kilos), qui a su évaluer précisément ses besoins après 7 ans d'expérience avec une 40.75". Le core en PP, associé à un stringer et sans mesh, confère à cette planche une réactivité et une projection exceptionnelles. Sa performance a été testée dans diverses conditions : "hyper rapide dans le creux" lors de deux grosses sessions en Sunshine Coast avec des vagues de 1m50 bien creuses, mais aussi dans des sessions plus "tranquilles et plus mou". Cette capacité à exceller dans des conditions variées atteste de son caractère "hyper polyvalente".
Le shape de la Drag Sam Bennett 41" est un point fort, le rider indiquant qu'il lui faisait "vraiment penser à une PLC" (Pride Bodyboards), modèle qu'il a eu l'occasion de surfer depuis 2009. Cette référence suggère un shape éprouvé, offrant un équilibre entre vitesse et maniabilité, et qui a su conserver ses qualités au fil des années.
Concernant la réactivité du PP à la température de l'eau, le rider a noté que "le PP réagis parfaitement bien" dans les eaux plus chaudes où il l'a testée. Il a également observé que la "transition PE à PP se passe plutôt bien pour le moment", anticipant toutefois de fournir un retour plus complet une fois qu'il l'aura utilisée en France, dans des eaux plus froides. Cette précaution est légitime et essentielle pour confirmer la polyvalence thermique de la planche.
La qualité de fabrication est également un aspect important. La planche "sort de chez Mez donc aucun soucis !", ce qui est un gage de fiabilité et de savoir-faire reconnu dans l'industrie du bodyboard. La présentation du produit est également appréciée pour son pragmatisme : la planche est "livré avec un emballage et la taille de la planche sur le rail et c'est tout. Pas de marketing, rien du tout, juste l'essentiel !". Cette approche "sans fioritures" est souvent perçue comme un signe d'authenticité et de focalisation sur l'essentiel, à savoir la performance du produit lui-même.
Enfin, le rapport qualité-prix est un atout non négligeable. Le Drag Sam Bennett 41" est considéré comme "une planche à un prix abordable pour un "classique" PP + stringer". Cette combinaison de performance, de qualité de fabrication et de prix compétitif en fait un modèle hautement recommandable pour les riders recherchant une planche efficace et polyvalente. Le rider a d'ailleurs conclu son retour par un enthousiaste "Je recommande !".