La plongée souterraine est un sport extrême dans lequel un plongeur visite des réseaux de cavités et de grottes remplies d’eau. En France, nous avons beaucoup de sites de plongée souterraine, dans le Lot par exemples, on appelle cela aussi de la spéléo-plongée. L’Angleterre est bien connu aussi pour ce type d’activité, comme les États-Unis et le Mexique avec leurs immenses réseaux en Floride et dans les Cénotes. Par rapport à la spéléologie sèche et à la plongée sous-marine, il y a relativement peu de pratiquants en plongée souterraine. En dépit de ces risques, les grottes remplies d’eau attirent les plongeurs, les amateurs de grottes et les spéléologues en raison de leur nature souvent inexplorée, et présentent aux plongeurs un défi technique de plongée. La plongée souterraine est l’un des plus difficiles et potentiellement dangereux types de plongée ou de spéléologie et présente de nombreux dangers.
Fondamentaux de la sécurité et gestion de l’autonomie
La notion d’autonomie en plongée souterraine ne se limite pas à l’autonomie en plongée subaquatique. La plongée souterraine est une forme de plongée de pénétration, ce qui signifie qu’en cas d’urgence un plongeur ne peut pas nager verticalement à la surface en raison des plafonds de la grotte, et donc doit nager tout le chemin de retour. La navigation sous-marine à travers le système des grottes peut être difficile et les itinéraires de sortie peuvent être à une distance considérable, ce qui oblige le plongeur à avoir suffisamment de gaz respiratoire pour faire le voyage de retour. Même si un type de plongée moins intensif appelé plongée caverne ne mène pas les plongeurs hors de la portée de la lumière naturelle, la vraie plongée souterraine peut impliquer des pénétrations de plusieurs kilomètres, bien au-delà de la portée de la lumière du jour.
La plupart des plongeurs souterrains ont reconnu cinq règles générales ou des facteurs contributifs pour la plongée souterraine sûre, qui ont été popularisés, adaptés et sont généralement acceptés depuis la publication de 1979 de Sheck Exley intitulée Basic Cave Diving: Blueprint for Survival. Un plongeur souterrain agissant avec prudence ne dépasse pas délibérément les limites de sa formation. Une ligne de vie continue pour se guider est maintenue à tout moment entre le chef d’une palanquée de plongeurs souterrains et un point fixe choisi en dehors de l’entrée de la grotte en eau libre. Cette ligne est attachée tout le long à l’intérieur de la grotte ou de la rivière souterraine.
Le protocole le plus courant est la « règle des tiers », dans laquelle un tiers de la quantité initiale de gaz est utilisé pour la pénétration, un tiers pour la sortie et un tiers à garder en sécurité pour soi ou un autre en cas de panne, problème et urgence. La règle des tiers ne tient pas compte de la consommation accrue d’air que le stress causé par la perte d’une bouteille d’air peut induire. Chaque plongeur doit avoir trois sources indépendantes de lumière. L’un est considéré comme le principal et les deux autres sont considérés comme des lampes de secours.
L'usage stratégique des bouteilles relais
Si vous avez déjà fini une plongée souterraine avec l’image obsédante de la dernière chambre où vous avez dû faire demi-tour, si vous êtes déjà sorti de l’eau plein d’énergie mais votre curiosité toujours insatisfaite, vous pouvez tourner le problème dans tous les sens, mais vous avez sans doute besoin de plus de gaz. Une des manières les plus logiques d’arriver à vos fins est d’emporter avec vous une bouteille relais, ou stage en Anglais. Emporter une bouteille relais vous donnera alors accès à des endroits moins fréquentés et moins abîmés par le passage répétés des plongeurs. Lorsqu’elles sont correctement utilisées, les bouteilles relais améliorent considérablement la sécurité du plongeur en fournissant une autre source de gaz à l’intérieur de la cavité, et peuvent aussi être utilisées pour recalculer des tiers ou des quarts, afin d’aller explorer une ligne secondaire lors du trajet retour.
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L’acquisition des techniques de base telles que la dépose en statique ou en mouvement de la bouteille se fera en milieu ouvert, à l’entrée des cenotes les plus spacieux. Une fois maîtrisées les techniques de base, vous voyagerez plus loin dans la grotte pour réviser les techniques spécifiques à l’utilisation de cet outil fabuleux. Les stages, bouteilles supplémentaires, sont des bouteilles qui sont utilisés pour fournir du gaz pour une partie de la pénétration. Les configurations de plongée souterraine qui se retrouvent plus souvent dans la plongée en grotte que dans la plongée en eaux libres incluent des bi-bouteilles indépendants ou multiples, des harnais sidemount, des bouteilles de secours, des recycleurs et avec la batterie de harnais et de wings.
Matériel spécifique et assistance aux victimes
La civière actuelle représente plus de 30 ans de recherche et de développement. La première, version lourde, a permis de construire les bases techniques de l’actuelle. Celle-ci est polyvalente, sa base est constituée d’une civière communément utilisée par le SSF. Elle permet l’immobilisation et l’évacuation optimum de la victime. Elle peut être utilisée sous l’eau ou à l’air libre sans modification particulière. De plus grâce à la modularité des bouteilles accrochées dessus, elle peut être utilisée dans des siphons variés. Ce nouvel outil permet de faire des interventions aussi bien en résurgence qu’en fond de cavité.
La victime est alimentée en air par un circuit primaire constitué par deux bouteilles. Ensuite des bouteilles supplémentaires peuvent être rajoutées (bouteilles relais) avec une composition spécifique et adaptée à la profondeur à laquelle évolue la victime. Ce montage est modulable, il permet d’augmenter l’autonomie de manière théoriquement infinie et d’optimiser la sécurité de la victime par une décompression adaptée. Les contraintes de la plongée ont obligé à adapter le matériel pour passer ce matériel au sec. Il est conditionné dans quatre caissons étanches légers. Ces charges sont transportées par deux plongeurs, deux autres plongeurs sont nécessaires pour transmettre de l’information au travers d’un système de fil d’ariane téléphonique ou par un système sans fil développé spécifiquement par le SSF, ainsi que pour le transport de la victime une tente de suivie que l’on appelle le point chaud.
Évolution des mélanges gazeux et propulsion
Avec l’établissement de la plongée technique, l’utilisation de mélanges de gaz - comme le trimix pour le gaz de fond, et le nitrox et l’oxygène pour la décompression - réduit la marge d’erreur. Le Nitrox a de nombreux avantages comme un seuil théorique de narcose repoussé, une augmentation du temps de plongée et un temps de décompression plus faible mais aussi des inconvénients comme une exposition importante du plongeur à l’hyperoxie. Le Trimix est un mélange ternaire composé d’hélium, d’O2 et de N2 utilisé pour plonger au-delà de -50m. Le principe consiste à diluer l’azote avec de l’hélium car ce gaz diluant, de part son bas poids moléculaire, va améliorer les performances ventilatoires en grande profondeur et atténuer le phénomène narcotique de l’azote. L’Héliox, association d’hélium avec de l’O2, permet des plongées à très grandes profondeurs.
Les propulseurs sous-marins du plongeur, ou Scooters, sont parfois utilisés pour étendre l’autonomie en réduisant la charge de travail sur le plongeur et en permettant un déplacement plus rapide dans les sections ouvertes de caverne. La fiabilité du véhicule de propulsion du plongeur est très importante, car un échec pourrait compromettre la capacité du plongeur à sortir de la grotte avant de manquer de gaz. L’intérêt du scooter en plongée spéléo est qu’il permet l’augmentation de la vitesse de déplacement du plongeur par deux, ce qui raccourci le temps de plongée d’où une diminution du temps de décompression.
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