Le Lexique du Surf et l'Innovation Technologique : Comprendre le Monde des Vagues et au-delà

Le monde du surf, riche et vibrant, ne se limite pas à la simple action de glisser sur les vagues. Il est peuplé d'une culture singulière, d'une philosophie propre et, indissociablement lié à son essence, d'un vocabulaire technique particulièrement dense. Quiconque s'aventure dans cet univers, qu'il soit novice ou simplement curieux, se trouve rapidement confronté à un jargon spécifique qui peut sembler, de prime abord, hermétique. Effectivement, entendre des surfeurs « baragouiner des mots en français et anglais » peut laisser « totalement dans le brouillard », donnant parfois l'impression que le surf est un « sport de frimeurs ». Cependant, cette terminologie est essentielle pour la communication et l'intégration dans la communauté. Il s'agit d'un langage technique qui, comme dans tous les sports, permet de décrire avec précision les conditions, les manœuvres, et l'équipement. En plus de cette richesse linguistique, le surf est en constante évolution, intégrant des avancées technologiques comme la fixation de bouche pour les caméras ou le surf foil, transformant l'expérience de la glisse et la manière dont elle est immortalisée.

Le Langage du Surf : Un Vocabulaire Riche et Spécifique

Pour naviguer dans le monde du surf, la compréhension de son lexique est primordiale. Ce vocabulaire englobe tout, des éléments de la vague aux manœuvres réalisées, en passant par les types de planches, les conditions météorologiques et même les interactions sociales à l'eau.

Décrypter les Vagues et les Conditions Marines

Les vagues sont le cœur du surf, et les termes pour les décrire sont nombreux. La « houle » est une série de vagues générées par des vents lointains, qui se propagent sur de longues distances, et est également désignée par le terme « swell ». La « période de la houle » est le temps qui s'écoule entre deux vagues successives ; plus cette période est longue, plus les vagues seront puissantes et régulières. Une « vague » est une élévation de la surface de l’eau, créée par le vent ou la houle, et utilisée par les surfeurs pour glisser, sa forme et sa puissance variant selon les conditions météorologiques et le fond marin.

Au-delà de la houle, les surfeurs distinguent différentes parties et caractéristiques des vagues. Le « curl » désigne la partie incurvée de la vague, là où elle commence à déferler ; c'est la zone idéale pour effectuer des manœuvres ou rester dans la « pocket », la partie la plus proche du curl où la vague déferle avec le plus de puissance, idéale pour les manœuvres techniques. L'« épaule » est la partie non déferlante d'une vague, située à côté de la zone où elle casse, offrant un espace pour se déplacer. Le « lip » est la partie supérieure d'une vague qui bascule lorsqu'elle déferle, une zone clé pour exécuter des manœuvres. La « lèvre » est le rideau d'eau qui tombe et forme le tube. Le « mur » est la partie de la vague qui se situe devant le surfeur et sur laquelle il glisse ; lorsqu'un mur est long et vertical, on dit qu'il est tendu. Une « section de vague » est une partie de la vague qui creuse devant soi, pouvant déferler ou accélérer. Le « peak » est le sommet d’une vague, là où elle commence à casser, ou l'endroit où la vague démarre, souvent en forme de triangle vu d'en haut.

Les conditions de la mer sont également décrites avec une précision lexicale. Un « flat » désigne des conditions de mer sans vagues surfables, où l'eau est plate. À l'inverse, quand les vagues sont « grosses », on dit tout simplement : « c'est gros ! », d'où l'appellation du « surf de Gros ». Une vague « molle » est une vague peu puissante et peu raide, qui manque d’énergie pour générer de la vitesse, idéale pour les débutants ou les planches volumineuses. Lorsque les vagues sont détériorées par le vent et beaucoup de courant, on dit qu'elles sont « mushy ». Le « bouillon » désigne la mousse blanche formée après le déferlement des vagues, aussi appelée « zone d'impact ». Une « barre » désigne la zone où les vagues se brisent en continu, formant une ligne difficile à traverser pour rejoindre le large. L'« inside » est la zone située entre le bord de la plage et la zone où les vagues déferlent, où les vagues sont généralement moins grosses. L'« outside » désigne la zone située au large, au-delà de la zone de déferlement des vagues, là où les vagues commencent à se former et où les surfeurs attendent pour les attraper. Un « shore break » est constitué de vagues qui cassent directement sur le bord du rivage. Un « set » est un groupe de vagues plus importantes qui arrive régulièrement, aussi appelée une « série ».

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Le vent est un facteur clé en surf, influençant la formation et la qualité des vagues. Un vent « offshore » vient de la terre et souffle vers la mer, il creuse et lisse les vagues, les rendant très régulières et déferlant proprement, des conditions idéales pour le surf. Un vent « onshore », lui, vient de la mer et souffle vers la terre, aplatissant ou désordonnant les vagues et rendant les conditions moins idéales. Une surface d'eau « glassy » désigne une surface parfaitement lisse, semblable à du verre, offrant des conditions idéales pour surfer.

Manœuvres et Techniques de Glisse

Le surf est aussi un art du mouvement, et chaque action a son nom. Le « take-off » est la manœuvre de base du surf, consistant à se mettre debout sur la planche pour débuter la glisse sur la vague. Un « drop » est un take-off très vertical, à la limite du « late take-off », qui se fait généralement lorsque les vagues sont assez grosses et que la pente de la vague est verticale et assez longue. Le « bottom turn » est un virage en bas de vague qui fait généralement suite au take-off. Le « cut back » est une figure où le surfeur fait demi-tour pour revenir vers la partie la plus puissante de la vague. Le « carve » est une manœuvre radicale qui consiste à « couper » la vague en deux, ressemblant à un cut-back mais beaucoup plus rapide et puissant dans une partie plus creuse. Le « roller » est une manœuvre où le surfeur monte vers le haut de la vague, effectue un virage serré au niveau du lip, puis redescend. C'est l'une des manœuvres les plus répandues en surf et la première qu'un surfeur souhaite réaliser lorsqu'il débute. Le « round-house cut back » est un cut-back poursuivi d'un re-entry. Un « re-entry » est une manœuvre qui s'effectue lorsqu'une section de la vague déferle vers le surfeur, à sens inverse du déferlement de son sens de déplacement. Le « floater » est une figure qui consiste à glisser sur la lèvre de la vague au moment où celle-ci se met à déferler, en surfant le dessus de la lèvre, le lip.

Les manœuvres aériennes sont des techniques avancées. L'« aerial » est une technique avancée qui consiste à utiliser la vague comme tremplin pour réaliser une figure en l'air, aussi appelée un « air ». Un « alley-oop » est une figure aérienne très esthétique et très technique consistant à faire une rotation complète sous forme de boucle en faisant face à la vague, l’inverse d’un « air reverse ». Le « reverse air » est un Air 3-6 effectué avec une rotation vers le bas de la vague. Un « ollie pop » est une manœuvre empruntée au skateboard, un saut sur la partie plate de la vague avec un demi-tour à 180°. Le « kerrupt flip » est une manœuvre aérienne prenant son nom de son inventeur, Josh Kerr.

D'autres techniques incluent le « tube » ou « barrel », la manœuvre reine du surf qui consiste à se faire recouvrir intégralement par le déferlement de la vague, disparaissant temporairement à l'intérieur. Le « kick-out » est la manœuvre où le surfeur sort de la vague en sautant par-dessus celle-ci. Le « canard » ou « duck dive » est l'action de passer sous la vague qui arrive de face afin de rejoindre le line-up, une technique essentielle qui n'est possible qu'avec une planche à faible litrage. Le « lay-back » est un virage poussé à l'extrême qui oblige le surfeur à coucher son dos sur la vague et à se relever. Le « rail to rail » est une technique où le surfeur passe d'un rail à l'autre afin de générer de la vitesse.

Vocabulaire des Surfeurs et de la Communauté

Les surfeurs ont aussi des expressions pour se définir et interagir. Un « goofy » est un surfeur qui se tient sur sa planche avec le pied droit à l'avant, tandis qu'un « regular » est un surfeur qui se tient sur sa planche avec le pied gauche à l'avant. Le « grom » est un terme affectueux pour un jeune surfeur. Les « kooks » désignent des surfeurs débutants ou inexpérimentés qui manquent de technique et souvent de respect des règles de priorité, ou des attitudes inappropriées ou maladroites à l’eau. « Snaker » (du verbe snake, serpent) est le fait de se placer plus à l'intérieur qu'un autre surfeur qui a la priorité. « Droper » consiste à prendre une vague déjà prise par un autre surfeur, ce qui va à l’encontre des règles de priorité et peut provoquer des collisions. « Braquer » ou « taxer » sont des synonymes de droper. « Ragasser » un surfeur, c'est quand il entre à l'eau et essaie de prendre toutes les vagues, même sans respecter son tour et les priorités, qui « snake » les autres.

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La « priorité » (prio) a été créée afin de codifier l'activité en cas de forte population sur les spots. L'« interférence » est une faute commise lorsqu'un surfeur gêne un autre ayant la priorité sur une vague, entraînant une pénalité en compétition. Le « line-up » est l'endroit où les surfeurs attendent leur tour pour attraper une vague, là où les vagues démarrent.

D'autres termes décrivent les actions et événements autour du surf. Une « session » désigne le temps passé à l’eau pour faire du surf. Un « contest » est une compétition de surf où les participants sont jugés sur leurs performances sur les vagues, avec des critères incluant le style, la technicité et la difficulté des manœuvres. Le « Championship Tour » (CT) est le tour mondial de surf, et le « prize money » est la somme d'argent prévue comme récompense. Un « surf trip » est un voyage organisé pour surfer sur différents spots. Le « paddle out » est une cérémonie traditionnelle dans la communauté des surfeurs pour honorer la mémoire d'une personne décédée. « Aloha » est un mot hawaïen qui a beaucoup de sens comme bonjour, au revoir, bienvenue, amour, compassion, affection, pitié.

L'Anatomie de la Planche de Surf : Plus qu'une Simple Planche

La « planche » est l'équipement principal en surf, permettant de glisser sur les vagues. Elle existe en différentes tailles et formes, adaptées aux niveaux et aux conditions. Le « quiver » est l'ensemble, la collection de planches différentes en la possession d'un même surfeur destinées à faire face à toutes les conditions de mer.

Les Types de Planches

Un « Alaïa » est une planche de surf traditionnelle hawaïenne en bois massif, sans dérive, utilisée depuis des siècles. Le « shortboard » est un type de planche plus courte et étroite, qui convient surtout aux surfeurs expérimentés. Le « longboard » est une planche de surf de grande taille, par opposition au shortboard, sur laquelle on peut pratiquer le « nose riding », une figure qui consiste à ramener ses orteils sur le nez de la planche et à se positionner en équilibre sur le nose d'un longboard. Le « malibu » est une planche de surf longue, généralement entre 7 et 9 pieds, idéale pour les débutants et les petites vagues, offrant une excellente flottabilité et une glisse fluide. Le « fish » est une planche courte et large pour le surf de petites vagues avec un fish tail, ou un type de planche en forme de poisson, généralement large avec un nose relativement large et un tail en forme de « V » inversé. Un « groveler » est une planche de surf courte et large, conçue pour les petites vagues peu puissantes, offrant une bonne flottabilité et facilitant la prise de vagues. Le « gun » est une longue planche spécifique pour le surf de très grosses vagues. Une planche « évolutive » est entre les planches débutants et les planches pour bon surfeur, assez longue et ronde pour permettre une rame et un démarrage faciles, ainsi qu'un take-off stable. Le « bodyboard » est une planche courte arrivant généralement à la taille, permettant de glisser sur les vagues en restant allongé. Le « Knee Board » est une planche conçue pour surfer en position à genoux.

Les Composants Essentiels d'une Planche

Chaque partie de la planche a une fonction spécifique. Le « nose » est le nez de la planche, la partie avant, la pointe. Un nose fin et étroit est presque toujours associé à une planche de surf « performance », orientée vers les vagues plus grosses et plus puissantes, combiné à un rocker prononcé. Un nose plus large, souvent arrondi, peut être trouvé sur les planches pour débutants et celles dédiées aux petites vagues car sa plus grande surface permet de glisser plus facilement. Le « tail » est la partie arrière de la planche. Il existe différents types de tails (pin tails, arrondis, squash tails, swallow tails) qui influencent le comportement de la planche.

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Les « rails » sont les bords latéraux de la planche. Ils vont du nez au talon. Les performances de la planche sont affectées par leur forme. On distingue les rails « 50/50 », shapés de façon à ce que le sommet se trouve au milieu du rail, sans arête sur le bas, rendant la planche plus difficile à manœuvrer mais permettant à l'eau de s'écouler plus librement. Les rails avec une « arête » sont plus courants sur les shortboards modernes, avec une arête ajoutée sur le bas du rail vers le tail. Les rails souples sont plus arrondis et lisses, aidant à la stabilité et facilitant la pagaie, tandis que les rails durs sont plus nets et plus carrés, bons pour augmenter la vitesse et tourner rapidement.

Le « rocker » représente la courbe longitudinale de la planche, du nose au tail. Un rocker plus prononcé au nose permet d'éviter de « planter » dans les vagues creuses. Un rocker important au tail permet une très bonne maniabilité pour les virages radicaux. De manière générale, un rocker léger offre une très bonne vitesse à la rame et convient aux vagues molles.

Le « stringer » est la latte de bois, généralement, que l'on voit au milieu de la planche de surf, allant du nez à la queue. Il fournit de la résistance et contrôle le « flex » de la planche. Le « wide point », ou maître bau, est le point le plus large sur une planche de surf, qui n'est pas toujours situé au centre ; un wide point situé à l'avant facilite la rame, tandis qu'un wide point reculé convient aux surfeurs ayant un appui arrière prononcé.

L'« épaisseur » est une caractéristique très importante, déterminant la stabilité et la flottabilité de la planche. Le « glaçage » de la planche est constitué de tissu en fibre de verre et de résine, appliqué sur le « pain de mousse » pour renforcer la planche. Le « pain de mousse » est le bloc de mousse que le shaper possède avant de donner une forme finale à la planche. Les types de mousse incluent le « polyuréthane » (PU), le plus répandu, qui permet aux planches de pénétrer plus profondément dans l'eau pour un bon « découpage » dans les turns, et le « polystyrène expansé » (EPS), plus léger, offrant plus de réactivité et une meilleure sensation de flottaison.

Le « deck » est le dessus de la planche de surf, le côté où l'on se tient en surfant. Il existe différents types de decks : « flat deck » (plat), « dome deck » (avec plus de volume au centre), et « step deck » (avec une plateforme et des rails plus fins). Le « bottom » est le dessous de la planche. Les « bottom concaves » (partie soulevée au-dessus de la ligne de rail) donnent de la portance et une meilleure glisse. Les « bottom convexes » (partie plongeant sous la ligne de rail) sont bons pour la stabilité et les transitions. Les « bottom plats » aident à générer de la vitesse mais font moins pour la performance.

Les « ailerons » (fins) sont des pièces fixées sous la planche de surf pour stabiliser la trajectoire et améliorer le contrôle dans les virages. Sans eux, la planche tourne sur elle-même. On peut avoir un « single fin » (un seul aileron), « twin fin » (deux), « thruster » (trois), « quad » (quatre) ou un set-up à cinq ailerons. Une planche avec 5 « fin plugs » ne signifie pas que l'on surfera avec 5 fins en même temps, mais qu'elle offre une option polyvalente pour adapter la configuration selon les conditions, permettant d'expérimenter différents styles de glisse. Techniquement, surfer avec 5 ailerons à la fois n'est ni courant ni recommandé, car cela crée trop de traînée et ralentit la planche. La « clé FCS » est une clé allen servant à dévisser les vis des boîtiers de dérives amovibles. Le « leash » est un cordon élastique utilisé pour attacher une planche de surf au pied du surfeur, assurant que la planche reste à proximité en cas de chute. Le « leash plug » est l'endroit à l'arrière de la planche où l'on attache le leash. Le « pad » de surf est une pièce en mousse adhésive sur la planche, offrant une adhérence antidérapante. La « wax » est une substance collante appliquée sur la surface de la planche pour fournir une meilleure adhérence au surfeur. Un « pet » ou « ding » désigne un trou sur une planche de surf.

La Fixation de Bouche (Mouth Mount) en Surf : Immortaliser l'Action en Point de Vue

Pour de nombreux surfeurs, immortaliser leurs sessions est devenu une partie intégrante de l'expérience. Si l'on pense à « ble bouche surf », il est fort probable que l'on fasse référence à la « fixation de bouche » pour caméra, aussi connue sous le nom de « mouth mount », un accessoire essentiel pour capturer des images en point de vue (PDV) immersives. Cette fixation permet de « capturer l’action comme vous la voyez grâce à notre fixation de bouche mains libres ultra-polyvalente ».

La « fixation de bouche » comporte un embout en silicone de qualité alimentaire qui offre une prise en bouche ferme et confortable sans compromettre la respiration. Elle est « idéale pour les prises de vue PDV dans n’importe quel environnement », que ce soit pour le surf, la pêche, la randonnée, ou l'escalade. La boucle de fixation intégrée permet de changer d’angle facilement ou de ranger et protéger votre caméra. Ergonomique, robuste et tirant parti de matériaux non toxiques, elle offre une prise confortable et permet de capturer des images sans trembler. La vis de pression permet de régler l’angle de votre caméra. Elle peut être utilisée avec un « Floaty » (vendu séparément) pour capturer une activité sur l’eau en PDV.

Anthony Walsh, ambassadeur GoPro, partage des conseils précieux pour optimiser l'usage d'une GoPro en surf, en particulier avec une fixation de bouche. Pour éviter la buée et les gouttelettes, un défi commun, il recommande de « garder votre boîtier fermé quand vous ne vous en servez pas » afin d'empêcher l'humidité de s'installer. L'ouverture du boîtier ne devrait se faire que pour placer ou retirer la GoPro, et l'on peut y placer des « petits sachets d’absorbeurs d’humidité ». Dans l'eau, il est conseillé de « garder le plus possible sous l’eau et à l’abri du soleil ».

Pour les gouttelettes sur l'objectif, son conseil est surprenant : « Crachez dessus ! » Environ 10 à 15 minutes avant d’aller à l’eau, il « lèche l’objectif et le laisse sécher avec la salive ». Ce geste « peut paraître bizarre, mais c’est ce que je fais tout le temps ». Il insiste également : « ne touchez JAMAIS l’objectif avec vos doigts », car le gras des doigts, la wax ou la crème solaire fixent les gouttes et les empêchent de ruisseler. Dans l'eau, il « le lèche en permanence », créant un « petit film de salive qui empêche les gouttes », et juste avant de filmer, il la plonge dans l'eau et la ressort aussitôt.

Concernant les réglages, il utilise la Hero4 Black et pour des images en vitesse réelle, un mode en faible résolution avec une fréquence d’images haute (par exemple, VWGA / 240 images par seconde) pour pouvoir « ralentir les images autant que je veux ». Pour le surf, il filme le plus souvent en 960p / 120 images par seconde, préférant le 960 au 1080 car c'est un format 4/3, permettant une image plus grande. Il laisse habituellement la caméra allumée tout le temps pendant la session mais ne filme pas en permanence, l'éteignant si elle ne doit pas être utilisée pendant plus de 5 minutes.

Anthony Walsh « utilise très souvent le MyGo Mouth Mount », sauf quand les vagues sont grosses. Il reconnaît que « on est pas mal à s’en servir, c’est facile à utiliser et tu peux aussi le prendre en main, pour varier un angle sur une même vague, te filmer par derrière par exemple ». Il insiste sur l'importance de mettre un leash pour ne pas perdre la caméra ou les images. Il est à noter que ce produit contient du nickel, reconnu par l’État de Californie comme pouvant causer des cancers, malformations congénitales ou autres troubles de la reproduction.

Le Surf Foil : Une Sensation de Vol au-Dessus de l'Eau

Au-delà de la planche traditionnelle, le monde du surf a vu l'émergence de nouvelles technologies, dont le surf foil. Le « foil » est une sorte d'aile qui ressemble à une aile d'avion que l'on place sous une planche et qui permet de décoller au-dessus de l'eau, offrant une « sensation extraordinaire, une sensation de vol sans frottement ». Le principe du surf foil, également appelé hydrofoil, est simple mais encore fallait-il y penser.

Fonctionnement et Historique du Foil

Le concept est le même que celui utilisé par les bateaux de course. Il a été adapté au surf par Laird Hamilton, surfeur hawaïen pionnier du Big Wave riding en Tow-in, qui l'a fait connaître dans les années 90. Dans les années 2000, de nombreux riders se sont pris au jeu, dont le Français Bruno Sroka, qui deviendra un des pionniers du kite foil. Dans les années 2010, la pratique du foil s’est démocratisée et a envahi les spots. Le surf, le SUP, le wake, le kite, toutes les planches sont désormais « foil compatibles », et la pratique s’adapte à l’ensemble des disciplines nautiques. Le foil s’impose comme une avancée technologique dans le monde de la glisse et du nautisme, offrant un gain de vitesse pour les skippers et un gain de sensations pour les riders.

Pour comprendre la mécanique d’un foil dans l’eau, il suffit de regarder dans les airs, car le foil reprend le même principe physique que celui des ailes d’un avion. L’hydrofoil est composé d’un mât, installé sous et perpendiculaire à la planche, d’un fuselage et de deux ailes : une aile avant et une aile arrière, plus petite, qui sert de stabilisateur. Les ailes sont donc parallèles à la planche et vont dans le sens de la glisse. L’ensemble est généralement en carbone ou en aluminium.

Une fois sur sa planche de foil, il s’agit de prendre de la vitesse, par le biais de la houle en surf ou en SUP, ou par traction (le vent pour le kite, le wind et le wing, ou un bateau ou un câble pour le wake). L’énergie apportée par la houle (et la rame) va permettre aux molécules d’eau de venir glisser sous et sur l’aile. Le haut de l’aile étant bombé, les molécules auront plus de chemin à parcourir que celles passant sous l’aile, dont la partie est plate. Elles vont donc accélérer, créant une différence de pression. Sur le dessus de l’aile se crée une zone de dépression, tandis qu’en dessous se joue une zone de surpression. C’est cette mécanique des fluides qui va permettre à l’ensemble de s’élever et qui donne cette sensation de voler au-dessus de l’eau. L’hydrofoil diminue notablement les frottements entre la planche et le plan d’eau et permet donc de gagner en vitesse. Plus la vitesse sera grande, plus la planche va s’élever ; c’est ce qu’on appelle le phénomène de portance.

Sensations et Techniques Spécifiques du Foil Surf

Au niveau de la pratique, le foil surfing apporte un changement notable des sensations. La planche n’est plus en contact direct avec le plan d’eau, et le rider se retrouve perché à quelques dizaines de centimètres au-dessus de l’eau, ce qui sollicite un jeu d’appuis et d’équilibre. En plus de la découverte de nouvelles sensations de glisse et de vitesse, le foil surf, particulièrement quand il est intégré à une planche de surf, permet de garder de la vitesse même une fois la vague terminée. Il suffit au pratiquant de « pomper », c’est-à-dire de jouer sur ses appuis avant et arrière en poussant sur les jambes, pour permettre au phénomène de portance de continuer à faire son œuvre.

Le « pumping » est un aspect technique qui demande de combiner deux types de mouvements : une alternance entre pression et relâchement de la force exercée par les jambes sur la planche, et un mouvement avant/arrière afin de jouer sur l’angle d’incidence de la planche et des ailes dans l’eau pour créer de l’inertie. Le déséquilibre avant permet de créer de la vitesse. Ce travail d’appuis, assez physique, ressemble à l’exercice du pumptrack en skate. Une fois le mouvement acquis, il est possible de jouer sur les différentes tailles et profils d’ailes et de mâts afin de gagner en vitesse, maniabilité ou équilibre. Il n’est pas rare de voir des foils-surfeurs terminer leur vague et repartir au pic, toujours debout sur leur board, sans même avoir à ramer, voire même enchaîner les vagues.

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