Le tir subaquatique est apparu en France il y a près de 30 ans. Ce sont les chasseurs sous-marins qui ont développé cette discipline qui leur servait d'entraînement d'hiver. Aujourd'hui, cette activité s'est imposée comme une discipline sportive à part entière, intégrée à la Fédération Française d'Études et de Sports Sous-Marins (FFESSM). Alliant maîtrise de soi, plaisir de l’apnée et esprit de convivialité, ce sport s'adresse à tous, en solo ou en famille, de 12 à 88 ans. Le tir sur cible subaquatique (TSC) se pratique en piscine, au sein d'un club, offrant une alternative accessible et sécurisée aux contraintes logistiques des sorties en mer.
Fondements et origines de la discipline
Le tir sur cible subaquatique est né d'un besoin pratique : permettre aux chasseurs sous-marins de conserver une activité physique et technique durant la période hivernale. Historiquement, les tirs étaient effectués verticalement de la surface vers le fond, à des profondeurs variables allant de 5 à 15 mètres. Avec le temps, la pratique s'est structurée. En France, la discipline est fédérée par la FFESSM, qui établit les règles techniques spécifiques conformément aux dispositions de l'article L331-16 du Code du sport.
Le sport se décline en deux approches principales : le loisir, pour le simple plaisir de la pratique, et la compétition, pour le défi sportif. Si le nombre de compétiteurs est précisément recensé, atteignant environ 200 personnes, le nombre de pratiquants « loisir » demeure difficile à quantifier puisque tout licencié FFESSM peut réglementairement pratiquer. L'activité permet de développer de nombreuses capacités physiques et morales, notamment la gestion du stress, la précision et l'apnée.
Équipement individuel et collectif
La pratique du tir sur cible subaquatique repose sur un matériel spécifique, divisé en deux catégories : l'équipement du sportif et le dispositif de tir.
L’équipement individuel comprend le matériel de base du plongeur en apnée : palmes, masque et tuba. Le port d'une combinaison légère, type « shorty », est fréquent, accompagné d'un lest (ceinture de plomb) pour faciliter la stabilisation sous l'eau.
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L’équipement collectif est constitué de l’arbalète, du porte-cible, de la fenêtre de tir et d’un système de stabilisation (gueuse ou ventouse). L'arbalète utilisée est similaire au modèle employé pour la chasse sous-marine, à quelques modifications près : les compétiteurs retirent l’ardillon de la flèche pour faciliter son extraction de la cible. Afin d’obtenir un tir plus plat et plus précis, les élastiques sont souvent remplacés pour être plus tendus. La sécurité est ici une priorité absolue, les arbalètes étant considérées comme des armes blanches de catégorie D, car elles sont perforantes et propulsées. Une flèche tirée peut blesser très gravement. C'est pourquoi, pour les enfants de moins de 12 ans, l'initiation se fait avec des fusils plus courts (55 à 75 cm) équipés de pointes neutralisées sur des cibles basculantes.
Organisation des épreuves individuelles
Le « Combiné » constitue le classement représentatif de l’ensemble des épreuves individuelles. Chaque épreuve est chronométrée et répond à des règles strictes visant à garantir l'équité entre les participants.
Le Tir de Précision constitue la base technique. Il consiste à réaliser une série de 10 tirs sur une cible immergée en restant en apnée. Le tireur dispose de 10 minutes maximum pour effectuer l'ensemble de ses tirs. Une distance de 3 mètres est à respecter rigoureusement entre la pointe de la flèche et le plastron, qui est un carré de polystyrène fixé dans le porte-cible et recouvert d'un autocollant représentant 5 mini-cibles. Si cette limite est dépassée, le tireur est pénalisé.
Le Biathlon associe un parcours chronométré en apnée et une exigence de tir. Le départ est donné derrière une ligne d'eau située à 15 mètres de la cible immergée. Après avoir récupéré sa flèche en touchant la cible, le nageur retourne, toujours en apnée, derrière la ligne d'eau de départ. Il effectue 3 tirs successifs. L'épreuve est chronométrée sans interruption, incluant le temps nécessaire à la récupération en surface et au réarmement de l'arbalète. Si le temps d'un tireur excède la durée impartie pour ces opérations, il se verra retirer un tir.
Le Super-biathlon pousse l'exigence de vitesse plus loin. Le départ est donné derrière une ligne d'eau située à 10 mètres de la cible immergée. Après s'être arrêté à la gueuse pour se stabiliser, le tireur effectue son tir le plus rapidement possible. Après avoir repris sa respiration et rechargé son arbalète, le nageur repart pour effectuer ce même parcours au total 5 fois.
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Le relais subaquatique : dimension collective
Le relais subaquatique est une épreuve d'équipe constituée de 4 compétiteurs. Ils se relaient sur un parcours chronométré de type « super biathlon » avec un contrat de cible à effectuer. Chaque compétiteur doit exécuter 2 tirs non consécutifs sur une cible située à 15 mètres de la ligne de départ. Cette discipline favorise la convivialité et l'esprit d'équipe, tout en mettant à l'épreuve la capacité des tireurs à gérer leur effort au sein d'un collectif, renforçant ainsi les compétences acquises lors des entraînements individuels.
Cadre réglementaire et sécurité
La pratique en piscine est soumise à des réglementations strictes encadrées par la FFESSM. Les dispositions communes aux établissements pour la pratique de la plongée subaquatique, qu'elle soit à l'air ou aux mélanges, sont régies par les articles A322-72 à A322-101 du Code du sport. Ces textes fixent les responsabilités et prérogatives du directeur de plongée, des personnes encadrant les plongées d'exploration, des enseignants et des plongeurs en fonction de leurs aptitudes à évoluer en autonomie ou encadrés.
En outre, l'organisation de manifestations nautiques est soumise à l'arrêté interministériel du 3 mai 1995, modifié en 2011. Toute activité susceptible d'appeler des mesures particulières d'organisation et d'encadrement en vue d'assurer la sécurité des participants et des spectateurs doit faire l'objet d'une demande d'autorisation auprès du préfet de département, au moins trois mois avant la manifestation. Le Bureau des manifestations de la FFESSM met à disposition des organisateurs des fiches techniques pour les aider dans leurs démarches administratives.
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