L'odyssée de la glisse : Histoire et culture du surf à Biarritz

Les racines ancestrales et le mythe du surf

C’est au XVIe siècle que le surf vit le jour en Polynésie. Par la suite, il fut adopté par les Américains au début du XXe siècle. Si le surf trouve son origine dans le Pacifique, il ne faut pas oublier que c’est à Biarritz qu’il a été pratiqué pour la première fois en France et même en Europe. C’est dans cette zone du globe que l’on retrouve des traces de la pratique du surf avec le marin James Cook qui aurait vu un surfeur aux Iles Sandwich. Après sa mort, on doit à James King, son lieutenant, la première mention de surfeur dans son journal de bord. Au 15ème siècle, à Hawaii, défier l’océan sur de lourdes et longues planches en bois était un moyen pour les chefs de tribus de montrer leur puissance. Mais la pratique fut par la suite interdite lors des colonisations par les Américains. Champion olympique de natation, il contribua à diffuser la pratique en dehors de Hawaii lors de démonstrations en Amérique, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Le surf trouvera même en Jack London, écrivain d’aventure à qui l’on doit entre autres Croc-Blanc ou L’Appel de la forêt, un formidable ambassadeur avec la publication de nombreux articles sur le sujet.

L’arrivée du surf sur les côtes basques : une naissance fortuite

En septembre 1956, le surf débarque sur la côte basque et plus particulièrement à Biarritz, et ce à l'occasion du tournage du film « Le soleil se lève aussi », l'adaptation d'un roman d'Hemingway. Deux californiens, Dick Zanuck et Peter Viertel, se retrouvent alors à Biarritz. Dick étant surfeur et les rouleaux n'ayant rien à envier à ceux de Malibu où il surfe depuis un bout de temps déjà, il se fait envoyer une planche de surf comme les Français n'en ont jamais vu. Obligé de partir avant la livraison de sa planche, c'est alors Peter, qui n'a jamais pratiqué le surf, qui va réceptionner la planche et ainsi faire sa première tentative sur les vagues de la Côte des Basques. La naissance du surf en France est apparu un peu par hasard. C’est en 1957 que Peter Viertel, scénariste et surfeur américain, de passage à Biarritz avant le tournage d’un de ses films en Espagne, fit la rencontre d’un futur pionnier, Joël de Rosnay. Joël de Rosnay pratiquait déjà une activité semblable au bodyboard. C’est ainsi qu’il rencontra Peter prenant ses premières vagues en France. Viertel, en route vers l’Espagne pour son tournage, donna quelques leçons de surf à Joël de Rosnay et lui confia sa board pendant 3 mois. À la fin de l’été 1957, la Côte des Basques compte déjà 4 surfeurs initiés : Peter Viertel, Georges Hennebutte, Jacky Rott et Joël de Rosnay. Les plus jeunes commencent à s’y intéresser, récupèrent des vieilles planches délabrées et se jettent à l’eau.

L’innovation technique et la fabrication des premières planches

Durant l’hiver 1957-1958, Michel Barland et ses amis se renseignent pour fabriquer les meilleures planches possibles. Ingénieur, débrouillard, il cherche le bois le plus léger, et se tourne vers le balsa, presque introuvable en France à l’époque. Il se rapproche de Jacky Rott et d’Henri Hennebutte pour ce projet original de fabrication de planches. À partir d’une simple photo de planche de surf dans un magazine de National Geographic de 1935, ils confectionnent leur premier modèle. Janvier 1958, le balsa arrive à l’atelier de Barland, le travail commence avec pour premier succès la fabrication de deux planches : l’une couleur aluminium et l’autre d’un gris pâle. Les rails étaient droits et non arrondis. En juillet 1958, Peter Viertel fait son retour à Biarritz avec trois planches en balsa venant d’Amérique. Il prête l’une de ses planches à Barland qui à son tour surfe bien mieux qu’avec sa première réalisation. À la fin de l’été, il réussit à vendre sa troisième création en contreplaqué. Jusqu’en 1958, ces boards étaient uniquement réalisées en bois, l’arrivée du plastique changea les choses. Faisant face aux mêmes problèmes et questionnements, les deux hommes prirent la décision d’unir leurs forces à travers la marque Barland-Rott. La première entreprise de fabrication de planches voit le jour en France. La qualité de leurs produits ainsi que leur monopole les conduisent rapidement au succès. Aujourd’hui encore, la marque Barland produit les meilleurs longboards français pour de nombreux amateurs.

L’organisation institutionnelle et le développement de la culture surf

C’est le 16 septembre 1959 que le premier surf club voit le jour en France : le Waïkiki Surf-Club, fondé par les surfers vedettes du moment : Lamarque, Barland, Plumcocq et Etchepare. Il était installé dans les établissements des Bains de la Côte des Basques. En septembre 1959, ils créent le Waïkiki Surf-Club permettant ainsi de réunir les surfeurs. Ce sport de glisse, qui en avril 1959, s’impose à la Côte des Basques avec le premier club créé en France. Rapidement, l’amour des vagues est partagé par de plus en plus d’adeptes. Biarritz, en plus d’être son berceau, devient la ville du surf. La Fédération française de surf riding est créée en 1964 pour rassembler toute une communauté de surfeurs. En 1965, c’est l’ouverture du premier surfshop de la Côte Basque. À partir des années 1965/1970, la passion de la glisse a franchi l'Adour, pour coloniser les plages du sud des Landes. Charley Puyo, originaire de Dax, est l'un des premiers à avoir pratiqué le surf, sur les vagues aujourd'hui mythiques de Seignosse, Hossegor et Capbreton. Ancien membre de l'équipe de France, il participe, en 1984, aux premiers championnats du monde de kneeboard à Los Angeles, Californie.

La Maison du Surf : un sanctuaire pour la mémoire

« Il était une fois le surf. » Voilà comment pourrait-on résumer la raison de la création de la Maison du surf, à Biarritz, en 2016. Car depuis le premier étage de l’Établissement des bains, à la Côte des Basques, Julien Roulland, gérant du local, s’applique à raconter l’histoire du surf et à transmettre sa culture. Il suffit alors de traverser la terrasse où des chiliennes rouges sont chaleureusement installées, passer le pas-de-porte, pour pénétrer dans « un lieu de vie et de culture », bien au-delà du simple musée. Le local est né à la suite d’une volonté de l’ancienne équipe municipale réunie autour de Michel Veunac, ancien maire de Biarritz qui a confié à Claire Ripert, directrice du service de communication de la mairie de l’époque, la mise en oeuvre de ce lieu. Alors rédacteur en chef du magazine Surf Session, avec Gibus de Soultrait, les deux surfeurs décident il y a quelques années de créer l’association Culture Surf pour propager l’histoire du sport à qui veut l’entendre. Reconnus comme prêcheurs de bonne parole, Julien Roulland et Gibus de Soultrait se voient alors proposer la gestion de la Maison du surf, par la municipalité. C’est ainsi que, depuis près de six ans, Julien Roulland accompagne et échange avec les habitués de la Côte des Basques, les vieux de la vieille, les touristes d’une semaine ou les enfants de passage. Au-delà du « simple musée », Julien Roulland souhaite que la Maison du surf soit un endroit de partage où chacun peut « vraiment trouver le sens « d’apprendre le surf » ». Alors à travers une « culture moderne et dynamique », le local accueille de nombreux événements et rencontres : des ateliers créatifs ou pédagogiques, « notamment avec Surfrider ou la Water Family », des conférences, des concerts, des projections de films ou encore des expositions d’art.

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Biarritz, capitale mondiale et art de vivre

Le surf a changé complètement l'image de la ville considéré comme bourgeoise. Cet art de vivre a réveillé la belle endormie. Baladez-vous dans Biarritz et ouvrez les yeux… Il n’est pas rare, quelle que soit l’heure de la journée, de voir de drôles de passants dans les rues. Vêtus de leur combinaison et avec leur planche sous le bras, ils profitent d’une pause dans leur planning pour une session surf. Cette histoire du surf à Biarritz est un héritage précieux dont nous devons être fiers puisqu’elle a contribué à la notoriété de la destination en montrant une autre de ses facettes. Le surf devient alors une activité sportive et de loisirs, ouverte à tous et la compétition se développe sur Biarritz et toute la Côte basque. La Grande Plage située en plein centre-ville de Biarritz offre une expérience de surf urbain exceptionnelle. Les vagues y sont particulièrement bonnes et faciles à surfer. Ce spot de surf est réputé pour accueillir de nombreuses compétitions. C'est le spot de surf emblématique de Biarritz qui offre un cadre idéal pour surfer avec une belle vue sur les montagnes. Le spot de la Côte des Basques est accessible à tous les niveaux. Ce spot situé au sud de Biarritz dans le prolongement de la Côte des Basques est très apprécié par les locaux. Le Miramar est un lieu incontournable du surf à Biarritz. La plage de la Milady, une des plus belles plages de Biarritz, est un spot de surf incontournable de la côte basque. De par son exposition, la Milady prend relativement bien la houle, ce qui permet d'avoir toujours des vagues à surfer. À la fin des années 70 et tout au long des années 80, une bande de jeunes surfeurs de la Grande Plage de Biarritz dominait le surf français. Sur les vagues, ils sortaient du lot et étaient quasiment imbattables en compétitions. Outre les titres et les trophées, la bande de La Grande excellait aussi dans la fête, les abus et les frasques. Dans les années 1990, l’histoire du surf à Biarritz franchit un nouveau cap. La ville accueille des prestigieuses compétitions de surf professionnel, à l’instar du Quicksilver Maïder Arosteguy puis le Roxy Jam. En 2017, Biarritz se voit de nouveau mise à l’honneur. Elle accueille pour la deuxième fois les championnats du monde de surf à l’occasion des 60 ans de la pratique en France. Durant plus d’une semaine, les ISA World Surfing Games transforment la perle balnéaire en véritable sanctuaire dédié au sport de glisse.

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