La navigation à voile, qu'elle soit une immersion dans un passé maritime glorieux ou une quête contemporaine d'évasion respectueuse de l'environnement, continue de captiver les cœurs. Les voiliers, qu'ils soient d'imposants navires traditionnels ou des catamarans modernes, incarnent une philosophie du voyage où le vent dicte le rythme et la mer offre ses merveilles. Ces embarcations ne sont pas de simples moyens de transport ; elles sont des passerelles vers des expériences uniques, des gardiennes d'histoires et des symboles d'une aventure qui perdure à travers les siècles.
Le Patrimoine Flottant : L'Épopée du Voilier Traditionnel "Belle Amie"
L'histoire du "Belle Amie" est une véritable saga maritime, celle d'un navire qui a traversé les époques, s'adaptant aux besoins changeants de la mer tout en conservant son âme originelle. Ce voilier traditionnel, un colosse d'acier de 200 tonnes, n'est pas seulement un bateau ; il est un monument flottant, témoin d'un siècle d'activités maritimes et porteur d'une passion inébranlable pour la voile.
Un Colosse d'Acier avec une Âme et une Vitesse Surprenante
Malgré sa taille imposante, le "Belle Amie" est un bateau rapide. Même par une accalmie de plomb, où il se faufile à 0,5 nœud dans la baie de Gelting, l'équipage reste optimiste. Dès le moindre souffle de vent, l'eau commence à gargouiller timidement à la proue, signalant que ce géant d'acier sous pleine voile veut réellement démarrer. Jörg Charles, le skipper, l'affirme avec un sourire en coin : "Belle Amie est un bateau rapide." Les jours où le vent se lève, il peut atteindre des vitesses impressionnantes. Le skipper Jörg Charles s'est même réjoui de pouvoir naviguer sur le plus rapide des voiliers encore en service, révélant que "10,5 nœuds, c'est possible."
À bord, l'ambiance est toujours excellente, même lorsque le vent fait défaut. Les trois équipiers Raimund, Simon et Jorma, accompagnés de stagiaires visiblement motivés, déploient avec énergie les sept voiles : les voiles d'avant, le foc et le foc, la grand-voile et le besan, ainsi qu'une voile d'artimon au-dessus de chacune d'elles. Si les dieux du vent ne récompensent pas toujours leurs efforts immédiats, cela n'entame en rien la bonne humeur manifeste du groupe de jeunes adultes. Un vaste buffet est dressé sur le pont pour le déjeuner, puis les participants chantent ensemble et grattent leurs guitares, créant une atmosphère somptueuse qui rend chaque traversée mémorable.
Des Origines Uniques : Du "Wilhelmina Klein" au "Maria Catharina"
L'histoire de ce remarquable voilier commence il y a plus d'un siècle, en 1915. Le voilier traditionnel est alors construit sur le chantier naval des frères van der Windt à Vlaardingen, aux Pays-Bas, et mis à l'eau le 30 juillet sous le nom de "Wilhelmina Klein", portant la marque de pêche IJM 240. La décision de construire un enregistreur à voile pour la pêche au filet dérivant en mer du Nord à cette époque est considérée comme inhabituelle, voire "une grande chance" selon Jörg Charles. En effet, des enregistreurs à moteur étaient déjà couramment utilisés pour la pêche au hareng, et la Première Guerre mondiale, débutée en 1914, avait largement paralysé la pêche en mer du Nord, avec plusieurs loggers battant pavillon allemand coulés par les Britanniques.
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Ces circonstances confèrent au "Wilhelmina Klein" un statut particulier dès sa naissance. En février 1917, le navire est vendu à Katwijk aan Zee et rebaptisé "Maria Catharina" (KW 70). Sous ce nouveau nom, le voilier de tradition appartient, à partir de 1927 et pour une courte période, à Heinrich Wilhelm Ritscher de Hambourg-Moorburg. C'est sous sa propriété que le navire subit une transformation significative avec l'installation de sa première machine, un moteur de 50 chevaux, marquant une transition partielle vers la propulsion mécanique.
Une Vie de Cargaison et de Transformations : Le "Helga" et le "Prins Axel"
L'année 1927 marque une nouvelle étape importante dans la vie du navire, lorsque le capitaine Johan Hilding Mattson de Suède l'acquiert. Il est alors rebaptisé "Helga", en hommage à la femme du capitaine, et établit son nouveau port d'attache à Hovenäset. Sous le pavillon suédois, le navire connaîtra des décennies de service. En 1934, le voilier traditionnel intègre la "flotte Prinsen" d'Arthur Emilius Henriksson à Göteborg. Il adopte alors le nom de "Prins Axel". Désormais configuré en Gaffelketsch, il se consacre au transport de marchandises et au commerce, bénéficiant d'une amélioration notable de sa puissance motrice avec un moteur de 79 CV. Jusqu'en 1968, le "Prins Axel", aux côtés d'autres navires comme le "Prins Knut" et le "Prins Carl", assure le transport de fret depuis Göteborg, longeant la côte est suédoise et ralliant les ports danois, illustrant une période d'activité commerciale intense et vitale pour les échanges régionaux.
La Naissance de "Belle Amie" et une Nouvelle Vocation
L'année 1968 marque un tournant décisif. Les nouveaux propriétaires, Sören Petterson et Harald Johansson, choisissent de baptiser le voilier traditionnel "Belle Amie". Après une période de transformation et d'adaptation, ils l'orientent vers une nouvelle mission : celle des croisières avec passagers, ouvrant ainsi une nouvelle page dans son histoire, axée sur le partage et le voyage de plaisance. En 1974, la commune de Danderyd, située près de Stockholm, reconnaît la valeur éducative et récréative du "Belle Amie" et l'acquiert pour l'utiliser comme navire d'entraînement à la voile. Il est alors mis au service d'une école maritime et d'une école privée, contribuant à la formation de jeunes marins et à l'initiation de nombreux élèves aux joies et aux techniques de la navigation.
L'Aventure des Charles : L'Acquisition et les Premiers Défis
Lorsque le "Belle Amie" est mis en vente, le couple Charles, Jörg et Mareike, saute sur l'occasion, animés par une passion profonde pour les loggers. Jörg Charles, nautonier professionnel et titulaire d'un brevet de capitaine pour les grands voyages, est depuis longtemps "amoureux des loggers", comme il le dit lui-même. En 2019, ils apprennent qu'un logger est à vendre en Suède. Le couple se glisse alors dans le bateau pendant trois jours, une immersion qui confirme leur décision. En avril 2019, Jörg et Mareike Charles concrétisent l'achat du "Belle Amie". Ils obtiennent un certificat de sécurité maritime délivré par la BG Verkehr pour leur voilier traditionnel battant pavillon allemand, et l'autorisation de naviguer en tant que navire de passagers et de marchandises, déjà en vigueur en Suède, est maintenue.
Il est intéressant de noter qu'au moment de l'achat, les Charles possèdent déjà un autre bateau. Depuis 2016, ils sont propriétaires de l'"Anny von Glückstadt", un bateau qui appartenait auparavant à un ami danois. Jörg Charles avait souvent navigué sur l'Anny depuis 2008, effectuant notamment plusieurs traversées de l'Atlantique. L'acquisition de ce navire, initialement le "Fiddlers Green", et son changement de nom en "Anny von Glückstadt" l'avaient transformé, non pas en un bateau traditionnel allemand, mais en un petit navire de commerce. En 2019, l'"Anny" est vendu en Angleterre comme navire de marchandises. Les réservations existantes des stagiaires sont alors transférées sans hésitation sur le voilier traditionnel "Belle Amie", marquant le début d'une nouvelle ère. La première saison pour l'association d'exploitants Erlebe Meer débute avec la Semaine de Kiel, déjà bien réservée.
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L'Épreuve de la Pandémie et la Résilience d'un Rêve
Les croisières pour les invités à la Hanse Sail se déroulent également très bien, illustrant un succès immédiat. "Nous sommes arrivés de nulle part avec un bateau inconnu en Allemagne et avons tout de suite affiché complet", se souvient le capitaine. Les croisières de 2020 sont également complètes, ce qui encourage le couple. Stimulé par ce début prometteur, un investissement significatif est réalisé pendant l'hiver 2019/2020. Le gréement est entièrement revu, le bateau reçoit deux nouveaux mâts en bois massif de douglas, tout l'accastillage est renouvelé, ainsi qu'environ 80 % du matériel courant et dormant. Le couple de propriétaires investit près de 40 000 euros dans ce projet ambitieux, préparant le voilier traditionnel à de nouvelles croisières.
Cependant, dès le début de la saison 2020, la pandémie de Corona frappe de plein fouet, stoppant net toutes les activités. La saison ne commence qu'à la mi-juillet et dure à peine six semaines. Les quelques croisières qui peuvent avoir lieu se font avec un taux d'occupation absolument minimal, passant de complet à à peine 15 %. "Cela a failli être un coup fatal pour notre petite association d'exploitants", déplore Jörg Charles. La pandémie transforme la propriété du "Belle Amie" en un exercice de corde raide pour le couple Charles, car le moment où l'association Erlebe Meer a commencé à exploiter le voilier traditionnel n'aurait guère pu être plus défavorable.
Face à cette situation critique, la détermination du couple ne faiblit pas. Jörg Charles, qui gagne de l'argent en hiver en tant que capitaine dans la navigation côtière en Europe du Nord, cherche des solutions. Pour pouvoir couvrir au moins à moitié les frais courants du bateau, les membres bénévoles de l'association se mobilisent, fabriquant et vendant des T-shirts "Belle Amie". Malgré ces efforts, l'association Erlebe Meer s'essouffle financièrement en 2020. Jörg Charles conserve son sens de l'humour, même si le calme persiste et que la situation financière est tendue, lançant par-dessus le pont : "Nous avons enregistré le premier mille nautique pour aujourd'hui." Ces deux éléments ne diminuent en rien l'enthousiasme pour le "Belle Amie".
La saison 2021 reste sous l'influence persistante de la crise sanitaire et s'avère catastrophique. Jörg Charles explique à la barre du "Belle Amie" qu'il y avait encore beaucoup d'incertitudes sur l'avenir. Des croisières vers les Canaries étaient prévues pour l'automne 2021, mais personne n'osait les réserver. "Il était très difficile de trouver de nouvelles personnes pour des voyages en voilier." Seules quelques croisières en groupe sont organisées, comme les croisières-séminaires de "KlimaSail", où l'Église du Nord combine des contenus de séminaires sur le changement climatique avec la voile. Ces expériences, bien que limitées, montrent la capacité du navire à s'adapter et à servir de plateforme pour des initiatives significatives.
Un Bateau Fidèle à son Histoire et Tourné vers l'Avenir
Malgré les épreuves, le "Belle Amie" reste un navire exceptionnel par sa fidélité à ses origines. Avec sa coque de 27 mètres de long, il fait partie des plus grands voiliers en acier. Ce qui est exceptionnel, c'est que sa coque est restée d'origine jusqu'à aujourd'hui, c'est-à-dire qu'elle n'a été ni rallongée ni raccourcie. Son apparence actuelle est également très proche de celle des harengsloggers que l'on peut voir sur une photo de 1917. La bôme du foc monte légèrement. La grand-voile est actuellement encore utilisée avec la bôme, mais à moyen terme, elle devrait à nouveau être utilisée sans, comme c'était l'usage sur les harengsloggers. Le couple Charles s'appuie sur une riche documentation : "Nous avons beaucoup de vieilles photographies qui montrent comment cela était résolu ici à bord." La grand-voile sans bôme permettait d'avoir plus de surface de travail sur le pont lorsque les filets étaient remontés, rappelant l'intense passé de pêche au hareng du "Belle Amie".
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La pêche au filet dérivant avec des loggers était un travail extrêmement fatigant, même après l'ère des voiliers. En 1969, la société de pêche au hareng de Glückstadt, qui existait depuis le plus longtemps en Allemagne, a mis fin à cette activité en mer. Il devenait de plus en plus difficile de trouver des membres d'équipage pour les conditions de travail extrêmes sur ces grumiers. De plus, les stocks de harengs de la mer du Nord étaient déjà en net recul à l'époque. 50 ans plus tard, le "Belle Amie", ancien voilier de pêche au hareng, est de retour dans la ville natale de Jörg et Mareike Charles. Le voilier traditionnel est désormais officiellement l'ambassadeur de la ville de Glückstadt et reste dans son port d'attache pendant les mois d'hiver. Cependant, le port-musée de Flensburg, dont l'association d'exploitants est membre depuis de nombreuses années, doit rester la base des croisières estivales en mer Baltique.
À moyen terme, la famille Charles envisage également de transporter en Europe des marchandises qui auraient traversé l'Atlantique à la voile par d'autres bateaux, en utilisant la force du vent à bon escient, comme cela a été fait pendant des siècles. Le "Belle Amie" est prêt à montrer qu'il est un classique vraiment rapide, capable de courir à une bonne hauteur de croisière, pour des navigations qui allient tradition et perspectives d'avenir.
La Vie à Bord : Confort, Sécurité et Partage
À bord du "Belle Amie", rien ne manque. En descendant l'escalier de la descente au milieu du bateau, on arrive dans l'ancienne salle de pêche du logger, désormais transformée en un salon spacieux pouvant accueillir 25 personnes. À côté, la cuisine est équipée pour répondre aux standards gastronomiques, avec une cuisinière à gaz à cinq feux, un double évier, un réfrigérateur, un congélateur journalier, un lave-vaisselle et une machine à expresso professionnelle. Dans l'ensemble, le bateau est entièrement équipé, reflétant le professionnalisme de ses exploitants. Jörg Charles, le skipper de 51 ans, souligne que l'équipage est composé de "nautoniers professionnels".
Cette professionnalisation se manifeste par des équipements de sécurité et des infrastructures de haut niveau. Le "Belle Amie" est divisé en quatre sections étanches, et l'équipement de sécurité complet répond aux exigences de la zone de navigation A, bien que le navire ne navigue actuellement que dans la zone B. L'équipement radio, par exemple, est conçu pour une navigation mondiale. Bien entendu, un journal de bord est tenu et chaque chose est à sa place sur l'établi de la salle des machines. "Je suis marin, tout doit être bien rangé", insiste Jörg Charles, incarnant la rigueur et l'ordre essentiels à la sécurité en mer.
Pour les croisières de plusieurs jours, l'hébergement est prévu dans des chambres à deux, quatre, six ou huit places, adaptées aux groupes, classes ou voyageurs individuels. Il y a deux toilettes à bord ainsi qu'une salle de bain avec douche et machine à laver, assurant un confort appréciable en mer. Le navigateur professionnel navigue volontairement sur le "Belle Amie" avec plus de membres d'équipage que nécessaire. Actuellement, trois matelots de pont sont à bord, guidant les stagiaires dans les manœuvres de navigation, enseignant les nœuds et montrant le gréement. Parmi eux se trouve leur fils Jorma, 19 ans, qui, après son baccalauréat, a choisi d'entreprendre une formation de mécanicien naval pour apprendre la navigation à la base. Mareike, 49 ans, pédagogue de formation, est la "bonne âme à bord", responsable de l'organisation. Elle a d'ailleurs récemment passé son brevet nautique pour la navigation côtière, démontrant l'engagement de toute la famille dans cette aventure maritime.
Redécouvrir la Navigation et l'Espoir du Retour à la Normale
Avec l'amélioration de la situation sanitaire et la diminution progressive des restrictions, le "Belle Amie" espère à nouveau accueillir plus de visiteurs. Jörg Charles explique qu'il y a trois ans, il était possible de loger "quatre personnes ensemble dans une cabine lors de croisières à réservation individuelle". Cependant, les demandes de chambres individuelles sont devenues de plus en plus fréquentes, ce qui n'est évidemment pas la configuration du "Belle Amie". Néanmoins, pour les croisières d'une journée vers les grandes fêtes portuaires ou les événements d'entreprise à bord, la question de l'hébergement individuel n'a aucune importance.
Les jours suivants de la croisière en groupe apportent du vent, permettant au voilier traditionnel "Belle Amie" de montrer qu'il est un classique véritablement rapide, capable de courir à une bonne hauteur de croisière. L'enthousiasme du skipper Jörg Charles est palpable. Grâce à l'envie inchangée de voyager et de naviguer, tous les voyants sont à nouveau au vert pour le voilier traditionnel en 2023. Le souhait est que la situation revienne rapidement à la normale. "Nous espérons vraiment que les gens s'intéresseront à nouveau aux voyages en voilier - et que la confiance reviendra aussi", exprime Jörg Charles, symbolisant l'espoir d'une reprise pleine et entière pour les expériences de navigation.
Naviguer vers Belle-Île : Une Expérience Écologique et Enchantée
Au-delà des grands voiliers traditionnels, la passion pour la voile se manifeste également dans des initiatives plus contemporaines, axées sur l'écologie et l'expérience sensorielle. Les liaisons maritimes vers les îles bretonnes, notamment, adoptent de plus en plus des modes de transport respectueux de l'environnement, offrant aux voyageurs une immersion unique dès la traversée.
Le Charme des Traverses Maritimes en Bretagne : Une Approche Écologique
En Bretagne, les bateaux à voile pour relier les îles au continent représentent un mode de transport écologique qui a le vent en poupe. Cette tendance répond à une prise de conscience environnementale croissante et offre aux passagers une manière plus douce et plus respectueuse de découvrir les beautés insulaires. Il en existe des exemples entre Concarneau et les Glénan, et entre Lorient et Groix. C'est dans cet esprit que la compagnie Îliens propose depuis 2021 une liaison entre Quiberon et Belle-Île-en-Mer, enrichie par le lancement d'une deuxième ligne le 4 avril. Ce mode de transport respectueux de l'environnement attire de plus en plus de touristes, séduits par l'idée de voyager en harmonie avec la nature.
"Îliens" et le Catamaran "Isabelle" : Une Alternative Verte
Depuis le 4 avril, la compagnie Îliens a renforcé son offre pour rallier Belle-Île-en-Mer depuis Quiberon avec une deuxième navette en catamaran. Désormais, en plus de Sauzon, ils desservent Le Palais avec ce nouveau catamaran, baptisé "Isabelle" en l'honneur de sa marraine, Isabelle Autissier. Loin de l'affluence des ferries traditionnels, ce marché représente encore une niche, mais le nombre de passagers est en constante augmentation. De 14 000 en 2021, il est passé à 25 000 en 2025. Avec l'ajout de ce deuxième voilier, la compagnie espère atteindre la barre des 35 000 passagers par an, témoignant du succès grandissant de cette approche durable. Le nouveau catamaran, loué par la compagnie, a une capacité d'accueil de 80 passagers.
Une Expérience Sensorielle : Le Calme, les Vagues et le Vent
À bord du catamaran, l'expérience est décrite comme "magique" par les passagers. Suzue adore participer et hisser la grand-voile. "C'est génial", s'exclame-t-elle, soulignant le contraste : "Par rapport à un bateau à moteur, on n'a ni le bruit, ni les odeurs. C'est le calme absolu. On a l'impression d'être vraiment au milieu de la mer. Ça change tout, j'adore." Laurence, pour sa part, choisit de s'installer à la meilleure place, assise sur les filets à l'avant du catamaran. Elle sourit et décrit son ressenti : "C'est magique. Il y a la mer, le bruit des vagues et des voiles avec le vent. On se sent au milieu des éléments. Je ne suis pas pressée d'arriver. J'aimerais qu'on fasse tout le tour de l'île, ça durerait plus longtemps." Ces témoignages illustrent l'impact profond d'une navigation où les sens sont pleinement sollicités, offrant une connexion intime avec l'environnement marin. C'est une bonne nouvelle aussi pour Mickaël, qui pensait avoir réservé des billets sur le ferry pour Belle-Île, et qui se retrouve agréablement surpris sur un catamaran. "C'est génial, on ne s'attendait pas à ça", dit-il, ajoutant que "en plus de ça, on a les explications du capitaine", ce qui enrichit d'autant plus l'expérience.
L'Esprit Pionnier de "Îliens" et son Impact
Le capitaine, Léon Passuelo, est l'un des créateurs de cette compagnie. Il reconnaît que l'idée d'acheter le premier bateau en 2021 était "une idée un peu folle" et qu'il y avait encore beaucoup d'inconnues. Il souligne la différence fondamentale avec les ferries traditionnels : "Les ferries, eux, traversent toute l'année. Ils rendent un vrai service pour les insulaires. Nous, on ne fonctionne que d'avril à octobre, et on amène des touristes qui réfléchissent à l'impact environnemental pour l'île." Cette distinction met en évidence la mission spécifique d'Îliens : offrir une alternative pour un tourisme plus conscient. Bien que la traversée avec la compagnie Îliens dure un peu plus longtemps (1h15 à 1h30, contre 50 minutes avec le ferry), elle permet de profiter de la nature tout en la respectant, offrant ainsi une expérience de voyage qui va au-delà de la simple destination.
L'Art de la Voile et les Plaisirs de l'Exploration Marine
Au-delà des spécificités techniques et des contextes commerciaux, la navigation à voile est avant tout une affaire de sensations, de partage et de découverte. Qu'il s'agisse d'une journée en mer, d'une initiation aux manœuvres ou de la transmission d'une passion, le voilier est un vecteur d'expériences humaines inoubliables.
Une Journée Mémorable en Mer : De Palais à Houat
Une journée de bateau mémorable commence souvent par une organisation sans faille, un skipper expérimenté et un bateau accueillant. Notre journée nous a conduits de Palais à Houat, en tirant de bords le matin, contre le vent. Les sensations de glisse sur l'eau étaient belles, accompagnées de quelques éclaboussures rafraîchissantes à bord d'un bateau rassurant. La pause à Houat a permis de découvrir un petit havre de tranquillité et de profiter d'une baignade, certes fraîche, pour rejoindre le bateau. Ces moments en mer sont ceux qui se gravent dans les souvenirs, offrant une parenthèse enchantée loin du tumulte quotidien.
Le Skipper, Pédagogue et Passionné
Le rôle du skipper est central dans toute expérience de navigation. Vincent, avec une approche très pédagogique et calme, a su initier les participants à la vie à bord, aux manœuvres, aux techniques et outils de voile, ainsi qu'aux précautions à prendre. Il a partagé les plaisirs d'être en mer et a su communiquer l'envie de prendre le large en racontant ses voyages. Ce navigateur humble et accessible aime partager sa passion, prend soin de son bateau et inspire ses passagers à envisager de nouvelles aventures maritimes. Sa capacité à transformer une sortie en mer en une leçon de vie et de navigation est un atout précieux, créant des liens et des souvenirs durables.
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