L'architecture en forme de voile, audacieuse et souvent associée au luxe, s'est imposée comme un symbole de modernité et d'innovation dans le paysage urbain mondial. Des hôtels de luxe aux centres sportifs, cette forme distinctive inspire les architectes et fascine le public. Cet article explore quelques exemples marquants de cette tendance architecturale, en mettant en lumière leur conception, leur impact et les controverses qu'ils peuvent susciter.
Burj Al Arab : Un symbole de Dubaï
Autoproclamé hôtel 7 étoiles, le Burj Al Arab Jumeirah est sans doute l'exemple le plus emblématique de l'architecture en forme de voile. Situé à Dubaï, il est devenu un symbole de la ville dans le monde entier. Édifié sur une petite île à quelques encablures des plages de Jumeirah, cet hôtel de luxe dresse fièrement son mât de 321 mètres sur la côte.
Genèse du projet
Au début des années 1990, Dubaï, débordant d'ambition et de capitaux, nourrissait de grands rêves de gloire. Le projet de Tom Wright, du cabinet WKK Architects, fut retenu pour incarner cette ambition. Une fois la forme en voile décidée, plusieurs consortiums d'entrepreneurs se sont attelés à la tâche pour réaliser cet ensemble hors du commun.
Construction et caractéristiques
La construction, initiée en 1994, a duré cinq ans. Le Burj Al Arab a été inauguré en décembre 1999, juste à temps pour les festivités de l'an 2000. Ce chantier colossal a nécessité 70 000 mètres cubes de béton et 9 000 tonnes d'acier. Son mât culmine à 321 mètres de haut, et l'étage le plus élevé se situe à 197 mètres. Les 53 étages et les 3 sous-sols sont desservis par 18 ascenseurs et monte-charges, donnant accès à 202 chambres et suites, ainsi qu'aux espaces communs.
Une grande partie du volume intérieur est constituée de vide : c'est l'Atrium, qui accueille entre autres la réception de l'hôtel, avec une hauteur sous plafond de 180 mètres. Le mur extérieur de l'atrium faisant face à la plage représente un défi technique, fait de tissus isolants en fibre de verre recouvert d'une couche de Téflon pour les protéger de l'usure due aux vents des sables du désert. C'est la première fois au monde que cette technologie avait été utilisée à la verticale dans tout le bâtiment.
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Luxe et prestations
Si l'architecture extérieure est résolument futuriste, les aménagements intérieurs des suites et des parties communes sont plus classiques, avec un style baroque. Les prix des chambres commencent à 1000€ la nuit en basse saison, mais le prix moyen se situe plutôt aux alentours de 1300€. L'établissement propose 4 piscines, dont deux intérieures. Les clients du Burj Al Arab ont un accès gratuit au parc d'attraction Wild Wadi, situé juste à l'entrée de l'hôtel sur la côte.
Le Burj Al Arab est une construction exceptionnelle pour ses prouesses techniques et architecturales. Seul hôtel au monde à s'auto-proclamer 7 étoiles, le palace joue sur les codes bling-bling à outrance dans ses intérieurs.
Accès
L'accès au Burj Al Arab se fait à partir du quartier Jumeirah 3, et l'entrée se situe au niveau du parc d'attraction Wild Wadi. Pour s'y rendre, il est possible de prendre le métro puis le bus ou le tram. Les stations de bus les plus proches sont Burj Al Arab Hotel 2 ou Wild Wadi 1.
Hôtel W de Barcelone : Un point de repère controversé
L’ Hôtel W est un point de repère dans la ligne d’horizon barcelonaise. Il marque symboliquement le début (ou la fin) des plages de la capitale catalane.
Contexte et conception
Pour incarner le futur et la modernité, c’est l’architecte Ricardo Bofill qui a été choisi. Au début de la construction, en 2006, nous sommes dans le contexte d’une grande réforme du port de Barcelone, où l’on souhaite séparer les différents usages de cet immense espace : industriel, loisirs, résidentiel etc. L’édifice a été inauguré en 2009 sur la plaça de la Rosa dels Vents, à deux pas de la mer, au bout d’une digue du port qui vient en prolongation du quartier voisin de la Barceloneta.
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Caractéristiques
Avec ses 26 étages et ses 473 chambres et suites, l’hôtel s’élève à une hauteur qu’il est presque impossible de savoir. Suivant les sites et les ouvrages que l’on consulte, on trouve des dimensions qui vont de 87m, 99m, 105m à 110m de haut.
Polémiques
Même si aujourd’hui l’ hôtel W est plutôt bien accepté dans le paysage barcelonais, ça n’était pas vraiment le cas au moment de sa construction. Tout d’abord, en termes de paysage, l’hôtel est un nouvel édifice qui coupe l’horizon barcelonais. Après la construction du Fórum et de l’hôtel Arts sur le port olympique, les habitants voient d’un mauvais œil ce projet qui vient cacher / gâcher la perspective du bord de mer.
Ensuite, sans doute la plus grosse polémique est venue du fait que la construction de cet hôtel enfreint deux lois. La première : la loi qui régit la construction sur le territoire du port de Barcelone interdit l’édification de bâtiments sur des terrains gagnés sur la mer, sauf s’ils sont liés à l’activité portuaire. La seconde : la loi de Protection du Littoral interdit toute construction à moins de 100 m du trait de côte. L’ hôtel W a littéralement les pieds dans l’eau.
Une autre polémique est née du fait que les terrains qui ont été choisis pour la construction de l’hôtel étaient publics, mais l’attribution du projet, elle, s’est fait de manière privée. Enfin, les écologistes et les usagers de la mer ont eux aussi fait entendre leur mécontentement en avançant l’argument que la construction de cet hôtel, ajoutée à celle du Port Olympique, du Fórum et des autres aménagements, allait modifier la dynamique littorale. Avec ces nouveaux obstacles dans l’eau, les courants marins vont évoluer et avec eux, le flux des sédiments, si précieux pour maintenir l’existence des plages.
Marina Baie des Anges : Une vague de béton controversée
La construction de Marina Baie des Anges a été lancée par le groupe CICA sous la direction de Jean Marchand en 1968 et s’étale sur 25 ans. Dans les années 1970, le complexe accueille une population privilégiée qui forme le club discret et exclusif des « mariniens », comme passagers de la même croisière. La popularisation et la facilitation d'accès aux vacances d'été ainsi que la politique d'aménagement du territoire dans la France des années 1960 amènent un développement économique d’envergure sur la Côte d’Azur.
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Controverses
Aussi, son envergure mène à une polémique. En effet, son gigantisme lui donne un aspect de barrière visuelle en bord de mer et gène de nombreux riverains. Ce projet est une œuvre au design disruptif, évoquant d'immenses vagues blanches. Aujourd’hui le complexe ne fait toujours pas l’unanimité et présente ses adeptes comme ses détracteurs.
Design et influence
Cet ensemble immobilier marque le littoral azuréen de son architecture originale, un projet titanesque porté avec conviction par son promoteur et son architecte. Le design du bâtiment fait référence à celui du Musée Guggenheim de New York, pensé par F. L. Si ici l'esthétique prime, on retient surtout la beauté surprenante du port caché au sein de cet écrin blanc, ainsi que les balcons qui se décrochent à chaque fin d’étage et permettent des terrasses privées aux vues à couper le souffle. André Minangoy façonne la Côte d'Azur à son image avec notamment le domaine de Pierre-Longue à Cannes et Le Vista Palace à Roquebrune Cap Martin dont les balcons laissent déjà penser à ceux de Marina Baie des Anges par leur structure. Si les avis divergent autour de l’originalité architecturale du complexe immobilier pour son époque, la fin du XXème reconnaîtra son génie.
Aujourd’hui, la marina fait l’objet d’un projet d’envergure sur les 30 prochaines années dans le but de moderniser ses aménagements et lui amener un standing encore plus élevé.
Le Galilée : Un voile de béton pour des bureaux innovants
Dans la Zac Andromède près de Toulouse, un nouvel ensemble de bureaux vient de faire son apparition. Baptisé Le Galilée, il se distingue par ses formes et son audace architecturale : deux immeubles accompagnés d'une vague en béton mais surtout une parure de brise-soleil.
Conception et particularités
Implanté au cœur de l'éco quartier Andromède, en cours d'aménagement, le programme de bureaux, Le Galilée, fait partie des tout premiers sortis de terre. Imaginé par l'agence d'architectes Studio Bellecour, il se distingue par sa singularité et ses lignes épurées et se répartit en deux immeubles parallèles reliés par une hélice en béton blanc. Ce voile, qui forme un lien entre chaque bâtiment, est élaboré sur le modèle des ouvrages type «ponts» et représente un élément essentiel du programme. De plus, ce ruban flottant dans les airs ne manque pas de rappeler le contexte aéronautique du site puisqu'à proximité se trouve la Zac Aéroconstellation, où est installée l'usine d'Airbus.
Outre cette particularité, Le Galilée doit également son unité à son apparence et, plus particulièrement, à ses façades toutes parées de brise-soleil. Ces derniers ont nécessité une réflexion sur leur mise en œuvre car «la présence de nombreuses baies, l'utilisation de l'isolation par l'extérieur et la volonté de faire disparaître la structure porteuse dans l'isolant ont demandé beaucoup de réglages pour s'adapter à toutes les situation».
Performance environnementale
En outre, la démarche environnementale est aussi portée par les toitures végétalisées, qui complètent l'inertie du bâtiment, les vitres bien isolées et les parkings enterrés bénéficiant de la lumière naturelle. Au final, Le Galilée devrait faire partie de ces bâtiments performants dont les consommations d'électricité sont inférieures de 20% aux normes de réglementation RT 2005 à laquelle doit répondre la structure. Enfin, dernier élément «vert» : un galet de béton blanc a été réalisé au centre du programme pour déposer des vélos.
Halle multisports de Saclay : Des volutes de béton bioclimatiques
Sur le campus de Saclay, la nouvelle halle multisports dévoile de monumentales volutes de béton. Inspirées des arcades méridionales, ces voiles vrillées jouent un rôle de régulateur thermique.
Conception bioclimatique
Fin 2020, une halle multisports a été livrée, dont le projet a été initié par l’école Polytechnique. Insérée au cœur d’un quartier très urbanisé, la halle a été envisagée comme un pôle d’animation sur un axe de circulation douce amené à prendre de l’importance. Ce bâtiment a la particularité d’être « bioclimatique ». Le cahier des charges préconisait, entre autres, de réduire les consommations d’énergie et d’eau, de proscrire l’utilisation de climatisation et de favoriser la ventilation et l’éclairage naturels. Il fallait aussi proposer des espaces intérieurs confortables aux plans thermique et acoustique, et privilégier l’utilisation de matériaux recyclables.
Très vite, le principe d’une galerie ombragée en façade a été retenu, permettant de créer un tampon thermique bloquant les rayons du soleil en été et les laissant diffuser en hiver. Ces voiles de galerie ont été réalisées en béton. Le choix des agrégats a permis d’obtenir des voiles très blanches, permettant de refléter les rayonnements solaires les plus violents de l’été. En plus de contribuer à l’esthétique du bâtiment, cette enveloppe extérieure a une vraie fonction de régulateur thermique, assurant un jeu d’ombres et de lumière sous la galerie.
Centre de voile : Des voiles sur le lac
Dans le cadre de l'opération du lac, le centre de voile est le premier équipement de loisir implanté sur les rives du lac sud. Le bâtiment principal est en rez-de-chaussée qui couvre de nombreux besoins : un logement, des locaux administratifs, des douches et vestiaires, un garage à bateaux et des remises. Le toit terrasse est accessible par une rampe droite extérieure et permet au public d'assister aux séances de voile sur le lac.
En 1979-1980, un hangar à voiles est ajouté à l'ensemble et dessiné par l'architecte en chef du lac Xavier Arsène-Henry. L'agence des architectes bordelais Jean-Claude Moreau et Patrick Mawxell est lauréate du concours pour le centre de voile, à la fin de l'année 1967. En 1969, ils présentent un projet audacieux composé de deux bâtiments en forme de voile ou de coquillage recouvrant un bassin pour les embarcations (des voiles sur les voiles !).
Malgré l'architecture ambitieuse, la hauteur atteint près de 20 mètres sur quatre niveaux, dimensions grandioses auxquelles s'oppose la vision de l'architecte en chef Arsène-Henry. Ce dernier souhaite une discrétion des infrastructures dans le paysage à l'image du Palais des Congrès. En effet, s'ajoute à cela l'ambiance végétale quasi inexistante, un désert qui attend la pousse rapide des pins maritimes.
La Maison Bulle de Minzier : Une architecture organique
The Bubble House of Minzier is an architectural concept dating from the 60s resulting from the collaboration between the architects Claude Costy and Pascal Häusermann. This architecture seeks harmony between the habitat and the “natural” world around it. This conceptual approach to listening to the site, the architect applies it to the construction of the building and its furniture. It makes it a unified composition and intimately linked to its environment.
Conception et technique
Architects Pascal Häusermann and Claude Costy are the first in Europe to use a “lost formwork” integrated into the hull for a dwelling. This is a “chicken wire” wire mesh fastened directly to the reinforcement. It retains the concrete and remains caught in the wall. In this process it is not the formwork that determines the form, but the reinforcement itself. Previously, wooden formworks were used as a guide and support to install the concrete irons. It was a constraint, but it also allowed for easier execution and better regularity.
Minzier is located at 30 Km from Annecy in Haute Savoie. It is the work of the architects Claude Costy and Pascal Häusermann. The house is built on the ruins of an old presbytery of the XVIIth century of which it has preserved the foundations and some walls. The construction site started in 1968. Today the Bubble House of Minzier is the personal residence of Claude Costy.
Philosophie
As a result of the standardization of the current construction which is becoming widespread, many individual proposals - not institutional - have emerged for a different habitat, Different, living, more respectful of man and nature. Yet the draconian rules imposed in France on family dwellings tend to stifle in the bud any innovation and synergy between the chosen site, the architectural and bioclimatic concept, the technical and economic realization, and the life projects of the future inhabitants.
Claude Costy and Pascal Häusermann, both graduates of the Geneva School of Architecture (Switzerland), are starting construction of their own house, a bubble house, in 1968 in Minzier (Haute Savoie). In 1971, they founded the association “Habitat Évolutif” in Douvaine, with Jean-Louis Chanéac and Antti Lovag. The mayor of this commune, Jacques Miguet, a passionate esthete of architecture, offers them a field free of all administrative constraints, so that they can experiment with their urban theories. The project began in 1972 and stopped abruptly in 1977, following a change of municipality.