Aux origines d’un navire mythique
TARA, goélette française destinée à la recherche scientifique, parcourt les océans et les mers du globe depuis sa sortie du chantier en 1989. Dessinée par Luc Bouvet et Olivier Petit, en collaboration avec Michel Franco, cette goélette a été imaginée pour naviguer autour des pôles en dérivant au milieu des glaces. Ex-Antarctica, la goélette Tara a été mise à l’eau en 1989 pour Jean-Louis Étienne et dessinée par Luc Bouvet et Olivier Petit. De 1990 à 1996, elle est menée par Jean-Louis Etienne sous le nom d'Antarctica, avant de devenir Seamaster de 1999 à 2001, sous les ordres de Sir Peter Blake. Tara a été construite en 1989 à l’initiative du scientifique médecin explorateur Jean Louis Etienne, puis reprise par Sir Peter Blake, exceptionnel navigateur anglais pour des missions de défense de l’environnement.
La goélette Tara, conçue en 1989, a été achetée par Agnès b. et son fils Etienne Bourgois en 2003, avant d'être donnée à la fondation qu’ils ont créée ensemble. À l’origine de cette initiative, on retrouve la styliste Agnès Troublé, dite Agnès B, ainsi que son fils Etienne Bourgeois. Lorsqu'ils décident de reprendre le projet, leur objectif est de poursuivre l'œuvre de Sir Peter Blake pour promouvoir la protection de l'Océan. Aujourd’hui, sous leur impulsion, la Fondation Tara Océan, reconnue d’utilité publique, grâce à son expertise scientifique de très haut niveau, sensibilise et éduque le grand public aux enjeux écologiques liés aux océans.
Architecture et résilience technique
Au fil des expéditions, les aménagements et les équipements de Tara ont évolué, mais sa structure est restée la même. Afin de résister aux assauts des glaces, le navire a été conçu avec une robustesse exceptionnelle. C’est à Lorient, son port d’attache depuis 2006, que Tara se pose pour y être entretenue et se repose entre deux missions. A chaque départ et à chaque retour au port de la goélette, les fans sont nombreux à terre comme en mer pour accompagner Tara. Cette structure unique permet au voilier d'être un véritable laboratoire flottant, capable de supporter des conditions extrêmes tout en offrant un espace de travail optimisé pour les chercheurs internationaux.
L’expédition Tara Coral et la préservation des récifs
La goélette Tara s’apprête à reprendre la mer. Ce dimanche 14 décembre, le voilier d’exploration scientifique partira de Lorient pour 18 mois et 30 000 milles de navigation dans l’Ouest du Pacifique. Dans cette zone appelée « Triangle de Corail », les colonies semblent résister mieux qu’ailleurs au changement climatique. L’expédition Tara Coral partira de Lorient, cap sur l’ouest de l’océan Pacifique. La goélette Tara larguera à nouveau les amarres, ce dimanche à Lorient. Cette fois-ci, pas de banquise ni de froid polaire au programme, le voilier d’expédition mettra le cap vers les eaux chaudes d’Asie du Sud-Est.
Dix ans après « Tara Pacific » (2016-2018), dans un contexte d’accroissement du blanchiment corallien, l’expédition « Tara Coral » prolongera ce travail dans une zone qui n’avait pas été étudiée à l’époque, appelée « Triangle de Corail ». « Plus de 40 % des espèces de coraux sont menacées d’extinction, par des menaces à la fois globales (hausse de la température, acidification de l’Océan, augmentation du niveau de la mer) mais aussi locales (pratiques de pêche destructrices et surpêche, développement côtier intensif, pollution terrestre) », rappelle ce même communiqué. Avec 1/3 des récifs coralliens du monde et ¾ des espèces représentées, ce Triangle de Corail est aussi remarquable par sa résistance au changement climatique. Ce qui en fait un sujet d’étude particulièrement précieux pour l’avenir.
Lire aussi: Prix des Voiliers de Luxe
« L’heure n’est plus uniquement à documenter les tendances et le déclin des récifs coralliens, expose Serge Planes, Directeur de recherche CNRS, dans ce même communiqué. L’expédition Tara Coral veut percer le secret des coraux résistants au réchauffement climatique dans le Triangle de Corail. » Pendant 18 mois, la goélette Tara sillonnera donc la zone avec un parcours prévu de 30 000 milles avec 26 escales (Japon, Chine, Taïwan, Philippines, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Malaisie notamment) et 35 jours passés sur chacun des 10 sites de prélèvements.
Engagement scientifique et sensibilisation du public
La nouvelle expédition Tara Europa s’inscrit dans un programme de recherche plus large : TREC (Traversing European Coastlines), mené par le Laboratoire Européen de Biologie Moléculaire (EMBL). Son objectif : étudier l’interface terre-mer, là où la biodiversité côtoie de nombreuses pollutions. La Fondation Tara Océan joue un rôle crucial dans la diffusion des connaissances. « Sensibiliser le grand public. Alors que le rôle des forêts dans la lutte contre le changement climatique est aujourd’hui unanimement reconnu, celui de l’Océan est encore largement méconnu du grand public. L’Océan est pourtant le “Life Support System” de l’humanité. L’Océan est pourtant le cœur de notre système climatique et orchestre une majeure partie de la vie sur Terre. »
Le message que véhicule la Fondation Tara Océan est diffusé partout à travers le monde et doit contribuer à faire que le plus grand nombre se tourne maintenant vers l’Océan pour répondre aux urgences climatiques. Convaincre les décideurs de faire de l’Océan une responsabilité commune. À l’heure des « fake news », de la désinformation et d’un certain scepticisme environnemental, seule une science de haut niveau nous permettra d’agir durablement pour la Planète. Sur la base de notre expertise scientifique, et fort de notre statut d’Observateur spécial à l’ONU, nous développons un plaidoyer citoyen pour la mise en place de solutions concrètes de gestion durable des ressources marines et d’actions engagées sur la pollution plastique, la gouvernance de la Haute Mer, l’Arctique et le climat.
Tara au cœur de la cité : le lien entre science et société
Avant de repartir pour deux ans d’expédition dans le Triangle de Corail, la célèbre goélette Tara fait étape à Paris. Amarrée au niveau du pont Alexandre III pendant un mois, le navire scientifique attend petits et grands pour une série de visites gratuites à bord et une exposition nous faisant voyager au cœur de l’Arctique, à découvrir à quai. Vous rêvez de monter à bord de la goélette Tara ? Vous souhaitez en savoir plus sur ce célèbre navire scientifique ? Bonne nouvelle, puisque le voilier est actuellement amarré à Paris ! À découvrir au niveau du pont Alexandre III, au pied du Grand Palais, du 6 septembre au 5 octobre, Tara attend les plus curieux et les passionnés pour une série de visites publiques et gratuites à bord (sur réservation obligatoire).
Pour ce retour sur la Seine à Paris, une exposition à quai est également proposée, dans le cadre de l'événement "Photo Climat" réalisé par Yun Faillard. Intitulée "Fragments : une dérive arctique en six saisons", cette exposition plonge les visiteurs au cœur de l'Arctique, à travers un parcours illustré présentant les futures missions de Tara Polar Station. Ces escales urbaines permettent de créer un pont entre les découvertes scientifiques réalisées en mer et les préoccupations citoyennes. En ouvrant ses portes, Tara transforme le concept d'exploration en une expérience partagée, rendant les enjeux complexes de l'océanographie accessibles à tous, du plus jeune écolier aux décideurs politiques, renforçant ainsi l'idée que la protection marine est une mission collective qui commence par une meilleure compréhension de notre environnement.
Lire aussi: Un art de vivre à la française incarné par la Chaise Longue Voile de Bateau
#
Lire aussi: Bateau Gonflable : Est-ce un Bon Choix ?