Dans le département des Hautes-Pyrénées, le monde du canoë-kayak est marqué par l'engagement passionné et multiforme de figures clés, dont Bastien Dantin. Cadre technique départemental, conseiller pour le comité technique de canoë-kayak des Hautes-Pyrénées, et acteur essentiel dans l'organisation d'événements majeurs, il incarne une approche où la performance sportive se conjugue à la sensibilisation environnementale. Son action, ancrée au cœur d'un territoire aux paysages majestueux mais aussi fragiles, façonne l'avenir des jeunes athlètes tout en promouvant une pratique respectueuse des milieux naturels. Les Hautes-Pyrénées, avec leurs rivières vives et leurs gaves impétueux, constituent un terrain de jeu exceptionnel, dont la préservation est une préoccupation constante pour Bastien Dantin et ses collaborateurs.
L'Impulsion de Bastien Dantin : Formation des Jeunes Talents et Structuration Départementale
L'investissement de Bastien Dantin dans le développement du canoë-kayak dans les Hautes-Pyrénées est particulièrement visible à travers les initiatives de formation et de rassemblement des jeunes sportifs. Preuve de cet engagement, les 9 et 10 décembre dernier, Hautes-Pyrénées Sport Nature a été l'hôte d'un double stage de kayak qui a démontré la vitalité de la discipline dans la région. Cet événement conjoint a rassemblé les forces vives du Comité départemental de canoë-kayak (CDCK) et de Hautes-Pyrénées Canoë-Kayak (HPCK), marquant un moment clé pour la structuration de la filière jeune.
Dans ce cadre, Bastien Dantin, en sa qualité de cadre technique départemental, a orchestré la réunion de 10 jeunes kayakistes prometteurs. Ces athlètes en herbe venaient de différents horizons du département : quatre Tarbais, deux Lourdais, trois Argelésiens et un Bagnérais. L'objectif de cette rencontre était clair et ambitieux : fédérer l'équipe jeunes départementale, permettant ainsi une cohésion et un esprit d'équipe renforcés dès le plus jeune âge. Au-delà de l'aspect collectif, le stage visait également à faire progresser ces talents en eau vive, un environnement exigeant qui requiert maîtrise et adaptabilité. Bastien Dantin s'est également attaché à renforcer les bases techniques des jeunes participants, garantissant ainsi une fondation solide pour leur parcours sportif. La précision de navigation était un autre axe majeur de travail, élément crucial pour exceller dans les disciplines de canoë-kayak, où chaque mouvement et chaque trajectoire comptent.
Parallèlement, et dans le même temps et au même lieu, HPCK, acronyme de Hautes-Pyrénées Canoë-Kayak, organisait son stage de rentrée. Cette structure émane d'une entente stratégique entre Sport Nature et le CDCK, avec pour mission fondamentale d'aider l'élite de ce sport et de mener les champions et futurs champions au plus haut niveau. Piloté par Richard Hernanz, ce stage a eu une importance capitale pour l'année sportive à venir. Il a permis d'établir la liste officielle des jeunes entrant dans le dispositif pour l'année 2018, offrant une visibilité claire sur les athlètes qui bénéficieront d'un accompagnement spécifique. De plus, il a été l'occasion de prévoir le calendrier des divers stages et compétitions nationales, assurant une planification rigoureuse pour l'optimisation des performances.
Le programme de ces journées était riche et diversifié, alliant théorie et pratique intensive. Des entretiens collectifs ont favorisé les échanges et le partage d'expériences, tandis que des entretiens individuels ont permis un suivi personnalisé des jeunes athlètes, abordant leurs forces, leurs axes d'amélioration et leurs aspirations. Les entraînements sur l'eau, menés au pont des Grottes, ont rythmé ce stage, offrant aux participants l'opportunité de mettre en pratique les enseignements techniques et tactiques dans des conditions réelles. L'ambiance n'était pas seulement studieuse ; le samedi soir, HPCK a invité tous les stagiaires présents à partager un moment convivial. Cette occasion a été particulièrement précieuse pour les plus jeunes, qui ont eu la chance de rencontrer deux figures emblématiques et inspirantes du canoë-kayak local : Boris Neveu et Samuel Hernanz. Ces deux champions, multititrés nationalement et mondialement, sont des exemples vivants de ce qu'il est possible d'accomplir par le talent et le travail, offrant ainsi aux jeunes une source de motivation inestimable et une vision concrète du haut niveau.
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La Renaissance des Compétitions à Tarbes : Un Défi Relevé face aux Obstacles Naturels
L'esprit de persévérance et la volonté de faire rayonner le canoë-kayak dans les Hautes-Pyrénées se manifestent également à travers l'organisation de compétitions d'envergure. Une manifestation sportive de premier plan s'est tenue à Tarbes, marquant une première depuis 2014. Ce retour sur le devant de la scène n'a pas été sans défis, comme en témoigne l'annulation d'un précédent rendez-vous en 2018. Cette année-là, l'événement n'avait pu se tenir en raison d'une grande crue, un phénomène naturel puissant et parfois imprévisible dans la région. Comme l'expliquent les organisateurs, « Oui, l’Adour était sur les berges et là, ce n’était plus possible », soulignant la force impitoyable des éléments qui peut contraindre même les mieux préparés à s'incliner.
Malgré ces aléas et les difficultés rencontrées, le club tarbais, fondé en 1967, a démontré une détermination sans faille, ramant « contre vents et marées » pour accueillir cette manifestation sportive. Cet événement est coorganisé avec le Comité des Hautes-Pyrénées FFCK, une collaboration essentielle pour la réussite d'une telle entreprise. La période d'absence de compétitions majeures à Tarbes depuis 2014 avait eu des conséquences, menant à une certaine érosion des compétences et du savoir-faire organisationnel. Les organisateurs ont d'ailleurs constaté que « depuis 2014, le savoir-faire était un peu en train de se perdre ». Face à ce constat, Bastien Dantin, épaulé par son fils Claude Dantin qui occupait le poste de directeur de la compétition, a joué un rôle déterminant dans la relance de la dynamique. Ensemble, ils ont su « relancer les bonnes volontés », mobilisant les énergies et les compétences nécessaires pour redonner vie à l'événement.
La préparation de cette manifestation est un travail de longue haleine, ayant débuté dès le début de la semaine précédant la compétition. Cette organisation minutieuse a nécessité la mobilisation d'un nombre considérable de personnes : une quarantaine de bénévoles issus des clubs du département ont été mis à contribution, œuvrant sur différents fronts. À cela s'est ajoutée une vingtaine de juges, dont l'expertise est indispensable pour garantir l'équité et le bon déroulement des épreuves, assurant l'application rigoureuse des règles de la discipline.
Le plateau sportif de cette compétition a réuni des participants venus de divers horizons, mettant en lumière la richesse du vivier local et l'attractivité de l'événement. Avec une présence notable à la proue, les clubs bigourdans d'Argelès, Tarbes et Bagnères ont eu l'avantage de « naviguer à domicile », bénéficiant de la connaissance de leurs eaux et du soutien de leur public. Mais la compétition a également attiré des voisins, avec la participation des clubs de Pau et de Nay, renforçant ainsi la dimension régionale de l'événement et l'émulation entre les différents bassins de pratique.
Tous ces « marins d'eau douce » ont été confrontés à un parcours exigeant, spécialement conçu pour tester leur agilité et leur technique. Ce tracé, d'une longueur d'un peu plus de 200 mètres, était jalonné d'une vingtaine de portes, réparties entre des portes rouges, qu'il fallait passer en remontant le courant, et des portes vertes, à franchir en descendant. La discipline en question est fondamentalement une épreuve de précision. Les meilleurs athlètes doivent non seulement boucler le parcours avec rapidité, mais également avec une exécution quasi parfaite, car, comme le soulignent les règles, « on cumule le temps et les fautes ». Chaque touche de porte ou manœuvre incorrecte entraîne des pénalités, transformant la course en un véritable ballet où la vitesse doit s'allier à une dextérité impeccable, sous le regard vigilant des juges.
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Le Rafting comme Outil de Sensibilisation et d'Exploration du Gave de Pau
Au-delà des compétitions et de la formation des jeunes, Bastien Dantin voit dans la pratique des sports d'eau vive un formidable vecteur de sensibilisation à l'environnement. Le rafting, en particulier, se présente comme un moyen privilégié pour connecter les individus à la nature et les rendre attentifs aux enjeux écologiques qui entourent ces milieux. Son collègue, Tom Legeay, est un acteur majeur de cette activité dans la région avec son entreprise Tom Rafting. Ensemble, ils encadrent des descentes, transformant une simple aventure sportive en une expérience éducative. Bastien Dantin, en tant que conseiller pour le comité technique de canoë-kayak des Hautes-Pyrénées, exprime clairement sa philosophie : il voit le rafting comme un moyen concret de « sensibiliser les personnes aux enjeux écologiques ». Pour lui, « Mon axe de travail, c’est le sport. Quand j’emmène quelqu’un en milieu naturel, je dois lui parler de ce qu’il se passe autour de lui », une approche qui fusionne l'action physique et la conscience environnementale.
L'expérience du rafting sur le gave de Pau offre des sensations particulièrement intenses, qui varient au fil des saisons. C'est au printemps et au début de l'été que les conditions sont optimales, offrant les sensations les plus fortes grâce à un débit d'eau généreux et une force de courant accrue. Ces sensations s'adoucissent ensuite en août, à mesure que le niveau de l'eau baisse. Tom Legeay, qui a travaillé en Espagne et en Dordogne avant de s'installer à Villelongue, explique pourquoi le gave des Hautes-Pyrénées est un site de choix pour cette activité : « C’est un bon spot dans la vallée pour faire du rafting car il faut de l’inclinaison et des montagnes. Ici, on est aux premières loges de la fonte ». La fonte des neiges alimente puissamment la rivière, créant des rapides dynamiques et un environnement parfait pour le rafting. Au fil du parcours, les cris d'encouragement et l'excitation résonnent : « Hop, hop, hop ! », entend-on à tue-tête sur le parcours, signe de l'enthousiasme des participants.
Le cadre autour du gave est décrit comme idyllique et bucolique, offrant une immersion totale dans une nature préservée. Dans le dos des rafteurs, se déploient des panoramas grandioses, incluant la Vallée de Cauterets, le majestueux Pic de Viscos et la Vallée de Luz, d'où l'on peut « imaginer le cirque de Gavarnie », comme le décrit Tom Legeay. Face à eux, la ville de Lourdes est située à quelques kilomètres, marquant un contraste entre la nature sauvage et la civilisation. Clémence, originaire d'Albi, exprime son admiration pour le gave : « le gave est une superbe rivière car l’eau est très propre, avec du débit et du volume ». Habituellement, cette kayakiste navigue dans une eau qu'elle qualifie de « verte et plate ». Ici, le gave de Pau lui réserve une expérience différente et exaltante, avec une eau « blanche, avec du courant », témoignant de sa force et de sa pureté.
Cependant, derrière cette beauté et ces sensations, se cache une réalité plus sombre, marquée par des événements dévastateurs. Les lieux ont en effet été le théâtre de crues importantes en 2012 et 2013, qui ont « saccagé tout sur leur passage ». Ces catastrophes naturelles ont laissé des cicatrices profondes dans le paysage. Durant le parcours, l'ancien lac des Gaves en est un exemple frappant. Autrefois profond de 4,50 mètres, il est aujourd'hui « complètement enterré » et ne mesure plus qu'un mètre de hauteur, illustrant la force destructrice de ces inondations. Plusieurs barrages structurent le parcours de la rivière, ajoutant à sa complexité et nécessitant des adaptations. Comme celui de Préchac, qu'il faut contourner à pied pour des raisons de sécurité. Toutefois, des améliorations sont prévues ; le responsable détaille qu' « il y aura une échelle à poissons et une passe à rafting au printemps 2022 », des aménagements qui visent à concilier les usages humains et la préservation de la faune aquatique. Avant de reprendre leur descente sur le gave, les moniteurs innovent en improvisant un toboggan gonflable sur une rivière avoisinante, garantissant un « succès garanti auprès des rafteurs », qui en profitent pour faire une pause ludique à coups de sauts et de glissades, ajoutant une touche de légèreté à l'aventure.
Après environ deux heures de descente, les rafteurs accostent au niveau de l'ancien complexe aquatique du Lac Vert d’Agos-Vidalos. Là aussi, les marques des crues passées sont évidentes, puisque les dégâts occasionnés par ces inondations ont été « importants ». Ces observations concrètes sur le terrain renforcent le message de sensibilisation porté par Bastien Dantin et Tom Legeay, rendant tangible l'impact de l'homme et de la nature sur ces écosystèmes. Tom Rafting, situé au 24 rue du Couscouillet à Villelongue (65), propose ces expériences inoubliables avec un tarif adulte de 38 euros pour la demi-journée et 68 euros pour la journée complète, rendant l'accès à cette aventure à la fois sportive et éducative.
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Les Enjeux Écologiques du Gave de Pau : Entre Biodiversité et Dégradation
Le gave de Pau, au-delà de son rôle de terrain de jeu sportif, est un écosystème d'une richesse remarquable mais aussi d'une fragilité croissante, confronté à des défis écologiques majeurs. L'encadrement des descentes en rafting et en kayak est pour Bastien Dantin l'occasion d'évoquer ces enjeux, transformant chaque sortie en une leçon de choses. Les participants sont ainsi invités à lever les yeux vers le ciel, où ils peuvent observer une faune aviaire diverse et fascinante. « C’est quoi ça ? », demande Léa, une jeune participante, en montrant du doigt un rapace. « Des milans », lui répond Tom Legeay, identifiant ces élégants planeurs. Le ciel des Pyrénées est également le domaine des faucons, des buses, et des majestueux gypaètes barbus, symboles de la biodiversité montagnarde. Dans l'eau, l'écosystème est tout aussi vivant, abritant des truites, quelques saumons qui remontent les courants, et parfois même des loutres, des indicateurs de la qualité de l'eau.
Cependant, cette image idyllique est assombrie par des préoccupations écologiques pressantes. Les défenseurs du gave s'alarment en effet de la présence de « nombreux déchets » dans la rivière. Au-delà de la pollution visible, des menaces plus insidieuses pèsent sur l'environnement. « Les pesticides, on ne les voit pas forcément, mais l’Agence de l’eau a sorti des études », souligne Bastien Dantin, mettant en lumière une pollution chimique invisible mais bien réelle. Les conséquences de ces agressions sont alarmantes : « Au niveau de la biodiversité, on a une baisse globale de la richesse et de la variété des espèces », résume-t-il, constatant un déclin qui touche l'ensemble de l'écosystème aquatique et riverain.
Les crues dévastatrices, dont celle de 2018 qui a empêché la tenue d'une compétition à Tarbes ou celles de 2012 et 2013, ont eu un impact considérable sur la morphologie et la propreté du gave. Elles ont notamment entraîné des conséquences dramatiques pour la gestion des déchets. Avant le dernier barrage du parcours, cette fois équipé d'une glissière pour descendre en toute sécurité, les rafteurs aperçoivent des paniers jaunes suspendus au-dessus de l'eau. Ces dispositifs, mis en place « depuis 2014 », jouent un rôle crucial dans la collecte des déchets flottants. Tom Legeay relate un épisode particulièrement marquant : « La décharge de Beaucens est partie avec les crues. On s’est retrouvé avec des tonnes de plastique ». Cet événement, d'une ampleur considérable, a dispersé une quantité massive de débris polluants le long du gave. Le problème persiste encore des années plus tard : « Aujourd’hui, en 2021, il y en a encore à l’endroit où vous êtes », constate Tom, soulignant la rémanence de cette pollution et le travail incessant de nettoyage et de gestion des déchets.
Face à ces constats, la philosophie de Bastien Dantin et de ses partenaires est claire : « Aimer la nature pour la protéger ». Cet adage résume l'approche globale qui intègre le sport, l'éducation et l'action concrète pour la préservation du milieu naturel. Tom Legeay, qui, avant de s'installer à Villelongue, a travaillé en Espagne et en Dordogne, partage cet amour pour la région. Il déclare : « J’aime beaucoup le coin dans sa globalité, qui regorge d’activités sportives ». Les Hautes-Pyrénées offrent une « vraie dynamique des gens pour faire du snowboard, du canoë, du kayak », témoignant d'une culture des sports de plein air profondément enracinée. Bien que les parties les plus techniques et exigeantes du gave se situent dans des zones comme Gavarnie et Cauterets, le tronçon utilisé pour le rafting touristique est stratégiquement positionné. Tom Legeay le décrit comme « le parcours le plus haut navigable de manière touristique », rendant ainsi ces paysages spectaculaires accessibles à un public plus large, tout en offrant une occasion unique de les sensibiliser à leur beauté et à leur vulnérabilité.