Le bassin nautique de la Confluence à Lyon : entre héritage industriel et renouveau urbain

Le quartier de la Confluence à Lyon constitue aujourd’hui l’un des projets de transformation urbaine les plus audacieux d’Europe. Situé à la pointe de la presqu’île, où le Rhône et la Saône se rejoignent, ce territoire a su muter, passant d’une zone industrielle et portuaire à un laboratoire à ciel ouvert d’architecture contemporaine et d’innovations écologiques. Au cœur de cette mutation, le bassin nautique, ou darse, incarne le lien profond entre la ville, ses habitants et l’élément aquatique.

La genèse d'un site exceptionnel : le Musée des Confluences

Le Musée des Confluences se caractérise d’abord par son nom et sa forme architecturale. Le terme de confluences désigne, en premier lieu, un emplacement géographique exceptionnel. Le concept développé par l’agence autrichienne Coop Himmelb(l)au repose sur l’idée de construire un musée qui n’entrave pas l’accès à la nature mais qui constitue un passage des éléments bâtis vers la nature. Vivre ce bâtiment, c’est entrer dans le propos du musée. L’architecture matérialise cet équilibre entre le dedans et le dehors, entre le présent et l’histoire, entre nature et culture.

D’une grande fonctionnalité, son architecture s’adapte à l’accueil des publics comme à la conservation et la présentation des collections. En plus du Socle, sur lequel il repose comme un pont sur ses piles, deux éléments distincts le composent. Baigné de lumière, le Cristal, son hall monumental, s’ouvre vers la cité en invitant à venir le visiter. Le Puits de gravité porte l’ensemble de la structure : la verrière s’infléchit vers le bas pour former le puits descendant jusqu’au socle de béton. « Depuis les voûtes gothiques, l’architecture s’emploie à surmonter la gravité. Dans nos projets, nous cherchons à créer des espaces dynamiques, fluides », explique l’architecte Wolf D. Prix.

Le bâtiment, en forme d’un cristal échappé du four à cristaux d’un labo de physique ou de géologie, fut imaginé par l’architecte autrichien Wolf Dieter Prix en 2014. Ce musée est un musée des sciences et des sociétés. Sa vocation : donner les clés à tous pour comprendre notre monde, notamment à travers les savoirs de la science et le fonctionnement de nos sociétés. Que faisons-nous ? D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? En tout, une petite dizaine de collections, entre les permanentes et les expositions en cours, sont présentées au public.

Le bassin nautique : un futur lieu de baignade et de vie

L'intensification des vagues de chaleur fait de l'accès à la baignade un enjeu majeur de santé publique, de justice sociale et de bien-être urbain. Les premières expertises portées par la SPL Lyon Confluence permettent d'envisager l'installation d'une baignade estivale sur la place nautique, directement aménagée sur l'eau. La priorité est de permettre aux habitants de se baigner en toute sécurité dans un site naturel, respectueux de l'environnement. C'est pourquoi une première série d'analyses de la qualité de l'eau a été réalisée sur la base de la réglementation européenne en vigueur.

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Le site de baignade, d'approximativement 1500 m², sera situé à proximité des escaliers vers le quai Charlemagne. La Ville de Lyon engage une concertation afin de recueillir les attentes et les besoins des habitants et des futurs usagers. On arrive à la Place Nautique par une fort belle promenade entre la Saône et des plans d’eau ressemblant à des mares dans lesquelles se reflète le centre commercial. La passerelle sur la « darse », ce bras de Saône qui rentre à l’intérieur de la presqu’île, obéit à la tradition récente des cadenas d’amoureux.

Une architecture audacieuse au service de l’urbanisme

Le quartier de la Confluence se veut une vitrine du futur, tant sur le plan architectural qu’écologique. Les innovations architecturales du Pavillon 52, par exemple, sont essentiellement à l’intérieur : pas de poutres, des plafonds bruts en ciment lissé. Béton fabriqué sur place, annoncé recyclable. Une étole de lames fines le ceint, rappelant les stores à la lyonnaise, le protégeant de la chaleur. Ces lames ne sont pas métalliques, mais en béton de 3 centimètres d’épaisseur. En haut de ses 3 étages, une terrasse, on dit désormais un « rooooooftop ». En bas, une esplanade sur laquelle les après-midis des week-ends des ados viennent danser et chorégraphier d’autres courbes.

Parmi les édifices emblématiques, le Monolithe, immense avec ses 28 000 m² (soit quatre terrains de football), est l’un des plus remarquables en bord de darse. Le Monolithe est un assemblage de deux barres parallèles chevillées par trois immeubles autour d’une vaste cour. Il rassemble des logements et des bureaux. Dans cette même zone, le bâtiment des Douanes, construit en 1930, témoigne d'une époque révolue, bien qu'il ait été réhabilité avec un brin de déconstruction à l’extérieur.

Plus loin, le cube orange, bâtiment emblématique construit en 2010, arbore une couleur spectaculaire, de cette teinte rouge-orangé caractéristique du minium, un anticorrosion utilisé dans l’industrie pour protéger les métaux de la rouille. Ainsi, cet orange rappelle le passé industrieux de ce quartier de Lyon situé de l’autre côté des « voûtes » de la gare Perrache. Si ce cube est parfois surnommé « mimolette » par les Lyonnais, on pourrait surtout le surnommer le « taille-crayon ».

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