Dubaï, ville de tous les superlatifs, ne cesse de surprendre par sa capacité à créer des réalités inattendues au cœur du désert. L'univers du kayak n'y fait pas exception, offrant des expériences qui vont de l'entraînement professionnel de pointe dans des bassins artificiels d'une démesure sans pareille, à des évasions sereines sur des lacs naturels, en passant par des découvertes urbaines uniques à bord de kayaks transparents. Ces dernières années, la région est devenue une destination privilégiée pour les pagayeurs du monde entier, remplaçant même des lieux traditionnels comme l'Australie pour la préparation hivernale, attirant des athlètes de renommée internationale et des amateurs en quête d'aventures aquatiques singulières.
Wadi Adventure d'Al Ain : Un Centre d'Entraînement Olympique au Cœur du Désert
L'une des manifestations les plus frappantes de cette ambition démesurée se trouve à Al Ain, entre Dubaï et cette dernière, où a émergé le "Wadi", un complexe aquatique qui transcende l'imagination. Ce site, qui a vu le jour au printemps 2012, a radicalement changé la donne pour les athlètes de haut niveau cherchant des conditions d'entraînement optimales. Michal Martikan, Peter Kauzer, et bien d’autres, tous consacrent leurs hivers à une intense préparation, au soleil si possible, sur l’eau, obligatoirement. Le Wadi est rapidement devenu leur paradis du pagayeur, accessible à environ neuf heures de vol de Lyon.
L'initiative de découvrir ce lieu a été celle de Marc Biazizzo, céiste de GESN, qui, avec son compère Jimy Berçon, son partenaire de C2, a entrepris ce voyage tant rêvé. Grâce à quelques actions au club, à l’appui du conseil régional de Lorraine et de Degrémont, le sponsor du Spinalien, le budget nécessaire fut réuni, transformant un rêve en réalité. Mais cette réalité a d’emblée eu un goût… d’irréel. En sortant de l’aéroport à Dubaï, la vue des grandes tours s'impose, suivie par celle du désert durant toute la route entre Dubaï et Al Ain. Enfin, l'arrivée au bassin et à la vague de surf artificielle marque un point culminant de cette expérience visuelle. Le contraste entre le paysage aride environnant et cette oasis aquatique est saisissant.
Le bassin lui-même est décrit comme "gigantesque" par Biazizzo, sa seule fabrication, au milieu des dunes, ayant coûté 60 millions de dollars, soit environ 44 600 000 euros. Marc Biazizzo exprime son émerveillement : « Vraiment c’est impressionnant. Ils ont pondu un bassin de kayak qui tourne à l’eau de piscine et une vague de surf artificielle en plein milieu du désert ! C’est ’’le pays du toujours plus’’ ici, c’est le surnom qui convient le mieux, je trouve. Ils font tout en grand et ils ne calculent pas. » Cette mentalité est palpable à chaque recoin du Wadi, un site qui n’a pas arrêté sa démesure à son seul bassin artificiel.
Destiné au grand public, mais aussi un outil d'entraînement de premier ordre, il comporte pas moins de 17 attractions aquatiques pour tous âges, dont l’un des toboggans en eau les plus grands (33 mètres de haut) et les plus rapides (80 km/h) du monde. Une cascade de 18 mètres de haut, qui s’actionne toutes les 10 minutes, ajoute à l'ambiance spectaculaire. Et, pour les amateurs de glisse, une vague de surf artificielle peut atteindre 3,30 mètres de haut toutes les 90 secondes, offrant des conditions exceptionnelles pour la pratique et l'entraînement.
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Pour les athlètes, les conditions sont idéales. Les deux compères, Marc Biazizzo et Jimy Berçon, se régalent, passant trois heures par jour sur un bassin qu'ils trouvent « très sollicitant, aussi bien techniquement que physiquement. C’est un bon bassin pour s’entraîner, et la température est parfaite (entre 25 et 30°C) ce qui nous permet de réaliser un bon travail. » L'eau elle-même est une prouesse technique. Vivian Colober, un autre céiste français basé au pôle de Toulouse, témoigne sur son blog que « Les mouvements d’eaux sont variés et l’eau est complètement transparente. Pas très étonnant d’ailleurs puisqu’elle est directement pompée dans l’eau potable de la ville puis transportée par camion citerne jusqu’au bassin chaque semaine pour remplacer l’eau évaporée. »
Cette gestion de l'eau est une véritable extravagance environnementale et économique. Près de 50 000 m³ d’eau, l’équivalent de 30 millions de bouteilles d’un litre, sont pompés dans le parc toutes les heures, nécessitant quatre mégawatts d’électricité. Cela représente assez d’énergie pour allumer 200 000 ampoules. Une telle infrastructure, avec son coût opérationnel exorbitant, ne peut être permise que par un pays du Golfe et ses pétrodollars. Mais les céistes et kayakistes, qui en bénéficient directement, ne vont certainement pas s'en plaindre.
Cette migration des athlètes français est notable. Gauthier Klauss et Matthieu Péché, le C2 olympique spinalien, prennent la relève de Marc Biazizzo, qui regagne la France, espérant que ce stage intense produira des bénéfices sur toute l'année sportive. Le décalage horaire de trois heures et une quinzaine de degrés de moins à leur retour seront rapidement absorbés par l'espoir d'une saison réussie. Dans un pays où le gasoil est à 0,35 centime le litre, tous souhaitent que ce "plein d'essence" tienne la saison.
L'expérience du Wadi Adventure est plus qu'un simple entraînement ; c'est une immersion dans une vision où les contraintes naturelles sont repoussées à l'extrême pour créer un environnement d'excellence. Malgré la grandeur de Dubaï elle-même, une ville gigantesque avec ses 500 000 habitants, ses tours immenses et ses routes à 2x3 voies, les athlètes restent marqués par le bassin. Certains la trouvent sans âme véritable, ni centre-ville, contrastant avec l'impression forte laissée par l'ingéniosité du Wadi. C'est une démonstration éclatante de la capacité de Dubaï à bâtir l'exceptionnel, même au milieu du désert.
Hatta Kayak : Une Évasion Naturelle aux Portes de Dubaï
En contraste avec les prouesses d'ingénierie du Wadi Adventure, la région de Dubaï offre également des opportunités d'expériences de kayak plus ancrées dans la nature. À environ deux heures de route du centre de Dubaï, et uniquement accessible en voiture, se trouve un havre de paix pittoresque : Hatta. Au beau milieu de la chaîne montagneuse et frontalière d’Oman, le sultanat voisin, se révèle un lac naturel, un véritable mirage et petit paradis. Ce site offre un panorama fabuleux, invitant à la contemplation et à des activités aquatiques douces.
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Les visiteurs ont la chance d’admirer ce paysage grandiose à bord de pédalos, de kayaks et de petits bateaux électriques. Ces embarcations peuvent être louées en illimité ou à l'heure pour les bateaux, offrant une flexibilité adaptée aux envies de chacun. C'est une opportunité unique de se connecter avec la beauté naturelle de la région, loin de l'effervescence urbaine et de l'artificialité des grands complexes.
Pour une activité d'autant plus farniente, il est conseillé d'opter pour les petits bateaux électriques, bien que le choix final dépende entièrement des préférences individuelles. Il est possible et même conseillé d’apporter son pique-nique, que vous pourrez déguster sur place ou encore mieux, si vous choisissez cette option, sur les petits bateaux électriques, ajoutant une touche de charme et de liberté à l'expérience. Cependant, il est important de noter qu'il n’y a pas de toilettes ni de points de rafraîchissement directement sur le site d'activité ; ceux-ci sont situés de l’autre côté de la colline, à environ 1,5 km.
Concernant la location, il n’y a généralement pas de queue pour les kayaks ou les pédalos, permettant un accès quasi immédiat à l'eau. En revanche, une attente, pouvant parfois dépasser les 30 minutes, est possible concernant la location des bateaux électriques, ce qui témoigne de leur popularité pour une expérience plus décontractée. Cet endroit idyllique est ouvert toute l’année, même en été. Toutefois, lors des fortes chaleurs estivales, Hatta Kayak adapte ses horaires, n'ouvrant que l'après-midi, pour garantir le confort et la sécurité des visiteurs. C'est une opportunité précieuse de découvrir une autre facette du kayak à Dubaï, une facette plus sereine et authentique, au cœur de paysages à couper le souffle.
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