Batz-sur-Mer : Innovations Maritimes, Prévention des Noyades et Richesse d'un Territoire Littoral

La sécurité en mer et la préservation de la vie sont des préoccupations constantes pour les communautés littorales, particulièrement dans des régions comme les Pays-de-la-Loire, où le littoral attire de nombreux baigneurs et activités nautiques. Face à un nombre préoccupant de noyades accidentelles, des initiatives locales voient le jour, à l'image de celle de Batz-sur-Mer, qui déploie un nouvel outil de prévention. Cette approche s'inscrit dans un contexte plus large, celui d'une commune façonnée par son histoire maritime, sa géographie singulière et l'évolution de ses pratiques face aux défis de l'océan.

La Prévention des Noyades : Une Urgence sur le Littoral des Pays-de-la-Loire

Le risque de noyade accidentelle demeure une réalité alarmante sur les côtes françaises. Les vacances ne sont pas encore terminées et pourtant le nombre de noyades accidentelles depuis le début de la saison estivale est déjà très inquiétant. Dans les Pays-de-la-Loire, les chiffres récents soulignent cette situation critique. Entre le 1er juin et le 25 juillet, 31 noyades ont été recensées dans la région, dont 7 mortelles, selon les données de Santé publique France. Plus tard dans l'été, un rapport de Santé Publique France publié un jeudi précisait que 41 noyades accidentelles avaient eu lieu entre le 1er juin et le 8 août dans les Pays de la Loire. La région se plaçait alors à la 6e position des territoires comptant le plus grand nombre de noyades en France depuis le début de l'été.

La commune de Batz-sur-Mer a été directement confrontée à cette tragédie. Aux chiffres régionaux, il faut ajouter les deux noyades de la semaine dernière sur la plage de la Govelle à Batz-sur-Mer (Loire-Atlantique). L'une des victimes de ces incidents, une femme âgée de 66 ans, est malheureusement décédée. Ces événements tragiques ont renforcé la détermination des acteurs locaux à agir pour la sécurité des baigneurs. C'est dans ce contexte que la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) de Batz-sur-Mer a mis en place une initiative novatrice pour protéger les usagers de la mer.

Les Bouées de Sécurité en Eau Libre : Une Innovation pour une Baignade Plus Sûre

Pour lutter contre ces noyades et offrir une sécurité accrue aux baigneurs, la SNSM de Batz-sur-Mer propose, depuis quelques jours, un nouvel outil essentiel : des bouées de sécurité de nage en eau libre. Ce dispositif simple et efficace vise à améliorer la visibilité et la capacité d'assistance en cas de difficulté en mer.

Ces bouées, de couleur orange fluo, sont conçues pour être facilement repérables. Une fois gonflée et attachée par une ceinture à la taille du nageur, la bouée orange fluo est aisément identifiable de loin par les sauveteurs. Au-delà de sa fonction de signalisation, la bouée offre un soutien direct au nageur. Le baigneur en difficulté peut ainsi l'utiliser comme appui en cas de besoin et se servir du sifflet intégré pour lancer l'alerte, attirant l'attention des secours.

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Les bouées sont avant tout destinées aux personnes âgées de plus de 45 ans, une population particulièrement exposée au risque de noyade, pour qui le soutien et la visibilité supplémentaires peuvent s'avérer cruciaux. Cependant, l'accès à cet équipement n'est pas restrictif ; en réalité, chacun peut venir en chercher une au poste de secours. Au total, une dizaine de bouées sont mises à disposition gratuitement par la SNSM, démontrant un engagement fort en faveur de la sécurité collective.

Retours Positifs et Levée des Hésitations

Les premiers retours concernant l'utilisation de ces bouées sont encourageants. Patrick Auger, responsable de la SNSM de Batz-sur-Mer, confirme que "Les premiers retour sont positifs". Il ajoute que ce qui est le plus important pour l'organisation est de savoir "que les baigneurs se sont sentis d'avantage en sécurité en portant cet équipement". Cet aspect psychologique de la sécurité est aussi fondamental que l'aide physique apportée par la bouée.

Malgré les avantages évidents, une certaine hésitation peut exister chez certains baigneurs. Manuela, une nageuse plutôt aguerrie, a accepté de tester une de ces bouées sur la plage Valentin. Après un tour dans l'eau avec l'outil, accroché à la taille, son verdict est clair : "C'est très bien, ça tient, ça permet de s'appuyer et ça ne gêne pas". Cependant, cette mère de famille exprime un doute quant à l'adoption généralisée : "Même si ça ne gêne pas, pour ma pratique de la natation, j'aurais tendance à dire que je n'en ai pas besoin et puis ça veut dire encore se promener avec du matériel qu'il faut trimbaler et penser à rapporter".

Patrick Auger insiste sur l'importance de dépasser ces réticences, arguant que le bénéfice potentiel l'emporte largement sur le petit effort logistique : "Mais pour Patrick Auger, c'est un bien maigre effort quand on sait que ces bouées peuvent sauver des vies". Il souligne que ces équipements ne sont pas nouveaux et sont déjà adoptés par des sportifs confirmés : "Elles existent depuis plusieurs années et sont aussi utilisées par les triathlètes car elles servent d'un point de repère dans l'eau". Un argument clé pour encourager leur usage est l'universalité du risque en mer : "il n'y a pas de honte à utiliser une bouée… même un bon nageur n'est pas à l'abri d'avoir une crampe ou de faire un malaise et ça pourrait aider à sauver sa vie".

L'initiative de Batz-sur-Mer s'inscrit dans un programme national plus vaste. En effet, une dizaine de plages en France, dont celles de Batz-sur-Mer, ont été retenues par le gouvernement pour tester ce nouveau dispositif dans le cadre de son plan de lutte contre les noyades. Cela témoigne de la reconnaissance de l'efficacité potentielle de ces bouées à une échelle plus large.

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Le Cadre Géographique et Historique de Batz-sur-Mer : Une Terre Façonnée par la Mer

Batz-sur-Mer est une commune dont l'identité est profondément liée à l'océan et à son histoire géologique. Elle est située sur une île qui, jusqu'aux environs du IXe siècle, est demeurée séparée du sillon de Guérande et de l'île voisine du Croisic. L'Homme a fréquenté ce territoire depuis le Paléolithique et l'Antiquité, marquant une présence humaine ancienne. L'histoire de la localité est également marquée par des événements fondateurs, comme en 945, lorsque le duc de Bretagne Alain Barbe-Torte, après avoir repoussé les Normands installés à Batz, a offert le territoire à l'abbaye de Landévennec qui y a fondé un prieuré dédié à saint Guénolé.

Les marais salants font profondément partie de l'histoire de la localité et ont fortement influencé sa physionomie et son économie pendant des siècles. La configuration actuelle du littoral jusqu’à Guérande est relativement récente, résultant de processus géologiques complexes. Au Pléistocène supérieur, entre 37000 et 24000 av. J.-C., c’est-à-dire à l'apogée du dernier stade glaciaire, les îlots rocheux de Saillé et de Lanclis furent rattachés au sillon de Guérande par l’apport d’alluvions ; cette phase fut contemporaine de la naissance de la presqu’île de Pen-Bron. Il y a 20 000 ans - soit 18000 av. J.-C. - la mer s’avançait encore jusqu’au coteau de Guérande.

Les dépressions du Massif armoricain - qui est, dans sa partie sud, en grande partie constitué de granites d'origine hercynienne - furent envahies par l’océan, soumis aux effets de la transgression flandrienne. L'accumulation de sédiments a progressivement comblé l'avancée de la mer dans les terres méridionales. Enfin, à une période comprise entre la fin de la Préhistoire et le début de la Protohistoire, de nouveaux apports sableux, tant maritimes que fluviaux, ont consolidé la grande falaise de Pen-Bron et le cordon d’Escoublac. C'est ce dépôt de sédiments fins qui allait donner naissance aux prés salés argileux aujourd’hui utilisés pour la production de sel. La fin de la transgression semble être intervenue à peu près au IIe siècle avant notre ère, et le niveau marin que nous connaissons aujourd’hui s’est probablement stabilisé au IVe siècle apr. J.-C. Jusqu’au IXe siècle à peu près, les deux îles du Croisic et de Batz - éléments du sillon du Croisic - étaient encore séparées par un bras de mer du littoral, constitué par le sillon de Guérande. Par la suite, plusieurs flèches sablonneuses se sont établies : celle de Pen-Bron à l'ouest est restée incomplète ; celle de la plage Valentin a réuni les deux îles ; celle des dunes d'Escoublac a créé la baie du Pouliguen. L’île de Batz est également rattachée à l’îlot granitique de Penchâteau, situé sur le territoire du Pouliguen.

La côte rocheuse présente des aiguilles de granite, recélant des grottes profondes - comme celle dite des Korrigans, aujourd’hui sur le territoire du Pouliguen - et des chaos rocheux, parsemés d’anses sableuses. La roche contient des veines de minéraux du groupe des silicates (zircons, béryls et tourmalines noires) ou des nésosilicates comme les grenats. Une grande partie du territoire est constituée par des marais salants qui couvrent 459 des 927 hectares de la superficie de la commune. D’ouest en est, c’est-à-dire du Croisic vers le Pouliguen, plusieurs baies se succèdent sur environ 4,5 km sur le littoral atlantique, à partir de la pointe du Fort qui ouvre la baie de la Barrière, au fond de laquelle s’étale sur 740 m la plage Valentin, close par la pointe de Casse-Caillou. La baie des Bonnes-Sœurs précède la plage Saint-Michel, puis viennent les baies du Grand-Mathieu, du Carbonet, du Dervin et celle du Manéric.

Climat, Hydrographie et Aménagements Urbains

La commune de Batz-sur-Mer se caractérise par son climat océanique. Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant était classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec. Par ailleurs Météo-France a publié en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est située dans la région climatique Bretagne orientale et méridionale, Pays nantais, Vendée, caractérisée par une faible pluviométrie en été et une bonne insolation.

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Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne était de 12,3 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 12,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations s'élevait à 795 mm, avec 12,3 jours de précipitations en janvier et 6,1 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Herbignac à 23 km à vol d'oiseau, était de 12,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations était de 886,4 mm.

Concernant l'hydrographie, aucun ruisseau ou cours d’eau douce n'irrigue la commune. Cependant, plusieurs sources ont été utilisées par le village pour les besoins quotidiens, et servent encore à l’alimentation en eau de la commune. Ainsi, près de la plage Valentin, les sources de la Barrière, aujourd'hui sur le territoire du Croisic, ont longtemps appartenu à Batz-sur-Mer. À compter de ce point, et en se dirigeant vers le centre du village, on trouve la fontaine d’à bas et la fontaine neuve, puis la fontaine de la Bonne eau et la source de la Herpe.

D'un point de vue démographique et urbain, Batz-sur-Mer fait partie de l'unité urbaine de Saint-Nazaire, une agglomération intra-départementale regroupant 17 communes, dont elle est une commune de la banlieue. Par ailleurs, la commune fait également partie de l'aire d'attraction du Pouliguen, dont elle est une commune du pôle principal. En tant que localité bordée par l'océan Atlantique, elle est aussi une commune littorale au sens de la loi du 3 janvier 1986, dite loi littoral, ce qui impose des contraintes spécifiques en matière d'aménagement du territoire.

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des zones humides (60,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (60,9 %). L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes).

Batz-sur-Mer comprend cinq localités principales. Kervalet, village paludier aux hautes maisons mitoyennes, a longtemps concurrencé le bourg proprement dit. Le village de Batz-sur-Mer a longtemps été le centre religieux et économique de l’île de Batz, tandis que Le Croisic et Le Pouliguen, situées à chacune de ses extrémités, n’étaient que des trèves - mot provenant du breton et désignant des succursales - de la paroisse. Des chemins muletiers parcouraient les dunes instables, entre marais et mer, pour relier les deux extrémités, sur un chemin souvent inondé.

Infrastructures de Transport et Évolution Économique

L'arrivée du chemin de fer à Batz en 1879 - le début de l'exploitation de la ligne de Saint-Nazaire au Croisic datant du 11 mai 1879 - a joué un rôle déterminant dans le développement des bains de mer, en rapprochant Nantes et Paris de la côte atlantique. Cela a transformé les habitudes locales, comme en témoigne le récit : "[…] on allait à la gare accueillir les estivants. Certains avaient réservé mais je me souviens qu'il était courant de voir des voyageurs descendre en demandant où ils pouvaient loger ! C’était une aubaine pour les habitants de Batz, une occasion de gagner un peu d’argent en louant sa maison !". La gare a été intégrée au réseau privé de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans en janvier 1884. L'arrivée du chemin de fer dans la presqu’île du Croisic, outre son influence sur l’architecture locale qui a donné de beaux exemples de style balnéaire, a modifié les habitudes économiques, propulsant le transport du sel par le rail au détriment du cabotage maritime. Ainsi, la construction de salorges - entrepôts également nommés magasins ou greniers à sel -, rares avant 1850, s’est intensifiée à partir de 1865, lorsque la prolongation de la ligne ferroviaire jusqu’au Croisic a été annoncée.

Aujourd'hui, Batz est traversée par la route départementale D 45, qui suit la côte et fait le tour du Croisic par la « côte sauvage », par la route nationale 171 - reliant Saint-Nazaire au Croisic, elle prend le nom de D 245 du Pouliguen au Croisic -, ainsi que par la D 774 en provenance de Guérande. Au niveau de la « plage Valentin », la D 45 et la D 245 empruntent la même chaussée sur environ 500 mètres, constituant le seul accès routier au Croisic sur une largeur d'environ 13 mètres, à la limite des deux communes entre l'océan et les marais salants. À partir de la rentrée 2015, le réseau Lila a été remplacé par le réseau Lila Presqu'île dans toute la Presqu'île guérandaise.

L'Architecture et le Mode de Vie des Paludiers

L'habitat traditionnel de Batz-sur-Mer reflète son histoire et son environnement. Si l'habitat des marais salants fait partie de la forme architecturale vernaculaire présente sur la façade atlantique entre les embouchures de la Loire et de la Vilaine, il se distingue par des toitures à fortes pentes - supérieures à 40° -, couvertes d'ardoise. Ce caractère est relativement récent, le chaume ayant longtemps concurrencé l'ardoise au cours des siècles précédant le XIXe siècle. Les différents témoignages connus confirment l’homogénéité d’utilisation de l’ardoise, et ce, dès le début du XIXe siècle : "[…] la première chose qu'on observe, en parcourant le bourg et les nombreux villages qui en dépendent, c’est le genre de construction des édifices privés".

Les regroupements villageois en groupes compacts dans le marais, encore en partie visibles aujourd'hui et qui se distinguent du Bourg proprement dit, se justifient par la proximité immédiate des salines, appelées manufactures de plein air par le géographe Raymond Regrain. Au milieu du XIXe siècle, Batz n'avait pas encore subi les conséquences du tourisme balnéaire ; les marais représentaient alors 45 % du territoire de la commune et les dunes, 8 %. Le recensement de 1856 décrivait un total de 530 maisons dont 347 étaient établies dans neuf villages, dont 108 logements pour le seul Kervalet. Tous ces hameaux - desquels Cornen, Le Nesquin et Kervarou ont disparu au cours du XVIIIe siècle - ont une existence attestée antérieurement au XVe siècle ; ils sont orientés vers le marais, tournant le dos à la côte rocheuse exposée aux vents et aux pluies d'ouest et de sud-ouest, et implantés sur les terres exondées et les îlots granitiques.

L'organisation de l'habitat regroupait de façon très systématique le logement et un jardin potager clos de murs, définissant ainsi une cellule de base quasi incontournable pour assurer l'autosubsistance de la famille paludière. Ainsi, le mémoire du 12 juin 1481 mentionnait : "[…] une maison couverte d'ardoaise o son courtil & apartenances siise en Baz ou villaige de Kervalec ferante d'un bout sur le grant chemin qui maint du bourg de Baz en Guerrande et d'aultre bout a la maison Guillo le Canner & femme par cause d'elle […]". Le hameau type s’articule à partir de la structure de village-rue, se complexifiant par l’adjonction de venelles ou de places. Les maisons doubles, dites « sous même couverture » sont fréquentes, le pignon central s’arrêtant souvent au niveau du plancher du grenier, prolongé en hauteur par une cloison de sapin.

Les maisons anciennes possèdent des murs dont l’épaisseur varie de 55 cm à 80 cm en fonction de l’époque de construction et du type de mur considéré, gouttereau ou pignon, ce dernier étant généralement aveugle. En revanche, le bâtiment en pierres de granit ne possède pas de fondation, étant érigé sur un affleurement rocheux qui apparaît parfois à l’intérieur même du logement (Kervalet, Roffiat). Les murs extérieurs sont généralement blanchis à la chaux. Selon Gildas Buron, les murs goutteraux ont été assez systématiquement protégés des infiltrations par une corniche depuis au moins 1716 à Batz-sur-Mer, la chapelle de Kervalet ayant adopté cette technique dès le XVIe siècle. Les édifices en pierre de taille sont peu courants ; la pierre apparente est réservée aux encadrements de portes, fenêtres et lucarnes, aux chaînages d’angle à compter du XVIIIe siècle et parfois à une niche de façade accueillant une statuette. La maison paludière des XVIIe et XVIIIe siècles présentait deux types distincts. L’un était un bâtiment bas à pièce unique, surmontée d'un grenier vaste destiné au stockage de la nourriture des animaux et du petit bois de chauffage.

L'Essor du Tourisme Balnéaire et l'Évolution Urbaine

Le tourisme balnéaire et le thermalisme, avec l'hydrothérapie comme variante, ont été lancés par l’aristocratie au XIXe siècle, comme en Angleterre et dans d’autres villes françaises telles que Biarritz. Le Croisic a accueilli dès 1828 les amateurs de bains de mer, comme en témoigne l’ouvrage d’Auguste Lorieux, "Promenade au Croisic". Les dunes de La Falaise, en limite de territoire avec Le Croisic, ont vu apparaître à partir de 1853 un établissement de bains, à l’initiative de Louis Killian, un carrier qui s'est reconverti en baigneur.

L'arrivée du train jusqu’au Croisic, avec un arrêt à Batz-sur-Mer en 1879, a été déterminante pour le développement de l’attractivité des bourgs côtiers du nord de la Loire. À la fin du XIXe siècle, le Grand Hôtel de la plage, devenu ensuite Régina Hôtel et Atlantic-Hôtel, a été construit dans le style de l’établissement Deslandes du Croisic par Mme Boju de la Ménollière, sur le site de l'établissement de bains de Louis Killian. Cette dernière a également fait édifier la villa dite « manoir de Landévennec » pour le médecin qui s’occupait de l’établissement. La construction de l’hôtel s’est accompagnée de la rédaction d’un véritable plan d’occupation d’urbanisme, où villas, parc d’agrément et établissements de soins se partageaient l’espace entre océan et marais salants. Cependant, ce domaine, qui porte le nom de « parc de Beaulieu », n'a pas vu le jour, miné rapidement par des problèmes économiques et définitivement enterré par le décès de Jean-Baptiste Boju et le début de la Première Guerre mondiale, qui ont mis une fin provisoire à toute activité touristique. Le début du XXe siècle a également été la période où les premiers sanatoriums et les premières colonies de vacances sont apparus sur la Côte sauvage.

En termes d'habitat, parmi les logements recensés, 36,8 % étaient des résidences principales, 59,9 % des résidences secondaires et 3,3 % des logements vacants. La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants, était de 72,9 %, stable par rapport à 2006 (72,4 %). La révision du plan local d'urbanisme (PLU), commencée en 2002, s’est achevée en 2010 et a été approuvée par le conseil municipal du 4 juin de la même année. Il tient compte du projet d’aménagement et de développement durable (PADD) entériné par décision du 19 novembre 2004 et de la zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) créée par les délibérations du 26 octobre 2007. L’objectif de ce PLU est notamment la recherche d’un équilibre entre les différents enjeux du territoire.

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