Optimisation de la Barre de Direction et Conseils Essentiels pour l'Acquisition d'un Voilier d'Occasion

Introduction : L'Importance Cruciale de la Direction sur un Voilier

L'acquisition d'un bateau représente un investissement significatif, tant en termes financiers que de temps, quel que soit le programme de navigation envisagé. Cependant, au-delà de l'achat et des aménagements, un élément primordial pour la sécurité et le plaisir en mer reste le système de direction. Inspecter l’ensemble gouvernail, barre et safran, est sans doute l’élément de sécurité numéro un, avant même le gréement ou la mécanique. Une avarie de barre est sans aucun doute le moyen le plus direct de se retrouver à la côte, et assurément pas celle que l'on aurait choisie. En tout état de cause, une panne de ce genre placerait le marin dans une impuissance totale, soulignant l'importance capitale d'un système de direction fiable et bien entretenu. Le marché du bateau d’occasion regorge de voiliers, construits depuis de nombreuses années, mais savoir s'y retrouver et faire les bons choix est essentiel pour éviter les mauvaises surprises, notamment en ce qui concerne la direction.

Diagnostic des Difficultés de Direction : De la Résistance à la Recherche de Solutions

Il n'est pas rare de rencontrer des problèmes de direction sur un voilier, se manifestant souvent par une résistance notable. Dès le début, la sensation que la direction est très dure peut gâcher l'expérience de navigation. Un moteur qui ne tourne vraiment pas facilement, exigeant de forcer considérablement pour le mobiliser, est un signe d'alerte. Des tentatives de remède sont fréquemment entreprises, comme graisser dans le graisseur du haut de l'axe, observant parfois la graisse usée dégouliner en bas sans parvenir à s'extraire en haut. Des approches plus audacieuses peuvent même inclure le chauffage de l'axe à plusieurs reprises au fer à décaper, suivant des conseils glanés auprès d'autres marins. Malgré ces efforts, il arrive que la direction demeure dure comparée à celles d'autres navigateurs, qui parviennent à tourner leur barre avec un doigt.

Face à un tel constat, l'avis d'un mécanicien peut être décourageant. Selon certains professionnels, il n'y aurait parfois "rien à faire" car, vue la valeur de certains moteurs, une réparation par un spécialiste serait très coûteuse. Il faudrait potentiellement "tomber toute la tête motrice, libérer l'axe", sans compter les pièces qui risquent de casser au démontage. Ces préoccupations financières et techniques peuvent pousser à envisager des alternatives.

L'expérience montre que les systèmes de direction à câble peuvent poser des défis spécifiques. Il est impératif de souligner la nécessité de ne pas chercher à économiser sur cet élément vital, car, par sécurité, ce câble devrait idéalement être changé tous les ans. En effet, s'il casse à une certaine vitesse, tout le monde risque d'être éjecté et le bateau pourrait se mettre à tourner en rond avec le moteur braqué à fond, créant une situation de danger extrême. Une fois la direction à câble démontée, le défi de libérer un axe grippé peut persister, rendant la tâche ardue. Pour aider un liquide à pénétrer entre un tube et les restes d'un câble ancien, il peut être nécessaire de démonter trois des quatre boulons de fixation du moteur afin de pouvoir le faire pivoter autour de l'un des deux boulons du haut. À défaut, il faudrait basculer le bateau sur la tranche, une manœuvre complexe et souvent impraticable.

La Direction Hydraulique : Une Alternative Sûre et Performante

Face aux contraintes et aux risques des systèmes de direction mécaniques, la direction hydraulique émerge comme une solution privilégiée. La bonne solution est la barre hydraulique, un peu plus chère à l'achat mais offrant une sécurité accrue et une maintenance facilitée. Qu'il s'agisse d'une propulsion hors-bord ou inboard, que le navire soit une vedette ou un voilier, il est possible de recourir à une direction hydraulique.

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Plusieurs paramètres techniques déterminent le choix et la configuration d'une direction hydraulique. La puissance totale de la motorisation est cruciale, car elle détermine la taille du vérin et la pompe à utiliser en fonction de la force nécessaire. Chez Lecomble & Schmitt (LS), par exemple, une nomenclature simple indique la puissance maximale supportée, comme le LS125 pour un moteur de 125 chevaux. Si un bateau possède plusieurs moteurs, il est impératif d'additionner la puissance de tous les moteurs pour connaître la puissance du vérin de direction requis. Dans le cas d'une bimotorisation avec contre-rotation, on tient compte de la puissance d'un moteur à laquelle on ajoute 20% pour déterminer la taille appropriée du vérin.

La marque de la motorisation est également un facteur à considérer, surtout pour les moteurs hors-bord, où il existe des adaptations spécifiques du vérin pour différentes marques. Cependant, pour les moteurs inboard, la motorisation ne détermine pas directement le vérin, car celui-ci agit sur le safran plutôt que sur le moteur lui-même. Enfin, le nombre de tours de volant souhaités pour aller d'un bord à l'autre est une préférence importante. Le volant agit sur une pompe manuelle, et plus le débit de la pompe est élevé, plus le vérin réagira rapidement pour passer d'un bord à l'autre, réduisant ainsi le nombre de tours de volant nécessaires.

Lecomble & Schmitt, une entreprise française établie en 1947 et située près de Bayonne, s'est spécialisée depuis toujours dans l'hydraulique. Elle propose un département dédié au nautisme, offrant non seulement des directions hydrauliques mais aussi des directions électrohydrauliques, incluant des directions assistées ou spécifiquement conçues pour les pilotes automatiques, témoignant de l'avancée et de la fiabilité de ces technologies.

Inspection et Entretien du Système de Direction : Gouvernail, Safran et Mèche

L'intégrité du système de direction, incluant le gouvernail, le safran et la mèche, est un pilier de la sécurité en mer. Le safran extérieur, bien que plus accessible, n'en est pas moins fragile, et il convient de vérifier scrupuleusement que ses aiguillots et fémelots, ainsi que leurs vis de fixation, ne présentent ni usure ni jeu. Un échouage ou une sortie de l'eau sont des moments propices pour s'assurer qu'aucun jeu n'existe entre la barre et la pelle du safran. Le moindre battement, en plus de nuire à l'agrément et à la finesse des sensations de pilotage, peut être le signe annonciateur d'une avarie plus grave.

En orientant la lame du safran de part et d'autre, on vérifie l'absence de points durs, lesquels pourraient indiquer une mèche faussée. Il est également recommandé de prendre du recul et d'effectuer une visée avec la quille pour s'assurer que le safran est bien aligné avec le reste du bateau. Cette occasion est idéale pour rechercher d'éventuelles fissures, particulièrement autour de la liaison avec la mèche. La présence de fissures représente un risque significatif d'entrée d'eau qui pourrait, à terme, remplir le safran et provoquer sa pourriture de l'intérieur.

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Lorsque le bateau est au sec, c'est le moment opportun pour réparer le moindre choc sur le safran avec un mastic époxy de qualité. Au-delà de l'esthétique, il est essentiel de soigner l'état de surface et le profil du safran, mais surtout son bord de fuite, qui doit former un plat vif plutôt qu'un arrondi. Cette attention au détail est cruciale pour éviter de générer une traînée préjudiciable aux performances du voilier. Lors de l'application de la peinture sous-marine, il est conseillé d'être généreux avec les appendices, et donc avec le safran, pour assurer une protection optimale. Si un défaut d'étanchéité a été constaté au niveau du tube de jaumière ou du presse-étoupe, c'est également le moment d'y remédier. Il est aussi possible de vérifier l'usure des bagues en agitant la lame du safran de gauche à droite et d'avant en arrière. Au moindre doute concernant l'état ou le fonctionnement de ces composants, il ne faut absolument pas hésiter à faire appel à un professionnel qualifié.

La Barre Franche et la Barre à Roue : Composants et Points de Vigilance

Les systèmes de barre, qu'ils soient à barre franche ou à barre à roue, requièrent une attention particulière en raison des efforts importants qu'ils peuvent subir en navigation. La barre franche, notamment, peut être soumise à des contraintes considérables. Dans un départ au lof imprévu, il serait trop tard pour regretter d'avoir négligé un bois fendu ou une vis mal serrée. Il est donc primordial d'inspecter régulièrement son état, en particulier les éléments en bois, qui peuvent se dégrader avec le temps et l'exposition.

La commande de barre à roue doit également être vérifiée avec la plus grande rigueur, d'autant plus qu'elle est souvent cachée et peut ainsi échapper plus facilement à la vigilance. Sur la plupart des voiliers, la barre à roue agit via des drosses qui passent dans des poulies. L'état des câbles, de leurs terminaisons, la lubrification des axes et des poulies sont des points qui ne doivent absolument pas être négligés. Il convient également de rechercher d'éventuelles traces d'électrolyse entre le secteur et la mèche. L'un étant généralement en aluminium et l'autre en inox, la corrosion entre ces deux métaux peut provoquer des ravages significatifs.

Malgré toutes les précautions, une avarie de barre n'est jamais totalement exclue. Il est donc d'autant plus crucial d'y être préparé. Les bateaux équipés d'une barre à roue sont obligatoirement dotés d'une barre franche de secours. Cependant, il ne suffit pas qu'elle soit présente ; encore faut-il qu'elle ne soit pas enfouie dans les profondeurs du bateau et qu'elle soit réellement utilisable en cas de besoin. Le plus sûr, afin de garantir son efficacité, serait de l'essayer avant d'avoir à s'en servir dans une situation d'urgence.

Acquisition d'un Voilier d'Occasion : Définir Son Projet et Ses Impératifs

L'achat d'un bateau, qu'il soit neuf ou d'occasion, est un processus qui doit impérativement privilégier la raison sur la passion et le coup de cœur. Avant de prendre une décision et de signer un acte de vente, il est crucial de prendre en compte tous les paramètres pertinents. Ce principe s'applique aussi bien à un voilier qu'à un bateau à moteur. Pour cela, il est essentiel de faire le point sur son programme de navigation, son budget et ses attentes.

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En tant qu'acheteur, la première étape est de savoir précisément pourquoi vous souhaitez acquérir un navire, ou plus simplement un bateau de plaisance. Cela peut paraître évident, mais c'est pourtant un point fondamental. Déterminez clairement votre programme pour bien cibler la taille du bateau que vous allez acheter, son équipement, ses qualités marines et ses aménagements. Sur quel plan d’eau allez-vous naviguer ? Ce sont des questions décisives.

Le budget total doit être défini avec précision. L'achat du bateau en lui-même, qu'il soit à voile ou à moteur, n'est qu'une partie de l'équation. Les frais à prévoir ne devront pas être oubliés, qu'ils soient immédiats ou à envisager dans les années à venir. Des postes tels que le gréement, les voiles ou le moteur peuvent représenter des coûts très importants. L'entretien d'un bateau peut rapidement faire flamber la facture. Enfin, les frais annuels doivent être anticipés. Ces dépenses régulières incluent l'assurance, la place de chantier, l'hivernage, l'équipement, ainsi que la place de port, un poste de dépense souvent sous-estimé.

La longueur du voilier est un autre aspect à considérer attentivement. Ce point est directement lié aux deux précédents, mais il est aussi une source potentielle de soucis si la longueur ne correspond pas aux envies et capacités de l'équipage. Si la longueur ne joue pas forcément sur la complexité de manœuvre d'un bateau, il sera plus facile de gérer l’urgence de prendre un ris, seul, sur un voilier de 10 mètres que sur une unité de 18 mètres. Inversement, un voilier d'une longueur de 10 mètres sera-t-il suffisant pour un programme vous emmenant vers les grands froids en famille ?

Choix des Matériaux et des Appendices du Voilier

Le choix des matériaux de construction est un élément important avant d'acheter un bateau, chacun ayant ses avantages et ses inconvénients. Le plastique, par exemple, est réputé pour être le matériau qui demande le moins d'entretien par rapport à l'acier. Cependant, pour un voyageur au long cours, l'acier offre l'avantage de pouvoir être réparé dans tous les coins du globe. Le contreplaqué, un matériau à base de bois, sera parfait pour une construction amateur, alliant une certaine facilité de mise en œuvre à des qualités structurelles adaptées. Ce sont des considérations cruciales pour la durabilité et la maintenance future de votre investissement.

Les appendices du bateau, tels que le type de leste, auront également leur importance dans le cadre d'un voilier, qu'il s'agisse d'un dériveur, d'un quillard, ou d'un bateau à quille relevable. Le choix dépendra directement de votre programme de navigation et de votre mouillage permanent. Ce n'est pas parce que vous êtes en Bretagne que vous devez impérativement avoir un dériveur. Si votre mouillage est toujours à flot, que les rias ne vous intéressent pas et que vous appréciez la régate, un quillard représentera un excellent choix.

Enfin, la décision entre un multicoque ou un monocoque est une question qui relève autant du programme de navigation que de la sensibilité personnelle. Le catamaran, selon sa longueur, offre de nombreux avantages en termes de confort en mer et au mouillage, appréciable pour les croisières en famille ou entre amis. Le trimaran, quant à lui, apporte une combinaison de sécurité et de sensations de vitesse, souvent recherchée par les amateurs de performances.

Le Processus de Recherche et d'Évaluation Pré-Achat

Pour dénicher le voilier idéal, de nombreux sites spécialisés et généralistes proposent des annonces de bateaux. Il est conseillé de consulter les annonces de voiliers sur votre site préféré pour avoir un aperçu des options disponibles. Les ventes de bateaux se déroulent de plus en plus loin de leur futur port d’attache, notamment pour les voiliers, ce qui peut élargir les opportunités mais aussi compliquer les visites.

Une fois que vous avez établi une liste de vos impératifs, tenez-vous-y rigoureusement. Ne vous laissez pas tenter par une "bonne affaire" qui ne correspondrait pas à votre projet, car cela pourrait entraîner des déceptions et des coûts supplémentaires à long terme. N'hésitez pas à appeler les vendeurs pour obtenir plus d'informations. Méfiez-vous des annonces trop vagues ou dépourvues de prix, car elles peuvent masquer des problèmes ou un manque de transparence. Avant de vous déplacer pour visiter un bateau, demandez un maximum d'éléments. Les plus importants sont les factures d'entretien, des photos récentes et un inventaire complet du matériel à bord.

Contrairement aux idées reçues, les tarifs des courtiers, aussi appelés Yacht-Brokers, ne seront pas nécessairement plus élevés qu'en achetant directement à des particuliers. Au contraire, ces professionnels du nautisme, grâce à leur très bonne connaissance du marché, proposent souvent des prix plus cohérents. De plus, ces professionnels de la vente de bateaux peuvent vous conseiller et vous accompagner sur les documents et démarches administratives, la francisation et l’importation du bateau, et vous proposer des services avec des experts ou des partenaires pour le convoyage ou le refit du bateau.

Tous les voiliers à vendre ne se trouvent pas sur les annonces en ligne ou chez les professionnels. Il ne faut pas oublier les opportunités que représentent les voiliers en vente directement sur le ponton du port, parfois avec "sa barbe d’algue et sa verdure", ce voilier "en fond de chantier" qui n’attend que de reprendre la mer. De belles affaires sont en perspective si l'on sait vérifier point par point un bateau avec minutie.

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